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FABRIQUES D HUILES, DE GOMME ET D ARTICLES SEMBLABLES

En 1898, il y avait 13 fabriques de colle et de gélatine, avec 168 ouvriers et une production de la valeur de 508,000 couronnes. En outre, il y avait 2 fabriques de pâte à rouleaux, qui ont produit pour une valeirr de 16,000 couronnes.

Goudron et matières similaires.

A une époque relativement ancienne, où les forêts n'avaient pas la même valeur que de nos jours, la distillation du goudron et la cuisson de la poix étaient très répandues, surtout dans les régions forestières du Norrland, et le goudron de bois constituait Tun des grands articles d'exportation de notre pays. La capitale était le principal centre de l'exportation, et le c goudron de Stockholm» était réputé comme le meilleur. Présentement, la fabrication du goudron est limitée à nos deux gouvernements les plus septentrionaux, où elle existe comme industrie domestique. Le centre actuel de l'exportation est Umeâ. Pour plus de détails, voir la page 166.

Vers 1870 ont surgi une quantité de fabriques Hhuiles résineuses, ayant pour but d'exploiter les souches de conifères, obtenues lors de la coupe des forêts. En distillant à sec ces souches et d'autres bois résineux, on obtient divers produits, tels que le goudron, l'huile de goudron, l'huile de résine, etc. L'huile de résine est, de ces produits, le plus estimable, et rappelle, par ces propriétés chimiques, l'huile de térébenthine, mais il s'est trouvé très difficile dç la débarrasser d'une odeur de brûlé désagréable, ce qui l'empêche de rivaliser avec l'huile de térébenthine. En 1898, il y avait 10 petites fabriques de cette espèce.

Gomme et caoutchouc.

On travaille ces matières sous trois formes différentes, savoir:

pures, vulcanisées, et comme ébonite. Le caoutchouc pur est souple et élastique; on l'emploie à la fabrication de plaques, de tuyaux, de gants, et d'une foule d'autres objets appartenant surtout au domaine de la chirurgie. Le caoutchouc vulcanisé est utilisé, en partie seul, en partie avec une forte toile intercalée, pour des tuyaux, La fabrique de caoutchouc de Helsinghorg. cercles de roues, courroies. L'é-

bonite est un caoutchouc vulcanisé par un procédé spécial, et possède un usage très étendu par suite de son grand pouvoir isolant contre

rélectricité, et de sa propriété de résistance contre Tattaqne des acides. Les caoutchoucs ou galoches sont fabriqués principalement de forte toile recouverte d'une légère couche de gutta-percha on de caoutchouc faiblement vulcanisé. La consommation des articles en caoutchouc augmente d'année en année: les galoches sont devenues un article presque indispensable pour une grande partie de la nation, même chez la classe peu aisée. Avec l'extension du sport vélocipédique, la consommation des tuyaux en caoutchouc a pris les dimensions les plus considérables.

Parmi les 9 fabriques d'articles en caoutchouc qui existent à présent en Suède, les plus grandes, celles de Helsingborg et de Svaneholm (près de Borâs), s'occupent de la confection des galoches. La valeur de la production de ces deux fabriques, qui supportent avec succès la concurrence étrangère, représentait, en 1898, non moins de 83 ji de la valeur totale, évaluée à 4,173,000 couronnes.

Savon ordinaire et savon noir.

On obtient ces produits par la dissolution des graisses, tant solides que liquides, à l'aide d'alcalis. Dans la règle, le savon ordinaire est un composé de soude et d'acides gras, et le savon noir, de potasse et des mêmes acides. La fabrication du savon était autrefois, à l'instar de beaucoup d'autres, une industrie domestique. On préparait, au moyen de cendres de bois et de chaux, la lessive de potasse nécessaire que l'on cuisait avec du suif. On obtenait un savon de suif noir (talgsâpa) qui, mélangé avec du sel commun, donnait un savon ordinaire de suif ferme et excellent (talgtvâl). La première fabrique de savon fut fondée en 1823 par Lars Montén^ avec le concours de Berzelius. Bien que l'on trouve dans le pays la matière première nécessaire à cette industrie, et, en particulier, le suif, l'huile de lin, le carbonate de potasse, nous devons cependant encore de nos jours tirer de l'étranger la majeure partie des matières brutes; cela revient à meilleur prix, surtout depuis qu'on a commencé à utiliser, dans ce but, une quantité d'huiles végétales des tropiques, telle que l'huile de la noix de coco, les huiles de palme, etc.

Pour le blanchissage, on utilise de préférence le savon noir, que l'on a cependant commencé à remplacer de plus en plus les dernières années, par le savon ordinaire qui revient à meilleur marché^ par suite de l'échange partiel de la graisse contre la poix-résine (colophane) dans la fabrication. Pour les savons de toilette, on emploie surtout les huiles de noix de coco; on a aussi commencé la production de savons csurfins». On prépare ces derniers avec une base de savon aussi neutre que possible, puis on triture, parfume et moule. A côté d'autres excellejûtes qualités, ces savons ont de plus celle de pouvoir être parfumés -^d'une façon supérieure, plus durable que les autres.

FABRIQUES d'HUILES, DE GOMME ET d'aRTICLES SEMBLABLES. 303

Le savon noir représente encore la majeure partie de la production. Ainsi, il a été fabriqué, en 1898, 118,647 quintaux de savons noirs et 32,023 quintaux de savons ordinaires. L'industrie du savon ordinaire et du savon noir a subi, les dernières années, un développement considérable. Stockholm tient le premier rang dans cette industrie, avec le .chiflPre de 10 fabriques (des 37 du pays) et plus de 40 % de la prodnction totale, évaluée à 4,496,000 couronnes; vient ensuite Malmô, avec 8 fabriques et une proportion de 17 %.

Parfums.

Les parfums, dans le sens ordinaire de ce mot, sont le plus souvent des dissolutions de substances odoriférantes dans l'alcool pur. Us se fabriquent en général dans les mêmes établissements industriels que les savons fins. La production totale est évaluée, en 1898, à 654,000 couronnes.

Bougies.

Jusqu'à la fin de la période de 1850 à 1860, les chandelles de suif étaient presque l'unique source de lumière généralement répandue, car si les lampes à huile de poisson avaient une certaine vogue, les chandelles de suif coulées par l'industrie domestique furent et restèrent dans chaque ménage un article nécessaire, jusqu'à ce* que le gaz, et presque aussitôt le pétrole d'Amérique, fussent connus et entrés en usage. Au lieu des chandelles de suif, on emploie, à l'heure actuelle, presque partout des bougies stéariques là où, pour un motif quelconque, on préfère l'éclairage à la bougie. La fabrication des bougies stéariques en Suède date de 1838, époque où fut fondée la fabrique de Liljeholmen par l'actif Lars-Johan Hierta, si remarquable sous beaucoup de rapports. Dès 1843, Lars Montén créa la fabrique de Clara, la seconde du pays. Actuellement, la Suède en a 3, avec 300 ouvriers (en 1898) et une production totale de 23,930 quintaux, évaluée à 1,978,000 couronnes.

Pour la fabrication des bougies stéariques, on emploie comme matière première différentes matières grasses, telles que le suif et les huiles qui sont un composé de graisse fluide, l'oléine, et plus ou moins de graisses solides telles que la palmitine et la stéarine. Pour la production des bougies, on divise ces graisses neutres par l'influence d'un acide faible quelconque, respectivement en glycérine et acide oléique, palmitique et acide stéarique. L'acide oléique est liquide à la température ordinaire, les acides palmitique et stéarique, par contre, sont solides, et on les emploie après l'épuration nécessaire en moulage des bougies. Les produits secondaires de cette fabrication, savoir la gly-

Vr. INDUSTRIE MANUFACTURIÊRB DE LA SUÈDE.

cérine et l'acide oléique, sont recueillis et purifiés à part. La gl^eêrine a une foule d'usages, soit comme agent de graissage plus fin, mit pour des usages médicinaux, mais son emploi primordial est la fabrication de la nitroglycérine. L'acide oléique, que la langue industrielle désigne improprement sous le nom d'oléine, est employé partie pour la production des savons bon marché et des savons noirs, partie comme agent d'apprêt dans les industries textiles.

L'atelier de moulage à la fabrique de Liljeholmen.

Autres branches.

Parmi les autres branches de ce groupe méritent d'être nommées seulement les fabriques de vernis, au nombre de 17 en 1898. Les ouvriers étaient de 79, et la valeur de la production fut estimée à 613,000 couronnes.

Ce grand groupe, ^a pins importante de toutes les branches diflFérentes de l'industrie manufacturière suédoise, est traité déjà ci-dessus (sous le chapitre consacré à l'industrie forestière) en ce qui concerne les bois non-ouvrés. Cette production-ci se fit, en 1898, dans non moins de 1,030 établissements, avec 40,704 ouvriers, et comportait la valeur de 143 millions de couronnes. Restent à traiter ici les industries de lois ouvrés, qui, la même année, requéraient 501 fabriques, avec 22,291 ouvriers; ici, la valeur totale de la production s'élevait à 527» millions de couronnes, chiffre qui place cette industrie même parmi les plus grandes de notre pays. Remarquons, cependant, qu'alors on a subgummé ici, d'après l'usage établi dans la statistique suédoise, aussi l'importante fabrication des allumettes, laquelle pourrait, sans doute, avec autant de raison être rangée parmi les industries chimiques.

Pftte de bois.

La pâte de bois peut être appelée, avec raison, un produit naturel du pays, grâce à sa richesse en bois convenables à cette fabrication, et à la force de nombreuses chutes d'eau. C'est aussi dans le développement technique de cette industrie que la Suède a pris une place prépondérante, surtout à l'égard de la création et de l'application de procédés perfectionnés et simplifiés.

La première fabrique de pâte de bois mécanique fut fondée en 1857 à Trollhattan, appliquant pour la première fois dans la pratique le système trouvé par Vôlter en 1846. Dans cette méthode, on défibre l'extrémité des souches non cuites contre des pierres meulières qui se meuvent sur un axe horizontal, pendant qu'on arrose continuellement les pierres et les souches. Les fabriques fondées les dernières années ont des meules horizontales, et utilisent la force hydraulique pour presser les souches contre la pierre. Une variété de la désagrégation première consiste à cuire d'abord les souches dans l'eau, ce qui détache les matières incrustantes, et rend la substance plus forte et moins cassante, mais aussi plus brune, parce qu'elle est plus difficile à blanchir après la cuisson.

La pâte ligneuse chimique a été fabriquée en grand d'abord en Amérique dès 1862. Une des premières fabriques en Suède doit être celle de Delary dans le gouvernement de Kronoberg, fondée en 1871. Pour la substance chimique, le tremble et le sapin s'appliquent le mieux, mais on emploie aussi le pin commun, quoique ses fibres soient moins souples. On se sert surtout de deux méthodes: la méthode à la soude

La Suède. IL 20

12 Est de Gifmrw.

6«n. StabL Ut Aa«iiStocM»o. m

e1> la méthode au sulfite. La méthode à la soude est la plus ancienne, et celle dite au sulfate en est une variété peu importante; elle consiste dariis le remplacement, dans la fabrication, de la soude perdue par du sixlfate de soude au lieu de la soude, qui est plus chère. La méthode an sulfite^ qui fut proposée en 1866 par l'Américain Tilghmann, devint, dès 1874, un concurrent redoutable de la méthode à la soude, lorsque, vers cette époque, l'Allemand Mitscherlich et, presque en même temps, les Suédois D. Francke et C.-D. Ekman introduisirent ce procédé dans la grande industrie. Les deux premiers employèrent le bisulfite de calcium, et le dernier le bisulfite de magnésium. La cellulose préparée d'après la méthode Ekman se distingue par une pureté et un éclat remarquables, de sorte qu'on peut l'employer sans aucune addition pour les papiers fins, mais sa production revient un peu plus cher que la cellulose du sulfite ordinaire.

Intérieur de la fahrique de pâte de bois de Gy singe.

La pâte ligneuse de la presqu'île Scandinave est plus estimée que celle de l'Allemagne, par exemple; les espèces d'arbres employées dans ce dernier pays, étant plus riches en résine, donnent en conséquence une substance qui rend plus sombre le papier fabriqué avec elle.

Pour ce qui est de la qualité chimique de la substance ou de la cellulose, la Suède peut revendiquer le premier rang.

Intérieur de la fabrique de pâte de bois de Gysinge.

Le développement de Tindustrie suédoise de la pâte de bois depuis 1871 ressort du tableau suivant:

Moyennes des années. Fabriques. Ouvriers. P'^°cti<>'^- ExporUtion.

QnioUnx. QninUax. Valenr, cooroBara.

1871/75 19 900 63,499 46,570 i,ooç,ç68

1876/80 24 927 116,631 73,094 l,7Îa56o

1881/8r> 32 1,343 234,670 109.795 i,07ii>2

1886/90 57 2,765 620,809 418,536 Ç,oco^

1891/95 87 4,152 1,534,525 1,061,531 io,2i6,çu

En 1898 124 6,134 3,357,100 1,814,736 15,534^33

La pâte chimique représente une partie toujours croissante de la production totale, et s'est élevée en 1898 aux 70 % de la valeur. En 1897, il y avait en tout 294 installations pour pâte mécanique et 200 établissements à ébullition. Mais, par rapport aux fabriques, il s'en trouve environ 90 pour la pâte mécanique, 37 fabriques au sulfite et 16 au sulfate, à quoi il faut ajouter que quelques fabriques sont en même temps usines de pâte mécanique (sliperi) et fabriques au sulfite ou au sulfate. Presque tous les gouvernements du royaume s'appliquent à la production de la pâte ligneuse, mais surtout ceux de Verinland, Gefleborg, Elfsborg et Vesternorrland, qui donnent près de * s de la production totale. L'exportation en Angleterre représente près de 60 % de ce commerce extérieur, qui, du reste, se porte aussi en Belgique, Danemark, France, Norvège et Allemagne.

Âlliimettes.

C'est nn des plus importants des produits chimiques industriels du pays.

I>éjà entre 1830 et 1840, «yi-S. Bagge, professeur à nÈcole polytechnique, avait le grand mérite d'introduire des briquets perfectionnés sons forme d'allumettes à nrottement. Bien que la valeur du phosphore ordinaire, quant à la production de semblables allumettes, fût à portée, et eût été mênie déjà démontrée par Berzelius, on chercha pourtant, de propos délibéré, & éviter son emploi, mais, aussi bien, on reconnut bientôt qu'il ne pouvait y avoir d'allumettes vraiment pratiques sans phosphore dans la pâte, et Bagge trouva encore les formules des tinées à leur fabrication. On a commencé, en

Suède, dès 1843, à produire, dans des fabriques, les alumettes à phosphore. Johan-Edvard Lundstrôm commença, en 1844, à établir à JOn- Icdping la fabrique d'allumettes, connue du monde entier, qui s'y trouve actuellement. Tout d'abord, on n'y produisit presque exclusivement que l'allumette chimique (à phosphore et à soufre). Mais au cours de cette même année 1844, G.--E. Pasch^ professeur à l'Institut Carolin à Stockholm, découvrit qu'on pouvait, pour enflammer les allumettes sans phosphore, employer des frottoirs qui contenaient du phosphore amorphe, que Pasch appela oxyde de phosphore. Le 30 octobre 1844, son invention fut brevetée, et la fabrication d'après cette méthode commença immédiatement. Toutefois, son procédé pour le développement du phosphore rouge était peu commode, et ce n'est que lorsqu'on eut inventé en Angleterre, en 1851, une méthode moins coûteuse, que sa découverte put avoir une valeur pratique. Et ici encore, la Suède a un droit de priorité indiscutable, parce que, en 1852, la fabrique d'allumettes de Jônkôping commença la production de ces allumettes de

J.'E. Lundstrôm,

-^ sûreté qui furent remarquées, à Paris, lors de Texposition universelle I de 1855, comme les premières en leur genre. Les produits de la fa- \ brique sont devenus, depuis, un article universellement répandu, et il fli est peu d'objets de commerce dont les étiquettes et les enveloppes aient subi d'aussi nombreuses contrefaçons, dans toutes les parties du monde, que les allumettes de sûreté de Jônkôping.

Il a été nécessaire, pour le développement de l'industrie, d'employer essentiellement des machines épargnant la main-d'œuvre, et peu avant 1870, plusieurs de ces machines furent employées, en particulier pour aider à la mise en cadre des allumettes façonnées, avant leur immersion dans la paraffine et la pâte fulminante. A. Lagerman surtout a, ^f par sa machine dite machine complète (komplettmaskin), réduit la main- M d' œuvre au minimum. Les allumettes façonnées dans une autre machine, sont avalées, en quelque sorte, à un bout de cette machine complète ou perfectionnée, et ressortent à l'autre extrémité, toutes prépa-

- rées et empaquetées dans des boîtes, sans qu'un seul ouvrier ait eu r besoin, au cours de cette opération, d'y mettre la main. Une telle • machine ne donne pas moins de 40,000 boîtes en 11 heures. La première machine de cette espèce fut mise en mouvement en 1892.

Peu à peu, nombre d'autres fabriques ont surgi à côté de celle j de Jônkôping, mais plusieurs n'ont pas tardé à succomber à la concur- ,1 rence. Bien que les anciennes allumettes phosphorées à friction aient j! commencé à être supplantées par les allumettes de sûreté, on les pro- ^t duit encore, mais on a défendu entièrement leur vente depuis le 1«' juillet 1901, parce que le phosphore jaune, contenu dans la pâte fulminante, rend malsaines et leur production et leur maniement, et, de plus, occasionne des tentatives d'empoisonnement. Toutefois, elles ont sur les allumettes de sûreté l'indiscutable avantage de pouvoir être allumées à peu près contre n'importe quelle surface, et en dépit des tentatives et des sommes attribuées à cela, on n'a pas encore de produit remplaçant à cet égard, d'une façon satisfaisante, les allumettes phosphorées.

Nous devons importer la plupart des produits chimiques nécessaires à cette industrie, tels que le phosphore, le soufre, le sulfure d'antimoine, la paraffine, etc., tandis que, par contre, on peut avoir le chlorate de potasse dans le pays même. L'espèce de bois employée presque exclusivement à la fabrication des allumettes est le tremble, qui est facile à couper et assez poreux pour s'imprégner de soufre ou de paraffine. Les ressources du pays en trembles de qualité irréprochable ont actuellement décru à tel point, que le tremble est devenu l'objet d'une importation considérable tant de Finlande que de Russie. Un grand obstacle au développement de l'industrie suédoise des allumettes et à son maintien dans l'extension actuelle n'est pas tant la concurrence étrangère que les droits de douane élevés, aussi efficaces qu'une défense d'importation, avec lesquels les autres pays sauvegardent leur propre pro-

INDU8TMB MAMUFACTUEIÈRB DR LA SUÈDB.

G*n. Sr«b.UtAii«.Siocktolra.

duction. Même la fabrication d'allumettes est monopolisée par l'État dans plnsienrs pays comme, par exemple, en France, Espagne, Grèce, etc. Les 3 fabriques d'allumettes les plus importantes sont Vulcan à Tidaholm et les deux manufactures de Jônkôping dites «Gamla» ou ancienne et cVestra» ou occidentale.

La fabrique d'aXlumettea Vulcan^ à Tidaholm,

On produit aussi, pour la vente, des brins (ou splints) de tremble façonnés pour allumettes, et cette production s'est élevée en 1896 à 224^400 couronnes. L'exportation des allumettes se fait, surtout via Hambourg et Londres, à tous les pays du globe.

Tabl. 48. Fabrication, importation et exportation des allumettes.

Moyennes des années.

Nombre

des fabriques.

Nombre

àta oayriers.

Production.

Valenr en couronnei.i

Importâtitm.

Kllogr.

Eiportation.

Ellogr»mmet.

Valenr en couronnes.

3,6a^,ooo 5,860,000 8,329,000 8,656,000 8,602,000 7,179,000

Enl898

^ Les chiflTres de Texportation, dans la derDière colonne dn tableau, montre que l'évaluation ici soit trop basse.

Menuiserie et meubles.

Dans nombre de régions du pays, le travail manuel est assez développé, et dans chaque métairie, il se trouve d'ordinaire quelqu'un qui peut exécuter au moins les travaux de grosse menuiserie et les réparations urgentes des instruments d'agriculture. Dans quelques provinces, c'était autrefois l'usage courant que la population masculine employait les longues soirées d'hiver, alors qu'on ne pouvait se livrer aux travaux agricoles, à un métier quelconque, tel que la fabrication des sabots, des chaises, des corbeilles et d'autres ustensiles de ménage, de même que les femmes filaient ou tissaient.

Ces travaux de menuiserie étaient facilités par les ressources abondantes de bois peu coûteux, comme le chêne, le bouleau, l'aune et le sapin. Peu à peu, cependant, cette industrie domestique a fait place à une activité plus manufacturière, en ce que, en beaucoup d'endroits, ont surgi des 'fabriques pour la production des meubles les plus simples, comme aussi de portes, fenêtres, etc. Une fabrication qui a obtenu un débit important, surtout dans les pays chauds et pauvres en bois, est celle de maisons toutes en bois, qui, du reste, sont aussi recherchées dans le pays lui-même, surtout pour les villas.

L'essor qui s'est produit au cours des 15 ou 20 dernières années dans l'architecture et l'industrie artistique, a eu aussi une remarquable influence sur l'industrie des meubles et des villas.

Il a été exporté, surtout en Angleterre et en Allemagne, en 1898. pour plus de ?•? millions de couronnes de travaux de menuiserie.

La menuiserie et la fabrication des meubles se font principidement dans les gouvernements de Gôteborg och Bohus, de Stockholm et de Jônkôping. On compte au nombre des plus grandes fabriques, Ligna, «Ekmans snickeriaktiebolag:^, Bark & Warburg, Strômman & Larsson et Sâfveân.

Il y avait en tout dans le royaume, en 1898, 280 menuiseries et fabriques de meubles, avec un personnel total de 8,874 ouvriers et une production de plus de 18,141,000 couronnes. Ne sont pas comprises, pourtant, dans ce chiffre les menuiseries fabriquant des machines (19 établissements, avec 690 ouvriers et une valeur de production de 831,00(J couronnes) qui figurent au dixième groupe ci-dessous.

Autres branelies.

Parmi les autres branches de l'industrie du bois, nous donnons quelques renseignements sur celles qui suivent.

Tonnelleries Dans nombre d'industries, on a très grand besoin de récipients bombés tels que tonnelets et tinettes, par exemple pour le beurre, le tabac à priser, le ciment, le hareng, l'eau-de-vie, le savon noir, etc., besoin que couvre de nos jours d'une façon satisfaisante la production des fabriques.

Une des plus grandes fabriques de tonnelets est celle de Thorburn à TJddevalla. Le nombre des tonnelleries, répandues sur la totalité du pays, était en 1898 de 23; elles occupaient 440 ouvriers et produisaient en tout pour une valeur de 727,000 couronnes.

Lies sabots sont fabriqués soit seulement en bois, surtout en bois d'aune, qui donne une chaussure chaude, sèche et peu coûteuse, soit encore en cuir sur semelles en bois en forme de demi-bottes. Ces chaussures sont plus faciles à produire mécaniquement que les vrais sabots. On fabrique spécialement ces derniers dans les gouvernements de Jônkôping et de Kronoberg. Il y avait, en 1898, en tout 15 fabriques de sabots, avec 276 ouvriers et produisant pour une valeur de 504,000 couronnes.

Les f spânaskar», ou boîtes de copeaux, constituent un très gros article, et se fabriquent par millions pour les fabriques d'allumettes. Le nombre des fabriques qui, en 1898, se livraient à cette fabrication, était de 9, avec 360 ouvriers et une valeur de production de 650,000 couronnes.

Parmi les fabriques y appartenant, 59 s'occupaient, en 1898, à la fabrication du papier et du carton, 72 à la fabrication d'articles en papier. Le nombre des ouvriers était de 5,209 et de 1,759, et la valeur de la production de 17,724,000 et de 4,935,000 couronnes respectivement.

Papier.

La première manufacture de papiers (papeterie) suédoise a dû s'établir à l'époque de Gustave Vasa. Cette industrie s'est aussi développée d'une façon importante au cours des dernières dizaines d'années, en connexion avec l'industrie de la pâte de bois. Les espèces de papier qu'on fabrique le plus, sont le papier à lettres et le papier à écrire ou papier écolier, le papier à imprimer, le papier d'emballage et aussi les cartons fins et les cartons épais. La matière brute pour les qualités de papiers fins sont les chiffons, avec un léger mélange de pâte chimique, et pour le papier à journaux, 50 à 70 ^ de pulpe de bois, le reste étant soit de là pâte chimique soit des chiffons. Pour les bons papiers d'emballage, dits papier-cuir, on emploie de la pâte â demi chimique, obtenue avec du bois soumis à la cuisson, et pour les papiers d'emballage de qualité inférieure, qui sont aussi ordinairement colorés, comme pour les boîtes d'allumettes ou les paquets de tabac, on utilise avec profit une pâte tirée de la paille par des procédés chimiques. On fabrique spécialement ce papier à Katrinefors (à Mariestad), manufacture fondée, ainsi que celle de Munk- 8J(J, par le célèbre J.-E. Lundstrôrn (voir à la page 309).

n zv !•

Les fabriques de

papier et de earton

d'apiif l0w

■itamtioB.

D'Après M. K. Kbt-Âbkbc.

• Fabriqua

42 Estda .Gra«iiw.

G«n. Sra^Iit AMt 3«ocWioHii .

La variété des matières employées à la fabrication du carton, correspond à la variété des buts. Le carton de doublage joue un grand rôle dans la production de l'industrie du papier. On l'emploie au revêtement aussi bien des murs que des toits, mais, pour ce dernier but, on le fait imbiber de goudron de bitume. Munksjô et Fiskeby jouissent d'une renommée universelle pour leurs cartons de doublage, vendus par bandes sans fin. Le papier-monnaie et le papier timbré sont fabriqués dans une manufacture de l'État, à Tumba. On produit à Grycksbo, dans le voisinage de Falun, une espèce de papier-filtre chimique, qui jouit d'une haute considération depuis l'époque de Berzelius. La qualité de ce papier dépend, en partie, de la pureté de l'eau et des chiffons.

Là fabrique de papier de Munkaj'ô, à Jônkôping.

Phot. HOLM, JOnkbpIng.

Le développement de cette industrie dès 1866 ressort des chiffres suivants:

Moyennes. • Fabriqnes. Ouvriers Production. Importation. Exportation,

des années. ^ Valeur, couronnes. Quintaux. Quintaux.

En 1898 59 5,209 17,724,000 47,407 379,582

VI INDUSTRIE MANUFACTCWÊBB DB LA SUÊDB.

INDUSTRIE DE LA PIERRE, DE L ARGILE, DU CHARBON, ETC

années récentes, on a vu, surtout dans les grandes villes et principalement à Stockholm, s'élever des édifices publics et privés revêtus de pierre naturelle.

Carrière de Lugnâs, en Veatrogothie.

Les pierres dont on se sert le plus, sont le granit et le gneiss, la pierre calcaire et le marbre de formations différentes, le grès de formation cambrienne et silurienne, le porphyre, l'ardoise, etc. Il y a plusieurs espèces de granit, dont la structure et la couleur se voient le mieux après le polissage. Les monuments funéraires de nos grands cimetières montrent de beaux échantillons de granit gris, vert, rouge, noir, avec d'autres nuances intermédiaires. Une pierre granitique, qu'on appelle dans le langage journalier «grâsten» (pierre grise), se trouve dans la plupart de nos provinces, mais les carrières principales sont situées en Bohuslëln, en Scanie (beau granit noir), en Halland, en Smâland, en Ostrogothie et en Uppland. Outre le granit, on exploite aussi le porphyre, le marbre, la pierre calcaire, le grès, la pierre ollaire, le feldspath et l'ardoise. On fait usage du porphyre de Dalécarlie (Elfdalen et Orsa), du marbre du Kolmârden et de la pierre ollaire jemtlandaise, surtout pour des objets d'ornement, urnes, etc.; on se sert de pierre calcaire et de grès dans de grandes proportions comme pierre à bâtir; on emploie le grès aussi pour en faire des meules de moulin et

La Suède. IL 21

des meules à aiguiser; le feldspath entre dans la faïence et la porcelaine; l'ardoise sert de toiture.

Dans rindustrie de la pierre, les gouvernements de Goteborg och Bohus et de Blekinge tiennent le premier rang, avec 43 S de la production totale; après viennent successivement les gouvernements de Halland, de Stockholm, de Kalmar, d'Orebro et de Kristianstad. En somme, cette industrie embrasse, d'après la statistique officielle, 38 carrières et 168 ateliers pour tailler et polir la pierre, avec 1,411 et 8,647 ouvriers, et 1,091,000 et 7,657,000 couronnes de production, respectivement; vu les données sur l'exportation, figurant ci-dessous, la valeur de la production est, pourtant, évidemment appréciée ici trop bas. La même année, 24 carrières de feldspath donnaient 20,737 tonnes de feldspath, évaluées à 239,000 couronnes.

Ln ffihrhjHf (!'■ finif^at de Lomma.

lii- qranîl siumIdIs o^t très rrrlir-rché h Tétrangor, où on remplnîtcomme pavés, et les qualités supérieures, surtout l'espèce rouge, pour en faire des ornements architecturaux. L'exportation des pierres se dirige principalement vers l'Allemagne et en quantité moindre vers le Danemark, la Russie et l'Angleterre. A cause des frais de transport, on De peut exporter que la pierre exploitée près des ports de mer. En total, on exportait de la Suède, en 1898, pour 2,491,000 couronnes de pierres brutes ou écrasées, et pour 6,346,000 couronnes de pierres ouvrées.

INDUSTRIE DE LA PIERRE, DE L ARGILE, DU CHARBON, ETC

Ciments et mortiers.

La production du ciment, sous la forme de ciment de Portland, n'est pas très ancienne en Suède, bien que Ton ait naturellement dû, dans les anciennes constructions sous l'eau, employer un mortier hydraulique d'une espèce ou d'une autre. Dès 1871, on fabrique à Lomma, en Scanie, des quantités importantes de ciment de Portland. Cette localité possède des quantités illimitées d'argile et de calcaire particulièrement propres à cette fabrication. Le ciment est fabriqué avec le plus grand soin, et se distingue par son extrême finesse, qui permet une plus grande addition de sable que les autres espèces de ciment. Le directeur de la fabrique de ciments de Lomma, M. iJ.-F. Berg, a fortement contribué au développement de l'industrie des ciments dans notre pays. Aussi le ciment suédois a-t-il acquis, sous le nom de € ciment de Lomma», un écoulement important et une excellente réputation en Europe et en Amérique. Comme succursale de la fabrique de ciments, Lomma possède aussi une manufacture pour le coulage d'objets en ciment, gypse et asphalte. On trouve au reste, dans d'autres régions de la Suède, les conditions naturelles indispensables à la fabrication du ciment, ce qui a provoqué l'installation de fabriques dans les îles de Gotland et d'Oland, ainsi qu'au Kinnekulle (en Vestrogothie).

La fabrique de porcelaine de Rôrstrand.

INDUSTRIE DE LA PIERRE, DE L'aRGILE, DU CHARBON, ETC. 325

Au début, la production annuelle de Lomma était de 25,000 quintaux, mais en 1896 cette production s'est élevée, pour cette seule usine et sa succursale de Limhamn, à plus de 400,000 quintaux.

En 1898, 5 fabriques de ciment, avec 1,288 ouvriers, ont produit 1,034,588 quintaux d'une valeur totale de 3,528,000 couronnes, et à 9 fonderies de ciment, avec 501 ouvriers, la valeur de la production s'élevait à 1,052,000 couronnes. L'exportation, qui, en 1898, comportait 286,761 quintaux, se fait surtout en Danemark, Russie et Finlande.

Le mortier fait aussi l'objet de la production en fabrique. En 1898, 5 fabriques pareilles ont donné le cMffre d'affaires de 610,000 couronnes.

Industrie de la briqueterie.

Des couches argileuses existant en Suède (postglaciaires et glaciaires), l'argile grise supérieure, l'argile grise inférieure, et l'argile stratifiée, on travaille surtout les deux dernières espèces non réfractaires. On en fait des briques (résistance à la pression: 100 à 200 kg. par cm*), des drains, des tuiles, des poteries et des carreaux en faïences pour poêles.

L'industrie de la briqueterie est répandue dans toutes les régions du royaume. Pour la cuisson des briques ordinaires, les vieux fours qui se chauffaient au bois, ont de plus en plus cédé la place aux fours circulaires à feu continu, généralement chauffés avec du poussier. Le premier four circulaire fut construit en 1873 par la Skânska Cement- Aktiebolaget (Société anonyme des ciments de Scanie). Pour le moulage des briques, on emploie désormais, dans toutes les grandes briqueteries, des machines au lieu du vieux façonnage à la main. Une grande difficulté paralyse, toutefois, cette industrie, savoir son peu de durée, qui ne comprend que les 3 à 4 mois de l'été. On a commencé d'introduire, par cette raison, des fours de séchage spéciaux, destinés à provoquer un séchage rapide et complet de Itf brique crue avant sa cuisson. La formation houillère de la Scanie possède, sur plusieurs points, du charbon et de l'argile réfractaire en couches alternantes. Grâce à cette ressource commode et précieuse de combustible, la briqueterie et la poterie ont pris un grand développement dans la province mentionnée, et près de 40 ?é de la houille extraite sont employés, avec f'argile simultanément exploitée, à la fabrication de produits réfractaires, tels que des briques d'une valeur réfractaire plus ou moins grande (résistance à la pression: 100 à 200 kg. par cm*), des «klinkersf, des briques dures (résistance de 300 à 400 kg. par cm*) pour constructions hydrauliques, façades, etc., des tuyaux d'égouts avec émail à base de sel, et enfin des produits céramiques de toutes sortes.

Parmi les usines de cette catégorie, il y a lieu de mentionner spécialement Hôganàs, qui fut fondée en 1798, quoique ce ne soit qu'en 1827 qu'elle ait commencé à produire des briques réfractaires. Les cruches vernissées de Hôganas sont très appréciées depuis longtemps, et, les

dernières années, cette manufacture a étendu sa fabrication aux articles d'ornementation, peints en majolique, ainsi qu'aux tuyaux d'écoulement, etc., qui résistent mieux que les conduites en métal à l'influence des agents chimiques. Les argiles de Bjuf et de Stabbarp (dépendance de HOganëls) sont très réfractaires, et résistent à une température de plus de 2,100' C. La société de Billesholm-Bjuf s'est constituée en 1870, et celle de Skromberga en 1886; ces dernières produisent aussi des pavés de trottoir en brique dure, dont la dureté se rapproche de celle de l'émerL

Fabrique de porcelaine de Qustafaherg. Fabrication à la main. '

Malgré la richesse de la Suède en quartz et en quartzite, on ne fabrique que peu de briques de quartz. Relativement aux dimensions des briques, on emploie généralement à l'heure présente, dans le sud et l'ouest de la* Suède, le c format normal» ou format courant ayant les dimensions respectives de 250 x 120 x 65 mm.; mais dans l'est et du reste dans la majeure partie du pays, on conserve encore l'ancien grand format de 300 x 150 x 75 mm., bien qu'il soit moins commode à manier et à transporter.

Quant à la couleur, la brique réfractaire est le plus souvent jaune, la brique ordinaire est ou uniquement rouge ou plus ou moins d'un jaune moiré, suivant la composition de l'argile employée ou la condition du four à briques. Les plus grandes briqueteries sont situées dans le gouvernement de MalmOhus, dont la production représente plus de 46 % de la fabrication totale du pays.

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La fabrication actuelle des briques de toutes ces espèces suffit amplement aux besoins du pays. En 1898, à 536 usines, avec 10,314 ouvriers, on produisait pour 11,073,000 couronnes.

L'importation se fait surtout de la Norvège pour les céramiques grossières, de l'Allemagne et de l'Angleterre pour les céramiques fines. L'exportation a lieu en Danemark, en Russie et en Allemagne.

Fabrique de porcelaine de Guatafaherg, Vidange du four de biscuit

Porcelaine.

On fabrique la porcelaine dans les deux grandes manufactures de Rôrstrand (à Stockholm) et de Gustafsberg (au voisinage de cette ville). La première fut fondée en 1726 et réunie, en 1782, à celle de Marieberg, dont la fondation datait de 1758, et qui fut complètement supprimée en 1788. Les deux fabriques produisaient de la porcelaine de ménage, des poêles de faïence et des articles d'ornementation. Depuis 1820, Rôrstrand a fabriqué avec succès la porcelaine dite de silex (flintporslin) à couverte transparente. Gustafsberg, fondé en 1827 dans l'île de Vermdô, fabriqua, pendant les dix premières années, les mêmes articles que Rôrstrand. Entre 1850 et 1860, les deux fabriques prirent un vif essor, tant pour se développer que pour se moderniser. Pendant les dernières années, elles ont, il est vrai, beaucoup travaillé dans les mêmes domaines, tels que les services de table, les vases, etc., mais elles

ont eu aussi chacune leurs articles spéciaux. Ainsi, Rôrstrand produit des articles en porcelaine dure de feldspath et de« poêles de luxe, tout en s'appropriant les décorations en couleurs les plus nouvelles dans l'art céramique.

Gustafsberg s'est fait connaître par ses beaux objets en cparian», le plus souvent des reproductions de sculptures, et ses articles jaspés sans vernis (jasper ware ou Wedgewood). On tire la plus grande partie de la matière première de l'Angleterre, bien qu'il entre aussi de l'argile indigène dans la fabrication; la terre réfractaire vient de la Scanie ou de l'Angleterre, le silex ou le quartz du Danemark et de la France. Le directeur actuel de Rôrstrand, M, JB.

Almstrôm^ et celui de Gustafsberg, M. W. Odelberg, ont éminemment mérité du développement de la céramique dans notre pays. Sur les branches artistiques de la production, voir le chapitre traitant l'Art industriel, dans ce qui suit, ainsi que les figures à cette page et à la suivante.

En 1898, les deux établissements employaient 1,819 ouvriers, et la valeur de la production s'élevait à 3,244,000 couronnes.

L'exportation est encore peu importante, la consommation dans le pays même ayant requéri, jusqu'ici, toute la production indigène.

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Pièce en porcelaine de Rôrstrand.

Fabriques de briques glacées^ de faïence et de poterie.

La fabrication des articles en grès-cérame et en argile n'a commencé chez nous que dans le courant du 17"® siècle; jusque-là et même bien plus tard encore, on n'employait que des cheminées ouvertes (âtres). Le fabriquant de poêles en faïence A.-J. Westman donna à la fabrication des poêles un essor considérable peu après 1840. On

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emploie pour la confection des poêles l'argile marneuse plastique feuilletée, que Ton rencontre dans de nombreuses parties du pays. L'argile des environs d'Uppsala possède de longue date la réputation d'être la meilleure pour les poêles; aussi en vendon tant aux autres endroits suédois qu'à l'étranger. Cette industrie a développé, dans le cours des dernières années, une ornementation toujours plus riche, avec une variété si grande de modèles et de couleurs en vemissure, que les plus beaux poêles se rapprochent de la majolique, et qu'on leur donne même cette dénomination. Les superbes poêles en majolique de BrOrstrand sont fabriqués de matières premières étrangères. Quelques poêleries font aussi avec de l'argile ordinaire des cruches et des plats avec ou sans vernissure. Pour la fabrication des terres cuites à vernis à base de sel (stengods, grèscérame), on emploie de l'argile réfractaire. Cette industrie a pris un important développement à Hôganfts et à Skromberga.

Au point de vue de l'importation et de l'exportation, les poêles et articles de poterie ne sont pas indiqués séparément. Quant à la production, la valeur totale s'élevait, en 1898, pour les briques glacées à 1,658,000 couronnes, et pour les poteries à 1,151,000 couronnes.

Pièce en porcelaine de Rôrstrand.

Chaux.

Plusieurs formations géologiques, formations primaires, couches siluriques, cambriques et crétacées, fournissent la matière première à

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Les verreries d'après tour

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Texploitation indastrielle de la chanx à Tacide carbonique. Dans les fonrs à chanx, on brûle la pierre calcaire pour la changer en chaux vive, et dans l'industrie de la craie, on lave et épure celle-ci, qui existe dans la nature à Tétat libre.

L'industrie de la chaux se rencontre dans 13 gouvernements du royaume; le plus grand nombre des usines sont sises en Scanie, et ensuite dans les gouvernements de Skaraborg, d*Orebro et de Gotland. En 1898, le nombre total des usines était de 71, employant 1,047 ouvriers; la production était de 1,838,150 hectolitres, évalués à 1,393,000 couronnes.

La farine fossile (kiselgur) ou terre d'infusoires, constituée par les squelettes siliceux de diatomées préhistoriques, se rencontre en Suède en Laponie et à Osby, en Scanie, par couches importantes. On remploie surtout comme isolant pour les chaudières, les fourneaux des boulangers, etc., ainsi que pour la dynamite. Il y avait, en 1898, une fabrique, qui produisit pour une valeur de 7,000 couronnes.

Terrerles.

La fabrication du verre en Suède date du milieu du 17°^« siècle, et vers 1640, une verrerie fnt créée à Stockholm, mais ce n'est que vers le milieu du 18™« siècle, que cette industrie semble avoir atteint un certain développement. Alors apparurent quelques-unes des verreries encore existantes, telles que Limmared en Vestrogothie (1740), Kosta en Smâland (1741), SandO dans une île de TAngermanelfven (1750), Liljedahl en Vermland (1761). De dates plus récentes sont les verreries de Reijmyra en Ostrogothie (1808), Eda, Surte, Glafva, etc. Grâce à l'important développement que l'industrie suédoise du verre a acquis, les fabriques ont, en général, perfectionné certaines spécialités. Reijmyra et Kosta produisent surtout le verre de luxe et le verre de ménage fin en cristal, Limmared les verres pharmaceutiques; Sandô et Glafva soufflent le verre à vitres, Surte et Liljedahl le verre à bouteilles, Pukeberg et FftrekOp les verres de lampe et les réservoirs d'huile, etc. Les grandes fabriques ont échangé les anciens fours longs à feu de bois contre des fours régénéra-

Verres de Reijmyra.

INDUSTRIE DE LA PIERRE, DE L'aRGILE, DU CHARBON, ETC. 333

teiirs à gaz, et les creusets couverts contre des creusets ouverts. Comme combustible on emploie le bois, les déchets de scierie et la tourbe. Dans quelques fabriques, on a aussi introduit un autre système de four, formé de 8 à 12 grands creusets couverts, contenant chacun de 500 à 1,200 kg. de verre en fusion. On chauffe ces fours directement au charbon. Pour mouler^ graver ou polir le verre à Témeri, on a introduit les meilleures méthodes, et le verre suédois peut satisfaire à de grandes exigences dans presque toutes les branches de cette industrie. Dans le polissage et la gravure du verre, plusieurs fabriques, et particulièrement Reijmyra et Kosta, tiennent une place prépondérante (voir en outre le chapitre de TArt industriel ci-dessous). Le coulage du verre en grandes plaques pour glaces unies ou pour le verre à vitres n'existe, cependant, pas encore en Suède, d'où il suit que Ton doit importer du dehors les grandes glaces des magasins modernes.

Les gouvernements de Kronoberg et de Vermland occupent le premier rang, avec une production de près de la moitié de la fabrication totale du pays, qui s'élevait, en 1898, à 6,812,000 couronnes. Le nombre totale de fabriques était' alors de 51, et celui des ouvriers de 4,672. — Pins de 80 ^ de l'exportation vont en Angleterre. Les verres coulés de grandes dimensions sont principalement importés de la Belgique.

Un article de verrerie qui s'importe en quantités croissantes, bien qu*on puisse le produire avec profit dans le pays, est fourni par les plaques photographiques, dont l'importation s'élève, pour 1898, au chiffre de 184,525 couronnes.

Foudre de verre. TJne fabrique en a produit, en 1898, pour la somme de 14,000 couronnes. — Peinture sur verre et sur porcelaine. Cette industrie occupait, en 1898, 4 fabriques, dont la production s'est élevée à 82,000 couronnes. — Glaces et miroirs. L'étamage des glaces et des miroirs se fait en général comme petit métier. Il existe, cependant, quelques fabriques pour faire des glaces.

Charbon et tourbe.

Ces fabrications ont été traitées déjà, sous les chapitres consacrés aux industries minière et forestière; pourtant, nous en donnons ici encore quelques renseignements.

Le charbon de bois peut être préparé, soit dans des charbonnières, soit dans des fours, mais on n'emploie ici dans le pays, presque exclusivement, que le charbon de charbonnière. Dans les derniers temps, la grande société des mines de Kopparberg (Stora Kopparbergs bergslags aktiebolag) a commencé d'opérer la carbonisation dans des fours à travail continu, où non seulement la transformation en charbon est plus grande, mais où aussi l'on peut recueillir les productions secondaires par la distillation à sec. A SkOnvik, on a essayé depuis quelques années de carboniser la sciure de bois dans des cornues spéciales sous une haute pression, où l'on peut aussi recueillir des produits de distillation à sec. La consommation du charbon de bois, qui est en relation la plus étroite avec

l'activité des hauts-foarneaux, s'élève annaellement aa moins à 600,000 tonnes, d'un prix de revient d'environ 20 couronnes par tonne sur le lieu de production.

Pièce en verre de Reijmyra.

Hauteur: 44 centimètres; diamètre: 63 cen^mètres.

Tourbe. Nous avons environ 4 millions d'hectares de tourbières utilisables d'une profondeur moyenne de 2 mètres. Chaque hectare de tourbière mojennemeot bonne peut donner près de 2,000 tonnes de tourbe prête, et l'étendue totale correspondrait par suite à 8,000 millions de tonnes de tourbe combustible, soit, si l'on évalue le pouvoir calorifique de la tourbe à la moitié de celui du charbon, 4 milliards de tonnes de charbon, soit une quantité de combustible suffisante pour de nombreux siècles. Les tourbières se trouvent dans toutes les provinces, mais surtout en Norrland, en Dalécarlie, en Vermland, en Vestrogothie, en Sm&land et dans la Scanie septentrionale. Jusque vers 1840, on préparait la tourbe à la main, sous formi' dite cskârtorf» ou tourbe coupée, en mottes, type encore employé comme combustible pour l'économie domestique dans les régions qui manquent de bois. Depuis, on a produit aussi la tourbe en une masse, qu'on traite avant le moulage, de la même façon que l'argile, dans un broyeur (brâka) ou dans un moulin à argile (lerqvarn). Par ce moyen, on obtient les espèces suivantes de tourbe à la machine: 1° tourhe pulvérisée (krossad torf); la tourbe est broyée avec addition d'eau, après quoi la bouillie de tourbe est moulée sur le sol à l'aide de grilles; 2<> tourbe en tubes (rOrtorf): le broyage s'exécute sans addition d'eau, et la tourbe est façonnée en cordes en forme de tubes qu'on sèche sur des claies; 3** tourbe à la machine proprement dite (egentlig maskintorf): on traite la tourbe sans addition d'eau dans des appareils semblables à des presses à briques, et on fait des briques de tourbe.

INDUSTRIE DB LA PIBBBE, DE L' ARGILE, DU GBARBON, ETC. 335

Bien que la tourbe, sous une forme quelconque, soit utilisée avec succès dans différentes industries, comme la métallurgie, les fabriques de cellulose, les verreries et les briqueteries, etc., elle ne joue, cependant, qu'un rôle bien inférieur dans la consommation totale, si on la compare avec le charbon et le bois, et qui est loin d'être proportionné aux ressources naturelles. Cela tient aux conditions économiques de production de l'industrie de la tourbe, ou au prix par tonne proportionnellement à la valeur calorique, quand on compare la tourbe aux autres combostibles ci-dessus désignés. Bien qu'on trouve rarement la tourbe dans le commerce, le prix peut, près de la tourbière, s'évaluer pourtant pour la tourbe en mottes (coupée) à 4' 50 couronnes environ, et pour la tourbe à la machine à 6 couronnes environ par tonne, en moyenne, et avec une teneur en eau, dans la tourbe à la machine, de 22 %. Le prix moyen du charbon, par tonne, dans les ports, s'est élevé, en 1897, à un peu plus de 16 couronnes. Le prix du bois résineux a eu, les dernières années, une hausse assez importante, et peut s'évaluer à 12 couronnes par corde de bois (famn), de 4 mètres cubes à 375 kg., ce qui correspond à 8 couronnes par tonne.

On a tenté plusieurs méthodes Hépurer la tourbe et d'en faire un combustible plus concentré, partie sous forme de charbon de tourbe (torfkol), partie sous forme de poudre de tourbe (torfpulver). Le charbon de tourbe a donné, quelque temps, certaines espérances, mais il ne semble pas qu'on ait encore trouvé une méthode de production bien pratique et économique. Au cas oti l'on voudrait employer la tourbe sous forme de charbon, comme dans les hauts-fourneaux, la meilleure manière serait le charbonnage en charbonnière ordinaire d'après nos procédés, puisque cela n'exige pas de frais d'installation coûteux. La poudre de tourbe est un nouveau produit qu'on obtient par une dessiccation à l'air de la tourbe, pour lui enlever jusqu'à 40 à 45 ^ de sa teneur en eau, après quoi le résidu est complètement débarrassé de l'eau par séchage au four. On peut, après dessiccation, détacher, de certaines sortes de tourbe, des fibres de tourbe qui s'emploient comme matière textile, et dans ce cas, on rabaisse les frais de la poudre de tourbe. Cette poudre, mise dans un feu flambant, brûle instantanément, et donne une flamme longue et très chaude. Si les conditions économiques s'y montrent favorables, ce combustible doit avoir un usage très étendu.

En 1898, il y avait dans le royaume 9 fabriques de tourbe, et la valeur de leur production s'est élevée à 63,000 couronnes, mais comme on l'a dit plus haut, la tourbe est consommée le plus souvent sur place, ce qui fait qu'on ne peut pas donner, même approximativement, la quantité de tourbe employée comme combustible dans le pays. La métallurgie, à elle seule, consomme annuellement de 35 à 40 mille tonnes.

n faut citer aussi une autre manière d'employer la tourbe, savoir les produits dits torfatrô, ou litière de tourbe, et torfmull, ou poussière de tourbe, pour désinfecter et poudrer. Tandis que la partie fibreuse élastique, que donne la sphaigne blanche, séchée à l'air, sous forme de litièVe de tctorbe, lorsqu'on la déchire, est utilisée avec profit comme litière dans les étables, par contre, la poussière de tourbe noire, sous l'aspect de poudre qu'on obtient en tamisant la paille de tourbe, s'applique parfaitement bien à la préparation de la poudrette, qui absorbe complètement l'odeur des excréments. On se sert avantageusement d'appareils faisant eux-mêmes la litière pour la préparation de la poudrette. La consommation de cette matière, là où elle est employée normalement pour les lieux d'aisance, est évaluée à 70 kg. par an et par individu. Par suite de son caractère de faible acidité, la terre de tourbe est aussi un désinfectant énergique visà-vis des bactéries infectueuses, et l'on accroît d'une façon importante ce pouvoir désinfectant par une addition de 2 à 3 ^» d'acide sulfurique.

Les fabriques de litière de tourbe et de poussière de tourbe étaient, en 1898, au nombre de 29, et ont produit alors pour une valeur de 320,000 couronnes.

INDUSTRIE DE LA PIERRE, DE L'aROILE, DU CHARBON, ETC. 837

TTsines à gaz. Éclairage.

L'éclairage au gaz fut introduit à Gothembourg en 1846, à Norrkdping en 1852, et à Stockbolm en 1853. Maintenant, il existe dans la Suède 28 usines à gaz, avec 865 ouvriers et une production totale, en 1898, de 37,362,448 mètres cubes de gaz et 75,270 quintaux de goudron de houille.

Dans les dernières années, on a commencé à employer beaucoup le gaz comme combustible dans l'économie domestique; on l'emploie aussi de temps à autre dans on but industriel, là où on a besoin d'une chaleur égale et facile à régler, dite gaz de générateur, de sorte que le combustible, surtout le charbon, est amené d'abord à l'état gazeux. Le gaz à l'eau très employé à l'étranger, particulièrement en Amérique, n'a pas encore atteint, en Suède, un usage appréciable, et cependant, il doit avoir un avenir, depuis qu'un suédois C-A, Deïlwik a inventé une méthode économique pour le produire. En général, l'industrie du gaz d'éclairage paraît être fondée par des sociétés privées, mais les villes respectives ont le droit de racheter les usines après un certain nombre d'années. Dans les grandes villes, ces usines à gaz sont actuellement une source de profits considérables. En sus de l'éclairage et du chauffage dans l'économie domestique, le gaz d'éclairage est aussi employé à la production de l'énergie dans les moteurs à gaz. Pour une force motrice minime, comme de 1 à 10 chevaux de force, ces moteurs sont singulièrement commodes et faciles à manœuvrer.

Le goudron de hotdlU produit des grandes usines à gaz, est employé à la fabrication d'asphalte, d'acide carbolique, de créosote et d'autres huiles dont on se sert pour imprégner aussi bien le bois que le carton. Les résidus sulfureux recueillis dans la substance d'épuration du gaz, ne sont d'aucun profit; par contre, on recueille, dans quelques-ui^es des grandes usines, l'ammoniaque développée, surtout sous forme de sulfate d'ammonium.

Depuis environ' 1895, nous avons une nouvelle source de lumière dans le gas d'acétylène. Plus tard, on a obtenu celui-ci d'une façon très simple par l'action de l'eau sur le carbure de calcium qu'on prépare dans des fours à l'électricité, en fondant de la chaux avec du charbon. L'éclairage à l'acétylène a, datas le court espace d'une à deux années, acquis une extension considérable, grâce à la clarté, non dépassée jusqu'ici, de sa lumière, ainsi qu'à sa puissance et à la facilité avec laquelle on le produit. Le courant électrique nécessaire à la fonte du carbure est engendré bon marché par les chutes d'eau, et, autant qu'on peut le juger maintenant, le moment ne saurait être loin où une grande partie des chutes d'eau de la Suède trouveront une application lucrative dans la production du carbure de calcium. C'est à Trollhattan que fut fondée en 1897, par G. de Laval, la première fabrique pour cette production, et depuis plusieurs autres ont été créées ou sont en formation.

Quant aux établissements d'éclairage électrique, voir ci-dessous, à la page 368.

La Suède. II. 22

La fabrique de carbure de calcium à Trolihattan.

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