PHILOSOPHIE
réputation. Plus tôt déjà (en 1655), le droit des gens avait eu un représentant — le premier probablement en Europe — à l'université d'Uppsala. Les études sur le droit national dans les différentes phases de son développement furent pourtant d'une importance plus grande et plus permanente pour la Suède. Parmi les nombreux auteurs qui se sont signalés dans cette branche, il faut nommer d'abord y. Loceenius (1598/1677), qui a appartenu à la Suède pendant cinquante années, et qoi a le premier doté notre littérature d'œuvres systématiques de droit. Il s'est aussi voué avec succès à l'expUcation de nos anciennes coutumes. Comme historien-juriste, Loccenius cède le pas à J. Stiemhôôk (1596/1675), qui était au 17°^* siècle le plus grand savant de naissance suédoise. L'ouvrage de Stiemhô6k sur le € droit ancien des Svear et des GOter» fit époque, et aujourd'hui encore ce livre est incomparable en son genre.
Grâce aux recherches sur l'ancien droit suédois, notre peuple a pu repousser l'invasion des principes juridiques étrangers qui, pendant quelque temps, menaçait notre législation par suite de nos communications politiques et littéraires avec l'étranger. Les grands travaux législatifs qui, après avoir été préparés et commencés pendant le 17™^ siècle, aboutirent enfin, sous la direction magistrale du comte G. Cronhielm (1664/1737), au code de 1734, purent porter sur une base nationale. Ce code, dont la confection avait occupé, durant un demi-siècle, les meilleurs juristes du pays, fut aussi, au point de vue du contenu, de la langue et du style, un chef-d'œuvre national dont on ne peut guère exagérer l'influence sur les temps qui suivirent.
Il était naturel que les études théoriques sur le droit se poursuivraient dans le sens national indiqué par le nouveau code. Aussi les juristes du 18™® siècle s'appliquèrent-ils à pénétrer de plus en plus l'esprit de ce code et à explorer le droit ancien. Dans cette tâche D. NehnnarL, anobli sous le nom de Ëhreu- Btr&le (1695/1769), et M. Calonius (1737/1817) se distinguèrent entre tous.
Au 19™® siècle, l'édition magistrale de nos coutumes du moyen âge a favorisé grandement les études historiques. Cette édition est due au zèle et au génie exceptionnels de K. «/. Schlyter (1795/1888). Après cet ouvrage monumental, il faut dter les vastes projets de loi, élaborés par le Comité des lois et par Tancienne Commission des lois, principalement sous les auspices de «A G. Richert (1784/1864). Quoique pour ces projets on ait su beaucoup profiter des lois étrangères, c'est surtout l'esprit national du droit suédois qui les a inspirés. Même au point de vue de la forme, ils peuvent être comparés au code de 1734.
Toute la science du droit a fait de grands progrès grâce aux recherches minutieuses sur l'histoire du di'oit, aux études comparatives sur le droit étranger et au soin apporté à l'investigation des principes généraux du droit. Les auteurs qui ont le plus contribué à ce résultat, sont J. Holmhergsaon (1764/1842), F. tf. G. Schrevelius (1799/1845), P. E. Bergfalk (1798/1890), E. V. Nordlitig (1832/98) et & R. D. /f. Olivecrona (né en 1817). On ne pourrait attribuer la science du droit actuelle, soit en tout soit même en grande partie, à n'importe quelle école étrangère ou nationale. Mais il est incontestable que la philosophie idéaliste, développée par plusieurs savants suédois et surtout par Bostrôm, a, dans les dernières années, exercé une grande influence sur nos juristes.