IB ID 3S
ft8
l BcImIU d« L&ftOOOOO
es
hf
TR
^Sekholm
Les fabriques de sucre des betteraves d'après leur situation.
• Fabrique.
Les trois fabriques de jus (tootea en Scanie) ne sont pas indiquées icL
l2E«tde GieŒW l6
G«n. Sub Ut Ansr SrocikAoim .
nouveau travail. Des. 19 fabriques mentionnées, 17 sont en Scanie, 1 en Blekinge, et 1 dans Tîle de G-otland. Les semis nécessaires sont achetés à l'étranger. Le rendement en sucre des betteraves a constamment augmenté comme l'indique le tableau 42 à la page 267.
La fabrique de sucre des betteraves de Karpalund.
La récolte de betteraves donne, par hectare, un rendement qui varie de 280 à 350 quintaux, mais qui est évalué en général à 300 quintatix. Pour l'Europe occidentale, le chiffre moyen est de 270 quintaux par hectare. Le rendement en sucre comporte par hectare 35 quintaux en Suède (en Allemagne 40, dans l'Europe occidentale en moyenne, 32 quintaux). Au point de vue technique, l'outillage des fabriques est à la hauteur de toutes les exigences présentes, et les plus importantes d'entre elles ont une puissance de production qui les met en état de débiter par jour jusqu'à 1,000 tonnes de betteraves, transformées en 120 tonnes de sucre. Grâce à ces circonstances, la campagne de fabrication s'est toujours plus raccourcie, malgré l'augmentation du débit de betteraves, et plus d'une fabrique a pu terminer sa production à Noël, terminant ainsi en 3 mois à peine la campagne, qui commence d'ordinaire dans les premiers jours d'octobre.
Le contrôle des fabriques est très simple, et ne porte que sur le poids des bettes. Le pesage a lieu et est enregistré sous la surveillance de contrôleurs placés sous les ordres directs d'un contrôleur en chef commun à plusieurs fabriques. La surveillance suprême de la fabrication est exercée par le chef de Bureau du contrôle et de la vérification relevant du Département des finances. L'ordonnance royale actuellement en vigueur pour la fabrication du sucre des betteraves date du 19 mai
1893; quelques additions y ont été apportées depuis lors. La Suède impose de longue date des droits d'entrées sur les sucres, et le rendement en a toujours été assez important. Depuis le l*' juillet 1873, la production intérieure est frappée d'un impôt ou accise. Dès le début, cet impôt frappant les bettes mêmes, a été basé sur la teneur en sucre, dans une certaine proportion avec les droits existants sur les sucres non raffinés, proportion qui fut d'abord de V^, puis de V* et depuis 1891 inclusivement de V» des droits mentionnés, ceux-ci étant de 23-5' ôre par kilog.; l'impôt de fabrication est par conséquent de 11* 7 5 ôre. Le rendement présumé pour la taxation qui, dès le début, était de 6*2 5 % du poids des bettes brutes, a été élevé peu à peu, et, depuis 1896, il est porté à 10-5 %.
Intérieur de la fabrique de Karpalund.
La première causa du puissant développement de l'industrie sucrière indigène se trouve dans la protection douanière importante dont elle a joui depuis ses premiers pas. Malgré l'augmentation de l'impôt de fabrication dont elle a été frappée, l'augmentation simultanée du rendement en sucre a amené, dans la protection douanière, des variations de montant qui toutefois ne sont jamais allées au-dessous de 13*2 ôre par kilog. de sucre brut. De plus, l'installation de nouvelles fabriques a été facilitée par une disposition de 1893, portant que le rendement des fabriques installées & plus de 30 km. de distance d'autres fabriques en activité, sera, pendant les 5 premières années, évalué à un taux plus modéré, et qu'elles payeront par conséquent un droit sur les bettes inférieur à celui des vieilles fabriques. Il existe en tout 4 fabriques jouissant d'une réduction pareille de l'impôt. Tous les privilèges exceptionnels finiront à partir du 1^^ septembre 1900.
BafBneries.
Quelques-TiDes d'entre elles sont en rapport direct avec une ou plusieurs fabriques de sucre brut. Toutes les raffineries fournissaient, en 1898, une production de 893,696 quintaux de sucre raffiné et de 57,920 quintaux de sirop et de mélasse. Le nombre des établissements était de 10, et le nombre total des ouvriers de 2,782.
Les raffineries employant désormais principalement du sucre des betteraves comme matière première, la mélasse obtenue ne peut servir à l'alimentation, et doit être affectée aux mêmes usages que la mélasse de betteraves. La mélasse obtenue du sucre des colonies (sucre de canne) est au contraire employée dans l'alimentation; on en fait aussi à l'heure actuelle une grande importation, particulièrement de l'Angleterre et du Danemark. Les espèces courantes des sucres de consommation sont le sucre raffiné sous la forme de sucre en pains, en morceaux, en cassonade blanche, en poudre (sucre pilé, farina) qui rappelle l'ancienne cassonade, et le sucre brut obtenu par le travail des sucs du sucre de canne.
La mélasse des fabriques de sucre des betteraves et des raffineries qui travaillent le sucre des betteraves, renferme, il est vrai, environ SO % de sucre, mais elle a un goût et une odeur très désagréables. Far ces motifs, on l'utilise, soit, en petite quantité, pour l'extraction du sucre, soit, seule ou mélangée, à d'autres matières, comme les cossettes des betteraves et des substances contenant de la protéine, à l'alimentation des bestiaux, ou aussi à la fabrication de l'alcool. En 1896, il fut enfin créé une fabrique pour la purification des mélasses des betteraves, destinée à éloigner de ces mélasses des substances fétides et le mauvais goût et à les transformer en mélasses comestibles. Avant 1895, on exportait en France la majeure partie des mélasses de betteraves, et, en 1894, cette exportation s'éleva à 10,466 tonnes, mais, par suite de l'augmentation des droits d'entrée français sur les mélasses, cette exportation a à peu près cessé.
Le résidu des betteraves après la diffusion, résidu qui constitue 40 h 50 % an poids des betteraves, est utilisé comme fourrage.
A l'exportation des sucres raffinés, savoir du sucre en pains, du sucre candi et du sucre en plaques, fabriqués de sucres bruts importés et frappés de droits, il est accordé un drawhach (restitution de droits) de 28*2 ôre par kilog. Le drawback n'est pas appliqué par contre à l'exportation de sucre suédois de betteraves indigènes.
Bonbons^ chocolats et succédanés du café.
Les succédanés du café sont de difî'érentes espèces, telles que des céréales grillées et du malt avec ou sans addition de sucre ou de mélasse, les racines grillées de la chicorée (Cicorium intybus), des dents-
272 VI. INDUSTRIE MANUI'AOTnBIÈRB DE LA SUÈDE.
de-lion (Leontodon taraxacum), ou même des bettes blanches. MalmO est ' le centre suédois principal de production des bonbons, chocolats et succédanés du café. Tandis que la production totale du pays s'élevait en 1898 à 4,648,000 couronnes, la ville de Malmô, à elle seule, a fourni à ce chiffre le contingent de 1,969,000 couronnes. La Suède importe de préférence le cacao en poudre de Hollande, et les chocolats fins de Suisse.
Fabriques d'alcool.
L'alcool se fabrique en majeure partie de pommes de terre, mais aussi de toutes les espèces de céréales, et, quoique en moindre proportion, de mélasse de bettes sucrées et de ces bettes mêmes. Parmi les céréales ordinaires, le seigle, Torge et le méteil viennent en premier rang, Torge surtout, qui est employé à la préparation du malt.
Les fabriques d'alcool importent de grandes quantités de maïs dans les années de mauvaises récoltes de pommes de terre. Il y a lieu de signaler, quant à l'emploi de ce tubercule, que dès le milieu du 18** siècle, c.-à-d. peu après son introduction dans notre pays, on découvrit qu'il pouvait servir à la fabrication de l'alcool, quoique l'emploi plxia général des pommes de terre ne paraisse guère avoir été en usage avant le commencement du 19°^* siècle.
Dans les années de récoltes normales de pommes de terre, ce tnbereale fournit environ 62 ^ de l'alcool; 30 à 36 ^ proviennent de maïs et de céréales, et le reste de bettes sucrées. Quant à la quantité de la récolte ayant servi à la fabrication de l'alcool en 1872 — 73, les fabriques ont consommé environ 17% de la récolte totale de pommes de terre, et 1*5 % de la récolte totale de céréales, tandis qu'en 1896 — 97, la consommation a comporté 7*4 % du total de la récolte des pommes de terre, et 0*82 % de celle des céréales. Il doit cependant être rappelé à ce sujet qu'on importe une quantité assez considérable de seigle pour les i fabriques de levure, et que si l'on défalque cette quantité, la partie de la productioD ^ indigène de céréales affectée à la production de l'alcool est d'autant plus petite. |
La production de l'alcool se transforme toujours plus en une industrie de fabrique indépendante, après avoir été exploitée jadis partiellement, même jusque dans la période décennale de 1871/80, comme une industrie secondaire de l'agriculture. On constate ainsi que le nombre des fabriques d'alcool avec une production annuelle de plus de 5,000 hectolitres, qui doit être estimée considérable suivant nos conditions, ne s'élevait, en 1886, qu'à 5*6 ?*, mais en 1898 à 11 ^ de la totalité.- Le nombre des petites fabriques d'alcool montre une réduction marquante.
Tandis que, dans la période décennale de 1851/60, toutes les parties du pays se livraient à la fabrication de l'alcool, elle n'a désormais , principalement lieu que dans les provinces d'Ostrogothie, de Vestro- . gotliie, de Scanie et de Blekinge. Parmi les gouvernements, celui de Kristianstad occupe la première place, avec environ la moitié de la production total du pays.
TJn épisode spécial de Tindustrie suédoise de l'alcool est celui de la fabrication d'alcool de lichens, essayée pendant les années 1867/77 sur l'initiative du professeur Stenberg. Le lichen de renne contient une espèce de cellulose qui se sacchariiie et se transforme sans peine en fermentation alcoolique. Cet alcool de lichens avait toutefois un goût particulier qui en rendait l'écoulement difficile.
Le tableau 43 ci-dessous fournit quelques données statistiques sur la grandeur de la production de l'alcool à partir de l'année 1871 inclusivement.
Tabl. 43.
Fabrication des eaux-de-vie.
Moyennes dea années.^
Machines à Nombre vapeur.
Matières brutes consommées.
Production des eaux-de-vie.
des fabriques. ^^ ^ ^ Nombre.
Force. Cheranz.
Céréales.
Qnintanx.
Racines.
Hectolitres.
Mélasse.
Qnintanx.
Total.
Hectol.
Par jour.
Hectol.
En 1898
Droits de fabrication. La fabrication de ralcool fut introduite en Suèce dans le. courant du 15™* siècle. Elle ne fut cependant soumise à un contrôle qu'en 1638, où Ton établit les premiers droits de fabrication, qui frappaient différemment l'alcool fabriqué pour les besoins domestiques (busbebofsbrftnning), et celui destiné à la vente. Depuis cette époque, la fabrication de Talcool a passé par des desti- Bées très diverses, et même été totalement interdite dans les années de mauvaises récoltes de céréales. En 1775, elle devint une régale, c.-à-d. xm monopole de l'État, et Talcool était exclusivement produit dans les fabriques de la Couronne. Ce monopole fut toutefois assez promptement aboli (1798), après que le privilège de fabrication eut été affermé à des particuliers dès 1787.
On a aussi essayé de bonne beure en Suède le système des c contingents» dont l'usage s'est introduit dans divers pays comme Tune des phases de l'imposition de l'alcool. En 1799, la fabrication de ce produit fut réduite d'après une consommation supputée de 11*8 litres par homme et de 5*9 litres par femme ftgés de plus de 15 ans. En 1800, il fut édicté que toute la production de l'alcool dans les campagnes serait liée à la terre, de sorte que les agriculteurs seuls avaient le droit de fabriquer de l'alcool, la capacité permise de l'alambic se réglant d'après la grandeur de la terre.
Au commencement du 19™® siècle, les droits reposaient sur trois assiettes différentes, savoir la capacité de l'alambic, la valeur de la terre et la consommation. A partir de 1855, une nouvelle valeur d'imposition fut introduite, en ce qne les droits furent basés sur un certain montant par litre d'alcool de 50 ^ de volume d'alcool de 6 degrés (= 49 % de volume) à 15* C. Cette teneur d'alcool porte la dénomination de force normale, et sert de base à toutes les dispositions légales concernant l'alcool ainsi qu'aux affaires portant sur cette marchandise. La force et le degré calorique de l'alcool sont déterminés par des thermo-alcoolomètres,
^ Années d'exploitation, flnisBant le 30 septembre. La Suède. IL
et la réduction à la force normale est efiectnée à l'aide de tableaux dressés dans ce but. Le droit de fabrication, qui s'élevait en 1855 à 19*i Ore (26*7 c), a été majoré depuis lors à plusieurs reprises, et s'élève actuellement à 50 Ore (70 c.) par litre de 50 ^ d'alcool. 2 ^ de la quantité fabriquée sont exemptés de droits.
Depuis 1884, la mesure de l'alcool pour la fixation du droit s'efiectue an moyen d'appareils de contrôle construits par Siemens à Berlin, agencés de manière à indiquer le total de litres d'alcool ayant passé par l'appareil, et leur nombre réduit à la force normale. L'appareil effectue, par conséquent, lui-même la réduction nécessaire pour le calcul des droits. Ces appareils sont installés par l'État, qui en est le propriétaire. Bans chaque fabrique d'alcool fonctionne en outre, pendant la campagne de fabrication, un contrôleur ayant pour charge de surveiller la fabrication, de lire l'appareil de contrôle, et de veiller à ce qu'il se trouve sous les serrures de l'État une quantité suffisante d'alcool comme sûreté pour les droits non acquittés. Un certain nombre ou groupe de fabriques d'alcool sont sous la surveillance d'un contrôleur en chef, ayant seul le droit d'ouvrir l'appareil de contrôle et de s'assurer, de temps à autre, de sa marche par des mesures d'épreuve. La surveillance suprême de la fabrication de l'alcool est exercée par le chef du Bureau du contrôle et de la vérification attaché au Département des finances.
La loi actuelle sur la fabrication de l'alcool date du 13 juillet 1887, mais a reçu diverses additions postérieures. L'année de fabrication court du 1^ octobre au 1^ octobre mais ne comprend en réalité que les 7 mois du 1^*^ octobre an 1" mai. Les fabriques d'alcool qui produisent simultanément de la levure, sont seules admises à travailler du !•' mai au 1«' octobre.
Pour la législation réglant le commerce de l'alcool, voir, dans la première partie de cet ou\Tage, le chapitre relatif an mouvement de la tempérance.
DistilleriOB. La majeure partie de l'ean-de-vie consommée en Suède est purifiée, soit uniquement par filtrage au charbon, ou aussi par une nouvelle distillation, fréquemment suivie d'un second filtrage. La redistillation de l'alcool brut s'effectue dans des rectificateurs spéciaux, expulsant le mauvais goût (finkelolja) et d'autres impuretés, et produisant l'alcool éthylique à l'état pur ou presque pur. Quoique plusieurs fabriques d'alcool soient désormais munies d'appareils propres de rectification, la rectification de l'alcool est néanmoins effectuée en majeure partie comme industrie spéciale par ■ des fabriques qui ne se livrent pas en propre à la production de cette marchandise.
Nous possédions, en 1898, 23 distilleries, dont 7 fabriquaient en même temps de l'alcool, avec une production totale de 373,959 hectolitres d'eau-de-vie rectifiée à chaud, pour une valeur (le droit y indu) de 27,747,400 couronnes. Reymersholm, près de Stockholm, G-othembourg, Kristianstad, Karlshamn, Motala, etc., possèdent des distilleries importantes.
La plus grande distillerie qu'ait eue notre pays, a été celle fondée à Karlshamn vers le milieu de la période décennale de 1881/90, en vue de la rectification de l'alcool brut pour l'exportation de l'alcool rectifié. Pendant les années 1885/91, cette distillerie avait importé un total de 1,650,000 hectolitres d'alcool brut, de 50 % de volume.
Dénatoration. La dénaturation de l'alcool, avec restitution de droits, est autorisée depuis 1888. Elle a lieu selon des procédés différents suivant le but
de la dénaturation. La vente est parfaitement libre pour Talcool qni a subi la dénaturation absolue (addition à chaque litre de force normale de treize centimètres cubes d'un mélange de dix parties d'esprit de bois et de trois parties de bases de pyridine). Il est actuellement restitué 49 Ore (58*6 c.) par litre, soit 98 % des droits. Pendant les dernières années, il a été dénaturé annuellement plus de 20,000 hectolitres d'alcool (réduits à 50 %).
Fabriqués de punob. Une boisson b'ui generis ponr la Suède est le punch, fabriqué d'arack, d'eau et de sucre dans des proportions variées. En 1898, notre pays possédait 101 fabriques de punch, avec une production totale de 28,600 hectolitres, dont une faible quantité (environ 2 %) fut exportée. A la fabrication du punch sur une grande échelle se livrent en outre un nombre assez considérable de sociétés de vente de l'eau-de-vie*
Levures.
La levure nécessaire à la fabrication du pain provenait auparavant des brasseries de bière forte et de petite bière, mais il existe actuellement des fabriques créées uniquement dans ce but, et qui sont en général établies sous la forme de distilleries. Si, comme on le sait, dans les distilleries ordinaires, le but principal est le rendement d'alcool, dans les fabriques de levures, ce but est l'augmentation puissante de la levure. Il est possible, en effet, d'augmenter, dans une certaine limite, le rendement en levure aux dépens de la fermentation alcoolique et vice versa. L'injection d'air dans la drêche est plus particulièrement un excellent moyen d'en accroître le rendement en levure. Une levure ainsi préparée porte le nom de levure à air, par opposition à celle préparée sans injection d'air, que l'on désigne par le terme de levure légère (superficielle). Tandis que la méthode de préparation de cette dernière donne un rendement de 25 à 30 kilog. de levure par 100 litres d'alcool à 50 %, la méthode de la levure à air injecté peut porter ce rendement jusqu'à près de 100 kilog. de levure pour 100 litres d'alcool. A l'heure actuelle, la plupart des fabriques eniploient les deux méthodes. La levure à air injecté paraît avoir une puissance de fermentation inférieure à celle de la levure légère. La fabrication, sur une grande échelle, de levures commença à recevoir un certain développement vers 1850, mais ce n'est qu'en 1871 que la législation s'en occupa, en concédant aux distilleries qui se livraient à la production de la levure, le droit de travailler aussi pendant les mois d'été, savoir du l®»" mai au 1^ octobre. Les plus anciennes fabriques connues, et les seules existantes jusqu'en 1873, se trouvaient à Stockholm et à Nacka dans le gouvernement de Stockholm-campagne. La production totale de levures s'est élevée, en 1898, à 31,550 quintaux^
Ce n'est qu'à titre exceptionnel que la levure se vend non mélangée; en général, elle contient de la fécule de pomme de terre pour V* à Va de son poids.
Fabriques de yinaigre.
Le vinaigre du commerce est principalement de deux espèces, le vinaigre de vin, fait de liquides contenant de l'alcool, sous l'action de la tmère du vinaigre» (TJvina arcti precipitata) et d'une grande abondance d'air, et le vinaigre de bois, obtenu par la distillation sèche du bois, surtout de bois à feuilles. Tandis que, par suite des procédés de préparation, le vinaigre de vin est d'ordinaire assez faible, et ne contient guère que 8 % d'acide acétique, le vinaigre de bois rectifié, produit en fabrique, sous la forme de cristaux d'acide acétique, contient 100 % de cet acide, et doit, en conséquence, être étendu de beaucoup d'eau dans la cuisine. Le vinaigre le plus estimé est celui de vin que nous importons surtout de France. Une nouvelle espèce de vinaigre qui n'a pour le moment que l'intérêt de la nouveauté, est le vinaigre de lait ou clactica», renfermant une dissolution d'acide lactique étendu d'eau, et qui, tant pour le goût que comme agent de conflervation, est de nature à pouvoir remplacer l'acide acétique. La production du vinaigre de bois a pris une plus grande extension les dernières années. — En 1898, la production totale du vinaigre s'est élevée à 19,974 quintaux; le nombre des fabriques était de 14.
La plus grande fabrique de vinaigre de vin est celle de Th. Winborg et O^ à Stockholm, et la plus importante fabrique de vinaigre de bois, celle de "Wendt à Perstorp. Ces deux fabriques réunies fournissent à elles seules plus de 60 % de la production totale.
Fabriques de sues de fruits et de vins.
La production de sucs de fruits est une vieille industrie dômes* tique qui s'applique à toutes les espèces de fruits à baie, plus particulièrement aux framboises, aux fraises, aux groseilles à maquerean, aux groseilles blanches et rouges, au cassis et à certaines espèces de cerises. Plus tard, on vit surgir la production des limonades, fabriquées en grand; simultanément, par des raisons économiques, les sucs naturels ont été remplacés dans les limonades par des essences artificielles et par certaines proportions de sucre ou de saccharine, ce qui n'a nullement amélioré la qualité des boissons.
La production du vin de haies sauvages et cultivées, dans le sens propre du mot, avait déjà pris un certain développement vers l'an 1875, mais elle subit ensuite un recul, et ce n'est que depuis 1895 qu'elle s'est relevée; cette industrie repose, du reste, désormais sur des bases plus scientifiques et sur l'expérience des autres pays. Même la fabrication des vins de baies fermentes a pris un nouvel essor. Plusieurs de nos espèces de baies, tant cultivées que sauvages, et dont nous possé-
DBNBÉBS ALIMENTAIRES BT EXCITANTS. 277
dons des] quantités abondantes, conviennent parfaitement à la fabrication des vins. La teneur de sucre des baies est toutefois si faible, qu'on est forcé d'en ajouter d'assez fortes quantités pour obtenir un montant d'alcool convenable. En employant à la fermentation la levure de vins naturels, il est possible de donner, jusqu'à un certain point, aux vins de baies le même bouquet qu'aux premiers. Les vins de baies peuvent aussi subir une fermentation propre, c.-à-d. qu'on provoque le développement des ferments propres existants dans les baies, et l'on obtient ainsi des vins d'un type particulier et aussi d'une qualité appréciable, quoique l'on n'y soit pas encore habitué.
En 1898, le nombre total des fabriques de vin de baies et de suc de fruits s'élevait à 21, et la valeur de leur production à 276,000 couronnes.
Brasseries.
Au fur et à mesure que l'antique méthode de préparer les boissons fermentées par le procédé d'infusion et de fermentation haute (Ofverjasning) fut remplacée, vers 1845, par la méthode bavaroise de brassage, innovée vers 1835 par Gabriel Sedlmayr à Munich et Anton Dr cher à Vienne, par décoction et fermentation basse (underjftsning), l'industrie du brassage passa du rang de profession manuelle à celui d'industrie. La plupart des boissons fermentées produites par la fermentation haute, comme la bière suédoise (svensk-ôl), la bière forte ou double (dubbel-Ol), etc., ont presque entièrement disparu; par contre, on fabrique une notable quantité de petite bière (avec un degré saccharimétrique premier de 4 à 6 ^ Balling) et une quantité plus minime de porter (18 à 22 ^ Bail.). Les boissons fermentées produites par la fermentation basse, qu'on embrasse sous les noms d'côl» ou de clagerôl», passent dans le commerce sous une foule de dénominations différentes, telles que
Bière de Bavière, bière de garde, bière de Munich, bière de Vienne, etc. (biunes) 12 à 16 5( BaU.
Bière de Pila, bière de Bohème, etc 11 à 14^ »
Petite bière de garde, petite bière de Pils, petite bière frappée 7 kl2% »
La bière de garde tient, sans conteste, le premier rang parmi les boissons fermentées, non seulement à cause de l'énormité de la consommation, mais aussi à cause de la valeur des établissements, de la matière première et de la fabrication. Bien qu'il ne se trouve pets de données exactes sur cet ordre de choses, on peut cependant, pour ce qui est de la matière première, se rapprocher beaucoup de la vérité, si Ton estime la quantité de malt, nécessaire dans les brasseries pour la production annuelle de bière et de porter, à 400,000 quintaux environ, et pour la petite bière à 100,000 quintaux environ, soit ensemble environ 500,000 quintaux, correspondant à 700,000 quintaux d'orge. Le malt nécessaire est préparé en grande partie par les brasseries elles-mêmes avec de
l'orge indigène, originaire surtout de Scanie ainsi que des îles de Gotland et d'Oland. L'importation d'orge (de Danemark) et de malt (de Danemark, d'Autriche et d'Allemagne) ne constitue qu'une faible partie des besoins des brasseries. Le malt de froment est excessivement peu employé, et des succédanés de malt, seul le riz obtient un certain usage dans quelques brasseries isolées. — Pour ce qui est de l'origine du houblon, le contraire a lieu: la production indigène en est peu importante et utilisée surtout pour la petite bière; tout le houblon destiné à la fabrication de la bière et du porter nous est importé, de Bavière et de Bohême principalement.
La brasserie de MUnchen à Stockholm.
Phot. FiU-O. EUMMI5G,
Stockholm.
Les données statistiques concernant l'importation et l'exportation du houblon rendent possible un calcul assez exact de Timportance de la fabrication de la bière et du porter pendant les dernières dizaines d'années. On admet savoir que 5 % de l'excédant de l'importation est employé à la fabrication de la petite bière, et qu'il faut en moyenne Vs de kilog. de houblon pour chaque hectolitre de bière et de porter; on obtient ainsi les moyennes insérées à la page suivante pour la consommation annuelle du houblon (non compris la production indigène), ainsi que pour la fabrication de la bière et du porter. Pour l'évaluation de la consommation du houblon, on a admis, dans ce tableau, qu'en tout cas V» de l'importation est employé pendant l'année courante et les V^ restants mis en réserve pour Tannée immédiatement consécutive.
-if^»»»»». A^» .««A^c Consommation du Fabrication de la bière
Moyennes des années. ^^^^^^^ ^^ ^^ p^^^^^
1871/75 246,620 kilogrammes. 703,000 hectolitres.
Ainsi, la production de la bière a plus que doublé depuis les années 1871/75, et la fabrication annuelle totale des boissons fermentées doit s'élever actuellement, en chiffres ronds, à 1,450,000 hectolitres de bière, 50,000 hectolitres de porter et 1,200,000 hectolitres de petite bière.
Le nombre des brasseries était, suivant des chiffres officiels, en 1880 de 374 et en 1890 de 550, et devait être en 1899 d'environ 600; la plupart d'entre elles (et les plus petites) sont situées à la campagne, et ont en vue la production de la petite bière. Les brasseries pour la bière proprement dite sont sises, pour le plus grand nombre, soit dans les villes, soit à proximité. En tête viennent Stockholm avec une production annuelle de bière et de porter de 550,000 hectol. environ, puis Gothembourg avec 250,000 hectol. environ, ainsi que Malm5, Gefle, NorrkOping, Sundsvall, Uppsala, Karlskrona, Helsingborg, Eskilstuna, etc.; ces villes offrent des brasseries modernes et fabriquant de la bière en quantités importantes. La production annuelle la plus élevée jusqu'à maintenant d'une brasserie suédoise quelconque doit être d'environ 120,000 hectol. de bière.
Comme notre industrie moderne du brassage a pris sa source en Allemagne, les brasseries suédoises, même celles construites par des ateliers suédois, — dont le plus fameux pour cette branche spéciale est celui de Wiklund à Stockholm, — sont établies d'après des types allemands. La facilité qu'ont noi; brasseurs de prendre en Allemagne et en Autriche non seulement des notions théoriques, mais encore des connaissances de toutes les applications pratiques du métier, ont rendu moins nécessaires nos propres efforts pour une perfection technique; et en outre, l'aiguillon de la découverte de méthodes meilleures, qui réside dans un impôt bien pondéré sur la fabrication, nous fait défaut, attendu que la production de boissons fermentées est exempte de droits; on ne peut donc guère s'étonner qu'au point de vue technique, notre industrie du brassage ne montre que peu d'originalité. Si par conséquent, pour les procédés de fabrication, elle ressemble beaucoup à l'industrie allemande, — au cours des dernières années on a essayé d'introduire des Etats-Unis quelques rares nouveautés, — par contre, le mode de vente chez nous, ainsi qu'en Norvège et en Danemark, a été tout autre dès le début, en ce que la bière (pour la plus grande partie du moins) est mise en bouteilles avant même de quitter la brasserie. Les appareils nécessaires pour rincer, remplir et boucher les bouteilles furent construits au début dans le pays; ainsi, par exemple, les premiers appareils destinés à boucher les bouteilles furent d'origine suédoise, mais, bien que le type fondamental ait toujours été maintenu, ce sont des fabricants étrangers qui y ont apporté, les dernières années, des perfectionnements. Les machines à couper et à timbrer les bouchons à'Emil Boëthius, — construction suédoise, — ont acquis une grande
280 VI. INDUSTRIE MANUFAOTOBIÈBE DE LA SUÉDE.
extension. Au point de vue du versage de la bière, Tingénieur suédois Rennerfelt a donné lieu à de nouvelles transformations par son invention des appareils dits « oisif oner med kolsyretryck», ou siphons à bière sous pression d'acide carbonique. Leur introduction chez nous n'a pas eu de succès, mais, par contre, il semble que diverses modifications de cette découverte ont obtenu de l'extension en Allemagne, d'où l'on a fait des tentatives plusieurs fois réitérées pour le réintroduire icL
Le brevet retiré par un suédois, Axel Bergh, au sujet d'un cvôrtcentrifug» (centrifuge au moût) spécial, a pour but partie d'amener au moût l'air nécessaire à la fermentation, partie de débarrasser le moût du dépôt des bacs sans risque d'infecter le moût avec des levures de maladie et des bactéries. En dépit des avantages indiscutables qu'entraîne l'appareil simple et facile à surveiller, celui-ci n'a acquis, jusqu'à maintenant, un accès soutenu que dans un petit nombre de brasseries.
L'appareil de Rockstrôm pour la pasteurisation de la bière, breveté en 1899, empêche toute déperdition d'acide carbonique et tout bris, en exposant les bouteilles à une pression extérieure égale à, celle qui, à réchauffement, se développe à l'intérieur. Cet appareil de pasteurisation, construit d'après un nouveau principe, paraît avoir un grand avenir devant lui.
Le malt.
Le malt nécessaire au brassage de la bière était développé, autrefois, dans chaque brasserie respectivement, mais, aujourd'hui, on trouve cette préparation dans des malteries proprement dites. Elles sont, pour la plupart, unies aux brasseries, à tel point que toutes les 260 malteries existant en 1897, et ayant produit 413,205 quintaux de malt, étaient, à l'exception de 17, unies à des brasseries. La production de ces 17 malteries indépendantes s'est élevée à peu près à 60,000 quintaux.
La consommation de malt dans toutes les brasseries suédoises peut être évaluée, pour la même année, à 450,000 quintaux.
Extrait de malt n'est fabriqué que dans quelques pharmacies pour la préparation de la maltose et ses combinaisons avec le fer, etc. La valeur de la production a atteint en 1896, pour -3 fabriques, la somme de 93,200 couronnes, et en 1898, pour 2 fabriques, celle de 28,000 couronnes.
Eaux minérales et boissons rafraîchissantes.
Dès le milieu de la période décennale de 1871/80, ces fabriques ont eu une base solide d'activité dans les remarquables études comparées de M. A.'F. Almén sur les eaux minérales naturelles et artificielles. On fait une distinction entre les eaux minérales préparées avec de l'eau distillée et des sels chimiques appropriés, de manière à recevoir une composition absolument identique à celle des eaux naturelles correspondantes, et les boissons rafraîchissantes dont la préparation est loin de
recevoir les mêmes soins. On peut dire, sans exagératiou, que les eaux minérales produites dans nos meilleures fabriques sont de qualité supérieure, et par leur homogénéité surpassent même les eaux naturelles. La fabrique d*eaux minérales des pharmaciens (Apotekames mineralvattenfabrik) à Stockholm s'est acquis une renommée toute particulière dans cette industrie. — La Suède possède une foule de sources d'eaux minérales (Medevi fut dirigé jadis par le médecin de Charles XI, le célèbre Urban Hj&me), que le commerce livre aussi en bouteilles, comme Perla, Bonneby, Karlstad. Les deux dernières eaux se font remarquer par la quantité de fer qu'elles contiennent. On trouve même quelques sources faiblement iodées et salées.
H faut ajouter au nombre des boissons rafraîchissantes la limonade gazeuse et les limonades de fruits, dans la préparation desquelles on emploie actuellement, sur une grande échelle, des essences artificielles au Keu des sirops de fruits naturels.
En 1898, le nombre total des fabriques en question était de 213, et leur production comportait 117,105 hectolitres.
Tabac.
C'est en 1629 qu'on parle du tabac en Suède pour la première fois. Déjà en 1641, la compagnie dite Compagnie du sud (Sôderkompaniet) obtient le droit d'en faire une importation exclusive; depuis, le commerce du tabac fut tantôt libre tantôt concédé à des compagnies jusqu'en 1685, époque où il fut complètement affranchi. La plus ancienne manufacture de tabac paraît être établie à Stockholm vers 1660. Viennent ensuite plusieurs manufactures de tabac et dans la capitale et dans les autres grandes villes. La plantation du tabac sur une grande échelle date du milieu du 18™« siècle, et déjà vers 1770, la récolte en était de 7,000 quintaux. Jonas Alstrômer, ce grand patriote, s'est fait aussi un nom dans l'industrie du tabac.
On emploie le tabac sous diverses formes, partie comme tabac à famer (cigares et cigarettes), partie comme tabac à chiquer et tabac à priser. On rencontre le tabac à fumer ou haché ou en feuille entière, tandis que le tabac à chiquer est ordinairement filé et existe surtout en rouleaux. Il semble que la plus notable partie du tabac à priser soit employée à chiquer.
La culture du tabac a été, autrefois, assez répandue, surtout autour des villes, mais elle s'est de plus en plus réduite aux régions qui entourent Ahus et Landskrona en Scanie, ainsi qu'aux environs de Stockholm. Comme le tabac suédois possède un goût caractéristique, dijBPërent de celui du bon tabac étranger, on ne peut le mélanger avec d'autres qu'en petite proportion. Ceci a lieu particulièrement pour les cigares bon marché et les qualités inférieures du tabac à priser. La récolte du tabac indigène était en 1898 de 6,923 quintaux.
En égard aux différentes qualités de tabac préparé» la production a été, en 1898, de 140 millions de cigares, de 31,120 kilogrammes de cigarettes, de 420,462 kilog. de tabac à fumer, de 901,843 kilog. de tabac à rouleaux, et enfin de 4,549,470 kilog. de tabac à priser. Le nombre total des fabriques était de 97, occupant 4,543 ouvriers, dont 2,760 femmes.
La fabrication du tabac est concentrée dans les grandes villes, particulièrement à Stockholm, Gothembourg et Malmô, qui, en 1898, avaient 39 fabriques, et ont produit pour une valeur de 9,465,000 couronnes, ou 61 % de la production totale du pays (15*5 millions de couronnes).
Le tabac d'importation vient surtout de l'Amérique, via Brème, et il est en partie plus fort, comme celui du Eentucky, en partie pins léger, comme celui de la Virginée.
Autres fabrications.
Parmi les autres branches de la fabrication des denrées alimentaÎTes, nous citons ici les suivantes, en rappelant le nombre de leurs ouvriers ainsi que la valeur totale de leur production, en 1898:
Nombre des ri«,«.«*«i Valenr de la
établisBcments. ^''▼'»«"- production.
Boulangeries 29 651 4,778,000 conronnea
Fabriques d'articles de charcuterie.. 29 286 8,589,000 >
Boucheries de porcs 9 126 3,632,000 »
Conservation de poisson 63 1,091 1,682,000 >
Quant à ces chiffres, il ne faut pas oublier qu'ils ne comprennent que le petit nombre des établissements de ces espèces où la production se fait sur une grande échelle.
Ce groupe, également un des plus importants de cotre industrie
manufacturière, est divisé, dans notre statistique oflBcielle, dans les
classes suivantes:
Fabriques. Ouvriers. Yalenr de la prodnctioD.
Fils et cordages 232 10,130 38,982,000 couronnes.
Tissus 169 15,211 52,922,000
Articles apprêtés 250 2,340 5,328,000 >
Articles de vêtements, etc 178 8,077 18,910,000 »
Total, en 1898 824 3S,7SS 116,142,009 couronnes.
La plus grande production est, par suite, fournie par les filaturet et les tisseranderies. En effet, cette industrie a été pratiquée dans notre pays dès les temps les plus reculés.
Cependant, s'il est Trai que notre art national du tissage remonte à la plus haute antiquité, et que notre industrie textile date du temps de Gustave- Adolphe^, il faut dire aussi que cette industrie a toujours eu en vue, avant tout, les besoins particuliers de notre pays. Il s'ensuit que les fabriques d'objets tissés sont en général limitées à des produits assez simples, et destinés au grand public. Le marché national n'est pas assez étendu pour comporter les frais qu'exige la fabrication de nouveautés ou de spécialités. £t si notre industrie indigène veut lutter, avec des chances de succès, contre la production en grand de l'étranger, il ne faut pas qu'elle se lance dans les aventures, mais, au contraire, qu'elle s'en tienne aux produits simples, bon marché, déjà connus de sa clientèle.
Pour encourager l'industrie textile, nous avons deux éeoles de tissage dues à l'initiative privée: V École de John Lenning à NorrkOping et V École technique de tissage de Boràs, La première a été fondée en 1879, grâce à une donation de .300,000 couronnes faite par un industriel, M. John Lenning. Cette école a un cours supérieur pour l'instruction des fabricants, des contre-maîtres, des dessinateurs, etc., et un cours inférieur (consistant principalement en leçons du soir) pour les ouvriers et apprentis. L'école de Borâs a commencé par être une institution privée, organisée par S.-F. Krebs, maître de tissage; mais, sur l'initiative de la direction de l'école technique inférieure de Bor&s, l'école fut transformée en une institution publique, laquelle reçoit actuellement de l'État une subvention de 4,800 couronnes, et du conseil général du gouvernement d'Elfsborg une autre subvention de 2,900 couronnes par an. — n y a en outre un grand nombre d'éooles de tissage disséminées dans toute la Suède, et destinées à encourager le travail manuel à la maison (hemslOjd): il faut citer en particulier l'école des >Ami8 du travail manuel» à Stockholm, l'école de TuUgam, installée et soutenue par la princesse royale de Suède; l'école de M"« N. von Engestrôm à Orebro; l'école pratique de tissage artistique de M"* Johanna Brunsson à Stockholm; celle de M°^* Thora Kulle à Lund, etc.
Industrie de la laine.
L'amélioration systématique de la race ovine suédoise n'a commencé réellement qu'après 1715, lorsque Jonas Alstr orner ^ surnommé avec raison «le père de l'industrie suédoise», eut commencé ses tentatives pour acclimater des races étrangères à laine fine, en particulier les mérinos espagnols.
Ces tentatives furent d'abord heureuses, et en 1764 la Suède ne comptait pas moins de 89,000 moutons mérinos de race pure et 23,000 de race croisée. Du côté du gouvernement, les plus grands efforts furent faits pour augmenter le nombre des moutons à laine fine. On distribua des primes, on installa des bergeries, on institua ce qu'on appela d'escompte de la laine» pour permettre de consentir des prêts aux marchands sans ressources qui s'approvisionnaient de laine nationale, et les dépôts et marchés de laine durent accorder des facilités de payement. Malgré tous ces encouragements, la race ovine importée chez nous s'est appauvrie de plus en plus, et, actuellement, elle s'élève à peine à un millier d'individus. Beaucoup de circonstances ont concouru à ce résultat, et en particulier les difficultés qu'on éprouvait à écouler la laine des mérinos suédois aux fabricants, qui préféraient les mérinos étrangers, trouvant les nôtres de qualité trop inégale. Il semble également que les animaux de race importés à divers moments n'aient pas toujours été de premier choix. Les tentatives faites pour acclimater chez nous la chèvre angora à laine fine ont réussi plus mal encore.
^ On fonda des ateliers pour la fabrication de vêtements et de linge destinés à Tannée dans les Tilles d'Uppsala, de JOnkoping, de Kalmar et de Stockholm.
Tabl. 44. Importation et exportation de la laine. En quintaux.
Moyennes des années.
Laine.
Fils de laine, beiges.
Fils de laine, colorés.
TiasQs de Uine. ,
Import.
Export.
Import.
Export.
Import.
BxpoTt.
Import.
Expert.
l,fô3
En 1898
Pendant toute cette période, — la période d'Alstrômer, — on avait en eiclusiTement en Tue la production en Suède de la laine fine. ou mérinos. Mais lonqae les efforts incessants faits pendant près d'un siècle, se furent montrés impuissants à développer d^une façon suffisante l'emploi de la laine fine indigène dans nos fabriques, on commença à songer que même la laine plus grossière pouvait être dignes d'attention.
La seconde période dans l'histoire de la production de nos laines, période qui commence avec ce siècle, donna ainsi une nouvelle tournure à cette industrie. Au lieu de s'attacher comme autrefois de préférence à la finesse et à la qualité de la laine, on s'occupa surtout d'augmenter la quantité des laines inférieures. Et ces tentatives nouvelles ont en général, — malgré des circonstances défavorables, — réussi d'une manière satisfaisante. Nous avons à l'heure actuelle: d'abord notre race indigène, non améliorée, de moutons rustiques (bondras), dont, la laine est inégale et assez grossière, convenant principalement aux tissus inférieurs (bure, draps grossiers); de plus, des races importées surtout de l'Angleterre: Soathdown, Shropshiredown et Oxfordshiredown (en particulier dans la Sudermanie, li Scanie et le Halland), Leicester, Bishley et Cheviot (ces deux dernières races se trouvent particulièrement dans l'île de Gotland et dans le gouvernement de Norrbotten); enfin des variétés de mérinos (Ostrogothie et Sudermanie). n semble, d'après les dernières observations, que la race de Cheviot de l'île de Gotland prenne un développement de plus en plus grand, car elle se trouve dans des conditions favorables, et elle est soutenue par la vieille bergerie modèle de Roma knngsgârd; il semble aussi que les races à laine longue (Oxfordshiredown, etc.) se répandent de plus en plus, et supplantent les races à tête blanche (Leicester, Ootsewold, etc.). Parmi les races nationales, le c mouton de Gotland», originaire de l'îlot de FârO («îlot des moutons»), a commencé à se signaler à l'attention comme une race qui, sous beaucoup de rapports, convient bien à notre pays. Une circonstance qui plaide en faveur de l'amélioration de la race nationale au moyen des moutons anglais plutôt qu'au moyen des mérinos, c'est que les derniers conviennent beaucoup moins comme animaux de boucherie.
Cependant, le stock des moutons indigènes a diminué de plus en plus. £n 1870, il s'élevait à 1*6 million; il est descendu maintenant à environ 1,300,000 têtes, dont plus de 107,000 dans le gouvernement de JOnkOping. Cette diminntion provient sans doute de ce que la laine indigène, étant inégale et difficile à obtenir en grandes quantités, n'est pas volontiers achetée par les fabriques, et que les marchés sont inondés de laine étrangère et de laine artificielle (shoddy, mungo, extraits, etc.). Cette décroissance provient encore de ce que les agriculteurs ont fait dans leurs exploitations la plus grande place à l'industrie laitière, et qae, dans certaines parties du royaume, les disettes fréquentes de fourrage ont pour
Gan. SraVLir Anst.StocVh9lm.
première conséquence Tabattage des moutons. Pour encourager l'éleyage national des moutons, le gouvernement a institué dans les derniers temps un instructeur spécial chargé d'enseigner la culture de la laine et Tentretien à.e& bergeries.
La laine importée, qui est libre de tous droits, provient en majeure partie de l'Angleterre et de T Allemagne, mais on en fait venir aussi du Danemark et de la Belgique. Les meilleures sortes de laines cardées viennent du Cap, de Buen<» Ayres, d'Australie et de Silésie.
La fabrique de lainages de Drag à Norrkôping.
Les fabriques de lainages ont leur principal centre dans la ville de Norrkôping, qui, en 1850, ne comptait pas moins de 122 fabriques de draps; mais maintenant, par suite de la disparition de la plupart des petites fabriques, elle n'en a plus qu'une trentaine, parmi lesquelles il faut citer spécialement celles des sociétés par actions de Ihrag, de Bergshro, de Strôm, de Briick et de Wahren. Norrkôping, cle Manchester de la Suède», occupe une situation particulièrement favorable à l'industrie lainière, avec de grandes facilités pour l'emploi de l'eau comme force motrice. Depuis plus de 200 ans, cette ville a été le centre d'une industrie textile florissante. Parmi les autres grandes fabriques
de lainages, il faut citer celle de Stockholm, celle de Malmô (avec 374 métiers et 12,340 bobines), la société industrielle Wallberg et C^ k Halmstad, l'usine C.-O. Borg et fils à Lund, celles de Garda, de la carderie de Gothembourg, et de Katrinedal en Bohuslftn, et enfin plusieurs fabriques à Bords, dont une filature de laine et de vigogne et une carderie. Ajoutez-y un grand nombre de filatures à la campagne, destinées principalement à la mise en œuvre de la laine indigène.
La fabrique de lainages de Slottsmôllan ( Wallberg & C»>), à Halmstad.
En même temps que les grandes fabriques ont pris en général une extension de plus en plus grande, — aux dépens de la petite industrie, il est vrai, — la valeur de la fabrication a doublé et triplé. La fabrication des étoffes fines semble perdre peu à peu du terrain, mais, en revanche, celle des étoffes plus grossières en gagne. Les produits de la compagnie de Drag, draps pour uniformes, costumes, pardessus, vêtements noirs, satins et croisés, sont bien connus, et peuvent lutter pour la qualité avec les meilleurs draps étrangers. Les draps grossiers, tels que pilote, boie, corderoie, frise, etc-, sont fabriqués à la campagne en grande quantité, ainsi que les châles, les feutres, les flanelles et les étoffes de mi-laine (Sibiriennes, peaux de bouc, velours, etc.). Dans les dernières années, la compagnie des mérinos de Borâs a commencé à fabriquer des draps
288 Yi. nœusTRiB manufacturière db la suède.
en laine peignée pour vêtements de dames: cheviot, thibet, orléans, etc., et des étoffes pour dames en laine on en mi-laine, croisées, noires ou de couleur. Parmi les fabricants des feutres, la société WaUherg et O' occupe la première place. Elle fabrique aussi bien les feutra tissés (pour les machines à fabriquer le papier et la pâte de bois, pour le filtrage, etc.) que les feutres comprimés (lamelles de feutre, tuyaux de feutre, feutres isolateurs). Dans plusieurs fabriques, on produit aussi des étoffes-modèles avec des métiers Jacquard, en particulier des damas pour meubles et des tapis d'espèce simple (pour planchers), aussi bien que des tapis dits d'Axminster. Dans notre industrie, le tricot tient également une place importante, autrement dit: les tissus tricotés à la machine. Cette industrie du tricotage, dont la valeur a sextuplé au cours des vingt dernières années, emploie la laine pure, aussi bien que la laine mêlée au coton (vigogne), ainsi que de vieux tissus usés.
La quantité de laine consommée par les fabriques, et qui s'élève annuellement à euTiron 6 à 7 millions de kilog., se compose de laines importées pour enTiroo 45 % et de laine indigène dans la proportion d'environ 10 à 15 ^; le reste, soît à peu près 40 à 45 ^, se compose de laine artificielle O&ii^es usées, shoddy, mungo, extraits, etc.). Parmi les laines importées, il faut signaler, entre antrû, ce qu'on appelle <noils>, c'est-à-dire les résidus obtenus dans le peignage de li laine, et que l'on mêle à d'autre laine. L'importation des tissus de laine s'élère à près de la moitié de la consommation de la Suède entière.
Dans les derniers temps, en Suède comme à l'étranger, s'est fondée une industrie importante qui consiste dans l'utilisation de vieuœ tissus de laine comme matière première, unique ou mélangée à de la laine ou à du coton. Par la trituration de tissus bruts, non foulés, de la daine piquée>, etc., on obtient un prodnft meilleur, à poils plus longs (<shoddy>), qu'avec les tissus foulés («mungoOv qui à Ift trituration deviennent plus courts, plus élimés. Cependant, on fabrique avec cette matière un grand nombre de produits, qui témoignent souvent d'une grande habileté dans la main d'œuvre: feutres et ch&les, draps grossiers pour pardeasos et manteaux, draps simples pour costumes.
Industrie du eoton.
Cette industrie, bien qu'elle occupe une place particulièrement importante parmi les industries de la Suède, est cependant limitée aux cotonnades les plus simples: toiles de coton, étoffes pour vêtements, ginghams, futaine, toile à voiles, linge ouvré.
Parmi les plus grandes fabriques de cotonnades, il faut citer: les fabriques de Gamlestaden (avec 40,600 bobines et 710 métiers) et la filature de Bosenlund à Gothembourg (28,000 bobines), la société des fila* tures de coton de Norrkôping (25,400 bobines, 926 métiers), la fabrique de Holmen et la compagnie Berg à Norrkôping, la filature de Nàâs^ les fabriques de Drufvefors, Norrhy et Viskàholm à Boris, de Viskafors, de Fritela, de Jonseredj etc. A Stockholm, il y a une grande usine de filature et de tissage à Barnàngen, et une société de Gefle a sa fabrique à Strômsbro.
8 10 11 tH ifl 18 ta îz i*t 2s m
^____JJ - — r""
\ CchelU àm l:&&00000 \ T. r ■ T •
/^ — if — ^
fi
Les fabriques
de coton
d'aprit leur
litnation.
M. K. Kxt-Ibbro.
• Fabrique.
• Agglomération des fabriques.
/TT '^ %»r* • ^'^
I2£stae Gra«n«r. 16 1
B 20 ?S ■ Ea«tof Gr*«n*r
G«n. Stab Lit An&t. Stockholm,
La Suèd^. IL
Tabl. 45. Importation et exportation du coton. En quintaux.
Moyennes des années.
Coton.
Fils de coton.
Filés de coton.
Tissus de coton.
Import. 1 Export.
Import.
Export.
Import. 1 Export,
I m port. ExpoTt.
4,sl2