MOUVEMENT SYNDICAL, GRÈVES ET LOCK-OUTS
naiit pas de Tassistance publique a été fourni à la suite de Taccident, 3oit légalement, soit par mesure spéciale, soit par suite d'un engagement du patron, on diminuera d'autant la somme que le patron est légalement tenu de verser.
S'il se produit un accident ayant entraîné ou pouvant être considéré avec vraisemblance comme devant entraîner soit la mort soit un des dommages visés par la loi, le patron est tenu, sous peine d'amendes, de faire immédiatement une déclaration écrite à la police, en y joignant un certificat de médecin.
Le gouvernement peut donner à des établissements d'assurance qui présentent les garanties nécessaires et une organisation satisfaisante, l'autorisation de prendre à leur compte, au moyen d'une assurance, l'obligation de servir les dommages-intérêts, et en ce cas, le patron est dégagé de cette obligation, suivant la somme pour laquelle il s'est assuré.
On pourra saisir les tribunaux d'une demande en dommages-intérêts au bout des deux ans qui suivent l'accident, ou, en cas de mort, à partir du jour du décès.
S'il se produit un changement manifeste dans l'état de la victime, des modifications pourront être apportées à l'indemnité servie.
Si les biens de la partie tenue aux dommages-intérêts sont mis en faillite, il sera fait un partage pour les besoins de la rente viagère d'après le capital représenté par ladite rente, c'est-à-dire d'après la somme pour laquelle la dite rente peut être achetée dans un établissement d'assurance autorisé. S'il est question d'une rente viagère pour nn ouvrier endommagé, on devra dans le partage lui acheter une rente annuelle dans un établissement d'assurance autorisé, là où il s'en trouve.
Si une rente viagère exigible n'est pas remboursée dans un temps donné, ou si le patron abandonne son exploitation ou passe à l'étranger, ou bien si l'exploitation passe aux mains d'un autre patron, et si d'ailleurs celui qui a droit à la rente ne reçoit ni gage ni caution, la valeur de ladite rente en capital est exigible.
Ces derniers jours, ce projet aussi a été r^eté par le Riksdag.
Le Riksdag a réservé, depuis 1896, une somme annuelle de 1,400,000 couronnes pour l'assuranoe des ouvriers contre l'invalidité. Le fonds ainsi formé monte, à la fin de l'année courante, à environ 7*/4 millions de couronnes.
MouTement syndical^ grèves et lock-outs.
L'histoire du mouyement syndical en Snède est intimement liée à l'histoire du socialisme dans notre pays. En dehors des caisses de secours pour malades et autres associations d'assistance mutuelle, il n'y avait avant 1882 d'autres institutions ouvrières que ce qu'on appelait les c associations d'ouvriers», fonctionnant
dans quelques villes du royaume, composées d'éléments divers, avec on programme très vague, et dont le but principal était l'instruction du peuple, la distraction et le délassement, enfin le contact entre les différentes classes. Les ouvriers proprement dits y étaient en minorité, et le contingent principal était fourni par des patrons de petites industries.
Cependant, l'échec de plusieurs grèves à partir du milieu de la période de 1871/80 fit comprendre bientôt l'urgence de véritables syndicats ourriers. Les premiers syndicats firent leur apparition en 1882, et en 1885 ils étaient en pleine activité. C'est aussi vers cette date que le socialisme commença à gagner les syndicats, en particulier ceux de Stockholm. Un nombre de plus en plus consdérable de syndicats envoyèrent des délégués socialistes au € comité central des syndicats», et donnèrent leur adhésion au parti socialiste. Mais en même temps se produisirent d'autres groupements, par l'adhésion des syndicats locaux aux «communes ouvrières» (lesquelles étaient représentées, au nombre de 19, aa congrès des syndicats de 1898), et par l'adhésion des syndicats de même métier à l'association syndicale nationale.
Voici, dans ses grandes lignes, l'organisation actuelle des associations ouvrières. Au point de vue purement politique, la «commune ouvrière» est constituée par le groupement de syndicats particuliers dans un endroit; par l'intermédiaire de la commune, ces syndicats appartiennent au parti socialiste. Au point de vue technique, les syndicats constituent en général des «sections» de l'association nationale; l'ensemble des associations (plus les syndicats qui ne sont pas encore associés) est compris dans !'« organisation du pays».
La section verse à l'association des droits d'entrée et des cotisations périodiques pour chacun de ses membres. La direction des affaires de l'association est confiée à un comité; dans les endroits où il se trouve plusieurs sections, on peut aussi désigner un comité local. Les membres actifs du comité directeur sont des hommes de confiance (on les appelle aussi parfois «expéditionnaires»); plusieurs associations ont en outre un trésorier. L'autorité supérieure dans les affaires de l'association, c'est le congrès qui se réunit périodiquement. Lorsqu'une demande de modifications dans la situation des ouvriers a été approuvée par la direction de l'association et refusée ensuite par le patron, et qu'il s'ensuit une cessation du travail, les ouvriers prenant part à la grève reçoivent des secours sur les fonds de réserve de l'association. — Il y a aussi d'autres caisses de secours, par exemple pour frais de voyages, d'enterrements, etc.
Ii'« organisation du pays» (landsorganisation), fondée en 1898, a son organe exécutif dans le secrétariat, son autorité délibérativc inférieure dans ladél^ation, et son autorité supérieure dans le congrès. Un syndicat doit, dans les trois ans qui suivent son entrée dans l'organisation du pays, adhérer aussi au parti ouvrier socialiste, sans quoi il est considéré comme séparé de l'organisation générale.
Voici, à la date du 30 juin 1898, les nombres de membres des syndicats ci-dessous désignés:
Ouvriers.
Ateliers mécaniques... 7,900
Gros ouvrages 6,620
Industrie du bois 5,6«7
Transports 4,600
Maçons 4,534
Chantiers et scieries... 3,726
Typographes 2,518
TaiJ leurs de pierre ... 2,500
Peintres 2,485
Ouvriers.
Cordonniers
Tailleurs
Boulangera
Fondeurs
Industrie des tabacs..
Industrie textile
Ferblantiers et zin
gueurs
Terrassiers
Ouvriers.
Relieurs 532
Tonneliers 500
Usines de chimie industrielle 366
Usines métallurgiques... 341
Corroyeurs 225
Gantiers 190
Selliers et tapissiers .... 184
Le nombre total se montait donc à 53,006.