ARMEE SUISSE
personnel d'artillerie étaient nominativement désignés : les autres fournissaient les attelages du pare de réserve. L'infanterie était formée en bataillons. L'embrigadement et l'endivisionnement ne s'opéraient qu'en cas de mobilisation, par les soins <lu général en chef, élu par la diète. Une commission militaire, nommée par la diète, était chargée du contrôle et des inspections; on la dota, en 1818, d'un secrétaire permanent. On créa un état-major, comprenant un major général
Artillerie suisse dans un marécage.
(Gravure extraite de l'Annuaire tir* artilleurs zuricois.)
quartier-maître, un inspecteur de l'artillerie, un commissaire général des guerres, dix-sept colonels et un certain nombre de lieutenantscolonels et de capitaines, en tout soixante-neuf officiers. On créa aussi. à Thoune, uw école centrale pour officiers el sous-officiers d'artillerie et du génie ; elle durait deux mois, sous les ordres d'un directeur et de trois instructeurs. Dix ans plus tard, en 1827, on commença à y appeler aussi des officiers d'infanterie. Enfin, on organisa, à Thoune également, un camp d'exercice où devait être appelé annuellement un détachement combiné des différentes armes. Dès 1820, il y eut, tous les deux ans, à Wohlen, à Bière, à Thoune, dans divers autres lieux, des a rassemblements de troupes ». de huit jours d'abord, puis de
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quinze, où on me lia il en ligne environ 2500 hommes pour des manœuvres en campagne, En 1829, les dépenses militaires de la confédération s'élevaient à 82 ni m francs. Un « fonds de guerre », alimenté, comme le budget militaire, par le produit des douanes, créées dans ce but, comptait l'année suivante trois et demi millions de francs.
L'instruction des troupes incombait du reste aux cantons. Elle était donnée suivanl des règlements fédéraux, promulgués successivement pour l'artillerie, pour l'infanterie légère, pour les carabiniers, la cavalerie, l'infanterie, l'administration, etc. lui 1.S2N, on élabora un code pénal militaire. Dès 1822, on commença les premiers travaux de triangulation pour l'établissement d'une carie générale du pays.
La première mobilisation, sous le régime du pacte, fut celle de 1831, motivée par la fermentation générale qui régnait alors en Europe. Le 20 décembre 1830, la diète ordonna la mise de piquet de tout le contingent d'élite et l'organisation de la landwehr. Le colonel Guiguer de Prangins fut élu général en chef, avec le colonel Dufour comme chef délai-major, lui l'ail, on ne mobilisa que les états-majors, plus trois bataillons d'infanterie du Valais, de Vaud et de Genève, qui occupèrent, pendant quelques semaines, Genève, Si-Maurice et Martigny. Mais on profita de la circonstance pour organiser les divisions, au nombre de cinq, à quatre brigades chacune, exigeant cinq divisionnaires et vingt brigadiers pour trente mille hommes, sans compter les commandants des armes spéciales et des services auxiliaires. Un détachement de troupes du génie, de Berne, fut employé à fortifier Saint- Maurice et la route du Simplon. Des travaux de fortification de campagne lurent en outre exécutés au Luziensteig, au St-Gothard, au Splugen, à Aarberg et au pont de Tardis, dans les (irisons. L'étatmajor en eût voulu davantage : on les ajourna, jugeant que le danger n'était pas assez pressant. Les états-majors restèrent sur pied jusqu'au 15 novembre. Celte mobilisation partielle lit une bonne impression au dehors. On en conclut que la Suisse était décidée désormais, non seulement à proclamer sa neutralité dans des documents de chancellerie, mais à la défendre au besoin.
Une autre mobilisation fut celle de l'automne de 1 .S."!S, motivée par le conflit avec la France au sujet iiu prince Lotus-Napoléon. Elle a ceci d'intéressant au point de vue des institutions militaires que le pouvoir fédéral n'y fui pour rien Les levées se firent par les caillons.
L'ARMÉE SUISSE l'.l.'i
à leurs Irais, chacun d'eux nommant un commandanl en chel' à ses troupes. Il y eut ainsi plusieurs armées cantonales juxtaposées, sans commandement supérieur de la confédération.
Genève débuta en levant une brigade de 6600 hommes, sous les ordres du colonel Kunkler, inspecteur des milices. La population y mit un véritable entrain, l'n grand nombre d'anciens soldats demandèrent à être réinscrits sur les contrôles et on forma un corps spécial de 300 jeunes volontaires n'ayant pas atteint l'âge du recrutement. En quinze jours, la ville releva ses fortifications et se mit à l'abri d'un coup de main.
Le gouvernement de Vaud suivit, mobilisant 3500 hommes et vingt pièces de canon, sous les ordres du colonel Guigner de Prangins, mettant de piquet 12 5000 hommes d'élite et de réserve et armant, en outre, environ 8000 hommes de landsturm et de volontaires. Toutes ces troupes étaient parfaitement armées, équipées et munitionnées.
L'exemple donné par Genève et Vaud fut suivi dans d'autres cantons encore : Fribourg mit de piquet son contingent ; de même Argovie et St-Gall ; Bàle-Campagne passa la revue du sien et le tint prêt à marcher. Berne mobilisa un bataillon d'infanterie et de carabiniers pour observer les passages du Jura et fit reconnaître par des officiers d'état-major et du génie les positions d'Aarberg et de Buren.
Quant à la diète fédérale, elle se borna, en octobre, à convoquer la « commission militaire », a lin qu'elle étudiât les mesures de défense à prendre. La commission se réunit en effet et, sur sa proposition, la diète ordonna la mobilisation de deux corps d'observation dans lesquels les troupes déjà levées par les cantons devaient être comprises. Le premier, d'environ 8500 hommes, sous les ordres du colonel Zimmerli, eut son quartier général à Soleure ; le second, quartier général à Lausanne, fut placé sous le commandement du colonel Guigner. Le l."> octobre, la commission militaire formula d'autres propositions pour Pendivisionnement du reste de l'armée, mais Louis-Napoléon ayant quitté la Suisse la veille, le conflit n'eut pas d'autre suite. Deux jours plus tard, on licencia les troupes. Toute la campagne se termina par des fêtes patriotiques et l'envoi de « drapeaux d'honneur » aux milices de Genève et de Vaud, gardiennes vigilantes de l'honneur national.