L'AGE DB LA PIERRE
Lea gàuggrifter (stipultures ii galerie) ou jâttestugor (chambres de géant), comme on les appelle aussi, sont construites de la même façon que les dôsar (dolmens);
Dolmen (iuttmiSui) à Stala, Bo/iuildn.
lais elles sont plus grandes et se distinguent par une alêne couverte souvent très longue orientée h l'est ou
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au Bud. Il existe plusieure formes intermédiaires entre ces deux espèces de monuments mégalithiques.
La chambre d'une sépulture à galerie mesure de 4 — 17 mètres de longueur sur une largeur de 1,5 — 3 m. et une -hauteur de 1,3 — 2 m. La galerie est plus éti-oite et plus basse, mais souvent aussi longue que la chambre.
Ces tombeaux sont ou enfouis sous un monticule de terre artificiel, qui ressemble aux tumulus deS' dernières périodes payennes, ou, encore, on les rencontre plus ou
23. Grande dite en pierre (slidîîkatat) à Sktitteneâ, Veitragethie. moins au grand jour, ordinairement sur une émînence entourée d'un cerle de pierres.
En Suède, les dolmens et les sépultures à galerie sont nombreux le long des côtes de la Scanie, de même que dans les environs de Falkopîng en Vestrogothie, et dans le Behuslan (Suède de l'Ouest); on les rencontre, quoique en plus petit nombre, dans d'autres régions de la Vestrogothie, dans le Halland et sur l'île d'ôland. On a trouvé également, en Néricie et dans la Sudermanie occidentale,
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quelques tnonumente antiques qui, du moins par leur forme, reasemblent beaucoup aux sépultures à galerie. Tout récemment on a découvert un dolmen en Norvéjj;e, le premier que l'on connaisse de ce paye. Ces tombeaux sont très-nombreux en Danemark. On les rencontre en outre dans les Iles Britanniques et le long de côtes de TEurope, depuis l'embouchure de la Vistule jusqu'en Grèce, et en Crimée, dans l'Afrique du Nord, en Palestine et dans l'Inde. Les Kaesiens, peuple sauvage du haut-plateau du Décan, construisent encore de nos jours des dolmens pour leurs morts.
La hâUkista {grande ciste en pierre) est une grande caisse, oblongue, quadrangulaire, ressemblant à la sépulture à galerie, mais sans ce dernier appendice et ordinairement construite de dalles moins épaisses. La partie inférieure est entourée d'un petit remblai de terre ou de pierres, mais la partie supérieure est presque toujours libre. Ces tombeaux, particuliers à la Suède, sont très-remarquables en ce qu'ils constituent une espèce de forme intermédiaire entre les sépultures à galerie et les grandes cistes en pierre du premier âge du bronze, recouvertes d'un tumulus (page 74). Les kâllkietor se rencontrent en grand nombre dans la Vestrogotbie, le Bobusl&n, le Dalsland et la région S, 0. du Vermland. On voit de même en Ostrogotbîe, en Smâland, en Bleking et en Scanie des tombeaux de ce type de l'&ge de la pierre, mais ils y sont h la règle recouverts d'im tumulus.
Les bommes de l'âge de la pierre ne brûlaient pas leurs morts. Ils les enterraient souvent dans une position assise et plaçaient k leur côté des farmes, des outils ou des parures. On trouve souvent dans les tombeaux de cette époque des vases en argile, qui ne sont actuellement
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remplis que de terre; peut-être ODt-ile . contenu jadis de la nourriture, dont on croyait que le mort aurait besoin de l'autre côté de la tombe.
Les soins que l'on consacrait au lieu de repos des morte, eemblent trahir la croyance en une vie future; mais les objets déposés à côté du défunt paraissent indiquer que l'on se représentait cette vie d'outre-tombe comme une continuation de la vie terrestre, avec les mêmes besoins et les mêmes joies.
L'extension géographique des diverses espèces de sépultures décrites ci-dessus montre que la plus grande partie du Gôtaland actuel, le Vermland méridional et probablement aussi la Néricie et la région occidentale de la Sudermanie étaient déj^ plus 6u moins peuplés avant la fin de l'âge de la pierre. On a également trouvé des objets en pierres épars dans d'autres parties du pays, surtout dans la Sudermanie orientale, Itlppland et le Vestmanland; mais il est difficile de décider d'une manière positive s'il faut voir dans ces objets des monuments de l'âge de la pierre ou d'une époque un peu plus récente. La cause de cette indécision, c'est que, comme le montrent plusieurs trouvailles, les objets en pierre furent en usage au moius pendant une certaine partie de l'âge du bronze.
De toutes les provinces de la Suède, la Scanie présentait indubitablement la population la plus dense, fuit qui s'applique surtout aux plaines basses situées le long des côtes. Des 36,000 antiquités en pierre environ que l'on sait actuellement avoir été trouvées en Suède, près de 30,000 proviennent de la Scanie. On n'en connaît que 2000 du Svealand et du Norrland réunis. En Scanie, la' plus grande partie des objets en pierre (environ 26,000) sont en silex; dans la vallée du Malar, les objets en silex
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sont si rarea, que parmi les 800 antiquités en pierre actuellement connues de la Sudermanie, 60 à peine sont en silex.
Vers la fin de l'âge de la pierre, les habitants de la Scandinavie ignoraient encore totalement, non-seulement l'usage des métaux, même de l'or, mais aussi l'art de l'écriture. Nous ne possédons, par suite, aucun monument de la langue des hommes de cet âge, qui puisse nous fournir des données sur la race du peuple qui appelait alors la Suède sa patrie. On a essayé de répondre à cette question h l'aide des crânes trouvés dans les tombeaux de la période. Quelques-uns de ces crânes ressemblent beaucoup il ceux des Lapons, mais la plupart présentent une assez grande ressemblance avec les crânes des Suédois actuels; cela semblerait donc indiquer, déjà à cette époque reculée, un mélange de deux races différentes.
La longue durée de l'âge de la pierre dans le Nord ressort entre 'autres de la circonstance que cette période a atteint chez nous un degré de perfection de beaucoup) supérieur J» celui qui la distingue dans le reste de l'Europe, Il nous est imposible de déterminer, même approximativement, l'époque oîi l'âge de la pierre se termina dans nos contrées. Tout paraît cependant indiquer que cela eut lieu plutôt avant qu'après l'an 1000 avant J^C, par conséquent âOOO ans avant notre siècle. Il avait cessé ii une époque infiniment plus ancienne dans la plupart des pays de l'Orient et de l'Europe du Sud, tandis que, d'autre part, cette période préhistorique s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans certaines parties du Nouveau Monde.
On a signalé des traces de l'âge de la pierre dans presque tous les pays du monde, en France et en Angle-
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terre comme dans le sol classique de l'Italie et de la Grèce, daos les antiques berceaux de la civilisation qui s'appellent l'Egypte, l'Asie Mineure et l'Inde, tout aussi bien qu'en Chine et au Japon.
La découverte la plus importante pour la connaissance de l'âge de la pierre suédois, faite dans d'autres paya pendant les dernières périodes décennales, est celle des habitations lacustres sur pilotis si nombreuses dans plusieurs lacs de la Suisse.
Les premières furent découvertes pendant l'hiver de 1853 — 1854. Ou a trouvé plus tard, dans une foule de localités de la Suisse et d'autres pays, des restes de ces villages si singuliers, construits, dans les eaux des lacs, sur de grands planchera séparés de la terre et établis sur des centaines ou sur des milliers de pieux enfoncés dans l'eau. Plusieurs de ces villages ont été ou détruits par le feu, ou abandonnés pour d'autres raisons déjà pendant l'âge de la pierre; d'autres sont plus récents. Souvent, la tourbe qui s'est formée sur les ruines a conservé même les parties les plus minimes et les plue délicates du' mobilier. Ces trouvailles remarquables nous montrent un peuple de l'âge de la pierre possédant des demeures èxes, soignant le bétail, connaissant l'agriculture et ayant laissé plusieurs autres traces d'une civiHsation supérieure à celle que l'on serait disposé Ji reconnaître à cette période.
Le fait que l'âge de la pierre n'est pas absolument synonyme d'un manque total de civilisation, nous est démontré par l'étonnant degré de culture existant Ji Otaheiti avant la première visite des Européens, quoique les habitants de cette île ignorassent si complètement l'usage des métaux, qu'ils plantèrent au commencement dans .leurs jardins les Mguilles k coudre en fer que leur donnèrent
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les comp^;tionB de Cook; ils prenaient ces aiguilles pour des boutures ou pour des rejetons d'un végétal très-duf , dans lesquels ils espéraient que la vie ne serait pas totalement éteinte.
Quand l'âge de la pierre eut cessé, la vraie aigniâcation des objets en pierre tomba bientôt dans l'oubli. Les rencontrait-on de temps à autre dans le sol, on les nommait Dcarreaux ou maillets de foudre» (àik-viggar), ou »mailleta de Thon» (Thora-viggar), et on les croyait être tombés sur la terre avec la foudre. Cette croyance et cette dénomination, encore très-communes dans notre pays, se retrouvent presque sur toute l'étendue du globe, depuis le Japon jusque dans l'Amérique du Sud.
Tout aussi générale que cette croyance en l'origine céleste des hacbes de pierre, par^t être la superstition que ces bâches sont des talismans assurés contre la foudre et d'autres sinistres. Il est encore, au jour actuel, souvent impossible d'engager certaines personnes à vendre des antiquités en pierre, vu qu'elles croient perdre une amulette protectrice- On conserve au Musée de Visby une hache en pierre que, pendant nombre d'années, sa propriétaire tenait suspendue dans sa cuve à bière aiin d'empêcher les BtroUesB (troUen, , sing. troU, follets, mauvais esprits) de gâter le braasin. Il n'y a pas longtemps qu'un paysan du Vermland attachait des haches de pierre en guise de poids îi ses filets, prétendant avoir remarqué que le poisson entrait plus avidement dans ces derniers que dans les filets auxquels ne pendaient pas dea haches pareilles. -Une vertu miraculeuse est attribuée aux objets en pierre même contre les majadies des gêna et des animaux. On conserve au Musée National une hache en pierre,
H&GHEB BU PtBBHS SUPLOYiSB COHUE AUULETTBS. 37
de la province de BlekiDge, dont le tranchant a été réduit en poudre, et donné comme remède à des bâtes malades.
On connût, d'une foule d'époques et de peuples différents, des objets en pierre employés comme amulettes. L'un dés exemples les plus intéressants est sans nul doute une hachette en néphrite, venue probablement de l'Egypte, couverte de formules gnostiques; les caractères sont grecs, du type en usage à Alexandrie dans le 3:ème et le 4:ème siècle de notre ère.
L'âge dn tironze.
Pendant l'âge de la pierre, lea habitants de la Suède s'étaient élevés au-dessus de la condition des peuples usauvages». Mais, aussi longtemps qu'ils ignorèrent totalement l'usage des métaux, il leur fut impossible d'atteindre à un degré supérieur de civilisation. Enfin, quoique tard, parvinrent jusqu'à nos lointaines contrées les fVuits des travaux des peuples civilisés de l'Orient dans le domaine de la culture humaine, et la connaissance des métaux, d'abord uniquement celle du bronze et de l'or, inaugure pour le Kord seaudinave une période nouvelle, que l'on a nommée Vâge du bronze.
On comprend, sous cette dénomination, la période de ' l'histoire primitive de la civilisation des peuples du Nord, où ils remplacèrent, dans la confection de leurs armes, de leurs outils, etc., la pierre par le brome, c.-à-d. par un alliage de cuivre et d'étwn.
Avant d'aller plus loin, je crois devoir appeler l'attention sur ce qu'il y a d'incorrect dans l'idée plus ou moins répandue que toute» les antiquités en bronze sont attribuées à l'âge du bronze par les archéologues.' Il est naturel que, même après la fin de cette période, il s'est fabriqué, comme de nos jours, des vases, des anneaux, des agrafes, des broches et d'autres objets du même métal, quoiqu'ils soient ordinairement d'un'allit^e un peu diffé-
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