‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 38 sur 142 · MORT DE DANIEL RANTZAU · texte numérisé non relu

MORT DE DANIEL RANTZAU

Cette tentative avortée rendit plus circonspects et plus vigilants les geôliers d'Éric , qui du château de Stockholm fut transféré dans celui d'Abo. Elle fit aussi naître dans l'esprit ombrageux du roi une pensée fratricide. Étant allé joindre les sénateurs qui se trouvaient à Westerâs, il leur demanda si, dans un cas de danger, menacé d'une évasion ou d'une conspiration triomphante, il n'aurait pas le droit de faire périr son prisonnier. Tous les seigneurs consultés se prononcèrent pour l'affirmative (1), à l'exception de Hans Âxelsson Bjelke, qui déclara hautement que personne ne pouvait, sans crime^ attenter aux jours du prince épargnés par le tribunal,- qui seul avait le droit de les trancher. Cependant la guerre sévissait dans le sud et dans l'est. Les Danois avaient ouvert la campagne par le siège de Warberg. Leur général en chef, l'intrépide et habile Daniel Rantzau , y fut tué le H novembre (2). La prise de cette importante forteresse, arrivée quelques jours plus tard (4 décembre), ne compensa pas la perte éprouvée par la mort de ce grand homme de guerre. Charles, pendant ce temps, avait pénétré en Scanie; les Danois, en représailles des dégâts qu'il y avait commis, dévastèrent la Westrogothie. C'est ainsi que les ruines s'amoncelaient sur les provinces jadis les plus prospères de la malheureuse péninsule Scandinave.

(1) Parmi les prêtres se trouvaient Laurentius Petri^ doué de toutes les vertus évangéliques^ mais dépourvu du courage civil ; maîtres Johannes, évéque de Westerâs, et Nicolaûs Helsingius, évéque de Strengnas, qui avaient suivi, sans trop se faire prier, l'exemple de leur chef.

(2) Ainsi que Brokenhuisen. Puffendorf, Histoire de Suède y tome II, p. 64.

Page 1