V. - - Le Pacte de
La paix qui sui\il les bouleversements et les agitations des quinze premières années du siècle permettait aux cantons liés par le pacte de l.si"> de songer en toute tranquillité d'espril à doter la Suisse d'une organisation militaire sérieuse. Mais ni l'effondrement de 179<s, ni les calamités qui en furent le résultat direct, ni les dures réquisitions de l'empire, ni les humiliations de 1813 et de 1 «S 1 5 où on vil clairement combien le respect de la neutralité suisse et des moyens dont les caillons disposaient pour la défendre pesaient peu dans l'opinion des cabinets et des états-majors de l'Europe, aucun de ces faits, tristement éloquents pourtant, n'avait rien appris aux hommes qui alors prirent ou reprirent dans leurs mains le gouvernement du pays. Sans doute, on lit quelques efforts pour perfectionner les institutions militaires, mais on resta à l'antique tradition des contingents cantonaux et il ne vint à l'esprit de personne de proclamer bien haut que le moment était enfin venu de rompre avec un passé qui avait eu ses grands jours, mais qui ne répondait plus aux besoins, et de créer une armée nationale. Tondant les contingents des cantons en un tout homogène, sous une seide responsabilité et un commandement unique, une armée suisse sous le drapeau de la Suisse. On mit en revanche beaucoup de soin et d'empressement à renouer des capitulations pour fournir des mercenaires à la France, à l'Espagne, à l'Angleterre, aux Pays-Bas, à la Sardaigne, à Naples, à la Prusse, plus de trente mille hommes sur dix-sept cent mille âmes de population, un effectif à peu près égal à celui du contingent fédéral tout entier I
Le pacte de 1815 n'astreignit point tous les hommes valides au service. Il exigea seulement des cantons un « contingent fédéra] » d'en- \ iron quatre pour cent de la population, soit ,'i,'i 7.">.s hommes d'élite et autant de réserve, répartis d'après une échelle, tout comme les contingents d'argent. Les cantons qui devaient fournir du matériel et du