I. Il AI FEDERATIF
les catholiques, finit par succomber. Il ne fut réélu au conseil d'étal ni en 1861, ni en 1863, aux électiohs générales. En 1864, un poste étant devenu vacant, son parti lit des efforts inouïs pour le faire passer, mais son compétiteur, Arthur Chenevière, l'emporta (21 août). Le bureau général de l'élection, qui en majorité était radical, refusa de proclamer le résultat, ce qui avait lieu, d'après la coutume, par une pu blication dans les rues de la ville. Il fallut, sous la pression populaire, que le conseil d'étal décidât lui-même la proclamation (22 août). Au moment où les huissiers qui en étaient chargés arrivaient, suivis d'un long cortège, au bas de la rue de Chantepoulet , ils furent accueillis par une fusillade, qui fit plusieurs blessés. Cette affaire émotionna profondément la Suisse, déshabituée des procédés révolutionnaires. L'intervention fédérale fut réclamée par le conseil d'état, et un procès
monstre s'engagea contre les principaux auteurs de l'agression, au nombre de 12, et contre deux des meneurs du parti adverse. Ce procès, jugé en décembre devant les cours d'assises et dans lequel la politique genevoise fut traitée au long et au large par les avocats des deux partis, assainit la situation. Il se termina par l'acquittement de tous les prévenus. Dès ce moment, Genève sortit de 1ère de troubles qui avait marqué son existence depuis tant d'années. L'influence pacifiante de la confédération avait produit cet excellent effet.
Bien avisée dans l'affaire de Neuchàtel, incohérente et maladroite dans celle de Savoie, patriotiquement inspirée à l'égard de Genève, la
James Fazy.
M M \ IlliO/
politique fédérale prenait d'année en année, à travers même ses défaillances, une assiette plus solide Le peuple s'habituait à compter sur la confédération comme sur un ferme appui. L'esprit national se formait. On se trouvait pins heureux smis les nouvelles institutions qu on ne l'avait jamais été jusque là. Tel est le bilan tics huit années que nous venons de passer en revue.