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L'AGRICULTURE ACTUELLE

L'agriculture de nos jours commence, comme on le sait, avec l'application générale des principes et des méthodes de l'agriculture rationnelle, et dépend surtout du perfectionnement de la chimie agricole (travaux de Berzelius et de Liebig), ainsi que du progrès de la

physiologie végétale. Ou peut encore ajouter à cela le développement la technique des machines agrii-ùles, lequel, en partie, a été amené \T le renchérissement de la main-trœuvre, par rimmigration de la lulation rurale dans les villes, ainsi que par la prospérité de Tiuitrie et par les nouvelles formes de crédit agricole qui facilitent isidérablement Temprunt des capitaux nécessaires. La faculté du Mie de comprendre les principes d'une agriculture rationnelle et 'en profiter, a constamment augmenté pendant la dernière partie du siècle passé. Les ouvrages suédois traitant de ragriculture, n'ont pas été, il est vrai, dans leur ensemble, pendant le 19™^ siècle aussi iïuportants, comparativement, que ceux du 18™** siècle Font été pour son temps, mais ils ont eu, en général, plus de portée pour le peuplv, à cause des grands progrès de Tinstruction publique.

ViUatfe suédois (KinhkfKja, <jourcrncnn:itt {rOrcJtro). La Suidt, JJ: S

18 n. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.

On peut distinguer deux périodes principales dans le développement de l'agriculture suédoise depuis 1840.

A) Jusqu'à environ 1870, la production du blé a été la chose principale. Cette production a été favorisée par une plus grande abondance de capitaux, ce qui amena le défrichement de terres nouvelles; ensuite par les prix élevés du blé, surtout pendant et après la guerre de Crimée; par une vente avantageuse de l'avoine en Angleterre (à un prix plus élevé de 30 % qu'à présent); et a été rendue possible par l'emploi des outils modernes, lesquels ont donné plus facilement accès aux substances nntritives du sol; par un drainage mieux compris qui avait le même résultat; dans le sud du pays, par le marnage, qui, certes, amenait à la tare des substances nutritives en petite quantité, mais qui agissait davantage en résolvant et utilisant le terreau; et, enfin, à un très haut degpeé, par les conséquences du partage légal déjà nommé, qui fut opéré principalement de 1830 à 1855.

B) Depuis 1870, l'agriculture est entrée rapidement dans une iKmvelle phase. On commença, en général, à procéder à une fumure du sol plus intense, et par des engrais artificiels, et par l'emploi d'engrais naturels, rendus plus abondants par suite de l'augmentation de Vélevage, Quand on s'aperçut bientôt que l'élevage du bétail, réuni à l'exploitation de la laiterie, pouvait être directement plus avantageux que la culture des céréales, le contingent du bétail s'éleva de plus en plus, comme l'aifourragement et la fumure artificielle: le résultat en fat l'exportation du beurre et du bétail.

L'exportation du beurre a constamment augmenté, mais celle des animaux a, de nouveau, presque complètement cessé. La cause apparente en est que l'exportation du bétail vivant et du porc, d'abord en Angleterre et ensuite en Allemagne, est devenue presque impossible par suite de l'interdiction d'importation ou des prescriptions rigoureuses. La facilité des communications a amené aussi une diminution de l'exportation des céréales, en donnant aux pays éloignés la possibilité de faire la concurrence sur le marché et d'abaisser le prix.

Les prix de la terre ont en général (excepte en Scanie) été réglés par les prix des céréales. Ainsi ils haussèrent fortement de 1853 à 1856, mais restèrent ensuite presque stationnaires jusqu'à environ 1870. Pendant quelques années qui suivirent, une forte mais courte hausse entra; après cela, il n'y eut aucun changement jusqu'à environ 1880, mais depuis lors les prix baissèrent jusqu'à 1888 ou 1889, après quoi une hausse insignifiante fut remarquée. Actuellement, ils sont beaucoup plus bas que vers 1875.

La baisse des prix de la terre était plus forte dans les provinces centrales et septentrionales de la Suède que dans la province de Scanie, qui produit sur une grande échelle du beurre, du lait et des betteraves. Le passage du libre échange au système protectionniste (en 1888) fat chez nous, comme dans beaucoup d'autres pays européens, un résultat de la baisse des céréales sur le marché du monde.

L AGRICtJLTDRE ACTUELLE.

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Ferme suédoise (au nord de la Scanie).

Xous pouvons dire comme jugement général sur Tagriculture suédoise de nos jours qu'elle s'est appropriée, en proportions plus ou moins grandes, toutes les nouveautés, tant théoriques que pratiques, qui ont été essayées avec succès dans les autres pays, mais que des méthodes et outils primitifs existent encore à côté des méthodes et des outils les plus nouveaux, et cela à cause de la grande étendue de notre pays, des diversités qui s'y rencontrent, et de la situation isolée de plusieurs de ses parties. L'agriculture en Scanie et dans le sud du Halland est arrivée à peu près au même point que l'agriculture danoise. Dans les autres parties de la Suède, les agriculteurs montrent aussi de l'intérêt pour leur métier qu'on est heureux de constater. Les petits cultivateurs ont fondé des sociétés pour acheter des engrais en commun. On apporte tous les soins possibles au choix de la semence, à l'aide d'institutions d'essais, d'institutions chimiques, et par des sociétés d'amélioration des semences.

Les râteaux attelés, les faucheuses et les semoirs ont trouvé leur emploi même dans la petite culture. Des batteuses à vapeur sont souvent achetées en commun, et sont employées à tour de rôle par leurs acheteurs. Les cultivateurs qui ont passé par un institut agricole ou une école d'agriculture, sont généralement capables de niveler euxmêmes, de faire le profil d'un fossé et d'établir une carte; ils peuvent, dans les traités et les revues agricoles, suivre à peu près la marche

20 n. AGRIGULTURB ET ÉLBVAaB DE LA SUÈDE.

progressive, et ont l'occasion de constater les progrès techniques de leur métier dans de nombreux concours agricoles.

Des recherches scientifiques sont aussi faites ici sur divers sujets, par exemple aux champs d'expériences de l'Académie d'agriculture, sur les champs d'essai de la Société pour la culture des marais, de la Société suédoise pour l'amélioration des semences, et aux instituts agronomiques. La Suède prend part aux travaux de nos jours les plus avancés en ce qui concerne la chimie agricole, la physiologie végétale et les expériences bactériologiques sur les maladies des plantes cultivées.

Les chiffres ci-dessous, qui donnent la valeur de l'importation et de l'exportation des produits agricoles, soit qu'ils proviennent de l'agriculture proprement dite ou de l'élevage du bétail, démontrent le développement de l'agriculture suédoise pendant les dernières années. La valeur est donnée en couronnes.

Moyennes. Importation. Exportation. l^xportaticm

Années 1871/75 46,345,000 51,459,000 + 5,114,000

La faible augmentation de l'excédant de l'exportation, comme nous pouvons le constater sur ce tableau, dépend surtout de la grande augmentation de la consommation dans le pays. Qu'on veuille bien se rappeler qu'en 1870 seulement 28 % de la population de la Suède appartenaient à d'autres professions qu'à l'agriculture, tandis qu'en 1898 cette population, qui a également besoin des produits agricoles, s'élevait jusqu'à 44 %. Et à cela s'ajoute l'augmentation de la consommation par individu, ce dont nous avons rendu compte dans la première partie de cet ouvrage.

Quant à la diminution de l'importation des dernières années, elle dépend certainement du changement du tarif des douanes depuis 1888.

Si l'on déduit, des chiffres d'importation et d'exportation ci-dessus, ceux qui se rapportent à la production du bétail, on aura pour l'a^rtculture proprement dite le résultat suivant, en couronnes:

Moyennes. Importation. Exportation. rexDortation^

Années 1871/75 21,493,000 36,898,000 + 15,405,000

Par ces chiffres, on voit distinctement l'augmentation de la consommation dans le pays même ainsi que le rôle diminuant de la culture des céréales comparativement à l'élevage du bétail, — trait significatif non seulement pour l'agriculture suédoise pendant cette période, mais aussi pour l'Europe occidentale en général.

l'extension de la terre cultivée.

L'extension de la terre eultirée

dans notre pays, en ces temps, se voit au tableau 7. En total, elle s'élevait, en 1897, à 3,489,307 hectares, desquels 35,954 de terre de jardins et 3,453,353 hectares de champs. Ici s'ajoutent ultérieurement 1,485,552 hectares de prairies naturelles, avec lesquelles la superficie employée pour l'agriculture en Suède s'élève à presque 5 millions d'hectares, c'est-à-dire à peu près 1 hectare par habitant.

TâbXi. 7. La répartition du sol suédois^ par gouvernements.

Groayernements.

Superficie totale.

Kilom.

carrés.*

Dont, kilomètres carrés:

Terre cultivée.

Prairies naturelle!.

Forêts.

Antres terres.

En %.

Terre cnlt.

Prairies.

Porêta.

Antres.

Stockholm*

Uppsala

Sddermanland...

ÔBter^dtland ....

JdnkSping

Kronoberg

Kalmar

Gotland

Blekinge

KriBtianstad

HalmOhns

Halland

GSteborg o. Bohns

Elfsborg....

Skaraborg

Yermland

Ôrebro

Vestmanland

Kopparberg

Oefleborg

Yesternorrland ....

Jemtland

Yesterbotten

Norrbotten

La terre cultivée seule, donc les prairies naturelles non comprises, est de %'f^% du sol de tout le pays, mais cela varie énormément, comme le montre le tableau 7, déjà entre les différents gouvernements, parmi lesquelles ceUe de Malmôhus est cultivée jusqu'à 73*6 % de sa superficie, tandis que le vaste gouvernement de Norrbotten s'arrête à 0-4 %. Des différences encore plus grandes existent entre des endroits de moins d'étendue, ainsi que le montre la carte à la page 22. Dans le canton le plus septentrional de Suède, la terre cultivée ne dépasse pas 1 dixmillième de la superficie; dans les plus méridionaux, elle s'élève jusqu'à 90 % et au-dessus.

Les lacs (36,667 kilom. carrés) eiEclns. — 'La campagne et la ville.

Surface eulUyée

en % de la totalité

de la surfaoe du

sol,

I i MoinB de 1 %, I — I 1-10

nn 10-20

f — g Plua de «0

12 Est de Crrrriw

Eam. «f ^T^metr

Gen.SrabUi Anst Scockho(n«

l'extension de la terre cultivée.

Les chiffres donnés sur 7!* étendue de la terre cultivée en Suède autrefois sont très inceriains., Pourtant, il n'est pas impossible que, pendant le siècle qui vient de s'écouler, elle se soit quadruplés^ résultat qui parle certainemeiit en faveur de l'agriculture suédoise. Les nouvelles cultures se > abnt évidemment faites en partie sur des prairies naturelles, mais aussi, en grande partie, sur des terrains déboisés ou sur des terrains jusqu'alors incultes, comme les marais desséchés, les terres marécageuses et les lacs mis à sec. A partir de l'année 1884, l'Etat fournit des emprunts considérables pour la culture. Un exposé de l'activité importante qui actuellement est développée par la Société suédoise pour la culture des marais, sera donné dans ce qui suit. Parmi les améliorations apportées à la terre, il faut citer, en première ligne, le déblayage, sur une grande échelle, des terrains pierreux et rocheux. On doit aussi y ajouter l'amélioration du drainage des champs.

Maison seigneuriale dans la Suède centrale (Tàckhammar en Sudermanie).

Le nombre des exploitations agricoles est, pour Tannée 1897, d'environ 333,994, en sorte que chaque exploitation comprend à peu près 10 hectares de terre cultivée, en moyenne. A peu près 23 % d'entre elles comprennent des champs d'une étendue d'au-dessous de 2 hectares; 66 S comprennent une étendue variant entre 2 et 20 hectares, et 10 % entre 20 et 100 hectares. Un peu plus de 3,000 des exploitations

n. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.

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