BATEAUX- RUNES
Le bateau en chêne (tig. 81), remarquable par l'élégance et la souplesse de aes formes, mesure une longueur de 24 mètrea entre les pointes élevées des deux étraves; sa plus grande largeur est de 3 m. 50. Il se mouvait au moyen de 14 paires de rames. Celles-ci sont parfaitement semblables à nos rames modernes, et mesurent une longueur de 3 m. 40. Le gouvernail est étroit, et a été fixé h l'un des flancs du bateau, vers l'arrière. Entre autres inventaires de l'embarcation, on trouva uue grande ancre en fer, deux escopes, etc.
Dans la dernière partie de l'âge du fer, les navires étaient toujours balés à terre pendant l'hiver, ou quand ils ne devaient pas servir de quelque temps. Aussi voit-on aux étravea de l'embarcation de Nydam des trous pour les cables destina îi ce halage.
On trouva, il y a quelques années, dans une tourbière de Fiholm en Vestmanland, les restes d'un navire qui paraît avoir eu la même construction que les précédents.
Les caractères runiques (runor) employés pendant le premier âge du fer et la partie moyenne de cette période, que l'on pourrait appeler mneB audeniieB, se distinguent considérablement des rtmes ordinaires que l'on rencontre sur les pierres runiques si communes surtout dans la région du Mâlar.
Sur une bractéate trouvée près de Vadstena (Osttogothie) et datant probablement du 5:ème siècle après J.-C, se lit toute l'ancienne série runique ', c.-à-d. toutes les runes anciennes rangées de la manière suivante:
' On préfère éviter l'emploi dn terme "alphabet runiqoe", les mnes n'étant pas rangées comme les caractères grecs, latins et mcdenies de manière à commencer par A et B.
102 3 A. LC PXEMtEB AOE DC FEEU
futharkgw: h n i j (f) p -s s : t h e m l ng o Outre les runes inscrites sur cette bract^te *, on en a d'autres encore de ce temps-là, comme, p. ex., M = d, V = k-
82, Ancienne pierre tunique à Tawiiia, ISuhvtlâH.
' lies runes ^ et p ont probablement désigné le même sou qui: li th et ie n des anglais. La mue Y n'apparaît à cette époque qu'à li fin des mots; le son représenté par elle fut premièrement », mais passi ensuite à r, à mesure qne la langue se modifia.
BDHBS. ^ 103
Il suffira d'un simple coup d'oeil jeté sur ces signes, pour voir la proche afBnité des runes avec les catactères grecs et romains, surtout dans leur plus ancienne forme. ^i^<HI^'^KsQ retrouvent presque sans changement dans les types romains DECHISTE, qui repri-ttentent les mêmes sons que les runes conèEpondantes. La rune J^ a la même forme et le même son que l'omëga (îî) grec. Avec un peu d'attention, on voit aussi que les autres runes ne diffèrent que légèrement des caractères des peuples grecs et italiens (la rune h est, p. ex., VU (V) latin renversé, etc.). Il est donc clair ou que les runes et les caractères graphiques des peuples de l'Europe méridionale doivent avoir une origine commune, ou, ce qui paraît toutefois plus probable, que l'écriture runique a été créée par les Germains après qu'ils eurent fait la connaissance de l'écriture des peuples grecs ou italiens.
Les plus anciennes inscriptions runiqnes dont il soit pos- j sible de déterminer l'âge, se trouvent sur quelques armes et SUT quelques outils appartenant aux grandes trouvailles des I tourbières danoises, signalées plus haut, de l'an 300 environ après J,-C. C'est de cette époque et des siècles qui suivirent immédiatement, que datent probablement toutes les inscriptions suédoises connues en "runes anciennes." Elles se rencontrent sur 13 pierres runiqnes ', sur une broche en argent doré, trouvée à Ethelhem, île de Gotland, sur une amulette (?) en os, de la tourbière de lUndholm en Scanie, sur la bractéate remarquable de Vadstena, mentionnée ci-dessus, et sur plus de
* De ces iknciennee pierres runiques, 6 appartiennent an Bleking (Bjôrketorp, Gommor, iBtabf, Stentoften et Sâlveaborg), 1 au Boiiudl&a (Tannm, fig, 81!), 1 au Vermland (Vamum, prés de Chriatinehamn), 1 à la Vestrogotliie (V&nga), 1 à l'Oetrogotbie (cimetière de Bôk), 2 à la Sudermanie (Berga et Sk&iing), et 2 à l'Dpland (Môjebro, dans la paroisse de Hagebj, et Eiogstad).
104 3 A. LE FBEKIEB AQE DU FBB.
20 sutres bractéates en or de la Scanie, du Bleking. du Halland, de la Vestrogothie et de Gotland.
Des inscriptiouB en runes anciennes ont aussi été trouvées en Norvège (sur des pierres et sur des bractéates d'or) et en Danemark (sur un umbon de bouclier, sur le dard d'un fourreau d'épée, sur des flècbea, un rabot, une corne il boire en or, un anneau d'or, un peigne, des boudes et des bractéates d'or). On rencontre en outre ces inscriptions en Angleterre (nombreuses), en France (Bourgogne), en Allemagne et en Valachie (sur un grand anneau d'or massif).
La présence des inscriptions runiques non-seulement sur les pierres mémoriales consacrées à des parente morts, mais aussi sur un grand nombre d'objets appartenant k la vie journalière, tels que parures, armes et outils, parût indiquer que la connaissance des runes n'était pas restreinte à un petit nombre, mus au contraire très-généralement répandue parmi le peuple.
Quoique ces inscriptions en runes anciennes ne contiennent pas de données sur des personnes ou des événements historiques, elles sont cependant de la plus grande importance pour la connaissance d'une foule de circonstances d'une vaste portée au point de vue de la civilisation, mais surtout pour celle de la langue. Elles constituent nos plus anciens documents écrits, et précèdent de 7 !i 8 siècles nos premiers actes écrits sur parcbemin. Elles montrent que la langue et, par conséquent, aussi le peuple du premier âge du fer étaient germaniques: elles montrent aussi que la langue parlée en Suède pendajit les 3:ème, 4:ème et 5:ème siècles après J.-C, ressemblait beaucoup à celle que les Goths du Danube parlaient à la même époque, quoique ce ne soit pas la même langue.
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Nous ne posBédons pas, il est vrai, de données directes sur la religion de nos ancêtres pendant la partie de l'âge du fer qui nous occupe, mais nous avons des raisons d'admettre qu'elle ressemblait à beaucoup d'égards à la croyance religieuse du dernier âge du fer, telle que nous la connaissons par les anciens poèmes de l'Edda. Thor, le dieu du tonnerre ou des éléments aériens, le Jupiter tOftans des Romains, était assurément le principal dïeu des Goths, et nos nombreuses dénominations géographiques locales rappellent son culte, — Thorsharg (actuellement la petite ville de Thorshalla), autel de Thor, Thorslunda (nom de plusieurs localités), bois sacré de Thor, Thoravi, lieu consacré à Thor, etc. — , indiquent, sans nul doute, en général des localités où, pendant la première période de l'âge du fer, sinon même avant, nos ancêtres ofiraient leurs sacrifices et leurs adorations au dieu du tonnerre et des combats. Les grandes trouvailles des tourbières danoises, déjà signalées plusieurs fois dans ces pages, sont aussi considérées comme provenant de sacrifices offerts par une armée triomphante au dieu qui lui avait donné la victoire, et il nous sera peut-être permis de rappeler à cette occasion que l'une des plus précieuses des trouvailles précitées a été faite dans la tourbière de Thorsbjerg (montagne de Thor).
Plusieurs sépultures suédoises du premier âge du fer contiennent des ossements brûlés; on trouve dans d'autres des corps qui n'ont pas subi la crémation. Les trouvailles et les explorations sont toutefois encore trop peu nombreuses en Suède, pour qu'il soit possible de décider lequel de ces modes de sépulture est le plus ancien, ou s'ils sont contemporains.
Les ossements brûlés sont ordinairement déposés dans une urne en argile cuite ou en bronze (voir p. 88). Les corps non brûlés reposent souvent, surtout dans les îles d'Oland et de Gotland, dans des cistes en pierre pareilles à celles de