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Le commerce était h coup sûr principalement un commerce d'éctange; l'appoint et le payement ae liquidaient dans la règle avec de l'or ou de l'argent au poids. On & trouvé plusieurs fois en Suède des balances et des poids de cette époque. Les balances, ordinairement en bronze, ressemblent presque toujours k nos balances actuelles, avec cette différence que la balance même pouvait se plier en trois ot se mettre dans les deux bassins ronds et ventrus (Ant. Suéd., fig. 642). Il était possible de la sorte de l'emporter avec soi, sans qu'elle fût exposée h, se rompre.
L'argent employé comme moyen dé payement était, i l'instar de l'or h. une époque plus ancienne {p. 111), souvent étiré en barres fines disposées en spirales '. Une spirale semblable était commode à manier, et se pouvait débiter sans peine en morceaux de la grandeur voulue. — Le Jluaée Xational possède deux de ces spirales, que l'on peut considérer en quelque sorte comme de la faussemonnaie; elles se composent de cuivre entouré d'une mince couche d'argent. Cela rappelle h, la mémoire l'anneau d'or enlevé par le roi Olof Tryggvason de la porte du temple de Lade (Norvège) et donné plus tard par lui comme un objet très-précieux à la reine Sigrid Storrâda: BChacun louait l'anneau», dit Snorre, Bmais deux frères, qui étaient les forgerons de la reine, le prirent, le pesèrent dans la main, et se parlèrent bas l'un k l'autre. A la demande de la reine, pourquoi ils faisaient ainsi, ils répondirent qu'il y avait de ta fraude dans l'anneau, et comme elle le fit rompre, on trouva du cuivre dedans.»
Dans les temps anciens, les voyages se faisaient en Suède autant que possible sur l'eau, vu que les chemins
' 11 arrive Boareiit encore de nos joaie que l'or non moimsjé circut travaillé eu epîrales de ce genre.
t»MMERCE. VOYAOBS. 157
par terre, s'il en existât au reste, devaient être généralement dans un fort mauvais état. Après l'introduction du christianisme, ces derniers devinrent toutefois l'objet d'une plus gi-ande attention, comme en portent témoignage, entre autres preuves, les nombreuses inscriptions runiques faisant mention de survivants qui ont construit des ponts et dos chemins pour l'âme d'un père, d'un époux ou d'un fila défunt.
Sur une pierre runique de l'ile de Gotland est figurée une voiture à (juatic roues, et dans des tumulus suédois et danois de la fin de l'âge du fer, on a trouvé, outre des
124. Oiltcment en bronze dm'é auteur lie la partie inférieure d'une C"t{j/e à biiire en bois. Gftl. \.
mors, des éperons, des étriers et des fers de clievai (Ant. Suéd., f. 523 — 525), des restes de harnais en bronze doré, parfois d'une élégance et d'une richesse inattendues, et décoi-és avec un goût réel dans un style particulier au Nord Scandinave. Xos ancêtres s'étaient formé une ornementation ■ indépendante, dont le motif principal, tiré des enlacements et des anneaux du serpent, s'était développé successivement dans les magnifiques «entrelacements do dragon» (drakslingor) bien connus de nos pierres runiques (f. 132) et des églises en bois de la premitTe partie du moyen-iige. On trouve d'élégants échantillons de l'ornementation précitée sur une foule d'ouvrages en métal de la période des vikings, tels que pa-
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rures d'or et d'argent, vases en argent, fibulea on bronze, poignées d'tpée eu bronze doré, garnitures de bronze pour les gaines d'épées, etc.
C'est l'ile de Gotland qui nous a fourni les souvenirs les plus abondants de oet art décoratif (f 124). Les trouvailles gotlandaises des derniers siècles du paganisme se distinguent en général par leur richesse ei par leur nombre considérable d'an^quités particulières à cette île (voir, p. ex., les fig. 125 et 126), que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le Nord, et qui se sont développées, dans l'ile susdite, des types communs dans la première 12.i. Fihi-U n'H-le en b>-«»:e. tMl. ]. parlic de IVige du fer.
Le temple le plus illustre des Svéars était celui du vieil Upsal,* entouré de son lugubre bois sacré et de ses tertres funéraires, parmi lesquels les trois immenses »tumulus royaux» sont encore aujourd'hui célèbres dans le Nord -.
' Le vieil Upsal cet 8itu6 à quelqnea faîlomètrea de la ville actuelle.
' Chacun de ces trois tvimnlus, placés anr une colline de sable, mesure plus de 66 m. de diamètre. Celui situé le plus à l"est, nommé à une époque plus récente le »tnmulut d'Odin» (Odenr hëg), fut eiploré pendant les années 1846 et 1847. On y ouvrit, de la périphérie vers le centre, une galerie horizontale <lc 1.5 m. de largeur sur une hauteur de 2.3 m. la galerie fut revêtue de boia et tenue ouverte jusqu'en 1858. époque à laquelle elle commença à s'afEaisser; on dut la combler en 18liO. Le tumulus, dont la partie inférieure est formée par la nature, mais qui, au reste, est dû au travail de Ibommo, ee compose principalement de sable ; au milieu se trouve ■ un amas de cailloux.
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BELIOION. TEMPLES, 1511
Des statues de Tlior, d'Odin et de Frigg paraissent avoir orné ce temple.
L'histoire de Snorre Sturlcson nous montre que l'art payen Scandinave s'essaya effectivement à reproduire les dieux Ases sous la forme de figures humaines. Il nous raconte qu'Olof Tryggvason, voulant forcer les Norvégiens à se convertir au christianisme, entra dans un ïthof» (temple) de la contrée de Trondhjem. «Quand le roi vint îi l'endroit où étaient les dieux, il y trouva Thor assis; c'était le plus honoré de tous les dieux, et il était orné d'or et d'argent. Le roi leva une canne montée en or, et frappa Thor de telle sorte qu'il tomba de son piédestal. Lil-dessus, ISfi- fibule en bronze. Oall. f
ou ane espèce île caim, de 15 m. de diamètre. Une partie de ces pierres recouvraient les restes du bûcher Bnr lequel le corpa avait été brillé; au centre et au fond du caim, on trouva nne couche très-dure (de 1.8 m. de diamètre), composée de cendres, de charbon et d'ossements brûlés. A 7.5 cm. an dessous, on rencontra sous celte coucbe une simple unie en tene cuite, enlitée dans le sable et recouverte d'une mince dalle do pierre, dans un cercle de grands cnilloui destinés A la protéger contre le double poids du caim et du tumalus. L'iime, de 16 cm. de hauteur sar une lar^ur de 18 cm., était remplie jusqu'au bord d'ossements bi'ùlés. On y trouva en outre, de mSme que dans la grande couche d'os, les restes de plusieurs ornements en bronze fortement endommagés par le feu, des perles de verre, des peignes et des dames de jeu en os, des rivets en fer, et deux fragments de parures d'or, avec des liligranes d'une finesse extraordinaire. — L'intérieur du tumnlus ig^é le plus à l'ouest, fouillé eh 1874, était k peu près identique, si ce riVst que les ossements brOlés n'avaient pas été déposés dans une urne. I^s deux tumnliis paraissent appartenir à la période mofennc de l'^e du fer, ou au commencement de la dernière période.
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lee hommes du roi accoururent et renvereèrent tous les dieux de leurs piédestaux.» La saga de saint Olof contient la desuription d'uue image de Tlior dans un temple de la liaute Korvége: »I1 lient un marteau à la main; il est grand de taille et creux h l'intérieur; sous lui est un piédestal sur lequel il est debout, quand on le sort. J^e dieu ne manque ni d'or ni d'argent sur sa personne. On lui donne chaque jour quatre galettes de pain et de la viande.» Quand l'image fut brisée, il en sortit «des rats gros comme des chats, des lézards et des serpents», qui s'étaient engraissés de la nourriture du dieu.
11 n'existait toutefois pas des temples dans tous les lieux de sacrifice, car, dans bien des localités, c'était en plein air, dans un bois sacré ou près d'une source sacrée, que les Suédois payens célébraient leur culte. ' Xoua pouvons encore aujourd'hui, même si nous ne voulons pas écouter la tradition, énumérer un grand nombre de lieux où nos ancêtres .ont jadis fait couler le sang sur les autels des dieux Ases. Telles sont les localités dont les noms contiennent les mots Hof, Harg ou Vi. 2 Souvent le nom indique le dieu auquel l'endroit était consacré. Xous citerons comme exemples: Odensvi en Vestmanland et en SinSland, Odensala en Upland, Thorsharg {la- ville actuelle de Thorshalla) en Sudermanie, Thorslunda en Upland et dans l'île d'Ôland {v. p. 105), Frovi en Vestmanland, Prôtuna en Upland, Skedevi{Skadesvi) dans les pro-
' Diverees raieons ])ermettent de voir dea places de sacrifice dans pluflieurs des ncercles du juges» (demare-ringar) ou Dsiéges de jugesn (dmiuire-tâten), enceintes tonnées de grandes pierres placées à quelque distance les unes des autres. Le nombre dea pierres d'un cercle pareil est souvent de neuf.
• Le mot Hof correspondait, à l'époqoe païenne, au plus près i. notre Btemple» actuel; Harg signifiait un nantelB, et H un DsanctuaireB, un nlieu snintu.
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