‹ La Suède au XVIème siècleChapitre 63 sur 142 · Ô84] FUNÉRAILLES DE LA REINE CATHERINE · texte numérisé non relu

Ô84] FUNÉRAILLES DE LA REINE CATHERINE

lit, avait été témoin de cette scène; et c'est à Tioipression qu'elle en avait éprouvée qu'on attribua son peu d'attachement à la religion catholique.

La reine Catherine était une femme supérieure. Son esprit était au niveau de son cœur. Gomme son illustre père Sigismond I", elle avait adopté plusieurs des principes de la Réforme ; et elle était surtout catholique de cœur, par tradition, par respect pour les Jagellons, ses aïeux, qui avaient été les apôtres de la Lithuanie, et que l'Église romaine avait canonisés. Quoique son orthodoxie ne fût pas à l'abri de tout reproche, son zèle pour la religion n'en était pas moins extrême, surtout dans les dernières années de sa vie. Le but de tous ses efforts était de ramener son mari à sa foi , et .d'y maintenir ses enfants. Son amour de propagande rayonnait sur toute la Suède, et par testament elle avait donné au séminaire de Braunsberg 10,000 thalers, dont la rente devait servir à l'éducation déjeunes Suédois destinés à ramener leur patrie à la vraie religion.

Les funérailles de la reine furent faites à Stockholm avec une grande pompe (15 janvier). Le corps était porté par les dignitaires de TÉtat. Le cortège où figuraient le roi et ses deux enfants contenait dans ses rangs toutes les illustrations de la Suède. Aucun des membres du haut clergé n'avait fait défaut; le corps était entouré, à la manière catholique, de prêtres vêtus de blanc, tenant en main des cierges allumés et chantant des hymnes funèbres, pendant que les cloches de toutes les églises sonnaient tristement,, et que les canons grondaient du haut des remparts du châfeau. Une multitude immense, accourue de tous les

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points du royaume, assistait ageuouillée à ce spectacle imposant et inconnu, et disait avec émotion un dernier adieu à cette femme, sinon aimée, au moins honorée de tous. Le corps, après avoir traversé la ville, fut placé dans un chariot qui l'attendait à une des portes du Norder-Malm, et transporté à Upsal, où eut lieu une cérémonie à peu près pareille. L'archevêque, désigné pour faire l'oraison funèbre de la reine, la déclara heureuse d'avoir vécu et d'être morte dans la seule véritable Église. Les catholiques félicitèrent le prélat de son discours; aux protestants qui le blâmaient il répondit qu'il n'avait fait que suivre les ordres du roi (1).

(1) MessenioS) Scondia illuHr.^ tom. VH, p. 70.

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