‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 3 sur 74 · I II · texte numérisé non relu

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Fense de mui ami Voltaire, Rousseau, dans ses I^ettresde lu montagne, soulevai! le parti de l'opposition contre le gouvernement. Ce duel lil téraire eut pour conséquence des troubles civils qui amenèrent, en lTi'vii. une intervention de la France el des|états de Berne et de Zurich Les Genevois ayant refusé toute proposition de médiation de la part de ceux-ci, les Français (urenl Mineurs à user de représailles.

Il \ avail à Genève d'autres écrivains qui suivaient une roule plus pacifique Charles Bonnet, l'auteur «les Considérations de la nature,

de la Psychologie, de la Palingénésie philosophique el de la Défense du christianisme; Burlamaqui et Abauzi! : les naturalistes Jean Trembley, Horace - Bénédicl de Saussure et Guillaume- Antoine • le Lue (1729-1812); l'astronome Jacques-André Malle! (1740-1790), les historiens Mallet-Dupan, Tronchin el Verne! : l'écrivain politique de l.olme el Jacques Necker(1732- 1804), l'illustre ministre des finances sous Louis XVI. Genève, :'i la lois pays allié île la confédération el ville de province française, eu!

l'avantage île voir naitre deux écrivains qui lu ri- 1 1 1 les hommes île confiance <lu plus grand orateur de la France : Etienne Dimiont el l'une Ahniiu Reybaz. Tandis que Mirabeau, entraîné pur le tourbillon des plaisirs, suivait, au milieu des événements qui se | récipitaient, les méandres île sa politique, ses collaborateurs Dumont el Reybaz aiguisaient pour lui les traits de ces discours qui devaient avoir nue influence si puissante sur lu révolution. C'esl Reybaz qui composa les discours sur le papier monnaie assignats), sur l'irréductibilité de lu délie, sur l'égalité des successions que Talleyrand prononça après la mor! de Mirabeau. Même le discours sur le célibat, publié par le fils de Mirabeau, Lucas Montigny, ce discours qui p;isv,. pom un des plus beaux du grand orateur, est dû

Pris \>u>- Howloii.

Rousseau à la promenade.

Composition </<* N. Monsiau. (Collection Bastard '

I\ l'KODI CI ION

à la plume du Genevois Reybaz, comme l'a démontré Philippe Plan. Mirabeau même s'excusait auprès de lui des quelques changements de forme qu'il s'était permis.

A l'instar des humanistes du moyen-âge, qui, par patriotisme local ou pour défendre une vieille légende populaire, falsifiaient les chroniques et les documents, deux historiens de Neuchàtel, Georges de Montmollin et Samuel Pury, inventèrent un roman historique, les Chroniques des chanoines de Neuchàtel, où ils reproduisaient avec bonheur le style des anciennes chroniques. Ce récit avait pour but à la fois de flatter l'orgueil nobiliaire des nouvelles l'amilles de l'aristocratie et de prouver ([Lie Neuchàtel avait fait partie de tout temps de la Suisse.

Neuchàtel est la patrie du célèbre Ma-

rat (de Boudry). Là aussi vivait une grande dame. M"" de Charrière (1750-1805), originaire de Hollande, écrivain d'esprit qui groupait les jeunes talents qu'elle encourageait. Républicaine de race, enthousiaste de la révolution française, M"" de Charrière qui, par son mariage, était devenue Vaudoise, ne craignit pas d'adresser, en 1793, au gouvernement de Berne, un mémoire dans lequel elle lui conseillait de rendre au pays de Vaud ses anciens droits et sa liberté. C'est le moment où, dans le même ordre d'idées travaillaient les patriotes César d'Ivernois et les deux Vaudois Benjamin Constant, de Lausanne.

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