FAUNE
A l'époque glaciaire, relativement rapprochée de nos temps, la totalité de la péninsule Scandinave était, comme le Groenland actuel, recouverte en permanence d une couche puissante de glace empêchant toute vie organique. La vie animale et végétale antérieure fut naturellement détruite. D'autres conditions climatologiques survinrent cependant & leur tour; une période plus chaude suivit la période froide, les glaces qui couvraient la Scandinavie commencèrent lentement à fondre, et de nouveau nos contrées devinrent habitables. La glace en retraite vers le nord était suivie pas à pas par notre flore et notre faune actuelles, qui par conséquent ont émigré en Suède à une époque à tout prendre a«sez récente.
Il sait natarellement de ce fait que Ton ne trouvera pas dans nos contrées des types primitifs offrant des différences considérables d'avec ceux d'autres pays. D'un autre côté, par suite des conditions climatologiques et de l'étendue encore considérable des forêts, il a pu se maintenir chez nous un certain nombre de formes depuis longtemps disparues de l'Europe méridionale et de l'Europe centrale. Une autre conséquence de la condition du climat se trouve dans la grande différence que la vie animale, principalement dans le monde des oiseaux et dans celui des insectes, offre pendant l'été et pendant l'hiver. En ce qui concerne les oiseaux, cette différence provient en grande partie de la quantité d'oiseaux migrateurs qui viennent nicher dans nos régions, et qui, l'automne venu, repartent pour des climats plus chauds, abandonnant au silence et à la solitude nos monts, nos forêts et nos campagnes. Pendant leurs migrations, un certain nombre d'espèces établissent leurs étapes sur des points déterminés, qui offrent alors parfois pendant des semaines le tableau d'une vie omithologique remarquable par sa variété et ses bigarrures.
Nuit d'été. Tableau de S. A. R. le Prince Eugène.
Un autre trait propre à la faune suédoise, dépendant aussi de nos longs hivers neigeux, est la blanche robe d'hiver de certains oiseaux et de quelques mammifères, offrant aux uns, comme au lagopède et au lièvre, une protection contre leurs ennemis, et permettant à d'autres, comme au renard arctique et à l'hermine, de se glisser inaperçus sur leur proie. Signalons de plus que la faune suédoise, de même que celle de tous les autres pays du nord, est pauvre en reptiles et en amphibies. Ainsi, nous ne possédons que trois serpents, dont un seul, la vipère, est venimeux, et trois lézards, avec une dizaine d'amphibies, la plupart de ces derniers restreints aux régions les plus méridionales du pays. Quant aux invertébrés terrestres, de l'extension desquels nous ne pouvons naturellement pas nous occuper ici, il suffira de mentionner que la faune mollusque est assez nombreuse, et que le monde des insectes est richement représenté, même dans nos régions les plus septentrionales.
Il est évident que dans un pays offrant une si grande extension du nord au sud, et jouissant d'une nature aussi variée que la