I. ARMEE SUISSE
lablement instruits à cet effet dans des cours spéciaux. Dans plusieurs cantons, il existe aussi des cours d'instruction militaire préparatoire ; ils sont volontaires et dirigés par des officiers et des sous-officiers de l'armée et des moniteurs de gymnastique; ils visent surtoul à développer chez les jeunes gens qui les suivent le goût du tir, les aptitudes à la marche et, d'une manière générale, la pratique des exercices corporels. Il y a, en outre, en Suisse, environ trois mille sociétés volontaires de tir, comptant plus de 130000 membres; elles sont subventionnées par la confédération et placées sous son contrôle : les communes sont obligées, par la loi, de leur fournir des places de tir. Le tir est à conditions, en ce sens que tout tireur qui a parcouru d'une manière satisfaisante les quatre exercices prescrits reçoit un subside de 1 ,80 francs. Enfin, il faut mentionner encore, comme contribuant à l'instruction de l'armée, les milliers de sociétés volontaires de gymnastique, les exercices pratiques et théoriques et les concours organisés par les sociétés d'officiers et de sousofficiers, les sociétés de pontonniers, les sociétés de la croix-rouge, les sociétés pour les secours aux blessés, etc.
Il y a là des initiatives de tous genres, infiniment précieuses pour l'éducation militaire du peuple.
L'armée suisse compte, aux évaluations de feu le colonel Feiss (1896) 117 000 hommes d'élite, 34 000 hommes de réserve et 86 000 hommes de landwehr de If ban et de landsturm, effectivement disponibles et armés pour la mobilisation, soit un total de 337 000 hommes. En outre, environ 177 000 hommes de landsturm non armé. Les effectifs de contrôle sont plus élevés; on a déduit les déchets probables.
L'armée de campagne ou d'opérations, formée de l'élite et de la réserve (landwehr I" ban), est organisée en quatre corps d'armée, plus les garnisons du St-Gothard et de St-Maurice et quelques corps non end i visionnés.
Véloeipédiste (18901 Dessin de ïtnnhi.
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Le corps d'armée m deux divisions d'infanterie, chacune à douze bataillons de fusiliers de 760 hommes, soii deux brigades de deux régiments à trois bataillons; mi bataillon de carabiniers de même effectif; un régiment d'artillerie de campagne, à deux groupes de doux batteries de six pièces; une compagnie «le guides de V2\) hommes, un demibataillon du génie de 427 hommes, formant deux compagnies de sapeurs, et un lazaret à trois ambulances, avec 147 hommes et 13 voitures.
Outre ces deux divisions, le corps d'armée a une brigade d'infanterie de réserve, à doux régiments de trois bataillons; un bataillon de carabiniers de réserve, une brigade de deux régiments de dragons, à trois escadrons de V2'.i chevaux par régiment; une compagnie de mitrailleuses Maxim, une demi-compagnie de guides et un détachement de vélocipédistes pour l'état-major; un régiment d'artillerie de campagne à deux groupes de trois batteries; le parc de corps, de quatre compagnies ; une compagnie de télégraphistes, un équipage de pont à deux compagnies de pontonniers; un lazaret à quatre ambulances ; un détachement îles subsistances, à deux compagnies de troupes d'administration.
Les corps d'armée, les divisions et les brigades sont commandés par des officiers généraux ayant le grade de colonel-commandant de corps d'armée, colonel-divisionnaire et colonel-brigadier Tous ont leur état-major. Il y a, pour le service de létal-major général, un corps de soixante-cinq officiers qui, en temps de paix, est placé sous les ordres du chef du bureau d'état-major. Le service des adjudants est l'ait pai' des officiers de Ironpe, détachés à cet effet, généralement pour une durée de quatre ans.
En cas de mobilisation, l'assemblée fédérale place à la tête de l'armée un général commandant en chef dont l'état-major compte cinquante-huit officiers et quinze sous-officiers, plus un certain nombre de soldais du train, deux compagnies de guides pour le service d'ordonnance cl d'escorte cl une section de vélocipédistes.
L'infanterie tout entière est armée du fusil à répétition, modèle 1889, de 7. .">"". à magasin de douze cartouches, plus une treizième dans le canon. La dotation en munition est de .">ll(l cartouches par homme, dont 180 à litre de munition de poche, 51,4 dans le train de combat, 51,4 au parc de corps et le reste aux parcs de dépol et de réserve. Les dragons ci les guides portent, outre le saine, un mousqueton de 7,5'
l'armée SUISSE ."il 1
Les officiers, les sous-officiers montés ei les hommes montés de l'artillerie sont armés du revolver, au même calibre de 7,5 L'artillerie
• les corps d'armée a la pièce de campagne de 8 "", canon fretté en acier, à chargement par la culasse, tirant des shrapnels. La transformation du matériel de l'artillerie de campagne est actuellement à l'étude.
Les fortifications de St-Maurice et du Gothard ont leurs commandants propres et des troupes spécialement attribuées à la défense intérieure et extérieure des ouvrages.
La garnison de St-Maurice comprend : cinq bataillons d'infanterie, une compagnie de sapeurs, une compagnie de pionniers de forteresse, une compagnie de télégraphistes, une compagnie de mitrailleurs, deux compagnies d'artillerie de forteresse, une compagnie de signaleurs et deux compagnies d'artillerie de position.
Le corps de défense du Gothard a : dix bataillons d'infanterie, six compagnies d'artilleurs de forteresse, deux compagnies de signaleurs, deux compagnies de mitrailleurs, une compagnie de sapeurs de forteresse, cinq compagnies d'artillerie de position avec une compagnie de train, quatre compagnies de sapeurs, une compagnie de télégraphistes et une ambulance.
Outre ces troupes, l'armée fédérale comprend : un bataillon de pionniers de chemins de 1er, à quatre compagnies; un régiment d'artillerie de montagne, à quatre batteries de six pièces de 7 cm. ; quatre divisions d'artillerie de position, à cinq compagnies, armées de pièces en acier fretté de 12 cm., de mortiers de même calibre en acier fondu et du canon de S cm. en bronze durci.
Le personnel de l'artillerie de position est en partie fourni par la réserve; il y a également quelques bataillons de réserve et de landwehr dans les troupes de défense du St-Gothard et de St-Maurice.
L'ordre de bataille de l'armée porte enfin, comme troupes de landwehr : neuf régiments d'infanterie, comprenant trente et un bataillons, deux compagnies de guides et vingt-quatre escadrons de dragons (démontés), quatre parcs de dépôts d'artillerie à deux compagnies chacun, neuf compagnies et huit détachements du train, quatorze compagnies de sapeurs, quatre compagnies de pontonniers, deux compagnies de télégraphistes, quatre compagnies de pionniers de chemins de fer, quatorze ambulances, huit sections d'hôpital avec leurs trains, cinq colonnes de transport, etc.
ED. SECRï l W
Pour le sen ici- dis chemins de fer, qui passe aux ordres de l'armée avec la mobilisation, fonctionne un état-major spécial, formé des directeurs ei chefs de service des compagnies en âge de servir, et qui dispose de tout le personnel employé en temps de paix sur les divers réseaux.
De même, le service des étapes est entièrement organisé, ainsi que le service territorial, pour lequel le pays a été divisé en huit arrondissements. Ce dernier service comprend le commandement du Land-
Sturm. Le service (les étapes et le service territorial n'entrent en fonctions qu'avec la mobilisation.
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En 1820, a la chambre des députés de France, dans un débat qui portail sur l'utilité politique et militaire des régiments suisses au service de Louis XVIII, le général Sebastiani, parlant de la neutralité de la Suisse, disait 6 Je ne connais d'autre neutralité que celle qui sait se défendre, el jusqu'ici aucun document ministériel ne nous a appris ipie la confédération suisse se soit engagée à lever, en cas de guerre, une armée de soixante mille hommes, o
Le général Sebastiani avait raison. Une neutralité qui est à la merci du premier général venu n'offre aux belligérants aucune garantie. Autant dire qu'elle n'existe pas. Le peuple suisse l'a compris. Ce nesont pas soixante mille, mais, en taisant même abstraction du second ban de sa landwehr et du landsturm, qui, dans une guerre défensive, peuvent cependant rendre de grands services, ce sont cent cinquante mille hommes qui, en quelques jours, peuvent être mobilisés pour la protec-