ÉLEVAGE DU BÉTAIL
L'élevage du bétail et la fabrication des produits de basse-cour sont, après l'agriculture proprement dite, les branches les plus importantes de l'industrie rurale suédoise. Nos vastes prairies et nos riches pâturages forestiers constituent d'excellentes conditions de succès dans ce domaine, resté néanmoins longtemps stationnaire et négligé à plus d'un égard. Les dernières périodes décennales y ont heureusement apporté
U Suède, IL 4
des modifications grandioses, plus vastes, peut-être, que dans aucun autre domaine de la vie économique suédoise.
Pour trouver une expression commune applicable à la totalité du stock d'animaux domestiques, il est nécessaire de réduire les différentes espèces d'animaux en une norme représentant leur valeur économique. Dans ce but, la statistique agricole suédoise, prenant pour unité le prix moyen du gros bétail, donne à un cheval la valeur de V* bêtes à cornes, à un mouton celle de ^/lo, à une chèvre celle de ^/i», à un porc celle de ^/4, et à un jeune animal de la race chevaline ou de la race boviD€ celle de V» hête de l'espèce à laquelle il appartient. A l'aide de cette échelle, on reçoit les chiffres suivants de la grandeur du stock d'animaux domestiques de notre pays aux diverses époques indiquées, avec
comparaison du chiffre de la population.
Animaux rédaits j, ^qqq
Année. Population. en grosses bêtes habiUnU^
à cornes.
1850 3,483,000 2,410,000 GiTi
Le nombre relatif des animaux pour l'année 1571 a été calculé par M. H. FORSSELL (sur les chiffres duquel nous nous appuyons ici) à un total passablement supérieur à celui du tableau qui précède, ses calculs donnant un chiffre de la population sensiblement inférieur au chiffre indiqué ici par la voie conjecturale. Il paraît, dans tous les cas, ressortir indiscutablement que l'augmentation du stock des animaux domestiques n'a pas marché à beaucoup près de pair avec l'accroiasement de la population, et que cette disproportion s'est poursuivie pendant une grande partie du siècle présent. C'est par contre l'inverse qui s'est produit pendant les trente dernières années.
Il ne doit néanmoins pas être perdu de vue, relativement aux chiffres donné», que le nombre des animaux n'est pas l'unique étalon de mesure, mais que la qualité constitue un point de vue non moins important. Si l'on a aussi égard à cette circonstance, le recul relatif qui vient d'être constaté de l'année 1571 à l'année 1870, sera sans le moindre doute, fortement réduit, et les proyrti après 1870 sensiblement plus considérables que ne le font supposer les chiffres donnés plus haut.
La comparaison entre le stock des animaux domestiques et l'expansion de ia culture des céréales à différentes époques, donne les résultats suivants. Pour chaque cent quintaux de céréales récoltées environ 1570, il était entretenu un nombre d'environ 50 bêtes à cornes, d'après le taux de réduction mentionné plos haut. Vers 1800, ce chiffre proportionnel était d'à peu près 32, et s'élcTait approximativement à 16 aux environs de 1870. Il s'est tenu, depuis lors, autour de ce dernier chiffre. On voit évidemment qu'à travers plusieurs siècles, la culture des céréales a été favorisée aux dépens de l'élevage du bétail, tandis que de nos jours l'une et l'autre sont l'objet de la même sollicitude.
Le tableau 19, à la page 51, donne la grandeur absolue et la grandeur relative du stock d'animaux domestiques à diverses époques, avec distinction entre les différentes espèces.
^ A comparer la remarque du tableau 19. — * T compris les rennes, an nombre de 283,000, correspondant, après réduction, à 56,000 grosses bêtes à cornes.
LB CHBVÀL.
TâBL. 19. Le stock dCanimaux domestiques à diverses époques.
Espèces.
Nombre total des bêtes.
Sur mille babitants.
En 1571.»
En 1805.»
En 1850.
En 1897.
CheTanx
Ytches
Antree bétes à cornes.
Mootons
Chèvres
Porcs
Total
3,fHNl,IHHl
A l'époque actuelle, la Suède possède, proportionnellement à sa population, un stock d'animaux domestiques supérieur à celui de la plupart des autres pays; pourtant, cela ne s'applique pas aux races ovine et caprine. Le développement progressif de l'élevage du bétail, dans le cours des dernières périodes décennales, est mis en pleine évidence par le tableau qui suit, indiquant l'importation et l'exportation d'animaux et de produits de basse-cour pendant la période de 1871/95. Les moyennes annuelles de ces deux mouvements donnent les sommes suivantes, en monnaie suédoise:
Période. Importation. Exportetiou. j^/xpt'Sîion.
Couronnes. Conronneg. Couronnes.
Ainsi, tandis que, dans la première période, l'importation annuelle de ces produits s'élevait en Suède à 10 millions de plus que l'exportation, on voit la période de 1891/95 donner au contraire un excédant annuel de l'exportation de non moins de 35 millions de couronnes.
Après ces courtes indications générales, nous passons à la revue succincte de chacune des espèces animales les plus importantes de l'élevage suédois.
Le eheyal.
En 1571, la Suède possédait, peut-être, presque 200 chevaux par mille âmes de la population. Ce nombre, descendu à 161 en 1805, était ultérieurement tombé à 103 en 1870. Le recul a néanmoins cessé depuis lors, et l'année 1897 donne 104 chevaux par mille habitants.
^ D*aprè8 les calculs de M. H. Forssell, avec des additions approximatives (selon les proportions de 1805) pour les provinces qui en 1571 n'appartenaient pas à la Suède. Il est à remarquer que M. Forssell donne des chiffres plus bas, quant à la population, et ainsi des chiffres plus hauts, quant an nombre relatif des bêtes. — ' En ce qui concerne les chèvres et les porcs, les chifflres sont seulement conjecturés.
n. AGRICULTURE BT ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.
Gen. Stab. Li t AfMLSeocklipini.
Ce dernier chiffre est extraordinairement élevé au point de vue européen, et les seuls pays de l'Europe occidentale, en état de montrer un chiffre supérieur, sont le Danemark et la Finlande. La moyenne de TEurope occidentale n'est que d'environ 55 Ccontre le chiffre approximatif de 176 pour l'Europe orientale).
Le nombre total de chevaux en Suède, à la fin de 1897, montait à 516,809. Les provinces suédoises qui en élèvent le plus grand contingent, sont la Scanie et l'Uppland.
La carte à la page 52 donne le détail des différences locales. Les notices succinctes suivantes sont consacrées à l'histoire du cheval en Suède.
La forme du crâne et les récits des légendes permettent de tirer la conclasion qne la première race chevaline suédoise est arrivée de l'est, et qu'elle descend de la race tartare que l'on trouve encore dans le sud-est de la Russie. Le type primitif s'est néanmoins perdu par des croisements incessants avec d'autres races, et, à l'époque des Vikings, l'habitant du Nord, dans ses relations avec les pays étrangers, ramenait avec d'autre butin de ses incursions incessantes aussi des chevaux. Ce ne fut qu'au moyen âge, et avec le développement de la chevalerie, que le cheval prit une certaine importance et devint simultanément l'objet de meilleurs soins et d'une plus grande sollicitude.
Dans les terres de la noblesse et dans les fermes royales, l'élevage du cheval était l'objet d'un vif intérêt, et il est à présumer que les chevaliers ramenaient avec eux au pays, de l'orient et de l'occident, bien des chevaux de race qui servaient ensuite à l'amélioration du cheval indigène.
Les premières mesures pour l'amélioration de l'espèce chevaline que l'on connait avec certitude, datent du règne de Gustave Vasa. 11 fonda des haras et même des écoles d'équitation dans les domaines royaux nouvellement formés, oà il installa des chevaux frisons qu'il s'était procurés par achat. Pendant les nombreuses guerres des siècles qui suivirent, les Suédois importèrent dans le pays une foule de chevaux de différentes races. On sait aussi qu'il en était venu comme présents, et qu'il en avait été acheté par les rois et par les membres de la haute noblesse. Le cheval suédois du l?'"^' siècle ne parait s'être distingué, ni par sa stature, ni par sa force; une remonte de taille normale ne mesurait que 138 cm., et l'on ne doit pas trouver étonnant de voir Gustave- Adolphe renforcer ses escadrons à l'aide d'infanterie intercalée, et Charles XI remonter en grande partie sa cavalerie dans les provinces baltiques.
Il était aussi promulgué, de temps à autre, des ordonnances visant l'organisation et le développement de l'élevage du cheval. Le cheval suédois n'en laissait pas moins encore à désirer au commencement du siècle dernier. Il se réveilla cependant, vers cette époque, un certain intérêt pour l'achat de bons reproducteurs. Il est naturel que l'on se procura d'abord des races de choix, afin d'obtenir de meilleurs chevaux de course et de trait, l'agriculture n'exigeant pas encore des chevaux d'espèces plus pesantes. En 1806, un particulier acheta à Londres deux étalons pur sang, les premiers sujets de l'espèce dont l'importation en Suède soit connue. Il fut importé depuis lors, presque annuellement, des reprodncteurs plus ou moins appropriés à nos conditions, et l'on peut signaler que, de 1818 à 1859, il a été introduit dans le pays un nombre de 120 étalons et juments par sang, outre 4 étalons et 30 juments de race orientale.
Il se produisit, au milieu du 19™® siècle, un puissant relèvement dans l'agricultnre suédoise, et l'on se trouva en face de la nécessité de prendre des mesures en vue de l'amélioration des chevaux de trait ordinaires qui, dans les régions
de plaines de la Suède centrale et du sud, se montraient trop petits et trop mous pour les nouveaux instruments agricoles, de même que pour le labour plus profond de la terre.
Afin de donner au cheval de trait plus de masse et de force, il a été importé des reproducteurs d'espèces étrangères à sang moins ardent, qui ont été croisés avec notre race campagnarde, mouvement qui se poursuit encore aujourd'hui.
On acheta d'abord, vers l'an 1855, des chevaux percherons, qui toutefois tombèrent bientôt en discrédit, principalement par la raison qu'un très petit nombre étaient de pur sang, la majorité ayant été reconnue se composer de chevaux boulonnais importés sous le nom de percherons.
Cheval de la race Scandinave.
Pensant ensuite avec raison qu'un cheval de hautes terres était celui qui convenait le mieux au but visé, on se mit à importer des chevaux belges de la race ardennoise, et l'on s'est en général efiforcé de se procurer des animaux à formes sèches, trapues et vigoureuses, doués de bons mouvements. Cette importation, qui se poursuit encore, un grand nombre de chevaux belges arrivant annuellement dans les ports suédois, a, dans plusieurs régions du pays où l'élevage du cheval à sang froid s'est montré convenable, exercé une excellente influence, et puissamment contribué à l'amélioration de l'espèce chevaline dans les régions mentionnées. La première exhibition publique d'un cheval des Ardennes en Suède eut lieu au comice général d'agriculture suédois de MalmO en 1881, et fut l'objet d'une attention toute particulière.
A la même occasion, on décerna aussi, pour la première fois chez nous, un prix au cheval du Clydesdale. Il a été importé un grand nombre de représentants de cette race, mouvement qui a néanmoins diminué ces dernières années.
Dans les régions de la Scanie qui se livrent à la cnlture de la betterave, le Clydesdale jouit d'une grande confiance, principalement pour la traction des lourdes charges qui s'y présentent.
Il fut importé, dans la période décennale de 1871/80, quelques chevaux du Pinzgau (Alpes noriques). On constata toutefois qu'ils ne convenaient pas à notre pays, vu l'infériorité de leurs produits.
Enfin, il a été acheté, pour la reproduction, quelques chevaux anglais de la race de Shire, mais ils ont donné des produits très variables, et l'importation en a cessé dans les dernières années.
L'intérêt s'est fortement accru dans ces derniers temps en Suède pour le développement de l'élevage des chevaux de race noble. Le roi Charles XV importa plusieurs chevaux orientaux, dont les descendants n'ont cependant pas fait preuve de qualités supérieures, et l'on n'en a pas continué la reproduction. De même que dans la plupart des autres pays, on a aussi appris à comprendre en Suède la grande importance du pur sang anglais pour le rehaussement des produits de imce supérieure. L'intérêt dans ce but s'accrut fortement depuis 1866, ^ipoqne où fut créée la Société suédoise des courses (le Jockey club suédois), et où le goût de ce sport prit un nouvel élan. De 1866 à 1892, la race pur sang du pays se trouva augmentée de 13 à 43 chevaux. Cette augmentation ayant incessamment continué depuis lors, le stock peut être évalué à cette heure à environ 300 sujets. Il était aussi importé précédemment chaque année d'Anvers et du Hanovre des poulains qui, surtout dans les parties méridionales du pays, exercèrent une influence favorable sur le perfectionnement de la race noble.
Les haras entretenus par l'État ont été dissous pendant les dernières périodes décennales. En 1872, Strômsholm en Vestmanland, et en 1887, Flyinge en Scanie ont été transformés en dépôts d'étalons. A la fin de 1898, le premier de ces dépôts possédait 71 étalons, dont 5 étaient pur sang, 62 demi-sang et 4 appartenaient à la race ardennoise; le second dépôt possédait 89 étalons, dont 9 pur sang et 80 demi-sang. Flyinge élève en outre une vingtaine de jeunes étalons de divers âges, achetés en majeure partie comme poulains dans le Hanovre, et destinés, à recruter les dépôts d'étalons. L'école militaire d'éqaitation de l'Etat est placée à Strômsholm. A la dissolution, en 1883, du haras d'Ottenby, dans l'île d'Oland, il y fut établi un dépôt de remontes de l'armée, avec environ 400 chevaux.
Les principaux haras privés du pays sont les suivants: Tjolôholm en Halland et Trystorp en Néricie (sang pur et demi-sang), Brodda en Scanie (anglo-arabes), Vidtskôfle dans la même province (demi-sang), Blomberg en Vestrogothie (ardennois), et Nasbyholm en Scanie (Clydesdale).
En 1878, l'Etat commença à primer les chevaux. Aux termes d'un règlement en vigueur depuis 1880, il accorde des primes pour les étalons de race orientale et de pur sang anglais. Les étalons d'autres races et les jeunes sujets sont primés moitié par l'État, moitié par les conseils généraux, les sociétés d'économie rurale et des sociétés privées.
En 1897, il fut, suivant les rapports des sociétés d'économie rurale, primé un total de 490 étalons et de 3,000 juments et jeunes sujets. Les primes décernées s'élevèrent à 138,431 couronnes, somme à laquelle les sociétés d'économie rurale contribuèrent pour 86,421 couronnes. Le total des dépenses faites la même année par ces sociétés en faveur du développement de l'espèce chevaline, s'éleva à 177,882 couronnes, et celle de l'État à 159,072 couronnes, soit en tout à 336,954 couronnes.
Il a été créé, ces dernières années, dans diverses parties du pays, une foule de sociétés dC élevage du cheval, et de dépôts détalons et de poulains, La majeure partie de ces sociétés visent l'élevage des chevaux de travail par des croisements avec des chevaux à sang froid.
Outre le nordiska stnterihoken (stud-book Scandinave), dont le fascicule 4 a paru, et qui contient la liste des pur sang du pays, il est publié dans plusieurs gouvernements des stud-books, tant pour les chevaux à sang chaud que pour ceux à sang froid.
Il est tenu chaque année, dans 5 champs de courses différents, des courses exclusivement à l'usage des gentlemen-riders sous la direction du Jockey-club suédois et de comités locaux. Outre 18 prix d'honneur, il a été, en 1898, distribué en primes 26,800 couronnes et 1,200 couronnes en primes d'élevage, La partie centrale do pays possède plusieurs sociétés de courses attelées, organisant des concours annnek
Il y a quelques périodes décennales que l'on voyait encore, dans nos provinces de l'est, une race de chevaux offrant une assez grande ressemblance avec la race tartare de la Russie. Elle a actuellement disparu par suite de croisements avec d'autres races.
Le Norrland et les provinces occidentales possèdent une race indigène que l'on rencontre aussi en Norvège, où elle présente sa forme la plus typique et la meilleure autour du lac Mjôsen et sur la pente méridionale du Dovrefjeld. Vigoureuse, à formes trapues, endurcie, vivant de peu, cette race, nommée chez nous la ^race Scandinave* (norska ou nordsvenska rasen), est d'une valeur réelle dans les régions forestières et sur les hauts-plateaux.
L'île de Gotland possédait jadis une grande quantité de petis chevaux («russar», à comp. l'allem. Ross) qui ont successivement disparu par suite de l'introduction de l'agriculture rationelle, de sorte qu'on ne les rencontre plus qu'en très petit nombre à l'heure présente.
En Vestrogothie et dans plusieurs autres provinces, le cheval de trait est le produit du croisement avec le cheval des Ardennes, que l'on fait servir toujours davantage à l'amélioration de la race dans les régions centrales et méridionales du pays. L'élevage des chevaux de race est à son maximum en Scanie, mais on élève aussi d'excellents chevaux à sang ardent dans d'autres provinces. Cette branche d'élevage
Cheval de la race de Gotland.
a, cependant, été remplacée dans bien des endroits, où elle était l'objet d'un vif intérêt, par l'élevage de chevanx de trait à sang froid, plus facile et exigeant moins de connaissances hippiques.
L'État et les particuliers ont fait beaucoup pour relever l'élevage du cheval. Dans ce travail de régénération, on a malheureusement manqué en général d'un plan nettement tracé, et il a été fait des essais avec une quantité de races étrangères dont beaucoup b'ont pas été reconnues convenir à nos conditions.
Cheval demi-sang de Scanie.
Ce n'est que dans les derniers temps que les opinions se sont fixées à ce sujet et qu'un plan d'élevage déterminé a été établi suivant les besoins locaux. Tout fait donc espérer que le temps ne sera pas éloigné où, avec le grand intérêt que l'on voue désormais à l'élevage de la race chevaline, la Suède possédera des chevaux répondant aux buts visés,
Tabl. 20. Importation et exportation du bétail. Nombre de têtes.
MoyeoDes des années.
Chevanx.
Bétea à cornes.
Montons et chèvres.
Porcs.
I m port.
Export.
Import.
Ex port.
1 m port.
Export.
Import.
Export.
En 1897
et même recherchés sur les marchés étrangers. — Le tablean 20 contint quelques données numériques sur l'importation et Texportation des chevaux en Suède.
Bêtes bovines.
A en croire les chiffres du 16°^® siècle cités dans le tableau 19 à la page 51, la Suède aurait possédé à cette époque éloignée à peu près une bête bovine sur chaque habitant. De nos jours, le chiffre relatif est descendu à la moitié environ. Mais si l'on ne pense qu'au nombre des vaches^ il n'y a pas eu de diminution pendant tout le 19"* siècle, et, tandis que le nombre relatif en est resté le même, la qualité des bêtes est devenue considérablement meilleure.
En général, la Suède est fort riche en bêtes bovines; parmi les pays de l'Europe occidentale, il n'y a que le Danemark et la Finlande qui la surpassent, tandis que la Norvège se trouve à peu près au même niveau que la Suède. Les quatre pays Scandinaves occupent par conséquent, sous ce rapport, les premières places dans la moitié occidentale de notre partie du monde. La fréquence relative des vaches dans les différentes parties de la Suède est indiquée sur la carte à la page 59; on y trouvera les chiffres de 1889 pour chaque canton.
L'histoire des bêtes bovines dans notre pays présente bien des fluctuations. La loi d'Uppland (1296) décrit le bétail suédois comme petit, charnu, blanc oo gris-blanc, ayant souvent des taches brunes. Telle est encore la race alpine, répandue dans le nord de la Suède, race qu'on regarde pour de bonnes raisons comme la plus ancienne du pays. De bonne heure, une autre race à comei, celle-là de taille plus grosse et de couleur fauve, est venue chez nous, probablement de l'orient; elle empiéta de plus en plus vers le nord, sur les domaines de la race ancienne. Cette race a été peu à peu mêlée avec des espèces étrangères, et, à plusieurs endroits, ces dernières l'ont complètement remplacée, mais elle resta longtemps sous sa forme typique dans les forêts de Smâland, et elle existe encore à l'île de Gotland.
On a fort peu de renseignements sur les démarches faites au moyen âge pour l'amélioration de l'élevage du bétail; on sait pourtant que des bêtes bovines étaient exportées en grande quantité de Smâland et de plusieurs autres provinces. Sous le règne énergique de Gustave Vasa, on commença à prendre des mesures en vue d'améliorer l'élevage des bestiaux, et ce roi fit venir du bétail de 1* Hollande dans ses terres, qui étaient, ainsi que celles de la haute noblesse, fort richement montées en fait de bétail. Après la mort de Gustave, il semble que l'élevage du bétail se soit trouvé dans un état continuel de déclin, et ce n'est qu'an siècle présent que les agriculteurs de Suède ont reconnu l'importance de la vacherie pour une agriculture lucrative.
Pendant le 18°*® siècle se montrent en plusieurs provinces les premiers signes de l'intérêt qu'on commence de nouveau à consacrer à cette branche de l'agriculture. On importe du Danemark, de la Hollande et de l'Angleterre des bêtes bovines de races étrangères aux propriétés de la Scanie. Dès 1743, Jonas Alatrômer fit venir du bétail d'Angleterre à sa propriété, HOjentorp, en Vestrogothie, et l'on recommandait, dans plusieurs ouvrages qui paraissaient, des améliorations dans l'affourragement et l'entretien du bétail.
BÊTES BOVINES
Gen.Srab.LitAnsi.Siockhohn.
Vacherie et autres dépendances d'un manoir seigneurial de la Suède centrale.
Entre 1830 et 1840, le secrétaire royal Alewts Noring revint en Suéde après avoir étudié Tagriculture et Télevage du bétail en Angleterre pendant plusieurs années. Avec Tardeur de la jeunesse, il rendit compte de Tétat ds choses en Angleterre, et réussit à intéresser plusieurs propriétaires de la Suède méridionale à Tamélioration de Télevage. Un nombre considérable de bêtes, parai lesquelles plusieurs troupeaux de bêtes bovines, furent achetées par Noring, snrtant pour le compte de propriétés scaniennes.
En général, on était d'avis qu'il fallait, pour rendre le bétail suédois plus gros et pour en tirer plus de lait, le croiser avec des races étrangères, et^ dans le snd comme dans le centre du pays, de nombreux troupeaux de belles bêtes, qu'on i appelés hen^gârdsraser (races de château), s'étaient produits grâce à l'imporUiioi du siècle précédent et grâce à un élevage consciencieusement dirigé. L'intérêt se maintenait toujours chez des agriculteurs isolés, qui cherchaient en Angleterre « sur la côte de la mer du Nord, depuis Jutland jusqu'en Hollande, des matériaoi pour améliorer leurs races.
Ce n'est qu'en 1844 que l'État fit un effort pour pousser l'élevage du bétiil en Suède. Le Riksdag vota 105,000 couronnes à l'achat d'animaux de race, ces animaux devaient être placés à des propriétés choisies exprès, pour y fonwr des vui'heiies modèles d'où l'on vendrait des reproducteurs aux agriculteurs particuliers. Selon le goût qui régnait pour les animaux étrangers, on acheta bail troupeaux: quatre de la race d'At/rshire, deux de celle de Pembroke , m de etWt des Voigtlandj un de celle d'Algau, dont chacun se composait de ^0 Taches et de 2 taureaux et qui furent placés chacun dans son district. Chose! curieuse, m n'établit pas de vacherie modèle avec des animaux suédois. Depuis 1859 jusqo à 1867, l'État accorda encore environ 100,000 couronnes pour l'achat d* bons animaoi de race et pour la fondation de vacheries modèles, mais, malgré cejil», ces vacheries
BÊTES BOVINES
mbèrent dans une décadence qui amena, en 1871, la dissolution complète de dies qui restaient alors, avec la vente des animaux. Les races importées n'avaient las pu, à l'exception de celle d'Ayrshire, s'adapter aux exigences, et Tépizootie Tait reparu parmi les bêtes de cette dernière race. A Alnarp, on établit en 864 une vacherie modèle avec des animaux de la race de « S/ior^Aorn >, vacherie m existe encore.
Pendant la période précitée, des agriculteurs particuliers et des sociétés réconomie rurale établirent des vacheries modèles avec des animaux de plusieurs aces différentes, une partie desquelles ont été d'une grande utilité, tandis que fautres n'ont servi à rien.
La race d'Ayrshire ayant perdu le crédit, le bétail noir et blanc de Hol- VI ut à la. miuk' et se réptiudit vite. L'('\|M'Tieiii:p à jMmrttiul montré ne supporte eu général pa^s [c i'iiinat et la natiirt^ dt' ia Siii-de centrale, ore moins celle de la Suède septentric^iiale, et, par cette raiîîtHi, c*est prin- [it en Scauie qu'on le tient à présent.
Vache de la race suédoise rouge et blanche.
Ces dernières années, Tamélioration du bétail a été l'objet d'un intérêt assez vif dans notre pays. Un grand pas dans cette direction a été pris par l'organisation de concours réguliers^ arrangement qui a eu pour conséquence une plus grande conformité dans l'élevage du bétail dans les différentes régions, et qui a amené encore le résultat qu^actuellement on n'entretient partout que les races qui s'adaptent bien à la nature de la contrée. On donnera ci-dessous un compte rendu spécial de cette question.
L'attention avait peu à peu été attirée sur le fait que dans plusieurs propriétés, il y avait des troupeaux conformes, dignes d'amélioration. Ils étaient provenues du croisement du bétail rouge suédois avec des
Vacherie et autres dépendances d^un manoir seigneurial de la Suède centrale.
Entre 1830 et 1840, le secrétaire royal Alexis Noring revint en Suède après avoir étudié Tagriculture et Télevage du bétail en Angleterre pendant plusieurs années. Avec l'ardeur de la jeunesse, il rendit compte de l'état de choses en Angleterre, et réussit à intéresser plusieurs propriétaires de la Suède méridionale à l'amélioration de l'élevage. Un nombre considérable de bêtes, parmi lesquelles plusieurs troupeaux de bêtes bovines, furent achetées par Noring, surtont pour le compte de propriétés scaniennes.
En général, on était d'avis qu'il fallait, pour rendre le bétail suédois plus gros et pour en tirer plus de lait, le croiser avec des races étrangères, et, dans le sud comme dans le centre du pays, de nombreux troupeaux de belles bêtes, qu'on % appelés hen*gârdsraser (races de château), s'étaient produits grâce à rimportation du siècle précédent et grâce à un élevage consciencieusement dirigé. L'intérêt se maintenait toujours chez des agriculteurs isolés, qui cherchaient en Angleterre et sur la côte de la mer du Nord, depuis Jutland jusqu'en Hollande, des matériaux pour améliorer leurs races.
Ce n'est qu'en 1844 que l'État fit un effort pour pousser l'élevage du bétail en Suède. Le Riksdag vota 105,000 couronnes à l'achat d'animaux de race, ces animaux devaient être placés à des propriétés choisies exprès, pour y former des vacheiies modèles d'où l'on vendrait des reproducteurs aux agriculteurs particuliers. Selon le goût qui régnait pour les animaux étrangers, on acheta boit troupeaux : quatre de la race d'Aj/rshire, deux de celle de Pembroke, un de celle des Voigtland^ un de celle à!Algau, dont chacun se composait de 20 vaches et de 2 taureaux et qui furent placés chacun dans son district. Chose curieuse, on n'établit pas de vacherie modèle avec des animaux suédois. Depuis 1859 jusqu'à 1867, l'État accorda encore environ 100,000 couronnes pour l'achat de bons animaux de race et pour la fondation de vacheries modèles, mais, malgré cela, ces vacheries
BÊTES BOVINES
tombèrent dans une décadence qui amena, en 1871, ia dissolution complète de celles qui restaient alors, avec la vente des animaux. Les races importées n'avaient pas pu, à l'exception de celle d'Ayrshire, s'adapter aux exigences, et Tépizootie avait reparu parmi les bêtes de cette dernière race. A Alnarp, on établit en 1864 une vacherie modèle avec des animaux de la race de «5/ior^Aom», vacherie qui existe encore.
Pendant la période précitée, des agriculteurs particuliers et des sociétés d'écouomie rurale établirent des vacheries modèles avec des animaux de plusieurs races différentes, une partie desquelles ont été d'une grande utilité, tandis que d'autres n'ont servi à rien.
La race d'Ayrshire ayant perdu le crédit, le bétail noir et blanc de Hollande vint à la mode et se répandit vite. L'expérience a pourtant montré q^'il ne supporte en général pas le climat et la nature de la Suède centrale, il eocore moins celle de la Suède septentrionale, et, par cette raison, c'est prinli||iyement en Scanie qu'on le tient à présent.
Vache de la race suédoise rouge et blanche.
Ces dernières années, l'amélioration du bétail a été l'objet d'un intérêt assez vif dans notre pays. Un grand pas dans cette direction a été pris par l'organisation de concours réguliers, arrangement qui a eu pour conséquence une plus grande conformité dans l'élevage du bétail dans les différentes régions, et qui a amené encore le résultat qu'actuellement on n'entretient partout que les races qui s'adaptent bien à la nature de la contrée. On donnera ci-dessous un compte rendu spécial de cette question.
L'attention avait peu à peu été attirée sur le fait que dans plusieurs propriétés, il y avait des troupeaux conformes, dignes d'amélioration. Us étaient provenues du croisement du bétail rouge suédois avec des
races étrangères, parmi lesquelles il faut regarder celle de cShorthom» comme ayant été la plus active. En 1892, un grand nombre d'agriculteurs de la Suède centrale fondèrent la Société pour r élevage de hétaïl suédois rouge et blanc (rôdbrokig). Elle avait pour but de cherdier et de recueillir tous les matériaux d'élevage qui se trouvaient dans le pays en fait de bétail à lait de couleur rouge et blanche, de travailler par une sélection systématique au développement de ces matériaux à une race constante, riche en lait, et, enfin, d'éveiller l'intérêt pour l'élevage et l'amélioration du bétail suédois et de répandre les connaissances qu'exige un tel élevage.
Vache de la race alpine.
Déjà l'année après la fondation de la société, 62 taureaux et 78^ vaches étaient inscrits dans son registre. Le nombre s'est trouvé dans une augmentation continuelle, de sorte qu'il monta en 1898 à 272 taureaux et 3,821 vaches.
Pour améliorer encore l'élevage du bétail et pour y donner de l'unité, on a, dans la plupart des gouvernements, établi des registres, et, dans plusieurs régions, on a fondé des sociétés qui entretiennent des taureaux.
Les raoes suivantes de bêtes bovines sont à présent les plus répandues. La race alpine en Norrland, où, dans plusieurs gouvernements, il n'y a que celle-là qu'on admette aux concours; la race d'Ayrshire dans le centre et le sud de la Suède, où, d'ailleurs, on a aussi dans plusieurs propriétés des troupeaux de «Shorthom». Le bétail suédois rouge et blanc, d'un type ressemblant plus ou moins à la race de <Shorthorn> ou à celle d'Ayrshire, se trouve répandu dans le centre du pays. Le bétail des terres basses, représenté surtout par des frisons orientaux, se trouve le mieux développé en Scanie. La vieille race
BÊTES BOVINES
gnédoise de couleur jaune-clair, enfin, se trouve, sous le nom de race de Gotland, sur Tîle de Gotland, où Ton cherche à Taméliorer par un élevage consciencieux. En outre, il y a des troupeaux excellents de bétail rouge danois en Kalland, du bétail de Jersey, ainsi qu*à certaines propriétés, des animaux de la race d*Algau.
Naturellement, on trouve partout dans le pays du bétail produit par le croisement de toutes les races possibles, ce qui est une conséquence du désordre déplorable qui, avant l'organisation des concours réguliers, régnait dans la direction de Télevage du bétail.
Il paraissait, il y a trente ans, que Texportation du bétail avançât Tare un avenir heureux et qu'elle dût trouver d'abord en Angleterre puis en Allemagne un débit suffisant.
Par suite de la défense, publiée en 1892 par le gouvernement anglais, contre l'importation de bétail vivant de la Suède en Grande- Bretagne, et par les lois qui rendent fort difficile ou même défendent l'importation en Allemagne, le développement de l'élevage du bétail a pourtant été considérablement réprimé. A présent, on essaie d'organiser l'exportation de la viande, et, à cette intention, on a arrangé des abattoirs dans plusieurs villes situées sur la côte. Sur l'importation et l'exportation de la viande, voir le tableau 21. La grande importation de viande se fait surtout d'Amérique; de là viennent les grandes quantités de viande de cheval salée dont on aimerait mieux être débarrassé.
En Suède, comme dans la plupart des pays de l'Europe, la tuberculose exerce ses ravages parmi le bétail. On travaille avec une grande énergie pour la combattre et pour avoir des troupeaux d'une santé parfaite. Ce n'est qu'ex-
Vache de la race d^Ayrshire.
Tabl. 21.
Importation et exportation , en quintaux.
Moyennes des années.
Viande.
Viande de porc.
Sancisse.
Total.
Import.
Export.
Import.
Export.
Import. Export.
Import.
Export.
, En 1897
ceptionnellement qu'on a trouvé la tuberculose chez les troupeaux de Norrland, et plusieurs troupeaux, qui dans les parties centrales et méridionales du paj-B ont été examinés à Taide de tuberculine, n'ont pas montré de réaction.
Taureau de la race des terres basses.
On ne peut se faire une idée complète des progrès de Télevage du bétail en Suède que par l'étude de l'industrie des laiteries. Cette industrie est à présent d'une telle importance pour notre pays, qu'il faut y consacrer une attention spéciale (voir p. 71). Quant à l'importation et à l'exportation des articles de cette industrie, voir le tabl. 22.
Tabl. 22.
Importation et exportation, en quintaux.
des années.
Benrre.
Fromage.
Graisse.
Soif.
Import.
Expert.
Import.
Export.
Import.
Bzport.
Import.
Bzporc.
ll,-.^)9
IHSl/a'i
En 1897
Enfin, nous allons donner quelques dates et chiffres regardant la fréquence des différentes bêtes bovines pendant les dernières années. Nous distinguons dans ce tableau les bœufs, les taureaux, les vaches et les jeunes bêtes (âgées de moins de deux ans).
BÊTES BOVINES. 65
Bœufs. Taureaux. Vaches. JeuDes bêtes. Total.
En 1870 269,762 38,647 1,231,477 426,014 1,965,000
Ces chiffres montrent que l'élevage des bêtes bovines fait des progrès continuels. Il faut observer que le nombre des bœufs va en diminuant, puisqu'on emploie de plus en plus les chevaux dans Tagriculture, et que c'est surtout le nombre des vaches qui augmente.
Que, pourtant, ce ne soit pas seulement le nombre des vaches et des bêtes bovines en général qui augmente, mais que la qualité s'améliore aussi, c'est ce que nous avons déjà suffisamment montré. Parmi les mesures qui, en premier lieu, ont contribué à produire ce résultat, se trouvent les concours régnliers dont nous avons parlé ci-dessus. Comme cette question a été l'objet d'une grande attention et qu'elle la mérite à tous les égards, il sera bon d'en donner ici un exposé un peu plus détaillé.
Vache de Ootland.
Ces concours ont été en usage dans notre pays depuis longtemps, mais on n'avait guère pu être satisfait des résultats obtenus, jusqu'au moment où le capitaine Sigge Flach rédigea le projet de réorganisation qui fut accepté en 1883 par la société d'économie rurale du gouvernement de Skaraborg. Son système a été assez bon pour pouvoir entraîner aussi la grande masse des petits cultivateurs dans le travail pour le développement de l'élevage du bétail. Ce système, d'un plan fort simple, repose sur des principes pratiques et ingénieux, ce qui résulte surtout du fait que, déjà avant que l'Etat n'eût encore donné aucune subvention pour
La Suide. II. 5
le paiement des frais, il avait été accepté et appliqué avec succès par 17 sociétés d'économie rurale; en 1892, lorsque la subvention de l'Etat fut payée pour la première fois, le nombre en monta subitement à 25, et, pendant chacune des six dernières années,- des concours d'après le système de Skaraborg (comme on l'appelle en général) ont eu lieu dans toutes les 26 sociétés d'économie rurale de la Suède. A partir de 1898, la subvention de l'Etat a été de 75,000 couronnes, somme qui ne représente pourtant qu'une fraction de l'ensemble des frais, qui en 1897 monta à 170,091 couronnes.
La plupart des sociétés d'économie rurale ont divisé, à cause de ces concours, leurs domaines en deiuv districts, où les concours ont lieu tour à tour tous les deoi ans. La distribution des prix est exécutée par un comité, dont le président est nommé par la Direction de l'agriculture, sur la proposition de la commission administrative de la société; le comité choisit lui-même un membre, qui remplit ansâ les fonctions de trésorier; en dehors de ces deux personnages, dont le serrice s'étend sur le gouvernement tout entier, un troisième membre, qui entre à chaque concours dans le comité, est élu par la section de la société où est situé le lieu da concours. Comme il y a un nombre relativement grand de lieux de concours (de 20 à 25) dans chaque district, il s'ensuit que les circonscriptions des différentes expositions sont assez restreintes pour que chacun puisse profiter du résultat de l'exposition et des appréciations du comité.
Le droit de concourir est restreint, en fait de femelles (vaches et génisses de 1 an et demi jusqu'à 10 ans), aux possesseurs ou exploitants de 50 hectares de champs au plus, tandis qu'au contraire tous sont admis à concourir avec des taureaux. En dehors des médailles de différentes espèces qu'on distribue pour les taureaux, et des prix de montants différents en argent comptant qu'on donne pour les femelles, chaque femelle reçoit encore un soidisant passavant (frisede\\ qui autorise le possesseur à la faire gratuitement couvrir par un taureau couronné. Comme le comité de la distribution des prix rachète ces passavants 2 à 6 couronnes, d'après la qualité du taureau, le possesseur d'un taureau est poussé par là à essayer de gagner un prix pour son taureau. Même pour la femelle qui, au moment où elle a été couverte par un taureau couronné, n'a pas encore emporté de prix, le comité paye, lorsque la bête a été exposée et couronnée, la même somme contre un certificat, attestant qu'elle a été couverte par un taureau couronné dans un certain terme avant le concours. Enfin, on applique à l'occasion de li distribution des prix, au moyen d'un fer chaud, à chaque bête couronnée un signe d'admission, qui peut aussi être regardé comme une récompense, vu qu'on y attache souvent une certaine importance à la vente de la bête, surtout lorsque l'achat . se fait pour le compte d'un autre. A une bête une fois couronnée, on ne peut accorder encore une fois un prix d'argent dans la même classe, mais on peut la présenter à chaque nouveau concours pour l'obtention d'un nouveau passavant jusqu'au moment où elle atteint l'âge de 10 ans. La distribution des prii achevée, l'un des membres du comité rend généralement compte devant le public des résultats obtenus, donne des conseils et des indications regardant l'élevage et la tenue du bétail, etc. Ces conférences ont été d'une grande utilité, d'autant plus que le matériel présent rend possible un enseignement par les yeux.
De ce compte rendu sommaire du système de nos concours suédois, il résulte qu'on y essaye, en premier lieu, de créer des avantages aux petits agriculteurs et d'éveiller chez eux l'intérêt pour un élevage meilleur. Surtout au moyen des passavants et des dispositions qui en règlent la distribution, on a essayé arec bon succès de provoquer une collaboration entre les petits et les grands agriculteurs. A cette intention, on s'efforce, d'un côté, à faire entretenir, par ces