L.-H. Delarageaz
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avec de légères restrictions en faveur des cantons. On élargit les droits individuels et l'on reconnut à' la confédération le droit de légiférer dans divers domaines, tels que les eaux, les forêts, lâchasse, la pèche, les billets de banque, les fabriques, etc.
Ce projet provoqua une vive opposition, qui se recrutait principalement dans la Suisse catholique et dans la Suisse romande, surtout dans le canton de Vaud, où Delarageaz, Louis Ruchonnet, Eytel menaient une campagne ardente.
Adopté par les chambres le ô mars 1872, il fut repoussé le 12 mai suivant par 260 859 voix contre 255 606, et par 13 cantons contre 9. La faible majorité populaire cpii s'était produite laissait tout espoir qu'un second essai serait plus heureux. « La revision est morte, s'écria-t-on, vive la revision! »
Et en effet, au mois de décembre 1872, le conseil fédéral fut invité à présenter un nouveau projet de constitution. Des deux membres de ce corps qui, adversaires du projet du 5 mars, avaient travaillé à le faire rejeter par le peuple, l'un, Dubs, 5„„ ayant démissionné en juillet, avait été remplacé par son concitoyen Scherrer, du parti démocratique zuricois ; l'autre, Challet- Venel, de Genève, ne fut pas réélu en décembre, et l'assemblée fédérale lui donna pour successeur Eugène Borel, de Neuchàtel.
« Il nous faut les Welches! » s'écrièrent alors les révisionnistes de la Suisse allemande. Et dans ce but, ils s'efforcèrent de conclure avec les libéraux et radicaux de la Suisse romande un compromis qui put assurer la réussite d'un nouveau projet. Les bases en furent jetées dans une grande association populaire (VolksvereinJ , fondée au printemps de 1873, et qui organisa en juin, à Soleure, une assemblée
Ph.-A. de Secjesser.
monstre , VolkstagJ, comptant 20 a ''•"> mille citoyens de toutes les parties de la Suisse. Le programme de la révision développé dans cette assemblée populaire, et qui lui ensuite agréé dans ses grandes lignes par les chefs radicaux de l'assemblée fédérale, comportait de notables
atténuations du projet rejeté, surtout en ce qui concerne le droit et le militaire. Par contre, il accentuai! les dispositions relatives à la liberté de conscience et des cultes, afin de donner satisfaction aux tendances
les plus nobles du Kulturkampf. Car la lutte politicoreligieuse continuait à sévir de plus belle dans les cantons. Le dogme de l'infaillibilité papale n'avait pas l'approbation de tous les fidèles; le chef du parti catholique suisse, Philippe- Antoine de Segesser (Lucerne), l'avait entre autres combattu dans une brochure, et plusieurs prêtres déclaraient ouvertement qu'ils ne sa m'aient l'enseigner. In certain nombre de ceux-ci ayant été destitués par Mgr Lâchât, évêque de Bàle, les cantons (le ce diocèse (voir page 148) moins deux. Lucerne et Zoug, le déposèrent a leur tour (janvier 1873). Soixante-neuf prêtres du Jura protestèrent contre celte mesure; ils furent exilés par le gouvernement de Heine, qui dut mettre des troupes sur pied pour contenir les populations jurassiennes. Une loi ecclésiastique fut ensuite votée à Heine, imposant diverses mesures contre lesquelles l'église protestait (nomination des curés par les paroisses, droit de place) plus rigoureux, etc. )
Ailleurs aussi, par exemple à Neucllàtel. on sentait le besoin de réviser les lois ecclésiastiques pour les mettre à la bailleur des idées modernes, qui m- permettent plus d'imposer ni aux pasteurs, ni aux troupeaux, une confession de foi officielle que leur raison et leur conscience n'acceptent pas.
i nillod.