VÉGÉTATION
Au point de vue de sa végétation, la Suède peut être divisée dans les cinq régions suivantes: la région alpine, la région subalpine ou du bouleau, la région des conifères, la région du chêne et celle du hêtre. Les différences que présente la végétation de ces diverses régions, tiennent en premier lieu à leurs conditions climatologiques, tandis que celles que l'on observe dans l'intérieur même entre certaines de leurs parties, sont plutôt dues à la nature du sol et aux phases d'évolution de la couche végétale.
La région alpine est principalement caractérisée par l'absence de toute végétation arborescente. Confinée dans les parties les plus élevées de la Suède du nord-ouest, elle occupe, d'un côté, une assez vaste étendue de pays allant depuis l'extrême nord de la Suède jusque vers le milieu du Herjedalen, et de l'autre des cimes isolées du voisinage de cette région tant à l'est qu'au sud. La limite inférieure de la région est formée par la zone où se montre le bouleau, et où il atteint un minimum de hauteur correspondant à la taille d'un homme. Cette limite se trouve, dans le nord de la Suède, à environ 550 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais remonte graduellement jusqu'à 950 m. d'altitude dans la partie méridionale de la région.
VÉGÉTATION
^^1 Reg. du chêne.
r n Rég. du hêtre
*"■ ' ■' avec sapin.
Rég. du hêtre sans sapin.
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Oen srab Lil Ansf Siockholm.
Les endroits oh Thumidité du sol est maintenue pendant tout l'été par la neige fondante, sont recouverts dans la règle d'une couche épaisse de saules nains (Salix herbacea L.) avec un grand nombre de types de la flore herbacée, tels que les renoncules des neiges et des glaces (Ranunculus nivalis L. et R. glacialis L.)» la saxifrage des neiges (Saxifraga nivalis L.)* la sibbaldie couchée (Sibbaldia procumbens L.) etc., qui ne forment cependant pas une couche unie. Dans les endroits où, comme c'est le cas de la plus grande partie de la région, la neige disparaît entièrement avant la fin de juin, et où le sol reste ensuite sec, apparaît la lande alpine caractérisée par une couche de fond composée de lichens et de mousses et par une couche clair-semée et monotone de touffes buissonneuses de bruyère alpine (Phyllodoce cœrulea Bab.), d'azalée alpine (Azalea procumbens L.), d'arbousiers alpins (Arctostaphylus alpina Spreng.), de diapensies (Diapensia lapponica L.), de camarines à fruits noirs (Empetrum nigrum L.) et d'airelles rouges (Vaccinium vitis idœa L.), avec plantes herbacées entremêlées, telles que joncs (Juncus trifidus L.), luzules (Luzula spicata DC), renouées (Polygonum viviparum L.) et trientales (Trientalis europœa L.). Cà et là, dans les creux des montagnes, cette monotonie est interrompue par un tapis de carex aux épis sombres, tandis que les lacs manquent presque entièrement de phanérogames.
Dans les parties inférieures de la région alpine, surtout aux environs des ruisseaux, on rencontre d'épaisses broussailles de saules, principalement des trois types Salix lanata L., glauca L. et Lapponum L., entremêlés de Salix phylicifolia Sm. et remplacés dans les endroits plus secs par le bouleau nain (Betula nana L.).
La régioB da bouleau est caractérisée par des forêts de bouleaux formées de bouleau odorant (Betula odorata Bechst.) avec des trembles (Populus tremula L.) et des sorbiers (Sorbus aucuparia L.) épars. Elle forme, au-dessous de la région alpine, une zone très irrégulière atteignant une largeur de 30 km. à l'extrême nord, où la région du bouleau offre son principal développement, mais se rétrécissant vers le sud jusqu'à une centaine de mètres ou moins. Sa limite inférieure, que Ton admet être celle où les conifères commencent à se montrer en nombre, se trouve, dans la partie la plus septentrionale, à 400 m. à peine au-dessus du niveau de la mer, et monte successivement vers le sud jusqu'à environ 900 m. d'altitude.
Sur certains points où le sol est calcaire, s'élèvent des forêts de bouleaux riches en plantes herbacées et caractérisées surtout par une luxuriante végétation d'berbes de haute taille et à grandes feuilles, telles que le Géranium des bois (Géranium silvaticum L.) et la mulgédie alpine (Mulgedium alpinum Less.'). I^ sol maigre et sec offre ailleurs des alternances de brut/ères de bouleaux et de forêts moussues de bouleaux^ analogues, quant à leur tapis végétal, aux forêts de pins correspondantes. Le sol plus humide est occupé par de vastes marécages (»/yr) que caractérisent une foule d'espèces de carex, de linaigrettes (Eriopiiorum) et de joncs (Scirpus caespitosus L.), avec quelques bouleaux nains entremêlés de petites touffes d'airelles fangeuses (Myrtillus uliginosa Drej.), d'andromèdes (Andromeda polyfolia L.) etc., et une couche inférieure dans la constitution de laquelle les mousses brunes (Amblystcgium) et des variétés de Dicranum jouent un plus grand rôle que les mousses blanches (Sphagnum). Les rives des lacs et des rivières ainsi que les bords des marécages sont souvent bordés de vastes broussailles de saules, principalement des types énumérés ci-dessus, auxquels vient s'ajouter le saule noir (Salix nigricans Sm.). Les phanérogames aquatiques ne se montrent que rarement.
VÉGÉTATION
La région des conifères occupe la Suède septentrionale au-dessous et au sud de celle du bouleau. Sa limite méridionale correspond à la limite septentrionale du chêne, et court par conséquent le long de la côte depnis Sôderhamn jusqu'au Dalelfven, de là, dans la direction du .sud-ouest, jusqu'au lac Skagern, après quoi elle décrit une courbe vers le nord jusqu'au lac Fryken supérieur, où elle s'incline vers le sud et entre en Norvège.