ADMINISTRATION AUTONOME DB8 GOUVERNEMENTS
yârdsfdrening), créée en 1893 sur le modèle de la première. Par les infirmières qu'elles entretiennent à leurs frais, ces sociétés facilitent et complètent, à un degré éminent, les soins que les médecins de quartier sont à même de donner aux malades pauvres. Les infirmières doivent non-seulement soigner les malades chez eux, mais encore leur, fournir des secours en aliments, boissons, linge, bains, etc., et enfin soigner ches elles les affections externes. Les secours donnés visent exclusivement au rétablissement des malades, et toute distribution d'aumônes est interdite. Les dépenses des sociétés devaient, dans l'esprit de ses fondateurs, être couvertes par les cotisations annuelles des membres et par des dons volontaires en argent et en nature, mais l'activité de ces sociétés a été si appréciée qu'elles jouissent de subventions de la ville, et qu'elles ont même reçu des donations privées. 11 s'est récemment formé des sociétés semblables dans les paroisses de Sainte Marie et d'Ostermalm.
Notons enfin sur ce point la maison des orphelins à Stockholm, qui est la plus moderne, la plus propre et une des plus grandes du monde.
Administration antonome des gonvernements (Iftn).
L'assemblée représentative de chaque gouvernement s'appelle landsting (conseil général). Le gouvernement peut être divisé par le roi en plusieurs circonscriptions de conseils généraux; mais ce cas ne s'est produit que pour le gouvernement de Kalmar, qui a deux landsting.
Les villes qui comptent une population supérieure au 1 50™® de la population totale de la Suède, ne sont pas représentées au conseil général; dans ces villes, œ sont les conseillers municipaux qui font les fonctions de conseillers généraux. Cela a lieu à Stockholm, à Gotbembourg, à MalmO et à Norrkôping, et aussi à Gefie, mais dans cette dernière ville par suite d'une stipulation ancienne, en vertu duquel il suffisait de 25,000 habitants pour être en dehors du landsting.
Le nombre des conseillers généraux varie entre 22 et 91, et est en moyenne de 48. Ils sont élus d'une façon différente dans les campagnes et dans les villes: dans les villes, il y en a un pour chaque nombre complet de 2,500 habitants; à la campagne, un pour chaque nombre complet de 5,000 habitants dans chaque canton. Dans les villes, le choix est fait par les conseillers municipaux, lorsqu'il y en a, et dans le cas contraire par l'assemblée communale (allmânna râdstugan); dans les campagnes, l'élection est en général à deux degrés, les électeurs étant nommés par l'assemblée communale (kommunalstâmman). Pour être éligible au landsting, il faut avoir 25 ans accomplis, être domicilié
Tabl. 41. Recettes et dépenses des conseils généraux {landsting)»
Moyennes des
Recettes, en couronnes.
Dépenses, en couronnes.
années.
Ck}ntribatIon8.
Antres.
Total.
Hygiène.
Antrea.
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1886/SK)
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U Sttède.
Survint une réaction en faveur du catholicisme sons le règne du demi-catholique Jean III et sous le règne du catholique pur Sigismond; mais cette réaction n'eut d'autre résultat que d'amener le triomphe complet du protestantisme, sous l'impulsion du duc Charles (plus tard le roi Charles IX); par le St/node d^Uppsala (1593) le clergé et le peuple de la Suède adhérèrent comme un seul homme à la confession d'Augsbourg. De ces luttes, le peuple suédois sortit avec une ardeur et un enthousiasme juvéniles pour l'Évangile de Dieu, et c'est cette foi ardente qui lui donna, malgré sa faiblesse numérique .et sa pauvreté, la force de vaincre sous Gustave- Adolphe sur la puissante ligue de la réaction catholique, de défendre l'œuvre de Luther dans la patrie même de Luther, et de sauver le bien le plus précieux de l'humanité: exploit qui peut soutenir la comparaison avec les hauts faits les plus fameux de l'histoire.
D'une façon générale, le 17™® siècle est Ibl période d^ apogée de V Eglise suédoise; ses noms les plus illustres sont à cette époque les évêques Rud" beckius, Spegel et Svedberg (ce dernier fut le père d'EmanueJ Svedenborg). La constitution ecclésiastique de 1686 donna à l'Église suédoise l'organisation qu'elle a encore conservé de nos jours dans ses grandes lignes. Cependant, une orthodoxie luthérienne étroite finit par prédominer, et l'enthousiasme d'autrefois se ralentit. Vers la fin de ce siècle, l'Église eut à lutter contre la pénétration du piétisme en Suède: à partir de 1694 elle promulgue des édits, engage des poursuites judiciaires; enfin Védit de 1726 contre les réunions religieuses interdit, sous peine d'amende, de prison ou d'exil, toutes réunions autres que les offices publics et la prière en famille. Devenue trop séculière et en quelque sorte figée, l'Église officielle fut impuissante contre «la néologie» du 18™" siècle. Dans notre siècle, l'esprit religieux s'est réveillé de nouveau en Suède, et ce réveil a suscité une activité plus grande que jamais, mais a amené aussi des dissidences profondes. La religion a perdu son intolérance rigide d'autrefois, et la constitution ecclésiastique a pris des formes plus modernes, tout en maintenant dans certains cas une situation privilégiée aux membres de l'Église d'État.
Statue d'Olaus Pétri, à Stockholm.
Constitntion de l'Église. La loi de 1686 est encore en vigueur, mais elle a subi des modifications essentielles. Le chef suprême de l'Eglise est le Roi, à qui les affaires ecclésiastiques sont soumises par le ministre des cultes. Pour tout ce qui touche à la constitution de l'Église, il faut l'accord du Roi, du Riksdag et du Synode. Le Synode, organisé en 1863, a remplacé l'ancien système, qui faisait du clergé un des quatre ordres représentés au Riksdag. Il se compose de 30 membres ecclésiastiques, dont les 12 évêques et le cpastor primarius» de Stockholm, lesquels sont membres de droit; il contient de plus 30 délégués laïques, élus en vertu du suffrage à deux degrés par des collèges électoraux très numériques. Le synode se réunit tous les cinq ans; sa dernière session eut lieu en 1898.
l'église suédoise.
Au point de vue de Y administration ecclésiastique, la Suède est partagée en 12 dio-' cèses, divisés en 186 prévôtés ayant chacune à leur tête un prévôt Le nombre des cures est de 1,390, dont une partie comprennent plusieurs paroisses, de sorte que le nombre total des petroisses est de 2,551. A la tête de chaque diocèse est un évêque, entouré d'un chapitre, qu'on appelle aussi consistoire, li^évêque est choisi par le roi parmi les trois candidats à qui le vote du consistoire et des prêtres du diocèse a donné le plus grand nombre de voix; il ne peut être destitué qu'après jugement rendu par la cour compétente. Le diocèse
d'Uppsala a à sa tête un archevêque^ qui est à considérer comme primus inter pares. Le droit de statuer n'appartient pas en propre à l' évêque: il le partage avec les autres membres du chapitre. On peut appeler des décisions de l'évêque ou du chapitre aux cours d'appel et au roi.
Les chapitres ou consistoires sont composés du pasteur de la principale paroisse de la ville métropolitaine (domprost), et aussi de la plupart des professeurs de lycée de ladite ville; dans les villes universitaires on prend à leur place les professeurs de la faculté de théologie. La ville de Stockholm, bien qu'elle appartienne en fait au diocèse archiépiscopal d'Uppsala, possède cependant un consistoire spécial, composé des pasteurs de la ville, parmi lesquels celui de la paroisse de Storkyrkan a le titre de «pastor primarius»; Stockholm a en outre ce qu'on appelle le consistoire de la cour, pour les paroisses de la cour et de la garnison.
Les jeunes Suédois qui se destinent à la carrière ecclésiastique, après avoir passé leur baccalauréat, sont formés dans les deux universités dTIppsala et de Lund, où ils font des études assez longues (environ cinq ans); ces études comprennent aussi, dans une certaine mesure,
Intérieur de Véglise de Vadstena.
des sciences autres que la théologie. Les pasteurs provisoires sont envoyés par les chapitres épiscopaux à titre d'adjoints dans les paroisses où on a besoin de leur aide. Les pasteurs en titre se divisent en deux catégories: les pasteurs proprement dits (kyrkoherdar), un par cure, et les €Coinministres^y qui sont en réalité des vicaires à poste fixe, placés surtout dans les grandes cures ou dans celles qui comprennent plusieurs paroisses.
Quant au mode de nomination^ les cures ont été de tout temps divisées en trois catégories: a) les cures royales (au nombre d'environ 500), dont le pasteur est nommé par le roi, mais après un vote de la paroisse, lequel est d'ordinaire respecté; b) les cures consistorielles (environ 700): le consistoire y nomme celui qui a obtenu dans l'élection paroissiale la pluralité des voix; c) les cures patronales (de 80 à 90), dont le pasteur est nommé par le «patron» de la paroisse. Quant aux cures qui ne rentrent pas dans ces trois catégories, on compte 33 prébendes (leur nombre diminue peu à peu); les autres sont soumises à des réglementations spéciales. Les comministres sont nommés suivant le second système (b), excepté dans le cas où il s'agit d'un office patronal. — Les élections des pasteurs présentent certaines particularités. Sont éligibles en première ligne les trois candidats présentés par le chapitre (parmi les concurrents, qui doivent toujours être du diocèse); si la paroisse veut choisir un autre pasteur, on exige une majorité spécifiée. Dans ces élections, le droit de vote dépend dans une certaine mesure du chiffre des impôts payés par les électeurs, de telle sorte qu'une personne peut avoir droit à plusieurs voix. Même les femmes ont dans certains cas le droit de voter.
Le traitement du clergé est, en règle générale, fourni par les paroisses et calculé d'après des bases déterminées. Le montant de ces traitements est extrêmement variable. D'après une enquête faite en 1886, 1,352 pasteurs avaient un revenu moyen de 3,522 couronnes, sans compter le presbytère, estimé à une valeur moyenne de 33,758 couronnes; les 912 comministres gagnaient en moyenne 1,486 couronnes, en dehors du presbytère estimé à 9,685 couronnes par tête. La valeur des habitations du clergé, y compris les évêchés, est évaluée à 56*5 8 millions de couronnes, et le traitement en espèces à 6*36 millions de couronnes. Il paraîtra prochainement une nouvelle réglementation des traitements du clergé. — Le traitement de Varc/ievêque est offfciellement calculé à 16,000 couronnes et ceux des évêqufs à des sommes variant entre 10,000 et 15,000; mais en réalité les traitements sont d'ordinaire beaucoup plus élevés. Les pasteurs suédois n'ont aucun droit à une pension de retraite: ce droit est réservé à leurs veuves et à leurs enfants. C'est pourquoi les pasteurs qui vieillissent se font aider par de jeunes vicaires qu'ils reçoivent dans leur maison et payent de leurs deniers.
La commune ecclésiastique (paroisse) arriva de bonne heure en Suède à former aussi la base de la commune politique. Nulle part dans les pays de religion luthérienne, l'influence des paroissiens sur les affaires de rÉglise n'est plus profonde ni plus ancienne qu'en Suède. Les questions relatives à l'Eglise et au clergé sont réglées dans les assemblées paroissiales: là, sous la présidence du pasteur, quiconque est électeur dans la commune civile, homme, femme ou personne civile appartenant à l'Eglise suédoise, possède aussi le droit de vote; mais ce droit est gradué suivant les impôts que chacun paye (voir l'Administration communale ci-dessus). L'assemblée paroissiale délègue pour quatre ans un conseil de fabrique et un conseil scolaire, tous les deux sous la pré-
l'église suédoise.
gidence du pasteur. Le conseil de fabrique s'occupe des affaires de rÉglise, gère une partie des fonds de la paroisse, et exerce une certaine discipline ecclésiastique. Ce qu'il y a de particulier à la Suède, c'est cette union étroite qui existe entre l'Eglise et l'école; ajoutons que si la Suède possède une instruction populaire si avancée, elle le doit en grande partie aux efforts du clergé.
La cathédrale de Lund.
Elle le doit aussi pour une bonne part à l'instruction religieuse à domicile, institution qui n'a pas d'équivalent dans les autres pays. Déjà la loi de 1686 enjoint aux pasteurs de ne pas se contenter de l'explication du catéchisme ni des examens à l'église, mais de visiter leurs paroissiens chez eux, l'un après l'autre, afin de juger de leur degré d'instruction religieuse. Au 18™® siècle on régla d'une façon plus précise ces devoirs mutuels des pasteurs et des paroissiens. Aujourd'hui, les pasteurs font cet examen dans les grandes sections de la paroisse, chaque section étant examinée en une fois. Cependant, cet usage a presque cessé dans les villes.
Depuis deux siècles au moins, les pasteurs tiennent en Suède des registres de la population (entre autres les listes qui servent de base à la démographie suédoise si admirée). Ces listes profitent en partie à l'Église, mais en partie aussi à l'administration du royaume. Ce service, qui se fait sans rémunération spéciale, est assez onéreux dans les paroisses importantes.
Une paroisse rurale en Suède a une étendue moyenne de 190 kilomètres carrés: environ 1,000 km.c. dans les six gouvernements septentrionaux, et environ 75 km.c. seulement dans le reste de la Suède. Dans le nord de la Suède, les paroisses atteignent souvent une étendue extraordinaire. La paroisse de Gellivare,
248 III. LA CONSTITUTION ET l' ADMINISTRATION DE LA SUÈDE.
célèbre pour ses mines, couvre 17,000 km. carr., c'est-à-dire un espace plus grand que tout le royaume de Saxe. La moyenne de la population est d'environ 1,700 âmes dans les paroisses rurales, mais les paroisses urbaines ont une moyenne snpérieure à 9,000 âmes. Le nombre total des prêtres en Suède est de 2,800, soit 1 pour 1,800 habitants.
Les dépenses des communes pour l'Église et le clergé se sont élevées, pendant les années 1876/80, à la somme de 9*03 millions de couronnes par an, et pendant les années 1891/95, à la somme de 10*63 millions; soit par habitant 2'oi cour, dans la première période et 2*2o dans la seconde (voir le tabl. 38 à la page 234). La valeur des églises est estimée à 93'0 7 millions de couronnes.
Le changement le plus important que notre siècle ait apporté k la constitution de l'Eglise suédoise, c'est l'introduction du principe de la liberté religieuse.
U est vrai que les étrangers de religion réformée depuis 1741, les autres chrétiens depuis 1781, les juifs depuis 1782 avaient droit au libre exercice de leur religion en Suède. Mais malgré les termes de la constitution, qui déclare que «le roi ne doit contraindre ni laisser contraindre la conscience d'aucun sujet, mais au contraire protéger chacun dans le libre exercice de sa religion, dans la mesure où ce libre exercice ne porte pas atteinte à la tranquillité publique et n'est pas un objet de scandale», les vieilles dispositions restrictives étaient maintenues contre les citoyens suédois nés en Suède, et les autorités les appliquaient de temps à autre, faisant baptiser de force les enfants de parents réfractaires, faisant poursuivre et punir les personnes qui renonçaient à la doctrine de l'Église d'État, ou qui prenaient part à des réunions secrètes, ^abrogation du décret de 1726 sur les réunions^ en 1868, marque un point nouveau. Dès lors, le lien paroissial s'est relâché, les citoyens suédois ont eu le droit de sortir de l'Église d'État, de former des sociétés chrétiennes particulières avec cérémonies publiques et instruction religieuse spéciale, le mariage civil a été autorisé dans certains cas, une liberté plus grande a été laissée aux citoyens en ce qui concerne le baptême, la confirmation, la communion, etc. Aujourd'hui on peut dire qu'une liberté religieuse très étendue règne de fait. Énumérons cependant les restrictions les plus importantes qu'elle subit encore: 1°) le roi, les conseillers d'État et les professeurs chargés de l'instruction religieuse dans les écoles de l'État doivent faire profession de luthérianisme; 2°) on ne peut pas fonder de couvents; 3°) la pratique publique d'une religion païenne est interdite; 4^) il n'est pas permis de sortir de l'Église suédoise sans l'intention déclarée d'entrer dans une autre communion chrétienne; 5°) même les dissidents doivent contribuer à l'entretien de l'Église suédoise, considérée comme un instrument d'éducation et d'instruction entre les mains de l'État, comme une institution dont les fonctionnaires ont aussi des devoirs purement laïques.
Doctrine et culte. La «pure doctrine évangélique» dont se réclame l'Église suédoise, est définie dans la constitution de la Suède: «conforme à la doctrine qui a été acceptée et exposée dans la confession d'Augsbourg, et dans les décisions du synode d'Uppsala de 1593.» La loi ecclésiastique de 1686 invoque encore le Livre de Concorde tout entier comme explication de la doctrine; et le synode de 1893 a repoussé par 30 voix contre 28 le projet présenté par le roi et approuvé par le Riksdag de modifier la stipulation de la loi ecclésiastique pour la mettre d'accord avec celle de la constitution.
l'éqlise suédoise.
Le manuel liturgique de 1811 a été remplacé en 1894 par un nouvean manuel qui conserre plus fidèlement la tradition luthérienne. En même t^mps, la musique de la messe a reçu une forme plus riche et plus variée.
Deux nouvelles >années> de textes de sermons ont été décrétées en 1860 en plus des vieilles séries annuelles. Le livre de psaumes de 1819, œuvre du grand poète religieux J.-O. Wallin, est encore en usage. La Bible de notre Église est toujours la c Bible de Charles XII» (1703). Mais en 1773 a été instituée une Commission de la Bible, qui a présenté à différentes reprises de nouvelles traductions. C'est seulement en 1883 qu'on adopta, — mais non pas définitivement, — mie traduction nouvelle du Nouveau Testament On soumit au synode de 1898 une traduction de l'Ancien Testament qui fut presque unanimement approuvée:
cependant on trouva qu'elle avait b^in de quelques retouches, et on décida aussi la révision du Nouveau Testament.
Dans le dernier quart de ce siècle, le réveil de l'esprit religieux (joint à celui de l'histoire et du goût artistique) a amené d'importantes restaurations, — en particulier des restaurations de cathédrales, — et de nouvelles constructions religieuses. De même, par l'emploi de plus belles parures d'autel et d'autres ornements d'église, par l'organisation d'offices liturgiques, par des mesures prises pour rehausser la valeur du chant dans les églises, on a cherché à réveiller l'attention du public, travaillé par le calvinisme ou endormi dans l'indifférence, et à attirer son attention sur la richesse et sur la beauté des cérémonies luthériennes: en même temps, par des lectures de la Bible, par des offices de missions et par des offices pour les enfants, on répondait à d'autres besoins légitimes. Néanmoins l'intérêt religieux, pour une très grande part, se tourne toujours plus ou moins du côté des sectes. D'après les calculs de M. V. Rdkdgren, on peut estimer k 20 % environ de la population la proportion des fidèles qui assistent régulièrement aux offices de la religion d'État, et le même auteur estime que parmi ceux qui ont fait leur première communion, il n'y a pas beaucoup plus de la moitié qui restent rattachés à l'Église par ce sacrement.
Parmi les associations religieuses orthodoxes que la Suède compte de nos jours, on peut citer: Pro Jide et christianismo, association qui existe depuis 1771,
L'église de Saint Jean, à Stockholm.
et qui a exercé une importante action littéraire et pédagogique; la Société bibliifiie suédoise, qui depuis 1815 a répandu des Bibles et des Évangiles à plus d'un million d'exemplaires. En ce qui concerne les missions élrangères, la Suède en a fait un commencement plus tôt que les autres nations protestantes, par l'œuvre de l'cvangélisation des Lapons au 16™« siècle, par celle des Indiens de l'Amérique du Nord au 17™® siècle. De nos jours encore, elle déploie une activité remarquable, et plusieurs associations, aussi bien dans l'Église d'État que parmi les dissidents, travaillent pour le service des missions. — Le mouvement bien conna qui a donné naissance aux Unions chrétiennes de jeunes gens, a aussi trouvé en Suède un terrain favorable. Il faut encore mentionner Vinstitution des Diaconesses qui a son centre dans l'établissement d'Ersta à Stockholm.
Le nombre des dissidents qui sont sortis légalement de l'Eglise suédoise, ou qui n'en ont pas fait partie, est insignifiant, mais il est assez difficile de l'évaluer exactement. Il y a peutêtre une centaine de calvinistes, à peu près deux fois autant d'an^licans, environ 300 catholiques apostoliques, à peu près 1,500 catholiques romains, 3,400 juifs, etc. Les sectes protestantes, en particulier les baptistes et les méthodistes, comptent ensemble quelques dizaines de mille adhérents (respectivement 40,000 et 20,000), mais la grande majorité des baptistes du moins appartiennent encore de nom à l'Église suédoise. Il en est ainsi encore de ceux qui suivent le mouvement organisé en Suède par M. P.-P. Waldenstrôm (sous le titre de: Ligue suédoise des missions), et qui sont au nombre de 75,000 au moins.
Une doctrine religieuse, qui ne compte pas un très grand nombre d'adhérents, mais qui pour les Suédois présente cet intérêt particulier d'être née dans le pays, c'est la Nouvelle Église^ fondée par le célèbre Emanuel Soedenborg, né à
E manuel Svedenborg.