‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 21 sur 74 · II. — Neuchâiel et Genève · texte numérisé non relu

II. — Neuchâiel et Genève

On aura remarqué, au cours de ce récit, que les nouveaux cantons créés en 1803 et en 1815, surtout Saint-Gall, Argovie, le Tessin, le Valais, Neuchàtel et Genève, ont été fréquemment |le siège de troubles, et par suite l'objet d'inquiétudes pour la confédération. (Test que la plupart avaient à faire l'apprentissage difficile, sous plus d'un rapport, de la liberté, de l'autonomie démocratique.

Dans leur jeunesse et leur inexpérience, on ne saurait donc leur en vouloir beaucoup de s'être montrés un peu turbulents, alors que leurs aînés, Zurich, Berne, Lucerne, Schwytz, Fribourg, Soleure, Baie, donnaient eux-mêmes le mauvais exemple en se laissant emporter à des actes révolution naires qui compromettaient non moins gravement la paix intérieure du pays. Pour le moment, ce sont les deux lils cadets de la famille helvétique, Neuchàtel et Genève, qui vont absorber complètement notre attention.

Depuis la révolution toute pacifique du 1" mars 1848, Neuchàtel avait développé sans trop de secousses le régime républicain, grâce, entre autres, aux admirables qualités d'homme d'état d'Alexis-Marie

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Alexis -Marie Piaget

\r.\v A. BACHELIN.

(Gravure extraite de la brochure La République neuchâteloise,

par Numa Droz.)

Piaget. Mais l'aristocratie et ses adhérents n'avaient pas désarmé ; ils attendaient toujours l'occasion d'une revanche, inévitable et prochaine à leurs yeux. La constitution républicaine n'avait été adoptée le 30 avril 1848 que par 5813 suffrages contre 1395, el cela avec l'appui des patriotes neuchàtelois établis au dehors, qui étaient venus en grand nombre pour le vote. Aussi les chefs royalistes se plaisaient-ils à prétendre, dans leurs démarches incessantes auprès du roi de Prusse el des autres puissances, qu'ils avaient la majorité (neuchàteloise) du

pays derrière eux. Ils essayèrent

d'en faire la démonstration, une première l'ois, en 1<S49, à Engol- Inii. au Val de-Ruz, où ils se rencontrèrent près de 3000, à une assemblée de la bourgeoisie de Valangin, qui était censée représenter l'élément libéral du canton: une seconde l'ois, en 1852, à Valangin même, où ils convoquèrent le han et 1 "arrière-ban de leurs fidèles. Celte fois-ci, les républicains décidèrent de faire une contre-manifestation le même jour, au même endroit, à l'imitation peut-être de ce qui s'était passé à Mûnsingen, le 20 mars 1850 (voir page 278). Ils arrivèrent au nom lue de 8000 avec des centaines de bannières, tandis que les royalistes n'étaient guère plus de 2.")(I0 (6 juillet 1852). Les élections au grand conseil, qui avaient eu lieu la même année, en mars, ne laissaient d'ailleurs aucun doute sur les sentiments républicains de la grande majorité du pays: sur 88 sièges, I opposition n'en avait obtenu que 14. Quatre ans plus tard, la division s étant mise dans les rangs des patriotes, à cause de rivalités de chemins de fer entre le Val-de-Travers et les Montagnes, les élections législatives renforcèrent quelque peu l'opposition.

Les royalistes crurent le moment venu de faire un soulèvement. Ils voulaient essentiellement par là forcer la main au roi de Prusse et à son ministère qui, à leur gré, les négligeaient trop, car sauf auprès du

Henri - Florian Calame.

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