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L'ARMÉE SUISSE .")II

L'insti'uction esl donnée aux troupes par les officiers el les sonsofficiers, sous la direction cl la surveillance d'officiers-instructeurs, corps permanent qui comprend, pour les différentes armes, environ deux cents officiers. Les plans et les programmes d'instruction son! préparés par les instructeurs en chef de chaque arme.

Les divers cours d'instruction consistent en: écoles de recrues, cours de répétition, écoles préparatoires d'officiers, écoles centrales, exercices de tir.

La durée des écoles de recrues varie entre quarante-cinq jours pour l'infanterie et quatre-vingts pour la cavalerie. Les cadres se composent en majeure partie d'officiers et de sous-officiers nouvellement nommés ou promus, et d'autres dont on veut constater les aptitudes en vue d'une promotion. L'école terminée, la recrue est incorporée dans une unité tactique. Les écoles de recrues d'infanterie sont inspectées par les commandants des divisions; celles des autres armes, par les chefs d'armes.

Les unités tactiques sont appelées à des « cours de répétition » dont la durée varie entre quatorze et seize jours, suivant les armes. Ces cours sont annuels pour la cavalerie; bisannuels pour les autres armes de l'élite. La landwehr n'est appelée que tous les quatre ans, pour des cours de cinq à sixjours. Les cours de répétition embrassent, suivant un certain tour de rôle, des effectifs plus ou moins considérables : les unités isolées (bataillon, escadron, batterie», les régiments, les brigades, les divisions, les corps d'armée, de telle sorte que chaque année deux divisions sont appelées à manœuvrer l'une contre l'autre, sous la direction du commandant du corps d'armée. Les cours de répétition des différentes unités sont inspectés par le chef sous les ordres duquel elles sont placées ; ainsi le bataillon, par le chef du régiment ; la brigade, par le divisionnaire.

Dans les années où l'infanterie n'est pas appelée à des cours de répétition, tous les hommes qui en font partie, caches et troupe, doivent tirer trente cartouches, dans un tir à conditions; les résultats son! inscrits sur le « livret de tir » dont chaque homme est muni et contrôlés par les officiers.

Les officiers et sous-officiers — l'acceptation des grades est obligatoire — sont appelés à des écoles spéciales, qui se terminent par des examens et la délivrance d'un certificat de capacité. Les sous-officiers

sont nommés par les chefs de compagnie, avec l'approbation du commandant du bataillon; les officiers subalternes et les majors, dans les corps recrutés sur le territoire cantonal, par les cantons ; les officiers .les corps de troupes fédéraux, par le conseil fédéral; les officiers supérieurs, de même, par le conseil fédéral, sur la proposition de collèges d'officiers, diversement composés suivant les grades. Sans entrer dans le deiail de l'organisation des cours pour l'instruction des cadres, notons seulement que si un soldai d'infanterie ne fait au minimum, pendant son passage dans l'élite, que 141 jours de service, le sergent d'infanterie en doit faire au moins 2;i.s dont 158 avant d'avoir obtenu son -rade. Dans le même temps, un capitaine d'infanterie aura fait au moins 488 jours, dont 124 avant d'avoir obtenu son grade; un capitaine de cavalerie, 600 jours, dont 174 pour obtenir son grade, un capitaine d'artillerie, 530 jours, dont 42(> avant le grade. Ces données ne sont au reste qu'approximatives, puisqu'elles sont basées sur une marche tout à fait normale de l'instruction et un service non interrompu depuis la première année.

L'école centrale, dirigée par l'instructeur en chef de l'infanterie, mais destinée aux officiers de toutes armes, comprend quatre classes: pour premiers-lieutenants (42 jours) ; pour capitaines (4'2 jours); pour majors (21 jours) ; pour lieutenants-colonels (20 jours). Les officiersgénéraux commandant les brigades cl les divisions se réunissent, sous les ordres du commandant du corps d'année, pour des cours d'opérations sur le terrain.

A ces divers rouis, il faut ajouter les cours de tir, les cours (volontaires) de la section militaire de l'école polytechnique.

Enfin, il est évident que ce programme général d'instruction de l'armée suisse, réduit au strict indispensable, soit afin de ne pas retenir longtemps les citoyens sous les drapeaux, soit afin de ménager le budget, serait absolument insuffisant si on ne tenait compte de l'esprit militaire qui est un des traits caractéristiques du peuple suisse et qui se manifeste par le travail fourni volontairement, en dehors ^u service proprement dit et des obligations imposées parla loi. Dans cet ordre de laits, il faut mentionner d abord l'enseignement de la gymnastique, ilonné' aux garçons de dix a quinze ans, suivant un règlement fédéral; le maximum légal est de soixante heures par année; renseignement est donné' dans les communes, en général par les maîtres d'école, préa-

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