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CONDITIONS F.VVORAW.ES A L'HYPNOSE

décrit les jouissances d'un petit ciiat qui boit son lait. « Donnez à un petit carnassier, à un petit chat, par exemple, quelque liquide savoureux et sucré ; voyez-le s'avancer lentement et flairer avec attention ; ses oreilles se dressent, ses yeux largement ouverts expriment le désir, sa langue impatiente, léchant les lèvres, caresse et déguste d'avance l'objet désiré. Il marche avec précaution, le cou tendu. Mais il s'est emparé du liquide embaumé; ses lèvres le touchent, il le savoure; l'objet n'est plus désiré, il est possédé ; le sentiment que cet objet éveille s'empare de l'organisme entier; le petit chat ferme alors les yeux, se considérant lui-même tout pénétré de plaisir. Il se ramasse sur lui-même, il fait le gros dos, il frémit voluptueusement, il semble envelopper de ses membres son corps, source de jouissances adorées, comme pour le mieux posséder; sa tête se retire doucement entre ses deux épaules, on sent qu'il cherche à oublier le monde, désormais indifférent pour lui; il s'est fait odeur, il s'est fait saveur, et il se referme en lui-même avec une componction toute significative ^. » N'est-ce pas, traits pour traits, une description de l'extase ?

Descendons d'un degré encore. Arrivons à ces sensations sourdes, mal différenciées, qui correspondent à l'ensemble des impressions confuses que nous recevons du dehors, à l'état général de notre organisme, et qui ne se traduisent dans la conscience que par un vague sentiment de bien-être ou de malaise. Il semble bien qu'elles ne puissent nous fournir un objet de contemplation. Essayons pourtant de nous représenter l'état d'esprit du lazzarone qui se chauffe au soleil, adosse à un vieux mur ; de l'enfant qui par une matinée d'hiver, enfoncé sous ses couvertures, ramassé sur lui-même, blotti au plus chaud de son corps, savoure la joie d'être encore au lit ; du convalescent qui se sent revivre. «Je me souviendrai toujours, écrivait Guyau, de la sensation extraordinairement suave que me causa, dans l'ardeur d'une fièvre violente, le contact de la glace sur mon front. Pour rendre très faiblement l'impression ressentie, je ne puis que la comparer au plaisir qu'éprouve l'oreille en retrouvant l'accord parfait après une longue série de dissonances ; mais cette simple sensation de fraîcheur était bien plus profonde.

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