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TÉLÉPHONES DB L*ÉTAT

d'une ville ou d'une région du pays, qui avaient besoin, pour leur propre compte, de commonications téléphoniques. On se cotisait pour réunir le capital nécessaire pour fonder le bureau central commun, on achetait en commun les appareils et autres articles de ce genre, mais chacun en payait la part qu'il utilisait et aussi se chargeait ordinairement d'établir son circuit et d'en supporter les frais. Un comité composé de membres de l'association s'occupait de la gestion, à titre gratuit le plus souvent, et comme chacun entretenait son circuit, les dépenses annuelles nécessitées par l'entretien et le service du bureau central étaient très peu importantes.

Peu à peu, en divers endroits, des jonctions entre les divers réseaux s'établirent, à mesure que le niveau technique en s'élevant permit les conversations à de plus longues distances. Dans la plupart des cas, on se procurait les fonds nécessaires an moyen de cotisations, et l'on ne percevait même pas de taxe de conversations entre régions dififérentes.

Dans quelques grandes villes, ce furent cependant des sociétés anonymes ordinaires, ayant un bénéfice en vue, qui se chargèrent des téléphones. Si, dès lors, les taxes ont été un peu plus élevées, cela tient à la nature de la chose, d'autant plus que les exigences sous le rapport de la bonne qualité de l'installation, au point de vue technique, étaient en général plus grandes chez elles.

On évaluait que, vers 1890, les installations privées de téléphones avaient atteint une extension d'au moins 40,000 kilomètres de lignes et employaient près de 16,000 appareils. C'est alors que l'État commença de s'adonner avec une grande énergie au mouvement téléphonique, et depuis ce moment, ainsi que nous l'avons déjà dit, la plnpart des sociétés privées ont vendu leurs installations aux téléphones de l'État. A l'issue de 1899, l'administration des téléphones de l'État avait, en service, près de 46,000 appareils, les sociétés privées de Stockholm 24,000, et les autres sociétés privées du pays probablement environ 5,000. La longueur totale des lignes peut être évaluée, pour toute la Suède, à près de 140,000 kilomètres, ce qui donne une proportion de 2 kilomètres par appareil, proportion qui se retrouvedans un grand nombre d'autres pays.

Tëlëphones de l'État.

Ainsi qu'il vient d'être dit ci-dessus, pendant la première moitié de la période de 1881/90, l'État installa des réseaux téléphoniques d'une étendue relativement peu considérable. En 1883 et 1884, il acheta deux des plus grands réseaux du sud de la Suède, et ceux-ci furent le point de départ d'installations assez vastes à cette extrémité du pays. Pour venir en aide aux pêcheries qui se développaient à l'ouest de la Suède, l'État y installa aussi (en partie avec le secours de subventions fournies par les autorités locales) un vaste réseau téléphonique.

Ce n'est cependant que depuis que la question de la conversation à langue distance eut été techniquement résolue, que l'intervention de l'État devint plus puissante. En 1889 fut installé le premier grand circuit entre Stockholm et Gothembourg, représentant une distance

d'environ 500 kilomètres, et au fur et à mesure que l'Etat eut organisé plusieurs longs circuits analogues, il en vint aussi, soit en achetante soit en faisant de nouvelles installations, à posséder des réseaux locaux, non seulement le long des grandes routes, mais encore dans des localités plus reculées, qui, à l'aide de circuits de moindre longueur, furent unies à ceux reliant les grands centres.

De 1890 à 1898, le réseau téléphonique de l'État s'est accru du chiflPre de 126 bureaux centraux èi celui de 881. En même temps, le nombre des appareils montait de 4,950 à 39,685, et la longueur des circuits de 12,780 kilomètres à 86,990.

Pour ce qui est des taxes que payent les particaliers pour les communications téléphoniques, dans la plupart des localités, elles sont de 50 couronnes par an, plus un droit d'entrée également de 50 couronnes, une fois pour toutes. Dans une partie des localités, la taxe est cependant plus élevée, 80 couronnes, mais toutefois réduite ordinairement après cinq ans d'abonnement II n'existe aucane taxe annuelle comportant le droit de converser sur de longs circuits, mais ce droit est à la disposition de toute personne moyennant le versement de taxes spéciales, prélevées aux tarifs suivants évalués d'après la longueur réelle des circuits: pour une distance de 100 km. au plus 15 Ore, de 100 à 250 km. 30 Ore, de 250 à 600 km. 50 Ore, de 600 à 900 km. 75 ôre, et pour des distances supérieures 1 couronne, pour chaque période de 3 minutes employée toute ou en partie à converser. Les entretiens téléphom'ques d'urgence qui sont peu à peu devenos d'un usage courant sur les lignes principales pendant le vrai moment des affaires, se payent deux fois plus cher. Les conversations d'urgence spéciale sont sujettes au triple de la taxe ordinaire, et celles dites de série, lesquelles conversations sont échangées à la même heure aux mêmes jours de la semaine, au double de la taxe ordinaire. Les conversations de série des journaux payent la moitié de la taxe des conversations de série ordinaires. A l'heure actuelle, ces communications «interurbaines» existent entre tous les centres quelque peu importants du royaume, bien que les circuits jusqu'ici installés, — contrairement à nombre d'antres qu'on est en route d'établir, — ne soient pas disposés pour converser à des distances supérieures à environ 1,000 km.

Au point de vue technique^ les progrès ont été très frappants, et nous devons particulièrement relever comme caractéristique pour la Suède ^ue tous les circuits, même ceux des abonnés, sont à deux fils, et que l'Etat s'étant abstenu du système dé plusieurs bureaux centraux dans chaque localité, les plus grands réseaux locaux se trouvent donc avoir toutes les lignes d'abonnés rassemblées dans un même bureau qui les dessert.

Le Riksdag a alloué les fonds nécessaires pour l'établissement des lignes principales, en même temps qu'il a concédé des emprunts pour les autres besoins des téléphones, emprunts qui sont accordés au taux de l'intérêt ordinaire, et qui doivent être amortis après une durée généralement courte (12 ans). Les résultats financiers de l'administration des téléphones de l'État ressortent de ce qui suit.

Du début des téléphones de l'État à l'année 1898 inclusivement, les recettes brutes se sont élevées à 16,423,456 couronnes, dont 7,983,156 couronnes sont allées aux frais d'exploitation, et 1,355,511 couronnes ont

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