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PHILOSOPHIE

Ce ne fut qu'au 17™* siècle que la science philosophique, grâce à la transplantation des principes cartésiens en Suède, eut une influence réelle sur la vie culturelle de notre pays. Bien que la nouvelle tendance y fût l'objet d'une vive opposition, elle finit pourtant par triompher sur le zèle de l'orthodoxie, armé de

398 IV. l'BNSEIGNBMBNT et la culture intellectuelle en SUÉDE.

Varistotélisme scolastique. Du temps de ces luttes acharnées, J. BUberg (1646/ 1717) était le chef du cartésianisme. Les différentes opinions se prononçaient dans des dissertations ou des soutenances de thèses. Telle était la forme sons laquelle se traitaient presque toutes les questions philosophiques de notre pays pendant la plus grande partie des 17°*® et 18™® siècles. Il en résulta rarement des recherches vastes et indépendantes. Le philosophe suédois le plus éminent de ce temps était certainement A, Bydelius (1671/1738). Le hut de ses efforts était de concilier la théologie orthodoxe avec les principes cartésiens. Plus tard, la philosophie de Leihniz-Wolff a été dignement représentée chez nous par A^ WaUerius (1706/64).

La prochaine période de développement et l'ère de Gustave lU coînddent essentiellement. Pendant cette période, quelques porte-drapeaux des helles-lettres, influencés par des Anglais et par des Français, exposaient et développaient dans leurs œuvres les idées du «siècle de la raison t. En parlant de cette philosophie, il faut donner les noms J. H, Kellgren (1761/96), C G, af Leopold (1766/1829), T. Tliorild (1769/1808) et C, A. Ehrenavàrd (1746/1800). Par £>. BaêtUus (1761/1810), penseur sévèrement scientifique, la philosophie de Kant fut établie en Suède, non sans de vives attaques du côté des champions du sens commun. £t ce fut ce système de Kant qui, à son tour, ouvrit la porte aux grands systèmes constructifs de l'idéalisme des philosophes allemands: Fichte, Schelling, Hegel. Chez nous, ces principes furent adoptés en première ligne par 2?. Hùijer (1767/1812), philosophe d'un génie perspicace. Son ouvrage le plus important «La construction philosophique» a été traduit en allemand. Par sa vie, ainsi que par ses œuvres, il a pris part, d'une manière assez indépendante, au développement des idées idéalistes, provenant de la philosophie de Kant, et il a donné à ces idées une forme qui ressemble beaucoup à celles du système de Fichte. A travers la poésie de P. D. A. AUerbom (1790/1866) se miroite le romantisme de Schelling, sans avoir pourtant trouvé une expression philosophique. £nfin, de nos jours, J. J. Borelius (né en 1823; ci-devant professeur à l'université de Lund), a consacré le travail d'une longue vie d'écrivain et de professeur d'université à la tâche d'acclimater en Suède la spéculation de Hegel.

Non seulement l'esprit philosophique de notre pays se montrait susceptible des résultats du développement général de la philosophie, qu'il s'appropriait d'une manière assez indépendante, mais encore il en résulta une philosophie réellement nationale, qui, au moyen de la pensée, représente l'essence et le vrai caractère de notre culture. Les traits caractéristiques de cette culture se résoment dans les efforts pour affranchir la personnalité et pour la développer dans toutes les directions. £n même temps, nous voyons se conserver et se perfectionner l'ordre social, soumis aux lois, et un sentiment religieux, pur et vivant Ainsi notre peuple, dans son idéal de culture, unit la loi à la liberté, la foi an savoir, ce dont la philosophie suédoise, avec son caractère de personnalité, est l'exposant rationnel. La source la plus profonde de cette philosophie ^t le respect et l'amour de la liberté et de l'autonomie de l'homme, du droit et du devoir humains, ainsi que la vocation pour une vie étemelle de vérité et de justice. Généralement, on nomme la philosophie nationale de la Suède d'après son fondateur véritable, le penseur le plus indépendant et le systematicien le plus original de notre pays, Kristofer Jakob Bostrôm (né en 1797, professeur à l'université d'Uppsala, mort en 1866). Ses «Écrits» publiés par H. Edfeldt, se complètent par ses «Conférences sur la philosophie religieuse » et ses «Conférences snr l'éthique» rédigées et publiées par S. Ribbing. La philosophie de Bostrôm ne peut être comprise et jugée qu'en rapport avec le développement général de U philosophie et £ l'étranger et en Suède. Son point de repère général parait être les idées de l'école de Schelling, tandis qu'elle se fonde plus spécialement et pins positivement sur la philosophie suédoise, telle qu'elle a été exposée par A^. F,

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Biberg (1776/1827), S. Grubbe (1786/1863) et E, G. Geijer 1783/1847), tous professeurs à l'université d'Uppsala. Ce dernier, qui est notre plus grand historien, — ce qui le distingue surtout, — s'est fait aussi un nom comme philosophe sans aToir pourtant aucun contact intime avec les philosophes ex professo. Son ouvrage philosophique le plus remarquable («Conférences sur l'histoire de l'homme», not^ et publiées par S. Ribbing), donne une philosophie d'histoire basée sur une spéculation profondément métaphysique, dont la personnalité est le point central. La philosophie de BostrOm a été mise en un système dont la pensée fondamentale est claire, simple et grandiose. L'invention en est originale, et la réalisation en est conséquente, quoique peu détaillée. Dans les principes fondamentaux de la spéculation, dégagés de l'idéalisme panthéiste de l'Allemagne et en certaine opposition avec celui-ci, il cherche, dans un être suprasensible, un être spirituel, invariable et étemel, une personne absolue, la cause du monde donné en temps et en espace. Les doctrines sociales et politiques de BostrOm, ainsi que sa philosophie religieuse et son éthique, voire ce qu'il appelle sa philosophie pratique, sont d'un ordre absolument supérieur quant à la pureté rationnelle de l'idée mère, et quant à la réalisation strictemement conséquente des idées de l'autonomie de la personnalité. La conception philosophique de BostrOm a sensiblement influencé toute la vie intellectuelle de notre pays, et elle a bien longtemps gardé l'autorité suprême dans la philosophie même.

Plusieurs coïncidences ont contribué à ce qne la philosophie nationale de la Suède n'a pas encore trouvé l'expression qui puisse égaler ces importantes pensées fondamentales. Car ce n'est * qu'à une extension relativement restreinte, que nos penseurs suédois ont fait des recherches préparatoires — ces minutieuses recherches sur lesquelles, de nos jours plus qne jadis, il faut baser la philosophie. Voilà sans donte pourquoi la philosophie suédoise n'a pu se faire valoir auprès des tendances naturalistes contemporaines, au degré qne laissaient présumer les ressources scientifiqaes. Cependant, dans les rangs du cBostrômisme», cette philosophie suédoise nationale, 6n poursuivant sa tâche, se développe toujours.

Parmi les représentants de l'ancienne branche de <îette école, qui ont plus Kristofer Jakob Bostrôm.

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