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en obtenir l'application ». Ce programme, qui (levai! concilier à la luis les éléments exaltés el les éléments modérés du parti, csi accepté par I assemblée unanime, mais il ne fui pas facile de former un comité qui voulût se charger de l'exécution, car les « Jeune Suisse o se déliaient du modérantisme îles chefs, auxquels ils prodiguaient les invectives presque autant qu'aux ultramontains. Maurice Barman assuma toutefois la charge de la présidence. Pendant ce temps, le Haut-Valais s'organisait militairement, sous la direction «le Guillaume «le Kalbermatten, ancien officier de Charles X. Le moindre incident allait déterminer le choc entre les deux partis.
Dans la nuit «In 1 mai, divers actes d'agression sont commis contre des libéraux, à Vérossaz, au-dessus de Si-Maurice: l'auteur présumé de ces actes, un députe suppléant au grand conseil, nommé Jacques Voëffray, tombe aux mains «les h Jeune Suisse » accourus «le Si-Maurice i'l «le Massongex, et qui lui administrent «les coups de bâton. Voëffray est ensuite emprisonné avec un libéral, nommé Daves, mais bientôt mis en liberté par le vice-châtelain de Werra, tandis «pie Daves reste en prison. Les libéraux courent à la prison, délivrent ce dernier, enfoncent les portes de la maison «le Werra: dans la mêlée qui s'engage, le I) Delapierre, vice-président de St-Maurice, csl blessé à la tète d'un coup de bâton. ('.«'1 incident est aussitôt mis à profit par le gouvernement. Il s'adresse au directoire, alors présidé par Siegwart- Mûller, pour réclamer l'assistance fédérale; en même temps il nui sur pied un bataillon <\u contingent fédéral et convoque le grand conseil. Lis libéraux, non seulement du Valais, mais «le toute la Suisse, estimant «pie le gouvernement du Valais agissait «le connivence avec le directoire, protestent contre la demande d'intervention fédérale. Berne et Vaud refusent «renvoyer «les troupes cl d'accorder le passage a celles des autres cantons. Le directoire, embarrassé, nomme «les commissaires, d'abord le landamman Schmidt, d'Uri, et le bourgmestre Bourkard, «le Bàle, pins, sur le relus de celui-ci, le landamman Blœsch, «le Berne, qui refuse également; alors, il a la funeste idée d'envoyer a Sion l'un «le ses membres, Bernard Meyer, en mission secrète, avec des plei us pou voirs éventuels «le commissaire. Dès le il mai. le conseil d état «I u Valais Taisait démentir, contrairement a I «'v idence, qu'il eût appelé des représentants et des bataillons fédéraux. Réuni le 1 I mai. a l'extraordinaire, le grand conseil est saisi
d'un rapporl du gouvernement qui, plein de violence à I adresse du comité de Martigny, s'abstenait de faire «les propositions expresses. La discussion qui eut lieu à ce sujet fut relativement modérée ; mais criait un trompe-l'œil, car, dans la coulisse, une machination s'élaborait. Le l(j, jour férié, la majorité se réunit secrètement chez le chanoine Machoud, sous les auspices de Bernard Meyer ; là, elle décide de faire marcher en masse les Haut-Valaisans contre le Bas-Valais ; des exprès partent le jour même, porteurs des ordres nécessaires, entre autres d'appels datés de Sion, 16 mai, et signés par les députés des dixains supérieurs, qui invitent « toutes les compagnies de volontaires organisées à se réunir immédiatement à Sierre ». Le lendemain 17, en séance officielle, trente-neuf membres de la majorité proposent : la nomination d'un comité de salut public à adjoindre au conseil d'état, la nomination d'un commandant en chef pour les troupes « qu'on serait dans le cas de mobiliser », des pleins-pouvoirs au gouvernement, la dissolution des sociétés politiques non autorisées par le grand conseil. Voyant que toute discussion était inutile, les députés libéraux quittent la salle, non sans avoir protesté contre les agissements du conseil d'état, qui n'a pas soumis au grand conseil sa correspondance intégrale avec le directoire, mais en a supprimé les passages compromettants. En leur absence, Guillaume de Kalbermatten est nommé commandant en chef des troupes « qu'il s'agit de mobiliser ».
Sur la nouvelle que le Haut- Valais se lève en niasse, Maurice Barman fait appel aux libéraux bas-valaisans. Le 1<S , les colonnes ennemies s'avancent de part et d'autre sur Sion. Les libéraux, étant les plus rapprochés, sont sur le point de s'emparer les premiers du chef-lieu. Pour fournir à Kalbermatten le temps d'arriver, le grand conseil, réuni le H), à (i heures du matin, décide artificieusement d'envoyer des commissaires à la rencontre des chefs pour les arrêter dans leur marche. Barman, confiant dans la loyauté de cette décision, se conforme à la demande des commissaires et arrête ses troupes vers le pont de la Morge, tandis que les Haut-Valaisans continuent leur marche et l'ont irruption dans la ville, qui leur est abandonnée sans défense par les troupes du gouvernement. Cette suite de trabisons porte au comble la fureur des libéraux. Mais, inférieurs en nombre (environ 1500 hommes), organisés d'ailleurs trop à la haie, il ne leur reste qu'à battre en retraite devant près de 8000 Haut-Valaisans. Pendant qu'ils suivent le fond de
la vallée, soutenant des escarmouches à Ardon el à Riddes, don! le pont est brûlé par accident, 1rs a Vieille Suisse g de l'Entremont, de Sainl Maurice, de Salvan et du val d'Illiers, pour leur couper la retraite, vont se placer en embuscade suii au hameau de la Balma, soil sur les iiiniits du Far et du Trient, Lorsque la colonne libérale s'avance de Martigny sur Evionnaz, elle est accueillie par un feu meurtrier, qui défend les approches du pont du Trient. Après des efforts infructueux, en particulier de .loris, qui traverse six lois le Trient sous le feu ennemi, elle doit se replier en désordre sur Martigny. Soixante-dix hommes soui lues de part et d'autre. La cause libérale était vaincue. Les communes du Bas-Valais curent à payer de lourdes contributions. I.es chefs libéraux, Maurice et Joseph Barman, .loris, Dufour et d'autres furent exilés. Le grand conseil vota une nouvelle constitution, qui rendait à l'évêque le droit d'avoir trois députés au sein du pouvoir législatif, et qui donnait à l'église une influence prépondérante sur l'école, en même temps qu'elle exonérait le clergé de tout impôt.
Ces événements du Valais, que nous avons racontés avec quelque détail tant à cause de leur gravité que parce qu'ils caractérisent les luttes ardentes de cette époque, attisèrent dans toute la Suisse le brasier des liassions politiques. Il était bien difficile aux esprits modérés de rester calmes devant de telles atrocités. Les partis devenaient toujours plus tranchés. On était « Jeune Suisse » ou a Vieille Suisse » presque forcémenl : des deux côtés, on se jetait à la lace les épithètes de rîstous (aristocrates) et de gripious (radicaux), et des injures on en venait rapidement aux mains : les milans i juste milieu) étaient les plus maltraités de tous. El quand on considère l'enchaînement des faits, on doit reconnaître que les fautes étaient tellement partagées, tellement réciproques, qu'il n'était pas possible, alors, dans la poussière du combat, de démêler justement la part des uns et la part des autres La conviction s'imposait de plus en plus, aux patriotes clairvoyants, qu'un pouvoir central, juste el suffisamment fort, était seul en étal de rétablir l'ordre el d'assurer la paix entre les partis. Mais ce pouvoir central, comment le l'aire surgir au milieu de l'extrême division (les esprits \'
Le peuple suisse resseni bla i t a un lieux c- déchaîné dont les ondes
se in ■urteiii en grondant et se précipitent vers une gorge étroite qui ternie l'horizon. Sur ces îlots furieux, nos destinées politiques, comme
une frêle nacelle emportée par un tourbillon, s'en allaienl à l'aventure sans que personne pût entrevoir ['.issue finale. Il n'y avait plus de main assez forte pour les contenir el les diriger sûrement. Chacun sentait que la catastrophe ne pouvait plus tarder à se produire, et les plus intrépides comme les plus timorés fermaient les yeux en se disant : « A la grâce de Dieu ! d'une manière ou d'une autre il faut en finir ! » La crise n'avait cependant pas encore atteint son maximum d'intensité. Jusqu'ici, les luttes que nous avons décrites s'étaient dénouées à l'intérieur des cantons, avec ou sans assistance fédérale. Désormais, nous allons voir la mêlée devenir générale, le pacte de 1815 va être déchiré de toutes parts, et c'est sur des débris couverts de sang que la régénération du pays s'accomplira.
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