FABRICATION DEB OUTILS EN PIERRE
On a longtemps été incertain sur la question de savoir ai l'on pouvait pratiquer des trous dans lea bâches en pierre sans l'ïàde de perçoirs métalliques. Bien des personnes le regardaient comme impossible; mais des essais, entrepris ces dernières années, ont amené la conviction que la chose ■ est faisable. Un archéologue américain, M. Rau de Newyork, a effectivement réussi à percer, avec un bâton en bois, du sable et de l'eau, une pierre assez dure pour qu'un bon canif, loin d'en pouvoir rayer la surface, n'y produisit qu'une strie à éclat métallique. Le bâton, fortement pressé contre la pierre, fut tourné longtemps et avec rapidité, action par laquelle les grains de sable comprimés h sa partie inférieure creusèrent peu à peu la pierre par la fric-
tion. Le forage fut commence des dont le tnm n'iwf pat
deux côtés de la pierre. De chaque
côté, il se produisit d'abord un évidement dont la partie inférieure devînt toujours plus étroite; et quand la cloison fut enfin percée, le trou présentait l'aspect de deux cônes & sommets opposés. Parmi lea haches rencontrées en Suède, il s'en trouve beaucoup portant des trous inachevés, dont la forme présente une similarité parfaite avec le trou percé de la manière indiquée ci-dessus, dans ses différentes phases de travail (fig. 14).
D'autres haches en pierre à trou d'emmanchure incomplet ont toutefois été percées au moyen d'un autre procédé. On voit au milieu du trou un boulon arrondi, s' amincissant vers le haut de la façon représentée par la coupe fig. 15. On a longtemps prétendu que ces trous avaient dû être faits au moyen d'un tube de métal; mtùs
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16 1. l'aoE de la PIEBBE.
le profeseeur Keller, célèbre par aee éminents travaux aur IcG habitations lacustres de la Suïsae, a percé des trous semblables dans des haches en pierre en se servant uniquement de sable, d'eau et d'un os creux ou d'un tube de come ou de bois. Le trou perc4 de cette façon présentait, avant la perforation complète, tout & fait le même aspect que celui de la fîg. 15. Dans ce cas-ci, comme dans le premier, c'était naturellement aux grains de sable que l'on devait la formation du trou. Cette méthode exige infiniment moine de temps que la première, vu qu'il n'est nécessaire d'enlever par la friction que l'évidement circulaire autour du boulon central.
Tout indique que, presque sans exception, les antiquités de l'âge de la pierre trouvées en Suède ont été l'abri que es dans le pays. On a découvert, chez noua comme ailleurs, plusieurs endroits où s'est opérée la fabrication d'objets en silex pendant l'âge de la pierre. Cea endroits sont couverts d'une foiile d'éclats de silex, d'ouvrages à moitié prêts ou manques, de polissoirs, etc. On connaît des Bateliers» de ce genre depuis lea provinces du sud jusqu'au Bohuslân septentrional, maie principalement en Scanie, quelle province eat très-riche en silex brut. .
Les Scandinaves du second âge de la pierre (âge de la pierre polie) s'étalent élevés déjà k un degré suffisant de civilisation pour fabriquer non-seulement les objets indispensables aux besoins élémentaires de la vie, mais encore pour donner à ces objets toute l'élégance possible. Nous
FABRICATION DBS OUTILS BN PIERRE.
en trouvons la preuve dans la circonstance que les haches et les ciseaux sont ordinairement polie avec soin, tant au tranchant que sur toute la surface (ff. 7, 8, 10 et 20). Quant au goût artistique du peuple de l'âge de la pierre, le poignard en silex reproduit cicontre et une foule d'objets semblables uous en fournissent de fort beaux échantillons.
Les longues et étroites pointes de lance en silex témoignent de l'habileté extraordinaire qui a préside au travail de ces armes, surtout si nous nous rappelons qu'elles n'ont pas été polies en employant toute la prudence possible, mais taillées à coups réitérés avec use hardiesse surpassée seulement par la sûreté de la main qui dirigeait le marteau percuteur. Le moindre coup donné à faux ou le plus minime tremblement de la main aurait suffi à détruire l'ouvrage entier, que notre époque, avec son habileté poussée si loin à tant d'autres égards, serait hors d'état d'imiter.
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LAQE DE LA PIEBBB.
On n'a pas trouvé jusqu'ici les moindres traces des habitations de l'âge de la pierre. Noua pouvons admettre toutefois, sans risquer de nous tromper beaucoup, que c'étaient ou des tentes en peau ressemblant à celles des Lapons (kâtor), ou de simples buttes de bois. Les ruines des stations lacustres de la Suisse nous montrent que les habitations de l'âge de la pierre de ce pays étaient des huttes pareilles.
Le professeur Nilsson a fait remarquer la ressemblance de forme qui existe incontestablement entre les sépultures ^ galerie Scandinaves (fig. 27) et les demeures des