PREMIER PRÉSIDENT DE LA CONFÉDÉRATION
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Tanl que notre confédération posséda le système représentatif pur. avec deux chambres (1848-1874), elle fut, dans son essence, un état loul moderne, constitué sur des hases théoriques. Ce n'est que depuis I extension < 1 u droit de vote du peuple dans les cantons et la confédération qu'elle retourne a ses origines historiques, et si l'on poussait ce système jusqu'à son développement extrême par l'institution d'un référendum obligatoire (qui n'existe pas encore pour la confédération elle-même), on aboutirait probablement par là au rétablissement de l'antique diète. La vie politique intérieure de la confédération est la résultante de ers courants opposés, liés les uns, par la période révolutionnaire, les autres, par les temps antérieurs à celle-ci.
'l'ont récemment est venue s'y mêler ce qu'on appelle la question sociale, lue minorité seule a pris à l'égard de celle-ci une position nette. Cette question a, du reste, elle aussi, son arrière-plan historique, celui-ci apparaîtra clairement quand elle intéressera également les campagnes et se transformera ainsi de lutte de classes qu'elle est aujourd'hui en un problème tout général : l'amélioration des conditions de la \ ie humaine. Le régime des biens fonciers, spécialement le mode (h1 jouissance des biens communaux, est né lors de la substitution de I organisation moderne à celle du moyen âge, par une sorte de révolution politique et sociale et de liquidation forcée des anciens droits. spécialement de ceux des seigneurs. Elle ne serait celtes pas ingrate la lâche de l'historien qui exposerait an point de vue juridique et sous son véritable jour. celte révolution sociale, telle qu'elle s'est déroulée dans notre pays. Il pourrait, en particulier, décrire son aspect le plus frappant : la déchéance économique des grands seigneurs terriens. Citons, à titre d'exemple, l'histoire du dernier comte de
Gruyère, dont la faillite pourrait être retracée au moyen des recès de la diète; ou la lin aussi misérable des barons de Sax, dont l'un axait été le chef suprême des confédérés dans l'une «le leurs plus mémorables campagnes (1512); ou la chute de degré en degré des puissants comtes de MonHorl. dont le dernier niourul enfin en 1 7.S7, à Tettnang, à l'état de petit capitaliste oublié de tous, laissant au Tonds des pauvres sa
fortune de 13 999 •'■eus 27 kreutzer.
Pour que de tels laits aient pu se produire, il faut qu'il soit survenu sur notre territoire et dans un cercle 1res restreint des révolutions politiques et sociales qui ne le cédèrent en rien à celles par lesquelles
DHOIT PUBLIC SUISSE
le socialisme médite de bouleverser le régime des biens actuel. En Suisse, d'une manière générale, les communes ont été les héritières de ces grands seigneurs terriens du moyen âge ; l'étal économique et juridique de celles-ci s'est complètement modifié par la dissolution des anciens liens qui unissaient le seigneur, propriétaire de la terre, à ses gens, et par la naissance des communes campagnardes actuelles. C'est également là, et non dans la réorganisation de la propriété mobilière que gît aujourd'hui le point capital de la question sociale pour la plus grande partie de la Suisse. Toutefois, les socialistes proprement dits ne le comprennent guère. Ils ont, pointa plupart, adopté une sorte de programme international et sont peu disposés à donner une hase historique à leurs revendications. Tant qu'il n'est question chez nous que de procurer aux classes ouvrières, au sens industriel du mot, une existence assurée, on ne saurait dire qu'il s'agisse d'une véritable «question ». Car il va pour ainsi dire de soi dans une république démocratique, qu'une existence digne de leur condition d'homme doit être possible à tous ceux qui en ont réellement la volonté; l'état, reposant lui-même sur l'égalité absolue de droits, et si possible sur la participation de tous au gouvernement, ne peut se trouver sur ce terrain en opposition violente avec les réclamations fondées de telle ou telle partie du peuple régnant ; ce qui est à la rigueur admissible sous une autre constitution politique. Jamais la partie saine de notre population ouvrière ne pourra se sentir longtemps une classe méprisée ou négligée. Une telle pensée ne peut germer que sur le terrain politique où elle est née. Nous, Suisses, nous pouvons dire avec Voltinius (du Piètre de Némi) : « Une
Jean-Ulrich Schiess