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GÉOLOGIE

Au point de vue géologique, la Suède est une terre primitive. La partie sans comparaison la plus grande de son éeorce solide appartient aux roches formées duraût la première phase évolutive de notre planète, la période primitive, et durant celle qui la suivit immédiatement, la période précambrienne, avec leur manque total de vie organique.

La masse principale du pays a de plus toujours constitué une terre continentale, émergeant au-dessus du niveau de la mer pendant les temps incalculables qui se sont écoulés depuis le dépôt de nos couches siluriennes, lesquelles n'existent désormais plus qu'en partie. La seule exception est celle de la région la plus méridionale du pays, la Scanie, recouverte par la mer dans les périodes relativement récentes du trias, du jura et de la craie.

La Suède partagea sa condition continentale pendant les longues périodes mentionnées avec la Norvège, la Finlande et les parties avoisinantes de la Russie. Comme chez nous, l' éeorce solide de ces régions

se compose presque exclusivement de roches de la période primitive et de la période précambrienne. La plupart des autres contrées de l'Europe montrent par contre, grâce à leurs formations géologiques plus récentes, de centaines de mètres de puissance, qu'elles ont été recouvertes par la mer pendant la plus grande partie du temps où la Suède était une terre continentale.

Les formations ou systèmes géologiques représentés en Suède sont indiqués ci-dessous dans l'ordre de l'extension qu'ils occupent à la surface du pays: le système primitif 78* o %; les divers groupes du système précambrien 9*1 %; les systèmes cambriens et siluriens, ordinaires 6-4 %, métamorphosés (schistes alpins) 5'6 %; le trisis 0*04 %; le système jurassique 0i6 %; le crétacé 0*7 %. Viennent ensuite, comme les phases les plus récentes de l'histoire géologique de la Suède, les dépôts quaternaires de gravier, de sable, d'argile etc., ou, en d'autres termes, les couches meubles formant la couverture plus ou moins continue de l'écorce solide.

Système primitif (roches archéennes). Les roches de ce système oflPtent une grande diversité d'espèces, telles que gneiss ordinaires, gneiss à chftUeflinta» (pétrosilex), c hftlleflintas i, granités, porphyres, gabbros, diorites, hypérites etc.

Les gneiss occupent la principale partie de la Suède occidentale depuis la Scanie jusqu'en Dalécarlie, de même que la partie orientale du pays, de Vestérvik vers le nord à travers l'Ostrogothie et la Sudermanie; on rencontre plus loin encore, dans la même direction, de vastes zones de gneiss dans la Dalécarlie orientale, en Gestrikland, en Medelpad et en Angermanland, et enfin le long des régions côtières de la Vestrobothnie, de même que dans quelques-uns des districts lapons.

Les gneiss à t hàlleflinta >, les c hàlleflintas i (pétrosilex) et les micfischistes^ roches appartenant à la série plus récente de la formation primitive, occupent de grandes régions de l' Angermanland, de la Vestrobothnie et de la Laponie. On les retrouve de plus sur des étendues considérables de la Dalécarlie méridionale, de la Néricie et du Vestmanland, de même que dans des districts plus restreints des provinces d'Uppland, d'Ostrogothie, de Vermland, et du Smâland oriental. Ils offrent un remarquable intérêt en ceci, que c'est principalement dans leur sein que se trouvent les fameux gisements métallifères de la Suède centrale.

Aussi bien la région des gneiss communs que celle des gneiss à > h&Ueflinta >, contiennent des couches plus ou moins puissantes et des noyaux plus ou moins lenticulaires de calçflire grenu cristallin (calcaire primitif, marbre). Le calcaire est exploité pour les besoins de l'architecture et des arts décoratifs, ou pour la fabrication de la chaux.

Granité. Cette roche est la prédominante dans la province de Blekinge et le Smâland oriental, ainsi que dans la majeure partie de l'Ostrogothie et de l'Uppland. On en rencontre des champs épars en

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Néricie, Vestmanland, Boliuslftn, Dalsland et Vermland, d'où des districts granitiques plus continus s'étendent, par le Vermland occidental, le sud-ouest de la Dalécarlie, le Herjedalen oriental et le Jemtland, jusqu'en Norrland et en Laponie, où ils forment des régions considérables. On rencontre dans tous ces districts une riche alternance de variétés différentes de nuance et de texture, qui pourraient parfaitement être utilisées dans des buts industriels, et dont le choix serait sans difficulté de nature à satisfaire les goûts les plus divers. Grâce à leur dureté, à leur résistance aux intempéries, à leur belle apparence tant taillées que polies, les variétés de granité suédoises sont désormais toujours plus Techerchées et employées, et ont donné naissance à une industrie grandiose qui se développe d'année en année.

Paysage de la Scanie (environs d'Alnarp).

Pegmatite. Cette roche, que l'on rencontre sous la forme de filons, de veines et de gîtes, est d'une certaine importance pratique. Le quartz et le feldspath, qui en forment les principaux constituants, se sont cristallisés séparément avec une homogénéité telle, qu'ils peuvent être utilisés chacun à part. C'est dans la pegmatite que se trouvent les carrières de quartz et de feldspath, et pour n'en donner qu'un exemple, la carrière considérable de feldspath d'Ytterby, au nord-est de Stockholm, exploitée pour les besoins de la fabrique de porcelaine de Rôrstrand.

Le porphyre, composé d'une pâte fondamentale compacte, avec individas intercalés de feldspath et de quartz, est, comme les granités, d'origine éruptive. Les porphyres présentent leur principale extension en Dalécarlie, de même que dans les régions avoisinantes du Herjedalen et du Helsingland. On les rencontre en outre dans un grand nombre de localités, depuis le Blekinge jusque dans la Laponie septentrionale. Ainsi, plusieurs des vastes gisements métallifères de cette dernière région sont encaissés par le porphyre. Les variétés de porphyre les plus belles et. les plus riches en nuances sont travaillées en objets d'art et en articles décoratifs.

Au système primitif appartiennent aussi le gàbhro, Vhypérite et le diorite, qui forment en général de petits districts dans plusieurs des grandes régions de granité et de gneiss de presque toutes les parties du pays. On exploite dans plusieurs localités ces roches éruptives, généralement foncées ou noires, pour en faire des monuments etc.

On rencontre, dans plusieurs parties du pays, des districts plus ou moins vastes dont la roche se compose de grès rouges, avec conglomérats et schistes argileux.

L'époque de la formation de ces couches étant antérieure à celle du système cambrien, on leur a donné le nom de précambriexmes. Ces dépôts de grès précambriens sont distribués sur de vMtes étendues de la Dalécarlie occidentale et du Herjedalen (grès dit de Dala ou de Dalécarlie, > Dalasandsten >), entre Gefle et Storvik (grès de Gefle), et à Almesâkra au sud de Jônkôping (série d'Almesâkra). On rencontre un certain nombre de dépôts pareils moins considérables à EkerO et dans quelques autres petites îles du Mftlaren, sur le Svartelfven en Vermland et dans l'archipel de l'Angermanland.

Aux dépôts de la période précambrienne appartient probablement aussi la série dite du Dalsland, ou la formation de Dal, qui comprend les pittoresques régions du Dalsland oriental, et forme des couches puissantes de conglomérats, de grès et de schistes de diverses espèces, comprimés, par les plissements, en une chaîne de montagne qui ne se présente pas, il est vrai, comme telle au point de vue topographique, mais dont, selon toute certitude, les crêtes relevées verticalement et d'une hauteur considérable, ont été, dans le cours des siècles, nivelées par l'érosion et par l'action destructive des agents atmosphériques.

Même le groupe de conglomérats, de grès et de schistes auquel on a donné le nom de série de Visingsô, et qui forme maintenant le fond, les îles et les terres basses autour du Vettem, a peut-être été formé avant le commencement de l'époque cambrienne.

On rencontre, le long d'une grande partie de la diaîne alpine, de puissants dépôts de schistes micacés, de quartzites etc. {série de Sève), fortement comprimés, métamorphosés et dérangés de leur position primitive, présumés être précambriens.

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Pendant l'époque précambrienne surgit à fois réitérées des entrailles de la terre la roche éruptive le diahase, qui s'étendit en immenses nappes de lave sur les grès en question et entre ces grès (p. ex. dans la région des grès de Dala), ou remplit les interstices et les fissures des roclies sous la forme de filons plus ou moins verticaux.

Les roches précambriennes des districts mentionnés sont exploitées snr plusieurs points: ainsi les grès de Dala et de Gefle comme pierres de construction, pierres meulières, ardoises etc.

Vue de Stânge hufviut (Bohuslàn).

Photo. M. Jaoobson. Lyiddl.

Dépôts eambriens et siluriens. Ces dépôts, qui se composent de grès, de schistes alunifères, de plusieurs espèces de calcaires et de schistes argileux, se rencontrent dans diverses provinces de la Suède. Le district silurien du Jemtland est le plus grand quant à la superficie. Occupant une vaste région autour du lac Storsjôn, il se prolonge vers le nord par une large zone de roches siluriennes s'étendant à travers les districts lapons de la Vestrobothnie et de la Norrbothnie, à peu près parallèlement à la frontière norvégienne, au pied des régions alpines proprement dites. Immédiatement au sud se voit un district silurien pareil en Dalécarlie, formant une enceinte circulaire autour du granité entre le lac Siljan et ceux d'Orsa et d'Ore. On retrouve ensuite des dépôts de grès et de schistes alunifères eambriens, avec des calcaires et des schistes argileux siluriens, à Touest et au sud-ouest du lac Hjelmaren en Néricie, dans les régions situées entre Vadstena, Skeninge et le lac Eoxen en Ostrogothie, au Kinnekulle sur les bords du

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Venern, sur la montagne de Billingen et dans la région entre Skôfde et Falkôping en Vestrogothie, sur les montagnes de Halle- et Hunneberg à Test de Venersborg, dans la Scanie du sud et du sud-ouest, et enfin dans les îles de Gotland et d'Oland, de même que sur le rivage continental du détroit de Kalmar. Toutes ces régions cambro-siluriennes ne sont que les débris de couches jadis infiniment plus étendues et fréquemment beaucoup plus puissantes, formées dans la mer qui, aux époques cambriennes et siluriennes, recouvrait peut-être à peu près la totalité de notre pays, de même que de grandes régions des pays voisins.

Vue des environs de Nacka, près de Stockholm.

Le grès, qui repose directement sur les roches primitives, est, avec les schistes noirs ou foncés sus-jacents (schistes alunifères), attribué au système cambrien. Les schistes gris qui les recouvrent, recouverts eux-mêmes par des calcaires gris et rouges, ainsi que quelques autres schistes argileux déposés sur ceux-ci, appartiennent à la division inférieure du système silurien (le silurien inférieur). Dans certaines régions se sont conservés les calcaires et les schistes argileux ou marneux de la division supérieure du système silurien^ comme sur l'île de Gotland tout entière, dans la partie occidentale d'.i district jemtlandais, la majeure partie de la Scanie, et de plus dans certaines localités des provinces de Dalécarlie, d'Ostrogothie et de Vestrogothie. Les grès du système cambrien contiennent des restes du monde animal le plus

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ancien connu, tels que des méduses, des traces de vers etc., tons animaux marins. Les couches siluriennes renferment de nombreuses pétrifications de trilobites, d'orthocératites, de graptolites, d'univalves, d'encrinites, de coraux etc. Les trouvailles les plus intéressantes ont été celles, dans le silurien supérieur de Grotland, des plus anciens animaux connus à respiration aérienne, savoir un scorpionidé et un insecte.

Sur la montagne du Kinnekulle en Vestrogotlde, les couches cambriennes et siluriennes sont bien développées et d'un accès facile. Nous donnons ici un profil de cette montagne dans la direction de V ouest à Vest.

Lêc Tenon.

Kinnekulle.

Haatenr: 5 fois réchelle de la longaear.

a. Gneiss du système primitif. — h. Grès, gris ou jaunâtre; 34 m. — c. Schiste alnnifèie avec calcaire bitumineux; 22 m. — d. Schiste inférieur à Ghraptolites, recouvrant une couche de calcaire à Cératopyge; puissance totale 11 m. — e. Calcaires rouges et gris (calcaires à Orthoceras); 52 m. — /. Calcaire à Chasmops; 10 m. — g. Schiste à Trinucleus; 34 m. — h Schiste supérieur à Graptolites, avec couche sous-jacente, de 3 mètres, de schiste à Brachiopodes; total 56 m. — i. Diabase.

6 et c appartiennent an système cambrien, d—g au système silurien inférieur, h an système silurien supérieur.

Comme sur le Kinnekulle, on rencontre également sur le Billingen, aux Halle- et Hunneberg, de même que sur quelques autres montagnes de la Vestrogothie, une couverture de diabase qui s'est répandue de rintérieur de la terre sur les couches siluriennes sous-jacentes, et les a protégées contre la destruction grâce à sa dureté et à sa plus grande j force de résistance.

Dans les régions alpines du Jemtland occidental et de la Laponie, les roches silariennes ont été métamorphosées sur d'immenses étendues jusqu'à en être devenues méconnaissables, et leurs fossiles sont généralement détruits. Elles se composent de plusieurs espèces de schistes (schistes alpins) compris sous les dénominations de série du Kôli et de faciès occidental du système silurien.

[ Les roches cambro-siluriennes ordinaires présentent une vaste im-

î portanca dans la pratique. On exploite en plusieurs endroits le grès comme pierre de construction ou comme pierre meulière. Le grès gris du silurien supérieur, tendre et d'un travail facile, de la partie méridionale de l'île de Grotland a servi à la construction d'un grand

nombre d'églises de cette île. Pour la fabrication de la chaux et de l'alun, on exploite la chaux bitumineuse et le schiste alunifère dans plusieurs localités de la Vestrogothie et de la Néricie, opération dans laquelle le schiste alunifère bitumineux est ordinairement employé comme combustible pour la fabrication de la chaux. Le schiste alunifère brûlé a jadis principalement servi à la production de l'alun, procédé à peu près abandonné à l'heure présente.

Du système du trias^ la Scanie possède les argiles, les marnes, les grès et les conglomérats rouges, verdâtres ou bigarrés appartenant à sa division supérieure. Ils constituent la roche in situ sur des points limités entre HOganfiLs et le Kullaberg, ainsi que dans les régions à l'est et au nord-est de Landskrona, et s'étendent sous les formations carbonifères qui les recouvrent immédiatement. On a foncé jusqu'à 180 mètres dans ces couches sans parvenir à la roche sousjacente.

Les dépôts du système jarassiqae^ appartenant à sa partie inférieure (le rhéto-lias), se rencontrent dans trois districts d'une superficie totale de 700 kilomètres carrés. Le plus septentrional et le plus grand de ces districts est situé entre HôganfiLs, le golfe de Skelderviken, le Hallandsâs, le Sôderâs et Landskrona, le district moyen au bourg et gare de chemin de fer d'Eslôf, et le district méridional longe comme une bande étroite la limite du système silurien depuis le lac Vombsjôn jusqu'au nord-est d'Ystad. La formation se compose de couches alternantes de grès clairs à grain fin, d'argiles grises ou noires, parmi lesquelles l'argile réfractaire, de schistes et d'argiles schisteuses, et de houilles. Les dépôts dans leur entier sont nommés par cette raison la formation carbonifère de la Scanie, Les couches sont dans la règle presque horizontales ou n'offrent qu'une faible inclinaison. Leur puissance totale varie beaucoup suivant les localités, dans la mesure des dénudations plus ou moins grandes qu'elles ont subies. A Hôganfts, il a été constaté que la formation a une puissance de 240 mètres. Ce sont principalement les parties inférieures les plus anciennes de la formation qui renferment les lits de houille. On doit par conséquent pousser les puits non-seulement au-dessous des couches quaternaires souvent puissantes, mais aussi traverser la majeure partie de cette formation avant de parvenir à des niveaux exploitables. (Pour les allures, l'épaisseur et l'exploitation des lits houillers, voir sous la Division des mines.) — Il a été établi dans les grès quelques carrières d'où sont tirées des pierres meulières.

Les lits d'argile et de schiste de l'étage carbonifère contiennent sur plusieurs points une grande abondance de pétrifications bien conservées de la végétation qui régnait à l'époque de leur formation. On rencontre, dans les parties supérieures, composées principalement de grès, des restes pétrifiés de types d'animaux marins, parmi lesquels les mollusques sont en prédominance.

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Le système crétacé s'étend sur une grande partie du sudouest de la Scanie, ainsi que dans un district considérable des environs de Kristian-

stad, Ahus etc., appartenant à la région nord-est de la province.

Les dépôts de la Scanie du sud-ouest se composent en partie de craie proprement dite (craie à écrire) avec rognons de silex, en partie de calcaire crayeux (calcaire de Saltholm et de Taxe), qui paraît occuper la majeure portion du district, en partie d'un grès calcarifère (grès de Kôpinge) au voisinage d'Ystad, et enfin d'une espèce de marne à Eriksdal et à KullemôUa, à la limite du rhéto-lias au nord dTstad. Le terrain crétacé du nord-est se compose d'un calcaire abondant en tiges brisées de bryozaires et en coquilles de mollusques, d'un calcaire presque terreux, et enfin de grès quartzeux. On ne connaît pas la puissance totale du système crétacé, mais un sondage exécuté au nord d'Ystad est descendu à plus de 500 mètres de profondeur sans parvenir à le traverser. Ses roches fortement calcarifères sont d'une si grande valeur économique, qu'elles ont donné naissance à plusieurs industries techniques pour leur utilisation: production de la craie à écrire, fabrication en grand de ciment de Portland, emploi de la chaux pour engrais dans l'agriculture, afi'ectation à laquelle ces calcaires se prêtent d'autant mieux qu'ils sont assez riches en phosphore. Les dépôts crétacés de la Scanie du nord-est reposent assez généralement sur un lit de kaolin, au-dessous duquel commencent les roches primitives plus ou moins décomposées.

Pendant la période tertiaire qui suivit celle de la craie, mais dont on ne connaît pas de dépôts sédimentaires en Suède, l'écorce rocheuse

Coucher du soleil sur les bords du Màlaren.

de la Scanie a subi des dérangements considérables. Ce fat alors que se produisirent, le long des fissures de failles du nord-ouest au sud-est, les affaissements gigantesques de Técorce terrestre par lesquels certains districts crétacés furent partiellement plongés à 1000 mètres ou plus au-dessous des régions environnantes, et où eurent lieu les éruptions volcaniques des lits de lave et des cendres auxquels sont dûs les basaltes et les tufs basaltiques dont on rencontre les débris dans la Scanie centrale au nord du lac Ringsjôn. Ces éruptions volcaniques sont probablement contemporaines de celles qui se produisirent près du lac Mien actuel dans la partie la plus méridionale du Smâland, et aux lacs Dellen dans le Helsingland, où se présentent ici l'andésite et là la rhyolite. On admet de même que la syénite à néphéline et Tintéressant basalte à mélilite • d'Alnô, près de Sundsvall, sont aussi postérieurs à l'époque crétacée.

La surface de l'écorce solide de la Suède, tant celle due aux roches du système primitif que celle appartenant aux autres systèmes de roches mentionnés dans les pages qui précèdent, est recouverte, sur une étendue très considérable, de graviers, de sables, d'argiles et d'autres dépôts terreux survenus, après la clôture de l'époque tertiaire, dans la période qui s'étend jusqu'à nos jours, et à laquelle on a donné le nom de période quaternaire. Vers la fin de l'époque tertiaire, il s'était produit dans l'hémisphère rord un abaissement de la température, qui atteignit son maximum pendant la phase de l'époque quaternaire nommée la période glaciaire. Durant cette période, des parties les plus élevées du pays s'étendirent peu à peu des glaciers sous la forme d'une seule et immense nappe de glace continentale qui finit, peut-être après des milliers d'années, par occuper non-seulement la totalité de la péninsule Scandinave, mais aussi une grande partie de l'Europe du nord. Ces glaciers et cette glace continentale balayèrent devant eux et entraînèrent les produits de désagrégation que les périodes géologiques antérieures avaient amassés à la surface de la roche et dans ses dépressions, amenèrent aussi partiellement l'érosion de la roche même, et y produisirent, à l'aide des pierres et des graviers entraînés par eux, ces rayures et ces stries que nous observons encore aujourd'hui sur les roches polies (roches moutonnées des géologues suisses). Quand, au bout de miUiers d'années, en combinaison avec l'amélioration du climat, la glace se retira enfin et se restreignit à l'occupation des hautes parties centrales de la péninsule Scandinave, il resta, comme une immense couverture, sur la roche inégale et rugueuse, les matériaux de moraines bien connus composés de pierres et de graviers charriés sur la glace ou sous les glaciers. Ces matériaux, ou le c till », présentent en Suède leur extension principale parmi les formations quaternaires. Us constituent presque tout notre sol forestier, et forment les pentes des montagnes et des régions alpines. Le gravier de moraine provenant de

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Toches détruites relativement tendres, comme p. ex. des schistes argileux et des calcaires du silurien, est argilacé et calcarifère (argile de moraine, marne de moraine), et peut s'utiliser comme terre arable. Les fertiles plaines de la Scanie se composent principalement de cette argile de moraine, plus ou moins riche en chaux.

Détroit de Skurusund près de Stockholm.

Une autre espèce de dépôts formés en connexion intime avec la fonte des glaces dans notre pays, est celle de ces remarquables cordons ou renflements de sable et de gravier roulé nommés âsar (singulier ds, 88 prononce ôse)^ que Ton suppose avoir été dus aux cours d'eau qui, 8* écoulant par des espèces de tunnels de l'intérieur de la grande nappe de glace, déposaient à l'embouchure, quand la force du courant diminuait, les matériaux entraînés par eux sous la forme de pierres roulées, de graviers grossiers ou fins et de sables. On rencontre ces dsar dans presque toutes les parties du pays, ils se prolongent sur plusieurs points sans interruption pendant plusieurs myriamètres, à une distance de quelques kilomètres à 20 kilomètres les uns des autres, et atteignent fréquemment une hauteur de 30 à 50 mètres. Une partie de la ville de Stockholm s'élève sur un ds pareil.

A la fin de la période glaciaire, où le retrait de la glace continentale se manifestait de plus en plus, la Suède était en partie plongée sous la surface de la mer, mais, ainsi que le fait voir la carte ci-jointe.

beaucoup plus dans les parties centrales que dans les parties extérieures. Les îles de Gotland et d'Oland étaient alors complètement recouvertes par cette mer glaciale, de même que les provinces du Mâlaren et la majeure partie de TOstrogothie. Les alentours du lac Venern étaient également recouverts de 140 à 180 mètres d'eau, et par la Néricie actuelle, un détroit unissait l'Atlantique à la Baltique de nos jours. Sur les parties immergées du pays, les eaux des glaciers déposèrent la boue argileuse amenée par elles, et y formèrent une argile à couches souvent très belles, Vargile glaciaire, actuellement répandue sur nos plus grandes plaines aussi bien que dans les vallées, et contenant sur plusieurs points, avec des débris de la petite bivalve Yoldia arctica, d'autres types d'animaux arctiques analogues à ceux vivant à l'heure actuelle dans les mers du Spitzberg et du Grœnland. Partout où l'argile a été lavée d'une moraine calcarifère, par conséquent surtout dans les districts siluriens et crétacés et au sud de ces districts, cette argile est plus ou moins riche en carbonate de chaux (argile marneuse). C'est p. ex. le cas en Uppland (ancien territoire silurien du golfe de Gefle), en Ostrogothie etc. Quand le pays commença à se relever successivement de la mer glaciale sous laquelle il avait été plongé dans une si grande extension, le détroit néricien perdit toujours plus de sa profondeur, et le territoire de la Baltique, assez promptement fermé, devint un bassin d'eau douce, couvrant en totalité l' Uppland et la Sudermanie, certaines régions de la Néricie et de l'Ostrogothie, des parties des îles de Gotland et d'Oland, et une assez large zone côtière du Norrland. Il se déposa à cette époque des couches d'argile d'une faible puissance qui recouvrirent l'argile glaciaire sur plusieurs points. On a rencontré dans la première de ces argiles et dans les dépôts litoraux contemporains un petit mollusque, Ancylus fluviatilis, qui n'habite que les eaux douces. On a par conséquent appelé ce grand lac d'eau douce le lac de l'Ancylus, et l'on a désigné, par période de l'Ancylus, l'époque durant laquelle il a existé. Les masses d'eau du lac de l'Ancylus se frayèrent peu à peu une issue par les Belts et le Sund actuels, et lorsque vers la fin de la période de l'Ancylus, un lent afi'aissement de l'écorce terrestre se produisit dans les parties méridionales de la Baltique et la Mer du nord, l'eau de cette dernière pénétra dans le lac de l'Ancylus, et la Baltique devint dès lors une mer intérieure avec eau salée. Les communications ouvertes par ces modifications topographiques étaient alors beaucoup plus grandes que de nos jours, et la teneur de sel de la Baltique supérieure à sa salure actuelle. Dans les dépôts d'argile et de graviers littoraux qui se formèrent dans les terrains des régions alors couvertes par la Baltique, on a rencontré entre autres une unîvalve, la Liiorina litorea, qui ne se trouve pas aujourd'hui à l'est du Rtigen, d'après laquelle les dépôts de cette mer intérieure ont été nommés dépôts de Vépoque de la Litorina. L'Uppland presque tout entier, une grande partie des provinces des régions littorales du Ma-

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laren et du Hjelmaren, ainsi que les régions côtières depuis la Scanie jusqu'à Haparanda, étaient alors couverts en plus ou moins grande partie par la mer de la Litorina. En Uppland, cette mer atteignait un niveau dépassant de 60 mètres celui de la mer actuelle. L'argile grise non stratifiée qui recouvre d'un à quelques mètres l'argile glaciaire et d'autres dépôts plus anciens des régions mentionnées, et qui y forme la terre cultivée, date de cette période. Les dépôts marins constituent en général le sol le meilleur et le plus facilement cultivé de la Suède; aussi sont-ils affectés en majeure partie à l'agriculture. Les régions les mieux cultivées et les plus peuplées du pays coïncident par conséquent en grand avec les anciennes régions couvertes par la mer aux époques glaciaire et postglaciaire.

Château royal de Stockholm.

Photo. Fr. g. Ki.kuming, Stockholm.

La Suède est un pays de lacs. Outre les grandes nappes d'eau du Venem, du Vettern, du Mâlaren, du Hjelmaren, du Siljan, du Storsjôn, du Homavan etc., on rencontre, dans les diverses parties du pays, une foule de lacs de toutes dimensions. Plus nombreux encore sont les marais^ composés de diverses espèces de tourbes, occupant d'ordinaire les dépressions de la couverture de moraine s'étendant sur l'écorce solide, et dont la plupart étaient primitivement de petits bassins lacustres comblés plus tard par la végétation. Plusieurs de ces marais tourbeux ont été transformés en campagnes fertiles dans le cours des dernières pé-

riodes décennales, d'antres sont exploités dans certaines régions pour l'extraction de la tourbe à brûler.

Ce nombre prodigieux de lacs et de marais tonrbeTix est dû à la forme accidentée et inégale que la majeure partie de la roche primitive a reçue, par la désagrégation ou par d'autres causes, pendant les périodes de temps où la mer la recouvrait, de même qu'aux endiguements et aux monticules que produisirent à la surface les dépôts de moraine de la période glaciaire.

Un autre trait caractéristique pour la Suède, est la nature detskàrgdrd* (enceinte de récifs) ou de ceinture archipélienne de certaines de ses côtes, où, dans une zone plus ou moins large en dehors de la ligne riveraine continentale, on rencontre une innombrable multitude d'îles, d'îlots, de récifs et de brisants lavés par la mer, formant les débris des plus hautes parties, ramenées au-dessus de la surface, des territoires qui appartenaient à la région continentale antérieurement à la période glaciaire.

Le relèvement du pays se poursuit encore de nos jours, quoique dans la mesure relativement insignifiante d'environ ^/2 mètre par siècle. Ce phénomène était connu, sous le nom de Valaisnement des eaux (tvattenminskningen »), déjà il y a 160 ans, et fut alors discuté par des investigateurs suédois.

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