CARTES OFFICIELLES
Les mesures de base et les triangulations, de même que les déterminations astronomiques, constituent la base des mesures cartographiques. Les mesures de prédsion hypsométrique, en vue d'obtenir des points de repère et de contrôle sûrs pour les mesures en détail des hauteurs, continuent depuis 1885. Les chiffres de hauteur sont indiqués sur les cartes.
a) L* Atlas économique a spécialement pour but de donner une connaissance exacte de la surface du pays et de sa division au point de vue économique (champs, prairies, bois, etc). L'Atlas, inauguré en 1859, est, à proprement parler, la continuation de l'Atlas paroissial (Sockenkartverket), qui devait être dressé par le corps des arpenteurs géomètres. Il donne, quoique sur une plus petite échelle et avec moins de détails, un aperçu d'ensemble de ce que l'on trouve dans les cartes d'arpentage.
Pour la confection des cartes, il est dressé un canevas à l'échelle de 1 : 20,000, sur lequel on transporte les cartes géodésiques, que l'on combine à l'aide de points de triangulation. Quand ces cartes manquent, il est procédé à des mesures spéciales. La carte plane économique, complétée sur place et dont la description est publiée aux frais de l'État, est lithographiée si les sociétés d'économie rurale oa les conseils généraux, etc. allouent les fonds nécessaires à cet effet.
Le travail de l'Atlas économique a principalement été poursuivi jusqu'ici dans la Suède centrale, et les cartes à l'échelle de 1 : 50,000 (1 : 100,000 pour le Yermland septentrional) ont été publiées avec leurs descriptions. Il n'a paru que des descriptions pour le gouvernement de Skaraborg. Pour la région côtière dn gonvemement de Norrbotten, où une section spéciale de l'Atlas a travaillé, on a publié des cartes à 1:100,000 avec descriptions. Quant aux cartes économiquestopographiques, voir plus bas.
b) V Atlas topographique. En 1789, le corps des arpenteurs géomètres cessa de travailler à la confection de l'Atlas géographique du pays. Ce travail fut alors repris par un particulier, le conseiller des mines, baron S.-G. Hermelin, qui a tout particulièrement mérité du développement de la Laponie, et qui publia à ses frais (1797 — 1818) nu atlas gouvernemental complet de la Suède et de la Finlande, dont les planches furent ensuite achetées par l'État. Cependant il fut créé (en 1805), pour l'Atlas topographique, un corps spécial, celui des géomètres topographes (Fftltmâtningskâren), qui devint ensuite le corps topographiqne (Topografiska kâren), puis, à partir de 1874, la section topographique de l'état-major général (Generalstabens topografiska afdelning).
Les canevas, auxquels servent les cartes d'arpentage et les cartes économiques, sont dressés à l'échelle de 1 : 50,000, sauf dans les parties septentrionales du pays, pour lesquelles on se sert de l'échelle de 1 : 100,000. La carte de Suède de l'état-major est gravée sur cuivre, mais autographiée aussi sur pierre, pour la Suède du sud et la Suède centrale, en feuilles rectangulaires à l'échelle de 1 : 100,000, et pour la Suède septentrionale, en feuilles limitées par les méridiens et les parallèles à l'échelle de 1 : 200,000. Ces dernières cartes contiennent en outre des désignations économiques, et sont nommées par cette raison éoonomiques-topographiques. Ce sont principalement les parties méridionales et centrales du Norrland qui manquent encore à l'Atlas topographique.
Il a été publié quelques cartes gouvernementales à l'échelle de 1 : 200,000, mais ce travail, comprenant aussi des descriptions, ne sera pas continué.
On emploie de plus pour certaines cartes topographiques des échelles tant6t supérieures, tantôt inférieures à celles qui viennent d'être mentionnées.
Il a été publié en outre un nombre assez considérable d^ Atlas privés^ tels que ceux de A. Hahr, E.-G. Liunggren (Atlas des villes de Suède), N. Selander, E. Cohrs, etc.
C) Cartes géologiques. Il a été dressé naturellement de longue date des cartes minières en Suède (on en possède une des mines de cuivre de Falun, dessinée en 1629), mais les cartes pétrographiques les plus anciennes du pays ne remontent quau commencement du siècle présent.
Il fut créé, en 1858, un service spécial, le Bureau géologique de la Suède (Sveriges geologiska undersôkning), avec la mission d'entreprendre, suivant un plan général, des explorations géologiques dans l'intérêt de la science, de l'agriculture et de l'industrie, et d'en publier les résultats au moyen de cartes avec leurs descriptions. La carte géologique reproduit en couleurs différentes tout ce qui se voit à la surface du sol, et par suite non-seulement les différentes roches, mais aussi les couches meubles. C'est donc une carte plane (sans terrain), mais il a été récemment prescrit que certaines parties du pays seraient reproduites sur des cartes topographiques, et qu'il serait dressé des cartes pétrographiques spéciales.
On emploie comme canevaô des explorations géologiques sur les lieux, des copies des cartes topographiques ou économiques à l'échelle de 1 : 50,000. Il a été publié à cette échelle des cartes de toute la vallée du lac Mâlaren et de ses environs, de la majeure partie de la Scanie et de parties considérables du gouvernement d'Elfsborg. On a aussi utilisé dans le même but des cartes topographiques à 1 : 100,000, réduites toutefois comme cartes géologiques à 1 : 200,000, savoir de la majeure partie du Smâland, de presque tout le Halland et de la partie méridionale du gouvernement d'Elfsborg. C'est ordonné d'abandonner peu à peu la publication des cartes géologiques à ces échelles et d'appliquer l'échelle de 1 : 100,000 aux cartes des terrains meubles et celle de 1 : 200,000 aux cartes pétrographiques. Le Bureau géologique publie en outre des cartes à d'autres échelles, ainsi que des mémoires de diverse nature. Toutes les cartes sont reproduites lithographiquement.
D) Cartes nautiques. En 1756, l'État suédois commença à s'occuper de la confection de cartes nautiques sûres, et il fut publié, pendant le reste du même siècle, quantité de cartes côtières du pays. De 1797 à 1848, les levers hydrographiques se faisaient par les soins et aux frais de l'Etat; les cartes étaient publiées par les particuliers. Il fut enfin établi en 1849 un service relevant du Département de la marine, lequel fut désigné, à partir de 1871, sous le nom de Bureau des cartes nautiques (Sjôkarteverket), et les planches en cuivre qui existaient déjà furent achetées par l'Etat.
Les cartes (gravées sur cuivre), publiées par le Bureau des cartes nautiques, sont des cartes de passes aux échelles de 1 : 300,000 et de 1 -. 550,000, ainsi que
LES FINANCES DB l'ÉTAT. 185
des cartes côtières aux échelles de 1 : 200,000 et de 1 : 250,000 (les cartes de ces deux catégories sont dressées d'après la projection croissante ou la projection de Mercator), et enfin des cartes spéciales à 1 : 50,000 et à 1 : 100,000 (projection à section conique). Les cartes nautiques suédoises comprennent la Baltique, le Kattegat, le Skagerack et les grands lacs intérieurs. Le Bureau des cartes nautiques publie en outre un manuel de navigation intitulé le Pilote suédois (Svenske lotsen).
Les finances de l'État
Le système financier suédois offre cette particularité, que la gestion de la dette publique est confiée à une administration spéciale, le Biksgdldskontoret ou Bureau de la dette publique, lequel relève, non du gouvernement, mais exclusivement du Riksdag. Originairement, le Bureau de la dette publique avait aussi dans son ressort Tadministration d'une partie des recettes de FEtat et le payement de certaines dépenses. Cette obligation a cessé en 1874. L'administration des recettes et des dépenses de l'État (la dette exclue) est dévolue au Statskontoret (la Trésorerie).
Une autre particularité que présente notre budget, c'est qu'un grand nombre des dépenses militaires n'y ont pas jusqu'ici été inscrites, par la raison qu'elles ont été payées en nature par les propriétaires de certaines catégories de terre (le système dit indelta; voir sous la division consacrée à l'armée). Cette obligation fut sensiblement réduite en 1885, et pour le restant l'Etat paye, depuis 1893, une indemnité progressive, qui en 1904 aura atteint la valeur totale des prestations. Ainsi l'État inscrit successivement ces dépenses dans son budget, ce qui explique en partie leur forte croissance dans le courant des dernières années, en elles-mêmes aussi bien qu'à proportion du total du budget.
Le tableau 29 ci-dessous donne, en tant qu'elles sont inscrites au budget, le montant total des dépenses de l'État suédois pendant la période de 1866/95 et pour l'année 1898.
Dans le budget on distingue les crédits ordinaires et les crédits extraordinaires. Les premiers, qui sont fixes et qui courent d'année en année, sont censés ne pas pouvoir être modifiés ni abolis sans le consentement du gouvernement, ce qui toutefois n'est pas clairement indiqué dans la constitution. — La majeure partie des crédits de l'État sont répartis en neuf titres principaux (hufviidtitlar) ou chapitres, dont le premier comprend la liste civile et le neuvième le service des pensions. Les 7 autres correspondent chacun à l'un des sept ministères ou départements de l'État. Les dépenses qui sont servies par le Bureau de la dette publique, sont toutefois portées en dehors de la ligne de compte des »titres» (utom hufvudtitlarna). Il en est de même d'un certain nombre d'allocations de nature plus ou moins fortuite. Pour plus de détails, comparer le tableau 30 ci-dessous, avec les remarques qui y sont annexées.
186 III. LA CONSTITUTION ET l' ADMINISTRATION DB LA SUÈDE.
Tabl. 29. Dépenses de VÉtat, en 1866/95 et en 1898,^
Moyennes des années.
Population moyenne.
Total des dépenses de
l'État.
Couronnes.
Par
habitant.
Cour.
Dépenses de TÉtat. Couronnes.
Défanse nationale. 2
Dette publique. '
Autres dépenses. « .
4,iHrK(Xî(>
4,r>(.KijKM,i 4,(:o:)Xkh>
4,7JJJM()
4,K{iMKK?
En 1898
Les recettes de TÉtat se répartissent, de même que les dépenses, en recettes ordinaires et en recettes extraordinaires. Les premières sont censées ne pas pouvoir être modifiées sans le consentement du gouvernement. Les recettes ordinaires étaient jadis les plus importantes. Actuellement, elles ne comportent qu'environ 20 % du budget.
Le tableau 31, p. 188, donne le montant des titres de recettes les plus importants.
A) Parmi les recettes ordinaires, les plus considérables sont celles des revenus des domaines et des autres propriétés de l'État. La plupart des terres de l'État sont affermées et donnent les recettes de fermages indiquées dans le tableau. Les forêts sont par contre administrées par rÉtat même et pour son compte. Il en est de même des chemins de fer, des télégraphes et des téléphones, dont les revenus sont aussi compris dans les recettes ordinaires, ce qui n'est pas le cas des recettes postales. Les recettes des phares et feux appartiennent aussi à la catégorie des revenus ordinaires.
L'augmentation considérable des recettes des fermages entre les années 1870 et 1880, est due à la circonstance qu'un grand nombre des employés de l'État reçurent des appointements en espèces en compensation de leurs résidences antérieures, et que ces dernières furent affermées pour le compte de l'État. La diminution que depuis lors on a constaté dans ce groupe de recettes, est due en partie à la réduction du montant des fermages par suite de la Tente d'une
^ D'après les comptes (non les projets de badget). Pendant les années 1869/78, les frais d'exploitation des chemins de fer étaient aussi compris dans les dépenses de TÉtat, de même que, dans les années 1866/76, les crédits pour de nouvelles voies ferrées dûs à des emprunts. Afin de permettre une comparaison avec les périodes plus récentes, ces postes ont été défalqués dans le tableau. Par contre, dans le même but, on a ajouté, ponr les années 18^J6/71, les dépenses du service des télégraphes, et pour la période de 1866/76, les dépenses du Riksg&ldskontoret pour la dette de l'État. On a cru pouvoir omettre certains autres cas, peu remarquables, de manque de correspondance. — ' Dépenses du département de la guerre et de celui de la marine, qui comprennent aussi de petites allocations à des buts non militaires (p. ex. le service du pilotage), mais où par contre n'est pas compris le service des pensions militaires. Comme le montre le texte ci-dessus, l'augmentation considérable des dernières années est en partie apparente. — ' Dépenses pour le service des intérêts et des amortissements, déduction faite des intérêts rapportés, ,qai s'élèvent à présent à plus de 3 millions de couronnes par an, bien des emprunts de l'État ayant été afifectés à des prêts en faveur de compagnies de chemins de fer privés. — * Y compris des réserves en faveur de certains fonds.
Tabl. 30.