‹ La SuèdeChapitre 247 sur 361 · INDUSTRIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE CHIMIQUE

Cette industrie, qui, au point de vue technique, a atteint en Suède, dans plusieurs branches, un très haut perfectionnement, se subdivise, d'après la statistique officielle, de la manière suivante:

Fabriques. OaTriers. Prodaction.

Acides, bases et sels inorganiques 32 220 2,248,000 coaronnes.

Engrais artificiels 81 1,060 5,268,000 »

Explosifs .' 21 616 2,830,000

Couleurs et autres articles 137 448 2,321,000

Total 271 2,344 12,667,006 couronnes.

A vrai dire, on pourrait porter ici aussi la fabrication des allumettes, traitée déjà ci-dessus, à la page 309.

Acide sulfurique.

Cet acide est généralement produit en connexion avec la production des superphosphates, dans laquelle il trouve une utilisation immédiate. On remploie aussi sur une grande échelle à la fabrication

INDUSTRIE CHIMIQUE

de l'acide chlorhydrique, de l'acide azotique dans les fabriques de bougies stéariques, dans les manufactures de matières explosives, dans les fabriques de levure et à un grand nombre d'autres usages. En 1898, il existait 8 fabriques, avec 63 ouvriers et une production totale de 390,304 quintaux, évaluée à 947,000 couronnes.

La fabrique de superphosphate et d*acide sulfurique de Helsingborg.

Chlorate.

Ce produit est, comme on le sait, un élément indispensable dans la composition des allumettes, dans les pièces d'artifice et dans certaines espèces de poudre. Depuis que l'on a appris à le produire par la voie de l'électrolyse, il est devenu l'objet de la production suédoise, les chutes d'eau étant utilisées à la génération du courant électrique dont on a besoin. La première fabrique de chlorate, et peut-être en même temps la première usine électro-chimique, fut, par l'initiative de M. 0. Carlson, directeur de la fabrique de superphosphates de Stockholm, établie en 1893 à Mànsbo (Dalécarlie), près d'une chute du Dalelfven. Le courant électrique dégage le gaz chlore d'un alcali chloreux, et produit, par son action sur l'hydrate d'alcali, le chlorate d'alcali ou le chlorate de commerce. En 1898, cette fabrique, employant 123 ouvriers, a produit pour 688,000 couronnes. — Il existe depuis 1895, à Bengtsfors, une fabrique pour la production électro-chimique du natron ou de la soude caustique et de l'hypochlorite de chaux.

La fabrique de chlorate de Mânsbo.

Engrais artificiels.

La production d'engrais à base d'acide phosphorique a débuté vers 1871 sous la forme dite superphosphate^ et depuis, cette industrie s'est beaucoup développée. Bien qu'on rencontre en Suède les deux conglomérats à base de phosphorite et de Tapatite, qui, à une certaine pureté, offrent une matière première propre à la fabrication des superphosphates, il se trouve cependant que les fabriques doivent, pour subvenir à leurs besoins en phosphates bruts, s'adresser à l'importation, particulièrement de l'Amérique. Les phosphorites de la Floride, de la Caroline, et autres gisements récemment décoifverts sont acquis à un prix qui rend toute concurrence impossible. Par contre, la Suède a les plus belles espérances pour une production très étendue des phosphates Thomas en plusieurs régions, particulièrement dans les gisements de fer à Grângesberg et à Gellivare, qui renferment de l'apatite: on y obtient le phosphate comme produit secondaire dans les scories, en traitant le minerai d'après la méthode basique de Bessemer. Il y eut cependaDt, depuis 1892, seulement à Domnarfvet une production de fer extrait du minerai de Grângesberg d'après cette méthode. Maintenant, il existe 3 usines pour cette fabrication, qui s'élevait, en 1898, à 15,570 tonnes de phosphate Thomas. Cependant, il n'est pas sûr que cette industrie puisse se développer d une façon appréciable, puisque les besoins du

INDUSTRIE CHIMIQUE

pays en fer Thomas seront bientôt satisfaits. Dans les derniers temps (1897), on a eherclié, à cause de cela, à utiliser Tapatite, dont le mi- Herai de Gellivare est riche, sans développer en même temps le fer Uhomas, d'après une méthode indiquée par le Suédois J. Wiborgh. Ce porocédé consiste en ce que le minerai broyé est soumis à un enrichissement magnétique, après quoi Tapatite séparée est finement pulvérisée et fondue avec de la soude. Le produit ainsi obtenu est appelé phoS' phate Wihorgh, et peut rivaliser en valeur avec le phosphate Thomas et le superphosphate. Il en existe une fabrique dans Svartôn à Luleâ.

On trouve une quantité de grandes et petites fabriques préparant Vos en poudre, et on broie les os dans la plus grande partie des provinces du royaume, en se servant de concasseurs. Outre la poudre d*os, on produit aussi dans quelques endroits la graisse d'os, la colle d'os et le noir animal.

Pendant les années riches en hareng, on emploie une partie de la prise & la préparation de l'huile de hareng (sillolja) et du guano de hareng (sillguano), en opérant de la façon suivante: on chauffe le hareng jusqu'à ce que la graisse devienne fluide et puisse être séparée, et enfin on la presse. Le résidu de la pression est ce qu'on nomme guano de poisson (fiskguano). Cette industrie n'existe que dans le gouvernement de Goteborg och Bohus, et a occupé, en 1897, 17 fabriques, dont la valeur de production atteignit 778,000 couronnes pour le guano de poisson, et 286,000 couronnes pour l'huile de poisson. Pendant les années où la pêche est peu abondante, comme en 1898, toute la prise est employée pour la consommation, et les fabriques de guano de poisson doivent arrêter leur travail faute de matière première.

Diverses villes, comme Stockholm, Gothembourg et Karlstad, ont fondé, pour utiliser les balayures, les rebuts et les déchets, des fabriques de poudrette.

La production totale des engrais artificiels, ainsi que l'importation, l'exportation et la consommation, s'est élevée, dès 1876, aux chiffres suivants:

Moyennes Production.

des années. Quintaux.

En 1897 977,398

Importation.

Exportation.

Consommation. ^

Quintaux.

Quintaux.

Quintaux.

^ Dès 1885, déduction faite des quantités importées du phosphate brut, employé à la fabrication indigène du superphosphate. Ainsi, quant aux années 1876/84, les chiffres de la consommation sont en réalité trop hauts.

Explosifs.

Dès le commencement du quinzième faiècle, on a connu en Suède la fabrication de la poudre. La poudre noire est faite, comme on le sait, avec du charbon de bois, du soufre et du nitrate de potasse. La Suèdi* produit du charbon et du soufre, tandis qu'on obtenait d'abord le salpêtre artificiellement par la lixiviation d'un mélange de potasse avec la terre trouvée sous les écuries et les étables. Pour la production du salpêtre, on a aussi employé des hangars particuliers dits de salpêtre, où le mélange de terre, de cendres et d'urine donnait, par un remuage convenable, un plus grand rendement.

Pendant les siècles antérieurs, à partir du temps de Gustave Vasa, époque oii la fabrication de la poudre devint un monopole, l'État a exigé dn salpêtre comme un impôt sur presque toute terre. Au commencement, c'était le droit de disposadu terrain salpêtreux qui se trouve sous les étables; les salpêtriers de l'État devaient utiliser cette terre. Plus tard, on exigeait le salpêtre en nature ou ron en demandait une taxe pécuniaire. Pour l'administration des affaires de salpêtre, k royaume était divisé de 1815 à 1893, en districts de salpêtrerie, qui avaient chacan son directeur de salpêtrerie, d'abord au nombre de 13, puis de moins en moins nombreux, de sorte qu'en 1883 il n'en restait qu'un seul district, celui de Vesterbotten. La haute surveillance sur la fabrication du salpêtre fut, pendant les années 1811/66, exercée- par la Commission pour l'administration des salpêtreries, et plus tard par le bureau de l'artillerie au Département de la guerre. En 1893, TEtAt cessa complètement de s'occuper du salpêtre, et à présent, on n'en fait presque point dans notre pays à ce qu'il paraît, et le peu qu'il en faut est importé de l'étranger, principalement de l'Allemagne,

Cependant, la fabrication des matières explosives est entrée dans une phase nouvelle, car c'est de 1864 que date la nouvelle époque de l'art de la fabrication des agents explosifs; alors, Alfred Nobel fonda la fabrique de dynamite de Vinterviken, près de Stockholm, la plus ancienne du monde de la même espèce. L'agent principal de la dynamite est la nitroglycérine, et cette substance, qu'on obtient en traitant la glycérine par l'acide azotique, est bien moins coûteuse et plus effective que la poudre ordinaire. Une autre substance d'une grande force explosive est le coton poudre, le fulmicoton ou la cellulose nitrique, qu'on obtient par l'action de l'acide nitrique très fort sur le coton. Par le mélange de la nitroglycérine avec de la farine fossile, on acquiert une substance explosive solide qu'il est moins dangereux de manier, la dynamite.

On peut aussi mêler la nitroglycérine avec d'autres agents explosifs et obtenir de la sorte des substances explosibles ayant des qualités un peu différentes, propres à des emplois différents. De tels mélanges sont p. ex. la ^ébastine et la poudre ammoniacale. Egalement, on peut mélanger la cellulose nitrique et la nitroglycérine, procédé où la cellulose nitrique se gonfle et devient gélatineuse dans la gly-

INDCSTBIE CHIMIQUE.

cérine. On appelle une telle masse gélatineuse gélatine explosible, et, si la transformation en gélatine se fait convenablement, elle peut être comprimée, après séchage, en une masse élastique et cornée, qui est beaucoup moins dangereuse, mais pourtant aussi effective que le fulmicoton.

Le coton poudre gélatineux et comprimé entre aujourd'hui dans la composition des poudres sans fumée ou, pour mieux dire, produisant peu de fumée. Le fait est que les substances produites par la nitroglycérine et le fulmicoton ne renferment que des gaz incolores, ce qui, surtout au point de vue militaire, est d*une très grande importance. La poudre sans fumée a été introduite dans l'armée suédoise en 1890. La première sorte de cette poudre, dite apyrite, était fabriquée par un Suédois, Shoglund^ puis on a adopté la poudre dite de Troisdorf du nom de la fabrique allemande; la fabrication de cette poudre se fait sur une grande échelle à la poudrerie d' Aker appartenant à l'Etat et à Annelôf en Scanie. Cette poudre n'est constituée que de fulmicoton transformé en masse gélatineuse avec un mélange d'alcool et d'éther, et se voit sous forme de petites écailles luisantes. Pour les canons et les torpilles, qui exigent un effet plus considérable, on emploie un mélange gélatineux de fulmicoton et de poudre de nitroglycérine, qui du nom de l'inventeur a été appelé poudre Nobel ou ballistite.

Sans exagération, on peut dire que la Suède a fait faire de grands pas à la technique de la fabrication des explosifs pendant les dernières trente années; car aux inventions de Nobel, la dynamite et la poudre dite de Nobel, qui toutes deux on fait époque, la première comme explosif pour faire sauter les rocs, la dernière comme poudre de guerre, viennent s'ajouter d'autres" explosifs produisant un grand effet et présentant fort peu de danger, lesquels tirent leur origine de la Suède. Qu'il suffise de rappeler ici la bellite inventée par C. Lamm (une qualité perfectionnée s'appelle «bellona»). La bellite se compose de benzol dinitrique et est d'un maniement ordinaire aussi peu dangereux que la cire, même en contact avec des métaux incandescents, et de plus elle ne subit aucune influence par l'eau, mais après une mise de feu initiale assez forte, elle produit un effet explosif considérable.

On compte également au nombre des explosifs l'étoupille, les capsules fulminantes et les cartouches et encore les pièces d'artifice; ces dernières se fabriquent surtout pour les besoins de l'armée. L'État de Suède possède une poudrerie, celle d'Aker, et deux fabriques de munitions de guerre, celles de Marieberg et de Karlsborg.

Tous les explosifs, tant pour les besoins de l'État que pour ceux des particuliers, sont fabriqués dans le pays même, et la production répond à peu près au besoin, puisque l'importation et l'exportation se compensent presque entièrement.

Nous donnons ci-dessous quelques chiffres sur le développement de l'industrie suédoise des explosifs propres dès 1866:

129,000 couronnes

INDUSTRIE CHIMIQUE. 345

Moyennes des années. Fabriques. Ouvriers. Valeur de la production.

En 1898 13

En 1898, il y avait aussi 4 fabriques à'étoupille, avec 27 ouvriers; la production totale était évaluée à 84,000 couronnes. Les fabriques de munitions et de cartouches étaient au nombre de 4, occupant 280 ouvriers et produisant pour 1,144,000 couronnes.

Couleurs.

On ne produit en Suède aucun dérivé colorant du goudron de houille, mais, en revanche, on importe quantité de couleurs de goudron et autres, comms des laques, des couleurs solubles dans Talcool ou l'eau, ainsi que des compositions immédiatement utilisables à la teinture tant des lainages que des cotonnades.

Parmi les matières colorantes obtenues dans le pays même, sont à citer le noir de fumée, l'ocre rouge, la craie, Tombre ou ocre de diverses nuances, le blanc de zinc, la céruse, le bleu de cobalt et des sels de vanadine pour le noir.

Xie noir de fumée est obtenu par la combustion incomplète de résiné, de bois, de résidus de matières goudronneuses et de la fabrication de la poix, la suie provenant de ces combustions étant soigneusement recueillie.

Uocre rouge qui provient de Toxide de fer, est obtenu comme produit secondaire de la fusion des pyrites de cuivres sulfureuses ainsi que de la combustion de schiste alunifère. Dilué dans une faible solution de colle et de sulfate de fer, il est d'un usage très répandu pour la peinture des constructions en bois; il paraît être très durable et contribuer essentiellement à la conservation du bois. L'ocre rouge de l'usine de cuivre de Falun jouit de longue date d'une grande réputation.

Le nombre des fabriques de toutes ces espèces, en 1898, s'élevait à 55, avec 181 ouvriers. La production était évaluée à 937,000 couronnes.

Fabriques cbimlco-techniques,

sans autre spécification. Parmi les produits de ces fabriques, on remarque l'encre, l'acide carbonique, l'éther des fruits, l'eau boriquée (aseptine) et autres sortes d'antiseptiques, les huiles de coiffure, les pommades, la lanoline, l'acide lactique, la cire à cacheter, etc. Il faut citer, parmi les vieux articles les pllis connus, Wamylcos-aseptin^ à' Henri

Gahn, à base d'acide borique et d'essence de menthe poivrée, et parmi les nouveaux, le stomatol à base de terpinéol, et la salubrine où l'éther acétique est l'élément le plus actif.

Une industrie nouvelle pour la Suède est celle de Vacid^ carbonique liquide, qui date du temps tout après 1890. et existe actuellement, entre autres, dans deux fabriques à Lôfholmen, près de Stockholm. La production d'acide carbonique liquide a été de 3,324 quintaux en 1898.

Page 1