SOCIÉTÉS PRIVÉES DE TÉLÉPHONES
servi à payer les intérêts des emprunts obtenus; Texcédant, 7,084,789 couronnes, a été employé partie à amortir les emprunts, et ce pour 2,482,500 couronnes, partie à étendre le réseau téléphonique, ce qui a demandé 4,602,289 couronnes.
Sociétés privées de téléphones.
Nous avons déjà dit quelques mots de leur première apparition dans notre pays et de la manière dont la plupart devinrent ensuite la propriété de rÉtat. Il nous reste à donner un exposé rapide sur la plus grande et la plus importante des sociétés existant encore, savoir celle de Stockholm.
En effet, les téléphones privés relèvent à Stockholm actuellement de deux sociétés, fonctionnant cependant en commun; la plus ancienne des deux est celle dite Bellbolaget (société Bell), dont nous avons déjà parlé.
La société Bell de Stockholm fat créée en 1880, en grande partie avec des capitaux américains, et n^employa au début que du matériel américain. Ses prix étaient assez élevés (160 couronnes dans cla cité» de la ville, 240 à 280 couronnes dans le reste de Stockholm). Ces prix suscitaient une concurrence, et la Société générale de téléphones de Stockholm (Stockholms Âllmanna Telefonaktiebolag) se fonda en 1883, à l'initiative de l'ingénieur H. -T. Cedergren^ — homme bien mérité du grand développement qu^ont atteint les téléphones en Suède. La nouvelle société fixa comme prix d'abonnement pour une ligne personnelle 100 couronnes pour toute la ville (prix qui serait porté à 125 quand le nombre des abonnés atteindrait le chififre de 1,500). On rendit possibles des prix encore inférieurs, en employant un commutateur automatique inventé par M. Cedergren et le constructeur L.-M. Ericsson^ qui permit à plusieurs abonnés voisins (jusqu'à 5) d'avoir la même ligne jusqu'au bureau central. Le prix fut alors abaissé à 80 couronnes. Au cours des années, ce prix diminua peu à peu jusqu'à son niveau actuel si peu élevé (voir ci-dessous). Les deux sociétés continuèrent de grandir jusqu'en 1885, époque où Stockholm devenait, tant au point de vue absolu que relatif, la ville du monde la plus riche en téléphones. Dès lors, le nombre des abonnés de la société Bell s'amoindrit de plus en plus, jusqu'à ce que, vers 1890, la Société générale eût acheté la plupart de ses actions, et qu'on eût transformé, en 1892, le réseau de la société Bell en un réseau local dans le quartier d'Ostermalm. En l'année 1898, à la fin de laquelle ses abonnés dans cette seule partie de la ville étaient déjà au nombre de plus de 2,500, la société Bell acheta les installations de l'autre société pour droit de conversation limitée, sises dans les autres parties de la ville, et elle semble aller maintenant à un avenir plein de promesses.
La Société générale continua de grandir rapidement. Déjà après six ans environ d'activité, elle comptait 5,000 abonnés, et était parvenue en même temps à réunir à la capitale, au moyen de lignes téléphoniques, douze villes de province, et avait en outre propagé le mouvement téléphonique dans deux villes de province plus reculées, SOderhamn (et les campagnes qui l'entourent) et JOnkôping. La société avait même médité de pousser des lignes de longue distance jusqu'à Gothembourg, MalmO et Sundsvall, mais sa demande à ce sujet, en 1888, essuya un refus de la part du gouvernement. Contre l'obtention, le 1®' mai 1891, d'une concession (voir ci-dessous), la société s'engagea à vendre à l'État toutes ses installations sises hors du territoire concédé, d'un rayon de 70 kilomètres, et de ne point exercer d'activité téléphonique en dehors de ce territoire.
Faiseau de fils téléphoniques {Société générale de Stockholm).
La société a, pendant toute son existence, suivi avec la plus grande attention, toutes les inventions et tous les perfectionnements concernant les téléphones et introduit les meilleurs dans son réseau téléphonique avec une rapidité digne d'éloges. Ainsi elle commença dès le printemps de 1884 (et probablement ce fut la première application faite en Europe) à employer les tables multiples, elle créa, dès 1888, dans une ville de province, des circuits doubles, et réinstalla pendant les années 1892/93 tout son immense réseau de Stockholm avec doubles fils. En 1889, la société demanda le droit d'établir dans les rues de la capitale des câbles souterrains, mais ce n'est qu'en 1895 qu'elle put commencer l'exécution de ce travail, qui, à l'heure actuelle, est achevé. On prévient ainsi en majeure partie les dégâts que, de temps à autre, les tourmentes de neige occasionnent sur le réseau surtout à Stockholm, où les faisceaux de fils ont été énormes. En 1891, on essaya d'introduire des abonnements de 10 couronnes par an, moyennant une taxe de 10 ôre par conversation demandée par l'appareil, mais cet essai tourna si défavorablement au point de vue économique qu'on dut y renoncer au bout de deux ans.
La société Bell, dont les abonnés correspondent gratuitement avec ceux de la Société générale, n'accepte, comme nous l'avons déjà dit, que des abonnés demeurant à Stockholm. Le prix de ses abonnements est de 36 couronnes pour les particuliers et de 45 couronnes pour les établissements commerciaux, avec, dans les deux cas, un droit d'entrée de 10 couronnes. Cette taxe annuelle