I1890J PROCÈS DES SEIGNEURS
provinces qu'un roi, tombé déjà dans l'enfance, lui reprochait à tort d'avoir laissé démembrer.
Les États avaient été convoqués à Stockholm. Ils y restèrent réunis pendant les mois de janvier et de février. Ils avaient la pénible et difficile mission déjuger les sénateurs Hogenskild et Ture Bjelke , Axel Lejonhufvud , Gustave et Sten Baner , Éric Sparre et Glas Tott, accusés d'avoir manqué de respect au roi et de lui avoir donné, dans l'administration des affaires, des conseils perfides; on leur reprochait aussi, ce qui était un crime de haute trahison, d'avoir voulu rétablir la forme élective supprimée par le Westerâs-recess (1). Toutes ces accusations reposaient sur des chimères et des suppositions plutôt que sur des faits positifs. Néanmoins la colère du roi était trop grande pour que l'on pût espérer d'éviter à ces malheureux une condamnation. Charles, qui s'était laissé gagner par eux, un peu par esprit de justice et beaucoup dans des vues de popularité, était bien résolu de les sauver. II fallait pour cela gagner du temps. Le roi apaisé serait devenu plus traitable. Dans ce but, Charles engagea les États à ne rendre qu'un arrêt provisoire, et à attendre, pour le jugement définitif, un supplément d'instruction. Ses conseils furent suivis. Les juges se bornèrent, jusqu'à plus amples informations, à mettre sous le séquestre les dotations des accusés, à leur interdire l'entrée des châteaux royaux, et à les condamner aux arrêts dans leurs terres. Déjà, depuis près d'un siècle, la noblesse avait abandonné ses vieux manoirs pour aller parader dans les antichambres du prince. A ce genre de vie, elle s'était
(1) Messenius, Scond. illustr,, tom. VU, p. 99.