‹ La SuèdeChapitre 65 sur 361 · ans · texte numérisé non relu

ans

I5ô/fô . ...

Total

En 1894, les 6*36 ^ de la population au-dessous de quinze ans étaient à la charge de l'assistance publique; étaient encore à sa charge: les 2*26 % des hommes non mariés, les 4*5 o ^ des femmes non mariées, les 2*91 % des hommes mariés, les 3'02 % des femmes mariées, les 13*5 1 % des veufs, et pas moins de 23*11 ^, autrement dit près du quart, des veuves. Ces chiffres portent sur tous les assistés pris en bloc, y compris ceux qui n*ont bénéficié que d'une assistance partielle on occasionnelle. Quant aux personnes assistées complètement^ elles ont fait en 1885 Tobjet d'une enquête spéciale, dont le tableau 40 nous donne quelques résultats. D'après cette enquête, les enfants illégitimes étaient assistés dans la proportion de 4*79 % au moins (sans compter tous ceux qui recevaient des secours partiels); pour les enfants légitimes, la proportion était seulement de 0*64 K. Le fait d'avoir un domicile fixe, si humble qu'il soit, a toujours diminué la fréquence des appels à l'assistance publique. — Il faut noter que les chiffres Qomiés dans le tableau 40 sont incontestablement un peu trop faibles. En 1897, le nombre des personnes assistées complètement s'élevait à 72,298. Le nombre des assistés mis en pension était de 32,802 (dont les trois quarts étaient des enfants); dans les refuges et des maisons analogues on assistait 45,136 pauvres, et dans les hôpitaux 6,764; on en secourait 160,846 à leur domicile.

B) La bienfaisance privée est très développée, et dispose, entre autres, de dotations assez considérables, qui, pour 1895, montaient à 82 millions de couronnes environ. Une grande partie de ces fonds sont pourtant gérés par des autorités communales. Dans ce cas, les secours distribués sont peut-être, en partie au moins, inclus dans les chiffres donnés ci-dessus pour l'assistance publique.

La bienfaisance privée a, en Suède, peu de rapport avec le système des aumônes si répandu au midi de l'Europe. Pourtant il va sans dire que des secours sont assez fréquemment donnés sans qu'on ait des renseignements précis sur la nécessité de les donner, ni sur la manière dont la personne secourue en profitera. Dans ces dernières années, on a pris à tache de faire entrer la bienfaisance dans des voies plus saines, ce qui est surtout le but de l'association formée à Stockholm sur un modèle anglais, nous voulons parler de la Société pour l'organisation de la bienfaisance.

240 in. LA CONSTITUTION ET l' ADMINISTRATION DB LA SUÈDE.

La Soeiété pour l'organisation de la bienfaisance (Fôreningen fôr YâlgOrenhetens Ordnande) appelée d'ordinaire, dans le langage familier aussi bien qu'en écrivant, F. V. 0., a pour but, sans considération d'opinions religieuses ou politiques, de tâcher d'organiser, dans la capitale, un travail commun entre les personnes charitables, les institutions ou associations bienfaisantes privées et l'assistance publique. On vise donc à combattre la mendicité, à réunir et à organiser toutes les forces existantes pour arriver ainsi à améliorer, d'une manière constante, la position des nécessiteux par l'union systématique de ces forces. Tous ceux qui s'intéressent à une telle œuvre et qui veulent bien y participer, ont leur rendezvous au Bureau central de la Société, où peuvent s'adresser aussi les nécessiteux. Les membres de la Société y renvoient également ceux des solliciteurs qu'ils ne connaissent pas, pour être renseignés sur leur compte.

Le Bureau central est assisté par des personnes qui vont visiter les nécessiteux dans leurs domiciles et se rendent compte de leur situation. Par lenrs relations continuelles avec les nécessiteux eux-mêmes, avec les propriétaires des maisons, avec les industriels, etc., ces «visiteurs» sont mis en état de donner des renseignements sur la véritable situation de chaque individu. Les visiteurs donnent au Bureau sur chaque solliciteur un rapport écrit très détaillé, offrant ainsi un moyen de se former une idée de ce qu'on pourra et devra faire.

C'est devant un comité permanent, élu parmi les représentants de l'assistance publique de la ville, les différentes associations bienfaisantes et d'autres personnes qui s'intéressent activement aux pauvres, qu'on donne lecture de chaque rapport de ce genre ainsi que de la demande, — ces deux documents formant un niossier», — après quoi le comité décide sur les mesures qu'il conviendra de prendre.

£n principe, le Bureau central n'est pas fait pour donner des subsides, mais seulement pour faire des enquêtes et organiser un travail commun entre tous ceux qui peuvent intervenir dans un cas donné; souvent le public se sert cependant du Bureau comme intermédiaire pour la distribution des secours mêmes.

Une caisse spéciale est mise à part pour donner de petits prêts à des nécessiteux, si on le juge convenable. De même on prête des outils de travail tels que des machines à coudre, etc. Il y a encore une section de travail pour fournir aux femmes et aux hommes du travail dans le cas où, pour une cause ou pour une autre, ils ne peuvent en avoir dans le domaine ordinaire de l'industrie.

Il y a aussi un asile d'enfants, où l'on entretient et soigne pendant quelque temps des enfants de familles pauvres, dans les cas où les mères pour une cause quelconque n'y peuvent suffire elles-mêmes.

Par des brochures, des réunions et des conférences, la Société cherche à faire connaître tout ce qui peut être utile à une assistance systématique et rationnelle.

La Société F. V. 0. fut fondée en 1889. Le nombre de ses membres est actuellement de 2,200. Au Bureau central, qui fut ouvert en 1890, 12 personnes ont tous les jours un travail assidu, parmi lesquelles il n'y en a qu'une d'appointée, sans compter le garçon de bureau.

Les registres du Bureau comptent maintenant 10,400 c dossiers», où l'on trouve des renseignements sur presque 50,000 individus. La direction dispose, pour certains buts déterminés, de fonds dont la somme monte à 400,000 couronnes environ.

Le Bureau central, comme intermédiaire, a distribué 330,000 couronnes de subventions et a payé à peu près 100,000 couronnes de salaires ouvriers.

Une espèce particulière de bienfaisance est celle exercée à Stockholm par la «Soeiété de secours pour les malades pauvres à domicile» (Fôreningen fOr sjukvârd i fattiga hem), fondée en 1888 dans la paroisse d'Adolphe-Frédéric, mais exerçant aussi son acti\ité dans celle de Saint Jean, ainsi que par la cSociété de secours pour les malades dans la paroisse de Kungsholmen» (Kungsholms sjuk-

Page 1