‹ La SuèdeChapitre 190 sur 361 · MOUTONS · texte numérisé non relu

MOUTONS

derniers, de bons taareaax,*en leur offrant des avantages en dehors de ceux qu'ils gagnent par l'emploi d'un bon taureau pour couvrir leurs propres vaches, tandis que, de l'autre, l'arrangement en question permet au petit agriculteur de profiter, sans avoir besoin de rien payer, du taureau de la grande propriété, comme s'il en était lui-même le possesseur. Quoique, par conséquent, les avantages provenant des passavants distribués ne soient pas petits, l'expérience a démontré qu'il n'y en a qu'environ 60 % qui soient présentés de nouveau au comité pour être rachetés, inconvénient que, dans plusieurs gouvernements, on essaye d'éviter, en divisant, an moyen de perforation, le passavant en deux parties, dont le possesseur de la vache garde l'une, que le comité rachète à un prix convenu, généralement à une couronne, tandis que le possesseur du taureau reçoit l'autre. — Un grand nombre de sociétés agricoles ont essayé de faciliter les moyens de se procurer de bons taureaux, en les achetant et les revendant contre amortissement sans intérêts. Comme, dans ce cas, l'amortissement se fait généralement sous forme de passavants, on peut de cette façon acquérir un bon taureau, sans avoir besoin de rien payer en argent comptant.

Une bonne preuve du vif intérêt avec lequel on embrasse ces concours, consiste dans le nombre, croissant chaque année, des bêtes exposées. A la fin de la période de 1881/90, lorsqu'il n'y avait que 13 sociétés d'économie rurale organisant des concours, le nombre des bêtes exposées se tenait environ 10,000; aujourd'hui, on présente chaque année un nombre quatre fois plus grand (en 1897: 41,974). Sont admises au concours environ 60 %.

Moutons.

Le mouton est une espèce d'animal en laquelle la Suède n'est guère riche, comparée aux autres pays de l'Europe occidentale. Tandis que, en général, l'Europe occidentale a près de 400 moutons sur chaque millier d'habitants, la Suède n'en compte que 259.

Quant aux mesures prises pour l'amélioration de l'élevage des moutons voir le chapitre consacré à l'industrie de laine. A présent, les races d'Oxfordshiredown, de Shropshire et de Southdown paraissent être considérées comme les meilleures dans les contrées fertiles, tandis que la race cheviotte est préférée dans les contrées maigres. A l'île de Gotlandy l'élevage des moutons a été, depuis le moyen âge, fort développé, et les produits en ont toujours été parmi ses principaux articles d'exportation. Les moutons sont tenus en partie comme des animaux domestiques ordinaires, en partie on les laisse, pendant toute l'année, en parfait état naturel aux pâturages. On a amélioré l'élevage des moutons à Gotland, en y important des Cheviots, et l'État possède une bergerie modèle de Cheviots au château de Roma.

Que le nombre des moutons ait beaucoup diminué depuis autrefois, nous l'avons déjà montré dans le tableau 19, et cette diminution continue encore. En 1^70, la Suède possédait environ 1,600,000 moutons, mais en 1897, 1,300,000 seulement. Comme les causes principales de cette circonstance, il faut citer l'intérêt qu'on porte de plus en plus à l'élevage des bêtes bovines, une agriculture plus intensive et la difficulté de trouver des pâturages fermés pour les petits troupeaux de moutons.

68 n. AGRICULTURE ET ÉLEVAGE DE LA SUÈDE.

Il est pourtant remarquable que les chiffres de Vexportation montraient longtemps une augmentation continuelle, comme il résulte du tableau 20 à la page 57. Pendant les dernières années, l'exportation des moutons vivants a cependant diminué, tandis que, d'autre part, la viande est exportée en des quantités assez considérables.

L'importation de moutons vivants a consisté, à part les moutons de race d'Angleterre, en moutons de boucherie de Finlande. Quant à l'exportation, on a envoyé des moutons de boucherie en Angleterre, en partie directement, en partie par le Danemark.

Chèvres.

Comme nos autres animaux domestiques, la chèvre a existé en Suède avant l'époque historique, et elle jouissait encore au milieu du 18"» siècle d'une si grande réputation, qu'un auteur remarquable de eett« époque écrivit: cAprès le mouton, je donne à bon droit la préférence aux chèvres avant tous les autres animaux domestiques. > On importa des chèvres d'Angora et de Cachemir pour améliorer l'élevage, qui malgré cela, s'est trouvé dans un recul continuel. La chèvre, «la vache du pauvre», est méprisée plus qu'elle ne le mérite. L'habitude qu'elle a d'abîmer le jeune bois et de ne pas respecter les enclos, a en pour conséquence qu'elle n'existe plus du tout dans plusieurs provinces.

Sur le nombre des chèvres aux époques antérieures, voir le tableau 19 à la page 51. Encore en 1840, le total était de 200,000, mais ce chiffre, qui est allé toujours en diminuant, était en 1870 124,000, et aujourd'hui il est descendu jusqu'à 77,000, dont plus de 60 % se trouvent en Dalécarlie et en Jemtland.

Porcs.

L'élevage des porcs a eu en Suède de bonnes et de mauvaises périodes. Après le milieu du 19™« siècle commença une période de décadence, mais la dernière vingtaine d'années montre de nouveau des progrès considérables, ce qui est, pour beaucoup, une conséquence du développement des laiteries. En moyenne, l'Europe occidentale possède 160 porcs sur chaque millier d'habitants; pour la Suède, la proportion est à présent, la même.

La viande du porc a été, depuis les époques les plus reculées, une nourriture fort appréciée dans notre pays. Déjà dans la mythologie Scandinave, on raconte que 'les Dieux de Valhalla mangeaient la viande du porc Sehrimner, bête merveilleuse qui renaissait toujours. A la fête du milieu de l'hiver (midvinterfesten), c'est-à-dire à Noël, on tenait au temps païen des festins cpour saluer l'hiver et pour sacrifier à Frô>; on sacrifiait alors un porc, et le souvenir de cette coutume survit encore de nos jours dans le porc ou le jambon de Noël, que noas voulons toujours voir sur la table de Noël. Il y a beaucoup de lois du moyen

VOLAILLE ET ABBILLBS. 69

âge, contenant des dispositions sur les droits de faire paître les porcs dans les forêts de chênes ou de hêtres, qui alors étaient très étendues. Aux terres royales et aux grandes propriétés, Télevage des porcs était important, mais nous n*ayons pas de renseignements sur la conformation corporelle des hêtes, et les documents historiques ne nous racontent pas non plus ce qu'on a fait, pendant les siècles saiTants, pour le développement de l'élevage. Comme nous venons de le dire, c'est surtout depuis que les laiteries ont commencé à prospérer, que les agricultenrs de notre pays ont appris à comprendre, combien il est important d'améliorer k vieille race suédoise, en la croisant avec des races étrangères qui grandissent vite et qui sont faciles à nourrir, ainsi que d'en entretenir de pur sang.

On a essayé plusieurs races étrangères dans notre pays, comme par exemple différentes espèces des races de Yorkshire, de Berkshire et de Tamworth, mais, à présent, le grand porc de Yorkshire est le plus fréquent. Les troupeaux les plus considérables appartiennent aux propriétaires M. F.-M. Mohn à Remmené (Vermland) et M. P. Bondesson à SvalOf (Scanie).

De 1870 à 1897, le nombre des porcs en Suède est monté de 354,000 jusqu'à 803,000, et la qualité des bêtes est en même temps devenue considérablement meilleure. Ces circonstances ressortent clairement de la statistique de l'importation et de l'exportation; nous en donnons quelques dates, regardant les bêtes vivantes, dans le tabl. 20 à la page 57, et regardant le commerce de la viande, dans le tabl. 21 à la page 63. Dans le tabl. 22 à la page 64 enfin, nous rendons compte de l'importation et de l'exportation de la graisse.

Lïmportation du porc et du saindoux vient, pour la plus grande partie, de l'Amérique. Comme des inconvénients de plusieurs sortes ont rendu de plus en plus difficile l'exportation des cochons vivants, on a établi des abattoirs spéciaux pour l'abattage de cochons. De ces abattoirs, il y a maintenant un grand nombre qui sont à même d'offrir des produits conformes aux exigences du marché universel. Les produits exportés vont, pour la plupart, en Angleterre.

A présent, on s'applique beaucoup à améliorer l'élevage des cochons, en important et en répandant des animaux de bonne race. Pour atteindre ce but, plusieurs sociétés d'économie rurale ont accordé des crédits annuels.

Tolaille et abeilles.

Volaille. Dès l'époque préhistorique, on a entretenu des poules et des oies en Suède, mais le canard n'est devenu animal domestique que vers la fin du moyen âge. Le dindon fut introduit au commencement du 17°*® siècle. Lejuchoir ei le cage des oies étaient des ustensiles habituels dans la chaumière de l'ancien Scandinave, et ils ont été conservés dans plusieurs parties du pays très longtemps dans le 19™*^ siècle; à présent, les habitants plumés de la maison ont été presque partout renvoyés à la basse-cour.

L'élevage de la volaille se trouve en général chez nous à un niveau très bas. La Scanie et l'île d'Ûland ont pourtant un élevage d'oies lucratif, et, en automne, on envoie de ces provinces un nombre considérable d'oies aux autres parties du pays et en Danemark.

Plusieurs races différentes de poules ont été introduites en Suède, ptrmi lesquelles celles de Leghom et de Plymouth-Rocks ont gagné la plus grande réputation. L'intérêt porté à l'élevage de la volaille, paraît aller en croissant, et la Société pour Vélevage de la volaille travaille de plusieurs manières pour répandre de bons animaux de race et des renseignements sur les méthodes d'organiser un bon élevage. En 1898, la Société suédoise des cultivateurs de volcaiU fut fondée, et réunit un grand nombre de membres des différentes parties du pays. Si elle gagne l'adhésion désirée, elle pourra travailler avec succès à faire de l'élevage de la volaille un métier lucratif, car il y a plusieurs contrées dans notre pays qui se prêtent tout particulièrement à cette culture. Un spécialiste distingué a calculé qu'on pourrait facilement produire en Suède des œufs ponr des dizaines de millions de couronnes.

Les œufs sont exportés surtout des provinces de l'est et du sud-est en Angleterre, directement ou par le Danemark ou la Norvège. V importation des œufs a dépassé, pendant les dernières années, l'exportation; elle vient surtout de la Russie, de la Finlande et du Danemark.

Abeilles. Depuis très longtemps, les habitants de la Suède ont employé le miel comme délicatesse, et les anciennes lois provinciales contiennent des dis^ positions sur la propriété des abeilles de foret Lorsque, plus tard, on employait des cierges sur le maître-autel et devant les images des saints, et que le miel était nécessaire à la préparation de beaucoup de mets et au brassage de l'hydromel, l'apiculture se développait et devenait un métier de plus en plus lucratif. L'hydromel était autrefois la boisson favorite des dieux et des hommes. Depuis qu'on a commencé à employer de plus en plus le sucre, l'apiculture ne se trouve plus dans un état aussi prospère. Et quoiqu'on ait pris, pendant le 19™® siècle, plnsienrs mesures pour réveiller l'intérêt pour l'élevage des abeilles, et que plusieurs sociétés d'économie rurale donnent des subventions pour le développement de cet élevage, les ruches sont de plus en plus rares dans le jardin du château, comme devant la maisonnette du paysan. Il y a, pourtant, dans le pays des spécialistes qui exercent, sur une large échelle et avec un bénéfice considérable, l'élevage des abeilles. Des sociétés d'abeilles et des reines ont été importées en quantité considérable de l'étranger, pour la formation de sociétés plus fertiles. — Le nombre des sociétés d'abeilles existant à présent en Suède, doit être environ 100,000.

Bennes.

L'élevage des rennes chez les Lapons nomades est une branche toute particulière, qui n'a aucun rapport avec l'élevage du bétail dans les autres parties dn pays. Le renne est pour le Lapon l'une des conditions de l'existence. Traîné par lui, il traverse dans la nuit d'hiver, éclairée par l'aurore boréale, les vastes étendues de neige. La viande et le lait du renne lui donnent sa nourriture principale, de la peau du renne il fait ses vêtements qu'il coud avec du fil fait des tendons du même animal, des os et des cornes du renne, enfin, il fabrique ses ustensiles. Autrefois, le Lapon était le seul maître sur les alpes septentrionales de notre pays, sur les marais et dans les forêts qui les avoisinent. Mais, en même temps que la culture s'est étendue vers le nord, les pâturages des Lapons se sont restreints, et le nombre des Lapons nomades a diminué. Par conséquent, l'élevage des rennes a reculé, ce qui dépend aussi de ce que les Lapons n'ont plus la même liberté qu'autrefois de mener leurs troupeaux au delà des frontières de la Norvège et de la Finlande. En 1890, le nombre des rennes était 296,220, dont 203,170, ou 69 %^ ap-

INDUSTRIE LAITIÈRE

Bennes.

partenaient au gouvernement de Norrbotten, les autres à ceux de Vesierbotten et de Jeratland. Le nombre des rennes diminue toujours; en 1897, il y en avait 283,360.

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