V. LE DERNIER AQE DU KEK
vinces de Dalécarlie, de Vestmanland, de Siidermanie, d'Ostrogothie et de Veetrogothie (la ville actuelle de Skôfde), Ullevi en Upland et en Vestmanland, etc. — La circonstance qu'un si grand nombre de ces noms désignent actuellement des églises chrétiennes, mérite d'être remarquée, car elle montre que plus d'une de nos églises paroissiales fut, de même que la cathédrale d'Upsal, édifiée sur un emplacement qui avait jadis été consacré au culte payen.
Les noms de localités cités plus haut peuvent servir ï\ confirmer, si c'est au rest« nécessaire, le fait que uos ancêtres adoraient principalement les mêmes dieux.
et avaient la même religion que leurs parente de Norvège. — La preuve que les chants héroïques de l'Edda n'étaient pas inconnus en Suède, nous est fournie par les images remarquables au plus haut degré, gravées avec des runes sur la montagne de sRamsundsberget» et sur un bloc erratique dit nGôk- 126. Pendeloque en stenenD, tous les ieux dans la Sudermanie argent reprétentant ■ j i ; ■ ^ i ■ i
le marteau de Thor. occidentale, et représentant plusieurs scènes
+■ de la saga de Sigurd Fafneabane. '
Xous y voyons (f. 127) la loutre de la cataracte d' Andvare, le nain Regin assis devant l'enclume, avec les tenailles et le soufflet ù côté de lui, et forgeant l'épée Gram pour Sigurd ; plus loin, on aperçoit Sigurd au moment où il *ue le dragon formidable Faf'ne, où il en mange le coeur et où il assassine Regin. L'artiste a représenté eu outre le cheval de Sigutd, Grane, chargé du trésor de Fafne, et les deux éperviers perchés sur un arbre, de
' Ces saculptares de Sigurdo {^ffurderittaingar) ont été interprétées pour la première fois par M, le professeur C. Save dans les «Mémoirea de l'Académie suédoise des Belles- Lettres, d'Histoire et d'Archéologie» (JVitterkett- Hliterie- ech Antigdicft-Abiideniieia handlitigar).
* CULTE. cSBÉMONIES FUHÉBAlBKe. 163
la conversation desquels Sïgurd apprend les embûches dont il est menacé de la part de l'insidieux et vindicatif Regin.
Des souvenirs du culte de nos ancêtres se retrouvent aussi dans les pendeloques en argent (f. 128), parfois richement décorées, assez fréquentes dans les trouvailles du dernier ûge du fer, qui paraissent sans nul doute représenter le smarteau de Thor», et qui se poitaîent comme parures ou amulettes, tout comme plus 'tard les chrétiens portèrent l'image de la croix.
En fait de détails sur la théogonie Scandinave et snr les institutions domestiques de la Suède payenue, telles que l'éducation, le mariage etc., nous ne savons en réalité rien autre que les conclusions que l'on peut tirer de l'analogie avec les institutions contemporaines de la Norvège et de l'Islande, , et des peintures de moeurs contenues dans nos anciennes lois ou coutumes provinciales. Mais, comme ces dernières ne datent dans leur état actuel que du 13:ème ou du 14:ème siècle, et que le contenu des Eddas et des sagas islandaises est généralement connu, nous n'osons pas nous arrêter davantage à cette matière, quelque attrayante qu'elle soit; la description nous en entraînerait h des développements qui sont hors du plan dé ce présent, travail.
Des trauvailles nombreuses nous fournissent par conti'e des renseignements plus directs sur les cérémonies funéraires de la période des vikings. Elles nous montrent que tantôt les corps subissaient la crémation, et que tantôt ils étaient enterrés non brûlés; ces deux coutumes furent simultanément en usage chez nous k l'époque qui nous occupe, quoique la crémation paraisse avoir été le procédé le plus commun dans certaines régions, comme p. ex. dans celles autour du Mular.
Si le mort devait être brûlé, on le déposait ii l'ordinaire sur le bûcher, complètement habillé, avec ses armes et ses parures,, objets que l'on retrouve dans la règle très-
164 S C. LE SBBNIBI; &0E nu PEtl. t
endommagés par le feu (voir p. 106). 11 n'était pas rare que l'on immolât, pour les placer h son côté, des chevaux, des chiens, des laucons ou d'autres animaux que le mort avait aimés, peut-être même aussi des esclaves. La cendre et les ossements brisés étaient ensuite souvent déposés dans une urne en argile. — Les tombeaux sont tantôt recouverts d'nn tumulus (f. 129), tantôt indiqués par des pierres placées en cercle, en triangle ou en forme de navire pointu aux deux extrémités (f, 130),
Les sagas contiennent plusieurs récits d'hommes omis en tumulus dans leurs naviresn. Nous avons déji signalé (p. 114) les trouvailles remarquables de sépultures de ce genre à Ultuna et à Tune.
Nous empruntons il une vieille saga la description suivante des funérailles du roi Harald Hîldetand: »Le jour qui suivit la bataille de Brâvalla, le roi Sîgurd King fit rechercher le corps de Harald, ordonna que l'on en essuyât le sang, et qu'on habilMt le défunt suivant l'ancienne coutume, il le fit placer sur le chariot employé par Harald . dans le combat. Ensuite il fit élever un grand tumulus, y fit entrer en voiture le roi Harald avec son cheval de bataille. Le cheval ayant été immolé, le roi Sigurd fit prendre la selle dont il s'était servi lui-même, la donna au roi Haraid, et le pria de faire maintenant ce qu'il préférait, c'est-à-dire de se rendre ou b cheval ou en chariot au Valhall (le paradis des Scandinaves). Avant que l'on fermât le tumulus, le roi Sigurd invita tous les grands et tous les guerriers k y jeter de grands anneaux et de bonnes armes en l'honneur du roi Harald Hildetand.»
Si même ce récit ne peut être considéré comme parfaitement authentique dans tous ses détails, il présente néanmoins de l'intérêt, en ce que l'on a trouvé plusieurs fois