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LE TRAVAIL MANUEL SUÉDOIS (SLÔJD

Le travail mannel suédois (slôjd).

La Suède a pris une place importante à la tête de ce mouvement qui, dirigé contre la vieille pédagogie exclusivement intellectuelle, a, dans les vingt dernières années, fait de l'éducation physique un facteur considérable de toute éducation rationnelle. On a constitué tout un système de pédagogie suédoise basé sur le travail manuel (slôjd), et ce système a été adopté ensuite par beaucoup d'autres pays, aussi bien en Europe qu'en Amérique.

Au commencement de 1870 on prit des dispositions spéciales pour introduire l'enseignement du travail manuel dans les écoles déjà existantes et aussi pour fonder des écoles spécialement destinées à cet enseignement. Les particuliers furent les premiers à soutenir ces efforts, et par la suite des subventions furent accordées par les conseils généraux, les autorités municipales, les sociétés d'économie rurale. L'Etat contribua aussi indirectement à cette œuvre, lorsque l'Académie d'agriculture eut commencé à distribuer une subvention annuelle, actuellement de î>7,200 couronnes, pour soutenir l'enseignement du travail manuel.

En 1877, le Riksdag vota 15,000 couronnes par an pour encourager le travail manuel dans l'enseignement des garçons. A cette date on comptait 80 écoles où l'enseignement du «slôjd» était donné. A l'heure actuelle, le nombre des écoles subventionnées est de 3,157. — Cependant, en règle générale, cet enseignement n'est pas obligatoire, et il ne suit pas non plus nécessairement dans tous ses détails un programme immuable. — Le chiffre total des secours que l'Etat a accordés en 1898 pour le développement de cet enseignement, se monte à 236,591 couronnes. Ajoutez à cela les importantes subventions consenties par les conseil généraux, par les sociétés d'économie rurale, et par certaines communes.

Ce qu'on entend par «slôjd suédois», c'est le travail manuel qui est enseigné au Séminaire de Nftâs (Nââs slôjdlarareseminarium), lequel a formé un grand nombre de nos maîtres. Dans certaines provinces, des cours de «slôjd» ont été institués par les autorités pour l'instruction

M. Otto Salomon,

Directeur du Séminaire de NiuU.

282 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.

des instituteurs. Cette instruction est donnée par un professeur spécial, ordinairement nommé par le roi.

Le séminaire de Nââs a été fondé par Auguste Abrahamson (1817/98), propriétaire du domaine de Naâs, à 30 km. environ de Gothembourg; par son testament il a légué à TÉtat l'institution et le domaine, avec un capital pour l'entretien du séminaire. Celui-ci fut ouvert en 1874, à titre de section supérieure de l'école de «slôjd» pour garçons qui avait été fondée à Nâfts deux ans auparavant. D'abord on organisa des cours d'un an pour la formation de maîtres spéciaux de travail manuel. En 1878, on arrangea aussi des cours moins étendus pour instituteurs en général; depuis 1882, le séminaire fonctionne exclusivement par ces derniers cours.

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Salle de travail au Séminaire de Nààs.

Pour le moment, chaque coura comprend six semaines, et on donne plusieurs cours de ce genre dans Tannée. Au moins un quart des élèves suivent deux cours ou plusieurs. L'enseignement est gratuit. Il se compose en partie de leçons et de discussions sur le travail manuel pédagogique, sur sa méthode, son système et son histoire, — en partie de la confection d'une série de modèles en bois, disposés suivant Tordre d'exercices déterminés.

Pendant les cours d'été, il y a à Nââs un grand nombre de maîtres venus des pays étrangers. Le nombre total des maîtres qui, à partir de 1876 jusqu'au 13 juillet 1899, ont profité de l'enseignement du séminaire, s'est élevé à 3,072. Voici comment ce chiffre se décompose par nationalités:

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