‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 39 sur 142 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Fin de 1» guerre de Sept Ana* Anareliie de l'ÉglUie de Suède. IVouTelle édition du rituel d'OiaUs Pétri.

Depuis le jour où Éric XIV avait fait revenir de la Livonie l'héroïque Clas Horn et Charles de Mornay pour les opposer au comte Gunther de Schwartzbourg et à Daniel Rantzau, l'étoile suédoise avait pâli au ciel de ces contrées. Les successeurs et non les remplaçants de ces deux grands hommes de guerre, au lieu de progresser, n'avaient fait que reculer dans ce pays, disputé par tant de divers compétiteurs et dont les habitants démoralisés ne savaient à quel maître se donner. Chaque jour un désastre ou une défection restreignait l'étendue des possessions suédoises dont Revel était la capitale. Pour surcroît de malheur, Jean III avait commis la faute, à son avènement au trône, d'écouter de vieilles rancunes et de destituer Henri Horn, le seul homme qui pût, par son expérience et par son autorité, prévenir de nouvelles calamités. Son départ avait enhardi tous les hommes malintentionnés ; et puis, comme il arrive toujours dans les causes à moitié perdues, la trahison n'avait pas tardé à se mettre de la partie. Nicolas Kursell, Danois d'origine, mercenaire au service delà Suède, forma le projet de s'emparer de la forteresse de Revel , dans la pensée de la céder ensuite

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soit à Gothard Ketller, soit à Sigisraond-Auguste , soit à Magnus, soit à Iwan, enfin au plus généreux de ces divers prétendants. Comme on était sans méfiance, notre traître put (le 7 janvier) pénétrer dans la place avec ses complices, s'emparer de Gabriel Christiansson Oxenstjerna , le gouverneur de la ville et de la province, et le jeter en prison avec sa femme et ses enfants. Le lendemain, le sénat étant allé demander à Kursell le mobile de sa conduite, la cause de sa défection, il répondit qu'il comptait toujours rester fidèle à la couronne de Suède ; qu'il n'avait pris le château que comme gage, comme garantie de soldes arriérées, et qu'il était prêt à le rendre après le payement. Le sénat, qui ne pouvait pas lui arracher sa proie de force, fit semblant d'approîiver sa conduite, et promit de donner l'argent qu'il réclamait à la Pentecôte (1). Pendant ce tem.ps, notre homme chercha des acquéreurs. Le prince Magnus, qui était en veine d'ambition, lui offrit le prix le plus avantageux. Mais les Suédois ne lui permirent pas de conclure son marché. Un officier de fortune, nommé Dublare, parvint à pénétrer dans la forteresse au moyen d'un adroit stratagème, après avoir enivré la garde. 11 entra, à la tête des siens, par un couloir obscur et abandonné, massacra un grand nombre des soldats de la garnison qu'il surprit endormis, s'empara de tous les officiers et délivra Oxenstjerna. Nicolas Kursell et ses principaux complices furent décapités sur une des places de Revel ; son frère Henri Kursell et d'autres chefs un peu moins compromis furent envoyés en Suède et sauvés

(1) Locceniufl, Hist, rerum iuecicarum, Mb. VU, p. 408.

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