‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 61 sur 74 · ARMEE SUISSE · texte numérisé non relu

ARMEE SUISSE

gents cantonaux formeraient une armée fédérale. Elle interdil aux

caillons les alliances el les traités avec l'étranger OU entre eux, COU centra entre les mains du pouvoir fédéral le service diplomatique, borna la souveraineté des cantons par les dispositions de la constitution fédérale. Elle proscrivit les capitulations militaires et les enrôlements à l'étranger et limita au chiffre de trois cents hommes les effectifs permanents permis aux cantons. On y retrouve cependant

Batterie traversant un village (1880).

D'après un tableau de Ed. Castres.

encore, comme une relique du passé, demeurée aussi dans la constitution de 1.S74, les clauses des anciennes alliances relatives à l'appel au secours (Mahnung ', en cas de danger subit provenant de l'intérieur ou de l'étranger.

La constitution proclama en outre l'obligation pour tout Suisse de porter les armes. Elle divisa l'armée en trois catégories de troupes : l'élite, fournie par les cantons à raison de trois hommes par cent âmes de population suisse ; une réserve, de la moitié de l'élite ; la landwehr, composée de toutes les autres forces militaires des cantons et dont la confédération pouvait disposer aussi en cas de danger. Une loi fédérale posait les bases générales de l'organisation de l'armée. En matière

La Suisse au XIX' siècle. 1.

l'.'N ED. SECRETAN

d'instruction, la confédération centralisait entre ses mains : l'instruction supérieure de toutes les armes, la formation d'un corps d'officiers-instructeurs puni' toutes les armes aussi, l'instruction de l'artillerie, de la cavalerie et du génie. Une disposition constitutionnelle qui permettait de centraliser au besoin l'instruction d'autres catégories de troupes lui servit à se charger aussi de celle des carabiniers. On cira u\^ département militaire, dirigé par un des membres du conseil fédéral et on le chargea de contrôler l'instruction de l'infanterie, laissée aux cantons. Quant aux ordonnances militaires que les cantons pouvaient rendre, elles étaient soumises à l'approbation du pouvoir fédéral, ainsi que l'achat et l'entretien du matériel de guerre dus par les cantons à l'armée. Enfin, comme symbole extérieur de l'unité ainsi réalisée, la constitution proclamait que toutes les troupes au service de la confédération porteraient le drapeau fédéral.

Sous ce régime, l'armée a fait d'incontestables progrès, dans la discipline et dans l'instruction. Les troupes instruites par la confédération surtout acquirent bientôt une grande supériorité sur l'infanterie, Dans les écoles fédérales, on s'était mis sérieusement au travail, alors que dans les écoles des cantons on continuait à se figurer que la bonne volonté et le patriotisme, innés aux milices suisses de par la tradition et l'attachement de tous aux destinées du pays, suppléeraient dans le combat aux lacunes de I instruction technique. Les instructeurs fédéraux axaient hardiment inauguré les exercices en campagne, quand dans les cours cantonaux où on instruisait l'infanterie, on continuait à pratiquer avec sérénité les plus vieillotes routines de places d'armes. A ce prix, le service militaire cantonal, peu exigeant, était en lus grande faveur et ce qu'on appelait « l'esprit militaire des populations o se maintenait en constant éveil. On put le constatera l'entrain général qui présida à la grande mobilisation de décembre 1856 quand, d'un seul élan, une trentaine de mille hommes se portèrent sur le Rhin à l'occasion <\i\ conllit avec la Plusse au sujet de Xeuchàtel. Le général Dufour, réélu au commandement en chef qu'il avait exercé avec tant de tact en 1M7, dressa un plan de campagne qui comportait la levée de plus de cent mille hommes. Il les eût certainement obtenus dans de bonnes conditions d'armement et d'équipement, tant l'ardeur était grande, dans tous les cantons, pour concourir à la défense du pays. « Toute trace de l'ancien Sonderbund était effacée, écrit le général

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Dufour dans ses mémoires : les cantons qui avaienl essayé de se séparer en 1<S47 n'étaient pas les moins ardents sous la bannière fédérale. » L'armée avait été répartie en neuf divisions et une réserve. La division comprenait : trois brigades d'infanterie, à trois bataillons de600 hommes chacune, une compagnie de sapeurs, trois batteries d'artillerie de campagne à six pièces et une compagnie de parc, deux compagnies de dragons el une compagnie de guides d'état-major.

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