‹ La SuèdeChapitre 27 sur 361 · Partie de Venceinte de Viahy. Piioto. k. sroKw · texte numérisé non relu

Partie de Venceinte de Viahy. Piioto. k. sroKw

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L'Époque des Folkungar (1250/1389). Sous la dynastie des Folkungar, dont la personnalité la plus importante est Birger Jarl qui, pendant les années 1250/66, gouverna la Suède comme tuteur de son fils Valdemar, la Suède

La Suède, I, 5

66 n. LE PEUPLE SUÉDOIS.

entra dans des relations plus intimes avec le reste de l'Europe. L'accomodation aux nouvelles conditions dans lesquelles le christianisme l'avait engagée, était désormais complète, et la société revêtit de plus en plus les mêmes formes que les autres États contemporains. L'ancienne aristocratie des propriétaires du sol dut totalement céder la p^ace à une répartition complète en ordres ou états {8tând\ dans lesquels \Égli»e se trouvait comme un état dans l'État et la noblesse s'élevait au-dessus du peuple, dont elle commença à accaparer le droit de vote par ses diètes des seigneurs (herredagar\ tandis que ses principaux personnages, en qualité de conseillers ou sénateurs du royaume (riketft râd), entouraient le roi et assez souvent le dominaient. Grâce à des relations commerciales plus étendues tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, les villeê et leur bourgeoisie se développèrent de plus en plus. Le contact avec l'étranger s'effectuait par l'intermédiaire des villes hanséatiques, d'où une quantité d'Allemands s'établirent dans nos villes, et y jetèrent les bases de l'industrie minière suédoise.

Sous l'initiative royale régnait dans l'intérieur une vigoureuse activité législative. Les coutumes de droit européennes commencèrent à pénétrer chez nons, la position de la femme fut améliorée et la servitude abolie. Les vieilles lois ou coutumes provinciales furent rédigées par écrit et condensées, en 1347, en une loi générale qui, à la fin du siècle, était reconnue dans toutes les provinces. Cette mesure fut un grand pas pris en faveur de la transformation en un État unitaire de l'antique État fédératif formé par les provinces. La position de la noblesse fut consolidée grâce à l'introduction, vers 1280, par Magnus Ladulâs, du service militaire à cheval (russtjenst) impliquant l'immunité d'impôts et autres charges publiques, et par des dotations de terres pour services rendus à l'État. Il ne fut cependant pas établi de régime de fiefs et d'alleux sur le modèle européen général, et le féodalisme héréditaire, dans le sens strict de ce terme, ne pénétra jamais en Suède.

Les provinces les plus méridionales du pays, la Scanie, le Halland et le Blekinge, furent réunies pendant un court espace de t^mps à la Suède, mais forcées, vu le manque de communications par terre, de se rattacher plus étroitement au Danemark par suite de la vivacité des communications à travers le Sund, elles firent bientôt retour à ce dernier pays. Dominant ainsi les deux rives du détroit, le Danemark pouvait à son gré favoriser ou intercepter les communications par mer de la Suède avec l'étranger, et nos relations avec ce pays ne furent guère, pendant des siècles, qu'une lutte incessante pour la domination du Sund. Afin de s'assurer d'autres issues vers le dehors, la Suède dut s'efforcer d'entretenir des relations amicales avec les villes hanséatiques et les comtes de Holstein, et les liens de famille réciproques que les rois nouèrent avec le Holstein, le Danemark et la Norvège, tracèrent les jalons de leur politique étrangère. Vers Test, Birger Jarl (avant 1260) et Torgils Knutson (avant 1300) poursuivirent la conquête et la conversion de la Finlande au christianisme, mais ne réussirent pas, dans leurs luttes avec la puissante république de Novgorod, à rétablir l'ancienne influence de la Suède en Russie.

Le pays souffrait d'une source perpétuelle de faiblesse intérieure causée par les malheureuses querelles entre frhres^ dues aux apanages qui, suivant une antique coutume germanique, étaient donnés, sous forme de duchés, aux fils puînés des rois. Ces luttes affaiblissaient le pouvoir royal, aux dépens duquel croissait l'influence de la noblesse. Sous le bon et populaire, mais faible, Magnus Eriksson (fils d'Éric), les seigneurs {stormànnen^ hommes puissants) avaient si bien fini par accaparer le pouvoir, qu'ils déposèrent le roi et sa dynastie pour le remplacer par son parent allemand, Albert de Mecklembourg (1363/89), dans l'espérance de gouverner sous lui le pays à leur gré. Le règne d'Albert est l'époque de la faiblesse la plus profonde du pouvoir royal en Suède et de la puissance la plus grande, mais non la plus glorieuse, de Taristocratie.

APERÇU DE l'histoire DU PEUPLE SUÉDOIS.

Ce fat à cette époque que les trois vieilles dynasties du Nord s'éteignirent presque simultanément, et que la succession de ces trois familles se trouva réunie dans les mains d'une femme, la reine Marguerite de Danemark. Les seigneurs suédois, mécontents du roi Albert, offrirent à Marguerite la couronne de Suède, et la défaite d'Albert en 1389 à Falkôping (Vestrogothie) devint le signal de la réunion des trois royaumes du Nord, la Suède, la Norvège et le Danemark. Ce fut Tinauguration de la dernière période du moyen âge dans notre pays, celle de rUnion de Kalmar.

Église de Vadstena.

La période dès lors terminée des Folkungar avait été infiniment plus riche dans notre pays que la période antérieure en personnalités éminentes. Nous avons déjà mentionné plus haut les trois régents Birger Jarl^ Magnus Ladulâs^ et Targilê Knutsson, tous des natures de chef d'un rang élevé, et tous iinimcs

' Le nom de cLadulfts» donné à Magnns, signifie < serrure dn grenier > dn paysan, et vise la protection accordée par ce roi aux populations des campagnes contre les empiétements de« signeurs. C'est indiscntablement un des plus beaux surnoms qu'un monarque ait jamais reçus.

d'une sollicitude pour le bien-être des classes inférieures qui certes a été singulièrement rare dans d'autres pays pendant le moyen âge. La plus célèbre personnalité de cette période est néanmoins une femme, S:te Brigitte, à laquelle nous reviendrons dans la division consacrée à l'histoire religieuse du pays. Depuis le temps des Vikings, S:te Brigitte est la première des Suédois, tant hommes que femmes, qui se soit élevée à une importance internationale. Sa mémoire ;est principalement attachée à l'Ordre fondé par elle et qui porte son nom, et dont le couvent le plus célèbre en Suède fut celui de Vadstena.

Des événements de la période, le plus remarquable incomparablement a été la «grande mort» (digerdôden\ ou la peste noire, qui s'abattit sur l'Europe entière vers 1350. Dans les pays du Nord, les ravages en paraissent avoir été effrayants, si même les descriptions contemporaines sont probablement exagérées. Ce qu'il y a du moins de certain, c'eM que sur divers points la culture du pays subit un recul qui laissa des traces pendant des siècles.

A l'issue de cette période, les frontières de la Suède proprement dite étaient restées telles qu'elles sont indiquées à la page 65. La conquête de la Finlande était par contre un fait accompli.

L'Union de Kal-

mar (1389/1523). La réunion des pays du Nord à cette époque a été, suivant la célèbre expression de notre historien Geijer, »un événement qui avait Vair d'une pensée». Les trois peuples étaient, il est vrai, très rapprochés les uns des autres par la langue et par les moeurs, mais ils suivaient cependant chacun leur propre chemin, le Danemark avec ses attaches vers le sud, la Norvège vers Touest, et la Suède vers l'est. La grandeur des distances était aussi un puissant obstacle à l'unification. On n'obtint par conséquent pas ce qui, dans d'autres circonstances, aurait pu être atteint par ce rapprochement, et à la dissolution de l'Union, les trois peuples ne se séparèrent qu'avec un sentiment d'antipathie plus profonde encore, du moins quant à la Suède et au Danemark.

Déjà le premier successeur de Marguerite, Éric cfe Pom^rant> (1412/1439), poussa, par ses empiétements féodaux et grâce aux actes intolérables d'oppression

Château de Kalmar.

APERÇU DB l'histoire DU PEUPLE SUÉDOIS.

exercés par ses baillis danois, les populations des campagnes suédoises à une levée d'armes qui se termina par la déposition du roi, suivie du reste aussi plus tard de son détrônement en Norvège et en Danemark. Cette révolte populaire (1434/36), sous le magnanime Engelbrekt^ est l'un des événements les plus importants de toute l'histoire de Suède. Ce fut en réalité à partir de ce moment-là que la nation suédoise parvint à la conscience de sa nationalité. Les petits royaumes provinciaux, avec leurs intérêts séparés et leurs jalousies mutuelles, disparaissent de nos annales, et sur la scène de l'histoire apparaît pour la première fois vn peuple suédois imt, ayant la conscience de lui-même.

Ancienne maison en bois du 15^ siècle (Omasstugan).

Depuis cette époque, les fastes restants de l'Union de Kalmar offrent le spectacle d'une lutte presque non interrompue entre la Suède et le Danemark, tantôt sur les champs de bataille, tantôt dans les innombrables négociations diplomatiques ou dans des congrès non moins fréquents. Le principe naturel que le roi devait être nommé en commun par les trois peuples, était continuellement foulé aux pieds par les Danois, qui choisissaient seuls leur roi, et essayaient ensuite de forcer les deux autres peuples à l'accepter. Deux partis se formèrent alors en Suède: un parti travaillant à l'acceptation des rois danois, et un parti national qui, sous la forme d'une espèce de provigorium, voulait remettre le gouvernement de la Suède à des hommes du pays comme ^administrateurs du royanme> {riksfôrèstândaré), A la tête de ce dernier parti se trouvaient d'ordinaire des membres des deux familles Sture^ qui cherchaient leur appui chez les paysans.

Le puissant réveil national qui réunit ainsi le peuple suédois dans sa lutte contre l'Union, contribua fortement à développer la civilisation et le régime politique de notre patrie. Le paysan était sans cesse forcé de défendre, les armes à la main, son indépendance et celle du pays, et il se comprend sans

peine que non-seulement il maintint victorieusement son droit de siéger et de* voter dans les diètes, mais encore que Tinfluence des paysans y fut souvent dominante. Avec cette base solide de leur pouvoir, les Sture étaient des espèces de rois non couronnés, et ce fut sous leurs mains que se forma Tédifice politique de la Suède sur ses antiques bases nationales. Ils furent aussi le plus souvent en état de tenir tête aux rois danois, même quand ceux-ci, ce qui n'était pas rare, recevaient l'assistance d'une partie importante de la noblesse et de l'Église suédoises.

Château de Vadstena sur le Vettern.

Le dernier administrateur du royaume du nom de Sture, ou Sten Sture le jeune, ayant perdu en 1520 la vie contre le roi Christian II de Danemark, celui-ci réussit encore une fois à rétablir l'Union. Les actes de démence qui commencèrent par le «Massacre de Stockholm» (Siockhohns blodbad), et grâce auxquels plusieurs centaines des principaux personnages du pays perdirent traitreusement la vie, rendirent son pouvoir si détesté, qu'en quelques mois la Suède entière se trouva de nouveau sous les armes. Cette fois-ci, ce fut l'illustre Gustave Vasa qui se mit à la tête de la guerre de libération. L'heureuse issue de cette guerre et la proclamation, en 1523, de Gustave Vasa comme roi de Suède, porta le coup définitif à l'Union de Kalmar.

L'ère qui vient d'être décrite est indiscutablement l'une des plus romantiques de notre histoire. Les temps de la grandeur de Vordre des paysans en Suède (1434/1543) ne le cèdent nullement, quoiqu'ils soient infiniment moins connus, en intérêt humanitaire à ceux de la grandeur des paysans suisses, et les luttes incessantes contre des ennemis intérieurs et extérieurs présentent maintes fois de« événements dramatiques dignes de la plume d'un Shakspeare. A une époque où, dans le reste de l'Europe, la chevalerie se trouvait déjà en décadence, elle eut en Suède

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une seconde époque de grandeur dont la beauté est encore rehaussée par la circonstance que le chevalier entre en relations intimes avec les rangs profonds da peuple^ se met à sa tête, et fait triompher la cause de la patrie commune. Les fastes de l'histoire n'ont à enregistrer qu'un bien petit nombre de ces figures de chevaliers >san8 peur et sans reproche», comme Sten Sture le jeune. A ses côtés se tient sa noble et digne épouse, Chriatina Gyllenstùfrna^ comparable en courage et en grandeur d'âme aux femmes les plus célèbres de Thistoire. £n hommes d'état et en capitaines, la Suède a produit pendant cette période des hommes tels q\x Enffelbrekt^ lui aussi l'une des plus belles figures de l'histoire, et Sten Sture Vaîné, sous le gouvernement presque trentenaire duquel le pays fit des progrès remarquables dans la culture intellectuelle. Il suffira de signaler que ce fut alors que la Suède reçut sa première université, celle d'Uppsala (en 1477), la plus ancienne du Nord Scandinave.

Des nombreux et variés événements de cette période, ceux qui sont restés le plus longtemps dans le souvenir du peuple, sont l'assassinat d'Èngelbrekt, en 1436, par un traître envieux, et la bataille de Brunkeberg en 1471. Cette dernière, engagée par Sten Sture l'aîné dans l'enceinte actuelle de Stockholm, se termina par la victoire complète de l'armée suédoise sur le roi de Danemark et ses chevaliers, et assura à notre pays un quart de siècle de paix, fait unique dans la période de l'Union. Dans l'enthousiasme général de cette victoire, on se libéra d'une ancienne dépendance des Allemands^ en ce que l'on supprima la disposition qui avait fait loi jusqu'alors, d'après laquelle la moitié de l'administration de chaque ville devait se composer d'hommes de cette nation. Le fait qu'un état de choses semblable eût jamais pu se produire, montre clairement le peu de développement que la vie économique de la Suède avait encore dans ces temps-là. Sur ce point, nous restâmes durant tout le moyen âge à l'école de l'Allemagne, et Gustave Vasa fut le premier qui créa sur ce terrain comme sur presque tous les autres, une Suède totalement indépendante.

Les limitée extérieures de notre pays ne subirent aucune modification pendant ces temps si troublés. L'île de Gotland seule fut toujours plus fréquemment soumise aux Danois, qui la reçurent formellement par traité en 1570.

Temps modernes (depuis 1521 jusqu'à nos jours).

La renaissance de la Suède (1523/1611). La famille qui monta maintenant sur le trône de Suède, celle des Vasa^ appartient aux familles les plus douées, les plus brillantes et les plus célèbres que connaisse l'histoire, de même que, parmi les types de monarques, Gustave Vasa (1623/60) est l'un des plus grands.

Les mérites de Gustave quant à la Suède peuvent se résumer dans le terme employé ci-dessus de renaissance. Il réunit de nouveau les membres de notre peaple à moitié détruit. Il l'arracha à la sujétion politique du Danemark, à la dépendance économique de l'Allemagne et au joug ecclésiastique des papes. Les traces d'un état de guerre presque centenaire furent effacées par la reprise des travaux pacifiques, et sous Gustave Vasa la Suède prit pour la première fois sa place comme un membre écouté du grand concert européen.

Au milieu de cet état de choses, la personne du roi était l'objet d'un amour et d'un respect profonds de la part du peuple. En dépit d'une certaine violence de caractère et d'une omnipotence patriarcale poussée jusqu'à l'excès, le >vieux roi Gôsta», comme on aimait à l'appeler, a été pour son époque, et est resté pour la postérité, le type d'un roi suédois, et quoique infiniment moins connue à l'étranger que celle de ses célèbres successeurs, le grand Gustave-Adolphe et

Charles XII, sa mémoire n'a jamais pu être affaiblie par eux dans les souvenirs du peuple suédois.

En 1544, Gustave Vasa réussit à transformer la Suède en un royaume héréditaire dans sa famille. Or, en analogie avec les idées du temps, il en résulta, même pour les tils puînés du roi, le droit à une partie du royaume. De là des luttes intérieures sanglantes entre les descendants de Gustave Vasa. Le royaume, affaibli de nouveau par ces dissensions intérieures, ne fut restauré que sous son fils cadet, Charles IX (1699/1611), lui aussi un souverain de premier ordre, un nouvel > administrateur du royaume» du type des anciens Sture, et comme eux en premier lieu l'homme du peuple. Dès avant son avènement au trône, il avait été pendant plusieurs années le vrai régent du royaume, et pendant ce temps il provoqua, au concile d'Uppsala (1593), la victoire définitive de la réformation sur le catholicisme. Sous son fils, Gustave II Adolphe (Gustave- Âdolphe-le-Grand), dans ce domaine comme dans tant d'autres le pionnier de nouvelles idées, cessa la répartition du pays entre les princes du sang. Un nouveau principe appuyé sur la renaissance et (médiatement) sur l'antiquité, affirma désormais l'indivisibilité de l'État, et fit disparaître de nouveau de notre histoire un grave élément de discorde.

Château de Gripsholm sur le Màlaren.

Immédiatement après le milieu du 16™® siècle, notre pays avait été entraîné à des acquisitions de territoire de l'autre côté de la Baltique. Comme conséquence de la réformation, l'État catholique fondé par l'ordre des chevaliers livoniens s'était effondré, et depuis 1561, les États voisins s'en disputaient l'héritage. La Suède ne pouvait pas permettre qu'il tombât aux mains pas plus de la Russie encore barbare que de la Pologne gouvernée par les jésuites, ou du Danemark envieux continuant à rêver le rétablissement de l'Union. La sollicitude de sa

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propre sûreté la força de s'assurer d'une aussi grande partie que possible de l'héritage liYonien. Le résultat en fut la longue lutte pour l'hégémonie sur la Baltique qui conduisit la Suède au point culminant de sa grandeur et au bord de sa ruine. Cette hégémonie était pour elle une nécessité géographique à une époque où les communications s'effectuaient avec une fréquence infiniment plus grande sur l'eau que sur la terre, et où, de Stockholm, il était beaucoup plus facile de se rendre par eau à Riga que par terre en Smâland ou en Vestrogothie. Les suites directes de toutes ces nouvelles complications ne se firent sentir cependant que dans la période suivante, celle qui commence par l'avènement de Gustave II Adolphe an trône, et que termine la mort de Charles XII devant Fredrikshald.

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