EXIGENCES DES VILLES HANSÉATIQUES DE VANDAL1E
jurer le maintien sur les saintes Écritures, prouva une fois de plus aux peuples scandalisés combien les rois font peu de cas de leur parole, lorsque leur orgueil et leur avidité sont enjeu.
Éric XIV avait promis étourdiment aux députés des villes hanséatiques de Yandalie qui étaient venus assister aux fêtes de son couronnement le^ rétablissement ,de leurs anciens privilèges. Sommé de tenir sa parole, il autorisa les marchands vandales à commercer, sans payer aucuns droits, avec les principales villes du littoral, telles que Stockholm, Sôderkôping, Norrkôping et Àbo , mais à la condition que les bourgeois de ces cités jouiraient des mêmes avantages en Yandalie (1). Rien au fond n'était plus équitable ; mais ces hommes avides, comptant outre mesure sur une promesse échappée à Tinexpérience et à la vanité d'un jeune roi, avaient conçu de tout autres prétentions; ils espéraient voir renaître ces privilèges exorbitants qui avaient été accordés à leurs pères dans des moments de détresse ; que Gustave, sous Je coup même du bienfait, avait abrogés en mettant le pied sur le trône, et qu'aucun de ses fils ne pouvait rétablir sans forfaire à l'honneur. On le savait à Lûbeck aussi bien qu'à Stockholm, et la rapacité de ces avares bourgeois devait céder devant la sage fermeté du jeune monarque. Je suis même convaincu qu'ils ne demandaient tant que pour avoir un peu. Mais ils voulaient imposer leur loi; aussi leur amour-propre et leur avidité furent-ils également blessés, en voyant que ce jeune homme dont ils croyaient être les directeurs s'arrogeait le
(i) Puffendorf, Histoire de Suède, 1. Il, p» 10.
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droit de leur interdire tout commerce direct avec les Russes, les obligeant k Tavenir de déposer à Revel ou à Wiborg les marchandises qu'ils destinaient à Narva ; et ce n'était pas une vaine menace ; la flotte suédoise s'était emparée de trente vaisseaux réfractaires et avait emporté son butin à Stockholm. Aussitôt la régence de Lûbeck avait porté plainte à l'empereur qui, lui donnant gain de cause, avait reconnu son droit de . trafic direct avec la Russie, et sommé Éric XiV de restituer des captures faites contre le droit des gens (1). Par malheur, les équipages saisis avaient été vendus, et l'aident gaspillé ; Gyllenstjerna fut chargé d'aller à Francfort expliquer et justifier auprès de l'empereur la conduite de son maître, et, plutôt que de rendre quelques thalers, d'accepter la guerre avec ces redoutables marchands.
Jean avait fait la faute de conspirer avec Éric contre son père. Il avait montré par là ce dont il était capable. Aussi le roi, plein de méfiance, ne veut-il tenir aucune des promesses que le prince royal a faites. Non seulement il ne veut plus aider son frère à conquérir un territoire en Livonie et à agrandir d'autant ses possessions ; mais il envoie Glas Christiansson Horn devant Revel agir pour son propre compte (2) ; de plus, ne songeant qu'à circonscrire son vassal dans d'étroites limites, il s'oppose à ce qu'il lève la dîme (3) dans la partie septentrionale de la Finlande qu'il prétend ne point faire partie de son duché ; il le contraint aussi d'avoir au complet l'effectif des hommes
(1) Messenius, Scond. illustrata, t. VI, p. 8.
(2) Lettre de Jean à Éric du 9 octobre 1560.
(3) Automne de 1561.