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frir qu'un prêtre, nommé par lui, pensât différemment de lui; mais, comme la paix était à ce prix, il accepta les excuses et les raisons qu'il lui donnait.
Etienne Bathory , pour bien prouver à Rome qu'il avait dépouillé le vieil homme, avait appelé les jésuites en Pologne et s'était livré entièrement à eux. C'est sous leur influence et pendant son règne qu'a commencé contre ses anciens coreligionnaires et les schismatiques grecs cette réaction catholique qui , tantôt douce et tantôt violente, mais persistante pendant près de deux siècles, A démoralisé une partie de la population, désaffectionné l'autre, et est la principale cause de la ruine de cette grande et chevaleresque nation. Une propagande active et provocante qu'il avait laissé entreprendre par des prêtres fanatiques contre les habitants de Riga, ville entièrement protestante (1), avait excité l'indignation des bourgeois qui s'étaient soulevés , avaient chassé la garnison polonaise , et s'étaient donnés à la couronne de Suède. Bathory était à Grodno, occupé à former une armée qui devait soumettre et châtier les rebelles livoniens , lorsqu'il succomba subitement aux atteintes d'une attaque d'épilepsie (13 décembre 1586). Bathory ne laissait pas d'enfant, et n'avait pas eu le temps d'assurer, comme il l'avait projeté, la couronne à son neveu, Sigismond, fils aîné du prince de Transylvanie, qu'il affectionnait comme son fils. Sa mort, ouvrant l'onzième interrègne, donna libre cours aux intrigues de la diplomatie, et aux violences des factions qui divisaient le royaume. Dans le principe, une foule de candidats se présentèrent ; les Uns étaient des
(1) Krasinski, Essai sur l*hist. relig. des nations slaves, p. 274.
118871 SIGISMONDWASACAÎSDIDAT AU TRONE DE POLOGNE. 333 princes étrangers; les autres de grands seigneurs indigènes; mais, quand on se fut compté, ceux qui n'avaient pas de chances sortirent de l'arène, et la lutte resta circonscrite entre le prince Sigismond Wasa. fils de Jean III, l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur Rodolphe, et Fédor 1", grand-duc de Moscovie. La reine Anne, à la tête du parti catholique, patronnait le prince Sigismond pour qui elle avait un amour tout maternel. Les protestants appuyaient l'archiduc Maximilien et , ce qui doit sembler étrange , étaient vivement soutenus par le nonce du pape, Antoine de Capoue. Les Lithuaniens et les schismaliques s'étaient déclarés pour le grand-duc de Moscovie (1).
C'était dans l'attente de l'éventualité qui se présentai! aujourd'hui que Sigismond avait été élevé dans la religion catholique, et était, depuis son enfance, entouré de professeurs et de serviteurs polonais qui l'initiaient à la langue, aux lois et aux habitudes de leur pays. Du jour où il était devenu l'époux d'une Jagellon, Jean, duc de Finlande ou roi de Suède, n'avait cessé d'aspirer au trône de Pologne qui était, du reste, un des plus illustres et des pluspuissants de la chrétienté. Au premier aspect , rien ne paraissait plus simple et n'était même plus légitime que cette ambition. Mais, au fond des choses , les avan- )ord, disparaissaient, laissant voir vénientset des dangers qui, pour ni moins grands, ni moins nomrès-indécis et Irès-ému à la cour ait Jamais manqué de bon sens;
Je Pologne, tome I, p. 361.
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au moment de prendre une si grave décision, ]*amour paternel le rendit encore plus circonspect et plus clairvoyant; et il allait renoncer au rêve caressé de toute sa vie , lorsque Tarchevêque Uchanski , accourant à Wadstena, réfuta victorieusement les arguments des sénateurs suédois; et ramena le roi à son avis, en l'assurant que la reine Anne et le chancelier Zamoïski avaient si bien manœuvré auprès de la pospolite que le succès du prince Sigismond était assuré. Malgré ces déclarations, un parti nombreux, le plus sage peut-être et certainement le plus dévoué aux Wasas, fut de Tavis de persévérer dans un refus. D'après lui, il était bien difficile à Sigismond d'être en même temps roi catholique de Pologne et roi protestant de Suède. Pourraitil dans cette fausse position ne pas déplaire aux uns et aux autres, et ne pas perdre la confiance et Tafifection de tous? Comment aussi gouverner, sans tiraillements et sans dangers, des peuples qui diffèrent de religion, de langage, de mœurs, d'habitudes et de lois; dont l'un est monarchique et l'autre républicain? Et les deux capitales n'étaient-elles pas bien éloignées Tune de l'autre? Quand le roi serait à Cracovie, ne serait-il pas contraint de confier les affaires de la Suède à une régence? ne serait-il pas contraint d'en faire de même pour les affaires de Pologne , quand il serait à Stockholm? Ces hommes, investis de fonctions suprêmes^ ne prendraient-ils pas trop d'importance? N'acquerraient-ils pas une puissance égale et dès lors rivale de celle du souverain ? Ne contracteraient-ils pas l'habi^ tude si difficile à perdre du commandement? et céde^ raient-ils volontiers, sans arrière-pensées, au prince qui serait de retour la place qui lui convient, mais