‹ La Suède préhistoriqueChapitre 6 sur 52 · ARMEE · texte numérisé non relu

ARMEE

d'une rare élégance. Lee têtes de lance et de flèche sont ordinairement en Bilex, parfois en os. Lee pointes de lance en sîlex sont souvent très-giandes et mesurent jusqu'fi 40 centimètres. La plupart des têtes de flèche en silex

t trapp. 23 6. La mime hicke vue de

fêté.

sont ou longues, étroites et triangulaires (Ant. Suèd., fig. 65), ou courtes, larges et minces, et, dans ce dernier cas, souvent munies de barbes {fig. 6). On connaît en outre une espèce de flèches en silex h tranchant transversal (Ant.

26 1. L'AQE de la FIEIUIE.

Suéd., fig. 66); elles se rencontïent en Suède principalement dans le sLindormabackeni), nom qui désigne une partie du rivage sablonneux de la mer au sud de Kristianstad (Scanie), où la fabrication des objets en silex paraît aVoir eu lieu SUT une grande écbelle pendant l'âge de la pierre. On a trouvi^, dans une tourbière danoise, une flècbe à trancbant transversal identique, ayant encore sa tige; et, dans une grotte de la France, qui avait servi de chambre sépulcrale, on découvrit, en 1871, les squelettes de plusieurs individus, dont l'un avait reçu la mort au moyen d'une flèche semblable. La flèche était encore profondément enfoncée dans une vertèbre dorsale.

Nous connaissons plusieurs autres exemples d'hommes tués par t'agence d'armes de pierre. Au commencement de ce siècle, on découvrit, au fond d'un caim de l'Ecosse méridionale, un cercueil en pierre (ciste funéraire) contenant le squelette d'un homme, dont l'un des bras avait presque été séparé de l'épaule par un coup de hache en pierre; un fragment de l'arme était resté dans l'os. On a de même recueilli dans une sépulture h, galerie, h. Borreby dans l'île de Sélande (Danemark), une petite pointe de flèche enfoncée dans l'orbite d'un crâne.

Il est naturel que ces armes servaient non-seulement El la guerre, mais encore à. la chasse, circonstance prouvée au reste par les trouvailles plus ou moins fréquentes d'os d'animaux qui avaient été tués ou blessés par une -pointe de flèche ou par une autre arme en pierre. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, on trouva eu Danemark, il y a quelques années, un squelette de cerf dans l'os maxillaire duquel se voyait encore une pointe de flèche en silex.

LA CBASeB El LA PECHE. 27 '

La chasse et la pêche constituaient les principales industries de l'âge de la pierre. Les nkjôkkenmôddings» nous montrent qu'elles étaient les seules dans la première partie de 1» période. Il est probable que les grands animaux étaient souvent pris ou tués dans des fosses ou dans des piégea, de la même façon que dans, d'autres contrées et il des époques plus récentes.

En fait d'attirails de pêche de l'âge de la pierre en Suède, on a trouvé des hameçons soit entièrement en oa (fig. 24), soit en os avec la pointe et les barbes en silex, de même que des harpons et des fouines, ces dernières en os. Les filets n'étaient probablement pas inconnus; parme les objets fournis par la station lacustre suisse de Robenhausen, appartenant Il l'âge de la pierre, se trouvaient des fragments de âlet i\ mailles de près de 6 centimètres.

La circonstance que les Scandinaves de 2*. Hameçon en la période paléolithique possédaient une "'■ "■"*'■"?■ t espèce quelconque d'embarcations ou de bateaux pour la pèche et les excursions sur l'eau, est prouvée entre autres par les restes, trouvés dans les »kjokkenmôddingsi>, de poissons de mer n'habitant que les eaux profondes. Les plus anciennes embarcations étaient probablement des canots ■ plats faits de troncs d'arbtes, que l'on rencontre parfois dans nos tourbières' et dans nos lacs, quoique aucun de ceux que nous connaissons en Suède ne paraisse appartenir à l'âge de la pierre. Mais la station lacustre de Bobenhâusen, mentionnée ci-devant, a fourni deux bateaux semblables, et les insulaires de la Mer du Sud savaient se construire des embarcations du même genre longtemps

zs 1. l'aqe de la pierre.

avant que les Européens les eussent initiés à la connaissance des métaux

Les 08 d'animaux domestiques, — boeuf, cheval, mouton, chèvre (?) et porc — , trouvés dans les sépultures k galerie de la Vestrogothie, montrent que, dans la dernière période (la néolithique) de l'âge de la pierre, les habitants de la Suède n'étaient pas exclusivement réduits, pour leur subsistance, aux industries de la chasse et de la pêche. En Suisse, il existait, pendant l'âge de la pierre, nonseulement un élevage régulier du bétail, mais encore on s'y livrait déjà à l'agriculture. On cultivait,' outre le lin, dont nous avons déjîv parlé, plusieurs céréales, dont trois sortes de froment, et de l'orge & deux et h six rangs. Nous ne possédons pas, il est vrai, de preuves positives que l'agriculture ait existé en Suède a cette époque reculée, mais différentes circonstances semblent indiquer qu'elle n'y était pas totalement inconnue.

Les foyers déjà mentionnés (p. 19) montrent que le Scandinave de l'âge de la pierre cuisait sa nourriture, 11 pouvait se procurer du feu, soit, à l'instar de divers peuples sauvages actuels, par le frottement rapide et prolongé de deux morceaux de bois l'un contre l'autre, soit il l'aide d'un silex et d'une pyrite employés à peu près de la même manière que notre briquet et notre pierre à feu mod&mes. On a trouvé, dans des tombeaux anglais, des silex et des fragments de pyrite portant les signes évidents de leur emploi dans le but prëcité.

Plusieurs des vases en argile trouvés dans les tombeaux suédois de l'âge de la pierre ont servi sans doute de vases à cuire. Un grand nombre ont les bords percés de petits trous, paraissant indiquer que ces vases se suspendaient au-dessus du feu (fig 25; cf. Ant. Suéd.,

DOMESTIQUES. POTBBIE. 29

fig. 94). Ils sont gént^raleraent. d'une belle facture, quoiqu'ils aient été confectionnés à la main, sans l'aide du tour qu'ils du potier; asaez souvent, ils sont décorés de traits en creux, remplis d'une matière blanche ressemblant à du gypse.

Il est probable que les Suédois de l'âge de la pierre possédaient déjà des demeures fixes; c'est ce que semblent trahir du moins leurs monuments funéraires souvent grandioses , indices assez sûrs d'une vie sociale réglée et des travaux combinés d'une famille petite ou de toute une communauté. Les tombeaux appartenant à cette période sont ordinairement désignés sous les

noms de stendôaar (aing, „„ ,. -, ^ ,

^ ° 25. Vote en argile. Se. ,.

stendôs; dolmens, cromlechs), de gànggrifter (sing. gânggrifi^ sépultures i galerie) et de hâlViistor (sing. hâîlkista; grandes cistes funéraires). Le stendôi (dolmen ou cromlech; fig. 26) est une chambre sépulcrale, dont les parois sont formées de grands blocs de pierre posés de champ, allant du plancher au plafond, planes à l'intérieur, mais h extérieur ordinairement inégaux. Le plancher se compose de sable ou de petites pierres. Le plafond ou le toit est formé d'une ou de plusieurs grandes dalles, également planes sur le côté tourné vers la chambre, mais au reste irrégulières. La forme de celle-ci est quadrangulaire, pentagone, ovale ou presque ronde.

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