LA GYMNASTIQUE SUÉDOISE
Le promoteur de la gymnastique en Suède est Per-Henrik Ling (1776/1839). Avant lui, sans doute, on avait déjà manifesté un certain intérêt pour les exercices corporels. Plus d'un auteur, voire des comités d'instruction publique, avaient fait ressortir l'importance de ces exercices pour Téducation de la jeunesse, et les deux universités avaient, chacune, leur maître d'armes; toutefois, la gymnastique au sens actuel du mot n'existait point. La manière dont les «philantropins» (système de Basedow à Dessau) concevaient l'éducation du corps, ne fut jamais réalisée en Suède.
328 iv. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.
P.'H. Ling.
La première impulsion en ce sens fut donnée par la nomination de Ling, en 1805, au poste de maître d'armes de l'université de Lund. La fondation de ITniStitat central de gymnastique (1813), due à son initiative, fut le premier pas, et le plus important, fait vers la création de cet établissement d'où, comme l'avait prévu son inspirateur, l'idée de la gymnastique allait se répandre et arriver à sa réalisation dans toute l'étendue de sa vaste patrie.
Le système de gymnastique s'est développé dans cet institut sous la direction même du maître, lentement et d'une manière continue, en conformité avec les principes posés par lui et suivant son appréciation de la forme, des propriétés et de l'influence fonctionnelle des mouvements gymnastiques.
D'après Ling, le choix des exercices et la nature de ceux-ci doivent se baser sur les besoins mêmes du corps. Le corps lui-même est donc le but, en même temps que le moyen principal ou instrument de l'exécution des mouvements. Cependant, pour plusieurs exercices, des appareils extérieurs sont également nécessaires. On en a donc construit un certain nombre exclusivement en vue de favoriser les mouvements nécessaires. L'emploi bien compris de ces appareils permet de mieux délimiter et préciser la forme ainsi que la sphère d'action d'un mouvement. Cette délimitation a reçu le nom de localisation, parfois aussi d'isolement, en opposition avec la synthèse de forces également nécessaire pour arriver au résultat visé. Une synthèse de forces de ce genre a été appelée synergie ou coopération.
Ling, le fondateur de la gymnastique en Suède, était, en outre, un poète fécond. Aussi ne parvint-il pas, durant sa vie si active et si pleine de traverses, à réunir et faire imprimer un exposé complet de la gymnastique. Il ne fit paraître qu'un seul ouvrage, assez étendu, sur ce sujet, sous le titre de: cPrincipes généraux de la gymnastique». Cet ouvrage traite des diverses branches de la gymnastique: gymnastique pédagogique, militaire, médicale et esthétique, et démontre combien il est nécessaire de baser la gymnastique sur la connaissance complète, anatomique et physiologique, de l'organisme humain en son entier, ainsi que sur la connaissance des lois du mouvement.