‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 27 sur 74 · I. ETAT FEDERATIF · texte numérisé non relu

I. ETAT FEDERATIF

Ce projet fui renvoyé à une commission du conseil national, qui crut devoir inviter les citoyens à faire connaître leurs vœux sons forme de pétitions, montrant ainsi son désir d'élargir à son tour le champ de la revision. Mais à peine cette décision était-elle prise que, comme un coup de foudre, éclata la guerre franco-allemande (juillet 1870).

La guerre se présentait, pour la neutralité suisse, dans des conditions particulièrement difficiles.

Il s'agissait pour notre pays de se montrer à la hauteur du rôle international que l'Europe lui avait confié. Au moment de la déclaration de guerre, les chambres étaient réunies. Toute affaire cessante, elles décidèrent de mettre sur pied cinq divisions. Dufour ayant décliné, à cause de son grand âge (83 ans), une nouvelle nomination de général, leur choix se porta sur le colonel Hans Herzog, d'Argovie, instructeur en chef de l'artillerie, et sur le colonel Rodolphe Paravicini, de Bàle, comme chef d'état-major. De son côté, le conseil fédéral s'empressa de proclamer la neutralité de la Suisse et de la Haute-Savoie dans une note aux puissances du 18 juillet. D'autres mesures pleines de sagesse furent prises pour parer à la crise monétaire qui se fit sentir sur-le-champ, el pour assurer les approvisionnements de toute sorte qui ne pouvaient plus suivre les grandes routes commerciales de la France et de l'Allemagne. En quelques jours, l'angle que forme notre frontière entre ces deux pays fut garni de troupes. Le peuple suisse allait assister pendant des mois, en spectateur anxieux, aux phases diverses de la lutte la plus émouvante de l'histoire contemporaine. Bien que ses sympathies fussent d'abord plutôt du côté de l'Allemagne, si frivolement attaquée par Napoléon III, puis du côté de

Hans Herzog.

La Suisse tut XIX' siècle. I.

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l.i France après la bataille de Sedan, illis ne se traduisirent en aucune manière par des actes contraires à la neutralité. Le bombardement de Strasbourg fournil à la Suisse une occasion touchante <li' remplir le seul rôle qu'elle ambitionne et qui lui incombe en cas de guerre comme gardienne (!<• la convention de la Croix-Rouge, due à son initiative, celui d'une sœur de charité. Elle sollicita el obtint du quartier-général allemand l'autorisation de faire sortir 800 vieillards, femmes et enfants de la ville assiégée . une délégation composée des présidents des villes de Zurich et de Berne, le I)1 Rœmer et le colonel de Bûren, et du Dr

9 MM^miïmmm.

Le t bal de Croix, vu de la frontière suisse.

D'après un dessin </<■ A Baclielin.

Bischoff, chancelier de Bàle, se rendit à Strasbourg pour celle mission humanitaire. Apres Sedan, le théâtre de la guerre s'étant déplacé vers Paris et le nord de la France, l'effectif des troupes put être diminué. Cependant, vers le commencement de novembre, il parut nécessaire de réoccuper de nouveau d'une manière plus sérieuse la frontière jurassienne- de Ste-Ursanne à Bàle. Garibaldi, qui s'était jeté avec u\\ corps de volontaires sur les flancs de l'armée allemande, opérait autour de Dijon. Il fut refoulé assez loin du côté de Lyon, à tel point que les Savoisiens prirent peur et demandèrenl au conseil fédéral de faire occuper leur pays. Un instant, le conseil fédéral y songea en effet : les mesures nécessaires furent préparées, mais les événements ne tardèrent pas a rendre celle éventualité superflue

I. hiver de 1870-71 se montra des plus rigoureux. Du haut des pla-

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