PARTIE VAUDOISE DE LA VALLÉE DU RHONE
Aigle, 420 m. (T.) Station du chemin de fer l.iiusanne- Rrigue. Petite ville située dans la vallée du Hliône, à l’entrée de la vallée de la Gramle Eau, ou vallée des Orrnonls. C'ujre de raisins.
Aigle-les- Bains, 540 m. Etablis}<ement hydrothérapique. Saison: 15 avril à lin octobre.
Cet établissement est placé sur une colline, à 2 km. de la gare d’Aigle, à l’entrée même de la vallée des Ormonts et sur un plateau qui la resserre en ce point. 11 est plongé pour ainsi dire dans le courant d’air frais qui suit le cours de ce torrent. De belles forêts de sapins arrivent jusqu’à proximité immédiate de l’établissement, qui est d’ailleurs entouré d’un charmant parc. Installations balnéaires et hydrotliérapiqiieseom^VQies,, douches de tout genre; bains russes et turcs; massage. L’eau employée a une température de 5 à 8o; sa source se trouve sur la rive droite du torrent; elle a aux bains une pression de 6.5 atmosphères. L’analyse (Bi.schoff') y a reconnu, par litre, en milligrammes : carbonates de magnésie 37, de chaux 132, sulfate de chaux 107, bicarbonates de potasse 27, de soude 2, chlorure de sodium 2, silice 2, matières organiques 3; total 302. En outre 19 cent, cubes d’acide carbonique libre. Cette eau qui contient donc une très faible quantité de sels alcalins, est saturée artificiellement d’acide carbonique et bue comme celle d’Evian, soit comme eau de table, soit dans les affections de l'estomac, des reins et de la. vessie.
L’établissement comprend aussi des bains électriques . Ces bains augmentent l’activité fonctionnelle des divers organes; l’appétit, la digestion, les fonctions génitales affaiblies sont meilleures, le sommeil s'améliore aussi et le travail intellectuel devient plus facile. On les conseille dans les cas suivants : affections du système nerveux, neurasthénie, hystérie simple (les formes graves ne sont pas améliorées), tremblement alcoolique, crises épileptifarrnes, etc.
On emploie aussi à Aigle les bains salins, préparés avec les eaux salées ou les eaux mères de Bex (voir cette station.)
Le climat d’Aigle est fort chaud en été. A Aigle-les- Hains, la température est abaissée par l’intluence du torrent et le voisinage des forêts. Toutefois, c’est un lieu à conseiller surtout pour le printemps et l’automne. Cure de raisins. Charmantes promenades dans les bois à peu de distance de l’établissement.
Corbeyrier, 980 ni. (T. à Aigle). Village à 2 h. de voiture de la gare dWigle (1 Va h- à pied), sur une pente tournée au sud-est, entouré de noyers et de ju'airies. .\gréable et siuqile >iéjnuv
d’èlé. IjCs lonM.ssoiil miilliiîiireiiseimüit à une l•e^tailu• (lisl:mc(.‘. Saison : lô mai au îK) s)'|)lc‘inl)r(‘.
Chesiéres, 1210 ni. ('1'.) ; Villars, 127Ô ni. (T.) SdilUms (■■limaU’rl(]uc.s d’vir. Saison : l'-'' juin an 00 sepOnnhiv.
iTiNioa.Min;. — Station dWiplo. ligne i .aiisanin -Hrigiie. I)i* là. voiture postale' Jiisepi'à (Oiesières et Villai's. c.n 'i'/., Ii. (0 fr. 7.'x;.)
Oes (ienx stations Jumelles sont sitnéos dans la niènn* vallée, Villars à deux km. à l’est de (Ihesières. dette dernière est sur le versant occidental, e’est-à-dire tonrnéo vei’s le sud-est, Villars sur le versant oriental, faisant donc face au siul-ouesl. dhesières est moins protégé contre les vents du nord que Villars; celui-ci est très à l’ahri au pied des montagnes elles-mêmes, ([iii font écran de cecôté. En revanc.he, Chesiéres est plus sec ((ue X’iUars dont les alentours sont marécageux en certains [loints. La vue des deux sttations est splendide. .V Villars, les seconds plans se dérobent et le regard se poi'te d’un bond Jusipie sur la Dent-du-Midi, ifui termine et couronne la cliaîne des ,\1pes de la Savoie. C’est un siieidacle grandiose. iJiw'èté du nord, les |)entes verdoyantes, qui se relèvent rapidement pour se souder à la base de la pyramide du mont Cbamossaire. offrent aux yeux un talileaii moins Imniiu'ux. plus re[)osant. L’air de C4besières-Villars est tonique et sain ; il n’est pas rude et convient aux personnes faibles et délicates. L’insolation est très forte, la chaleur intense au milieu du Jour, mais le malin et le soir sont d’aiitanl plus frais. On regrette pour les malades (|ue les forêts m* soient pas à Villars plus rapprochées des hôtels; toutefois il y a sLiflisamment d’ombrages dans leur proximité immédiate i>our permettre la station en plein air au milieu du Jour. (rSCll-FcLs estime que ces deux localités conviendraient comme stations d’hiver.
Bex, V)5 m. (T.) SUillon cli.iH(id'rt(ju,c d'Hc d d uxtomnd. Kna cULoi'iv\‘éa sod.iqiti'; (uni sull'nrexsr. Ktaldissameids liiid;r<)lh,ù‘(qji(iues. Curc.dr. i-ni.sins. Saison : mai à octobre.
Itin'KH.muk. — Hex est station du chemin de fer do Lausanne ,â lîrigiK' (à bV-i h. do Cenèvo, à IVa ô- do Lansunno).
Hex est un grand village situé dans la vallée du Hbône. sur la rive droite et .à 2.5 km.au nord de ci' Ib'uye, au pied des lianes escarpés des .Mpi's vaudoisi's. Le village est traversé par r.'\vançon,,tom'nt formé eu partie par la fusion des glaciers, mi partie par des sonrci's vives et très froidi'S, et qui rafraîctiil l’air sur son IraJi'I. Hex l'sl siir une plaiiHg mais il esl encadri' pai‘ les contretorts boisés
(les innnlagiies; A lest, eenx de la Dent de Mordes, an nord, le MonUd., taupinière géante de 200 ni. d’('dévation, A l'onesl les montagnes de la Savoie. An nord-est (d an snd, en revanche, la vallée dn Hlnnie s'onvre béante; il existe an snd, cependant, une barrière formée [>ar k>s cob'anx de Chiètres, couverts de bois et couronnés pai* une ancienne tonr en mines. Hex est donc bien protégé contre les vents. En réalité, les seuls qui s’y lassent sentir sont ceux dn nord-onest et ceux qui descendent la vallée dn llhcAne, depuis le snd-onest, le snd et le snd-esl (/ce/m, rmulnirp. dn lac Léman). Ce dernier règne an {printemps et en antomne et souffle paidbis avec violence.
Le sol, composé d’allnvions, est très fertile. L'aspect de la contrée est exti-èmement riant, le pays e.st couvert de prairies avec de beaux noyers, des arl)res fruitiers. Les flancs dn Montet sont en partie plantés de vignes, en partie recouverts de forêts. Les chAtaigners (îroissent en grand nombre autour de Hex. La sc(Vne est dominée dn cAté dn midi, par la pyramide grandiose de la Dentdn-Midi. dont la cime, dite de l’Est, està277(l m. an-dessns dn Rlnme. On voit rarement nne montagne élever sa tête d’nn seul bond A nne telle altitude au-dessus de la plaine.
Comme consc^qnence de sa situation abritée, Rex jouit d’un climat fort doux. Voici les moyennes mensuelles de la lempératnre : Janvier U.2, février 8.4, mars 4.4, avril 10.7, mai 15. A, jnin 17.5, juillet 19.4, août 17.2, septembre 15.5, octobre 9.0, novembre h à, décembre 1.1. Moyenne de l’année 9.9.
P après RossT.t, si l’on compare les observations du milieu dn jour seulement, Rex est pins chaud que Mon- Irenx, sauf en décembre, où la moyenne d’nne heure est de 5.8 A Montreux contre 'i .7 A. Rex. En janvier, il y a égalité; en février Montreux 0.7, Rex 8.0; avril 14.2 contre 17.8. Ce qui, en détinitive, abaisse la moyenne de Rex, ce sont les températures dn matin et dn s()ir qui y sont l)lns basses fjn’à Montreux, on le lac joue le rôle de régulateur et on 1 insolation est pins prolongée. Les antres éléments dn climat sont: 988 millim. d’eautombée répartis sni- H)8 jours ; humidité relative moyenne 79 ; clarté dn ciel .p8, brouillard tort rare. Si Rex n’est pas devenu niie station d’hiver, il tant (>n chercher la cause dans le tait ((lie les excursions lhermométricpies journalières sont très grandes, et surtout (fiie la durée d’iiisolation journalière est trop courte. En hiver, le soleil ne se montre ipie
dans l’étroit espace qui sépare la Dent de Mordes du massif de la Dent du Midi ; au moment des jours les plus courts, on ne le voit que de 11 à 2 heures. Le printemps, l’automne sont très agréables à Bex ; aux mois de septembre et octobre, on compte un grand nombre de beaux jours; la campagne est alors fort belle, les arbres, noyers, châtaigniers, hêtres, prennent des teintes admirables. En été, le climat est très chaud et les moustiques sont très nombreux. Les mois de juillet et d’août ont à 1 h. les moyennes suivantes, d’après Gsell-Fels : juillet 26.8, août 22.9. Cette température élevée est heureusement contrebalancée par la fraîcheur des matinées et des soirées. En résumé, mai, juin, septembre et octobre sont les mois les plus favorables à un séjour à Bex. D’une façon générale, le climat de cette station est peu humide, plus calmant qu’excitant, plus doux que tonique.
Installations balnéaires. — Le grand hôtel des Salines possède, dans une aile spéciale, une installation fort complète de bains ; en outre deux salles de douches de toute espèce ; bains turcs avec douche : piscine à eau coura.nte. Il utilise, outre Veau salée et Veau mèr'e, l’eau de la source sulfureuse. Le Grand hôtel des Bains possède également un établissement de bains avec douches fort bien organisées. Les autres hôtels ont aussi des installations balnéaires, mais plus modestes.
Eau salée. Eau mère. — Ces eaux proviennent de l’exploitation des mines de sel qui se trouvent dans la montagne, au nord-ouest de Bex. L’eau salée n’est pas obtenue par lixiviation de la roche ; c’est une source naturelle, dite de S^^-Hélène, qui sourd dans la mine. Elle est captée dans un vaste réservoir d’oû elle est distribuée aux établissements de bains. Analyse de Veau salée (Bischoff), pour un litre :
Chlorure de sodium . 150.668
Chlorure de potassium 2 . 654
Chlorure de magnésium 1.077
Sulfate de calcium . 0.759
Sulfate de strontium. 0.019
Sulfate de magnésium 1 .018
Carbonate de magnésium 0.505
Silice
Phosphates de fer et
d’alumine
Chlorure de lithium .
lodure et hromure de magnésium ....
Ammoniaque, matières organi(|ues .
'l’otal
[j’eau mère est le résidu de l’évaporation de 1 eau salée, après enlèvement du sel de cuisine; on arrête la ciistalli-
sation de celui-ci au moment où il cesserait d’être comestible. L’eau mère est un liquide transparent, jaunâtre, visqueux après filtration et d’une saveur âcre. Analyse de Mot'in, pour un litre :
Silice 0.15
Alumine 0.39
Carbonate de chaux, fer, substances organiques traces
Total . . .292.49
L’eau salée est, on le voit, riche en cliloï'ures divei's
(159 gr., dont 156 de chlorure de sodium), en sulfate de chaiiûc (6 gr.) ; elle contient en outre une certaine quantité à’ iode et de Ironie. Quant à l’eau mère, elle ne renferme plus que 34 gr. de chlm^ure de sodium sur 253 de chlorures (dont 40 gr. de chlmmre de calcium) ; en revanche, la teneur en iode et en brome a beaucoup augmenté (73 centigr. de hromure et iodure de magnésium). La présence d’un iodure a surtout de l’intérêt, la plupart des eaux mères contenant plutôt des combinaisons bromurées. On notera aussi que les combinaisons à base de sodium et de potassium forment les 36 «/o de la minéralisation totale, ce qui fait comprendre l’heureuse iufluence de l’eau mère prise â l’intérieur.
Ces eaux sont employées en bains et en boisson. Pour le bain, on additionne un bain d’eau douce de 20 â 25 litres d’eau salée, ce qui fait une salure au titre de 1.5 â 2.5 ® 0. L’eau mère s’ajoute au bain salé et quelquefois à un bain simple, â la quantité de 2 â 10 et même 20 litres, de manière à porter le titre de la salure â 3 ou 3.5 »/o. L’eau mère n’est ajoutée au bain salin qu’après les 2 ou 3 premiers bains. Le bain est suivi d’un court repos au lit chez les personnes faibles ou nerveuses, ou au contraire d’une affusion froide avec friction chez les natures molles et lymphatiques. L’eau trop chargée d’eau mère irrite la peau, la rend sèche et tendue ; les compresses d’eau mère peuvent produire une éruption vésiculeuse ou pustuleuse, que l’on peut rechercher d’ailleurs, dans le but de créer une inflammation révulsive.
Les bains ont une action tonique et stimulante ; il est rare qu’ils soient mal supportés; c’est parfois le cas au début de la cure. 11 se produit alors un état d’excitation nerveuse avec insomnie, agitation, accélération du pouls.
Chlorurecle magnésium 142 . 80 Chlorure de calcium . 40.39
Chlorure de potassium 38.62 Chlorure de sodium . 33.92
Bromure de magnésium 0 . 65 Iodure de magnésium . 0.08
Sulfate de sodium . . 35.49
— so —
]ihénoiTiènes (jui exigent le re])Os Mprôs le l)ain, hi faible salure de l’eau et parfois l’addition au l)ain de ‘200 gr. de sous-cai‘!)onate de soude (6Vm?/). I.es enfants su[)])ortent en général admirablement la cui*e. Cos.sy et Kjrlia<iurl recommandent de la faire i^endant les mois les j)lus chauds, juin à aofit, la température élevée étant un adjuvant efficace pour sa réussite. L’eau mère, pure ou additionnée d’eau salée, est utilisée aussi en compresses, lar a fies, inhalai- ions, paAoérisa, lions, douches nasales, eniin en èomon. 1/eau salée est rareiiientpriseàrintérieur ; elle est d’ailleurs diurétique et purgative. Lu revanche. l'eau mère, d’après l’initiative prise j)ar Lehert, en 1840, est administrée l’égulièrement à l’intéileur avec les meilleurs résultats. On la prend après liltration, à la dose de t à 8 cuillerées à café, [)uis de 2 à 8 cuillerées à soupe, dans de l’eau simple ou ga/^euse, de l’eau thermale (voir La.ceij). du l)Ouillon. A llex, on la dilue avec de l’eau et on la charge d'acide carbonique de manière à constituer une eairgazouse qui contient, par 750 gr., 25 gr. de chlorui’e de magnésium et de sulfates alcalins, 0.05 d’iodure de magnésium et 0.25 de bromui’e de magnésium. On commence par en premlre un verre à Bordeaux, l/eaii mère constipe à faible dose, et a un effet laxatif en plus forte quantité.
Eau sulfureuse. — Cette eau, sulfu-rea.se e! chlorurée sodique, froide, jaillit dans les mines de sel. Analyse de lUsclioiî, pour un litre d’eau :
Chlorure (le soiliuui . . 2.884
(’hloi’ure de potassium 0.088 Sulfate de cliiuix . . . 0.158
Sulfate de strontium . 0.014
('arl)omite de ealrium. 0.0.20 ('arbnnate de magm^-
sium 0.188
Sidfuro de calcium . . 0.047
Ilyposullite do calcium O.OU Matières o)‘gaiii(pios . O.l.K) lithium, acide phosphorique, silice. (1.03<)
Total . . . 2.011^7
lly(lr()gène sulfuiv. libre. . . Ci .5 cent, cubes
Cette eau faiblement minéralisée (îontiimt donc une assez foi’te, quantité iXhiidroyène .vu7/u/y’ (environ locent. cubes), et du chlorure de sodium (plus de2 gr. i Bounanpier aussi la présence du sulfure de calr.ium et de 1 hiijiosul-
fUe. de calciu-m. , ,
«.Te l’enqiloie, m'écrit le IT Lxclnupiet, en general comme adjuvant du traitement salin. l‘>Mn hnisson, par verrées de 100 gr., commeiK-ant pai- V.> à Vs de verre et allant jusqu’à 1 Va à 2 verres. L'eau esl mi général prise
froide telle qu’elle est au robinet, rarement coupée avec du lait chaud. Elle est en général bien supportée, stimule Tappétit et ne provoque pas de troubles digestifs. J’ai vu cependant, mais rarement, la crise d’embarras gastrique signalée avec d’autres eaux ; rarement aussi un effet laxatif prononcé. Je la donne à titre d’altérant et de dépuratif aux enfants, et relativement souvent aux malades atteints de catarrhes bronchiques chroniques ; je crois que chez ces derniers elle a réellement une action favorable. ‘2» En gargarismes ou en douches nasales, avec ou sans addition d’eau salée ou d’eau mère, ou concurremment avec les gargarismes salés dans les pharyngites granuleuses ou les hypertrophies amygdaliennes. 3° En pulvérisations. 4° En hains, chauffée par mélange d’eau simple, surtout lorsque les Ijains salins sont contre-indiqués ou mal supportés (éréthisme nerveux, insomnie), et occasionnellement dans des cas d’eczéma, avec un certain succès. »
\Jeau froide employée pour les douches provient d’une belle source (2 m. cubes à la minute) jaillissant aux Plans de Erenière (voir ce nom) ; l’eau a une température de 8° à son arrivée aux bains. Il existe en outre une prise d’eau dans l’Avançon, torrent qui a une température d’environ 8 à 9°.
Indic.vtions de la cure par les bains chlorurés sadiques, d’après Lebert, Cossy, Exchaquet. 1° C’est avant tout la scrofule, cette diathèse à manifestations aussi nombreuses que variées. Deux méthodes bien différentes sont employées d’après la constitution des scrofuleux : aux sujets pâteux, bouffis, torpides, les bains chauds, fortement minéralisés à l’eau mère, suivis de la douche froide, de la friction, de l’exercice en plein air; l’eau mère à l’intérieur complète ce traitement. Aux scrofuleux maigres, éréthiques, des bains d’une salure plus faible, moins chauds, iiTOins fréquents, sans eau mère au début, suivis de repos au lit. Tonifier sans exciter, voilà leur formule. Dans les deux cas, Be.x donne d’excellents résultats. Les manifestations locales de la scrofule, telles (.{xf engorgements ganglionnaires, abcès froids, blépharites, sont heureusement modifiées; les scrofulides cutanées simples, comme l’im|)étigo du cuir chevelu, malignes, comme les scrofulides tardives des adultes, guérissent sous l’action des hains et des compresses locales d’eau mère. Les affections scrofuleuses des os et des articulations réclament
les douches, outre les bains. Enfin, le rachitUme doit être compté au nombre des maladies qui se ti’ouvent le mieux de l’action de. ces eaux. 9'’ Eæsiidats 2)leu7x tiques, tUspositions aux hroncMtes chez des sujets non tuberculeux. Les premiers se résorbent plus rapidement sous l’influence du traitement balnéaire. Le caractère torpide ou indolent de l’affection ou du sujet forme la principale indication des eaux dans les cas de ce genre ; au contraire, elles doivent être évitées dans les cas d’irritabilité excessive avec persistance de la fièvre. Les bains, dans ces cas, sont courts, assez chauds et portés rapidement à une forte minéralisation. EæcUaquet se loue beaucoup de ce mode de traitement ; la pleurésie est-elle compliquée de bronchite, on voit celle-ci diminuer aussi. 3° Chlorose et anémie, alhuminurie, goitre ei pléthore aMominale . 4° Les affections nerveuses, le nervosisme symptomatique de l’anémie cérébrale, la neurasthénie, ainsi que la chorée, forment une autre catégorie que l’on traite par le bain salé simple ou combiné avec l’hydrothérapie. Le rhumatisme ne doit pas être compté parmi les indications de Bex. Ce qu’il lui faut, ce sont les eaux thermales simples ou sulfureuses. 5° Les affections utérines, les exsudais périutéi'ins, les méti-ites et •périmétrites exigent une cure faite avec prudence ; elle est des plus efficaces, en amenant la résorption des produits pathologiques qui engorgent ces régions. Notons aussi le fait que les fibromes utérins diminuent souvent d’une manière fort sensible, pu du moins cessent d’augmenter, et qu’en général les pénibles symptômes subjectifs qu’ils occasionnent diminuent d’intensité.
En résumé, nous dirons que les eaux de Bex ont d’une part une action résolutive sur tous les exsudais, les émigrations cellulaires de la scrofule ou des états inflammatoires; de l’autre, une action tonique sur l’organisme par l’excitation puissante que le chlorure de sodium produit sur les nerfs de la peau. N’oublions pas l’importance des pratiques hydrothérapiques auxquelles on a recours à chaque instant à Bex. Cette station pourrait être conseillée aux cardiaques, les bains salins administrés avec, précautions leur seraient utiles. Elle pourrait aussi devenir un endroit de cure par la marche méthodique d’après la méthode d’Oertel f« Terrainkur »).
Le séjour de Bex a été fortement recommandé par Lebe.rt aux tube.) vu leux, aux prédisposes à la iddisie. Le (•limai de Bex, la l)eauté d(^ son paysage, les promenades
qu’ott’rent les environs engageront sans doute de nombreux malades à séjourner dans cette station. Lehert conseillait d’y passer l’hiver; nous avons vu plus haut pourquoi le climat ne semble pas se présenter en hiver sous un aspect très favorable. En revanche, la cure de raisim se fait à Bex dans d’excellentes conditions, vu les nombreuses promenades que l’on peut faire dans la contrée, l’exercice étant un adjuvant essentiel de cette cure.
Bibliographie.— Rambert, Bex et ses environs. Exchaquel, Bains salins de Bex, 1881. Lebert et Cossy, Bex, 1876.
Gryon, 1130 m. (T.) Station climatérique d'été.
Itinéraire. — Station de chemin de fer de Bex. De Bex à Gi-yon, voiture postale (3 h. 40 min., 3 fr.).
Gryon est un village de 449 habitants, à 2 Va h. à pied au nord-est de Bex, et à 700 m. environ plus haut que ce village. Gryon est assis sur les pentes méridionales du mont Jorogne, promontoire montagneux qui s’avance dans la direction du sud-ouest entre deux torrents, la Gryonne à l’ouest et l’Avançon à l’est. Du côté de l’est, les pentes au-dessous de Gryon descendent rapidement jusqu’à l’Avançon, situé à 250 m. plus bas. La vue de Gryon est fort belle, l’air est vif et pur, mais il y fait très chaud en été, fait qui provient de ce que le village est bâti sur une pente ensoleillée. Il y a parfois du brouillard. Les forêts ne sont pas à proximité immédiate, il faut pouvoir monter pour gagner leur ombre bienfaisante. En revanche, les environs sont pittoresques, les promenades nombreuses, la vie simple et bon marché. Lombard conseille l’atmosphère tonique et adoucissante de Gryon aux rhumatisants, aux phtisiques et aux hypocondriaques, ainsi qu’à tous ceux qui craignent le froid.
Les Plans de Freniére, 1101 m. (T.) Station climatérique d’été.
Itinéraire. — Station de chemin de fer de Bex. De là route de voitures (2 h.). ,
Les Pton.9 de Freniére, qu’il ne faut pas confondre avec le Plan des Iles, dans la vallée des Orrnonts (voir plus loin), sont un hameau de chalets alpestres, dissémines sur un plateau couvert de prairies, arrosé par le torrent
I Avançon. Les Plans sont a 700 m. environ au-dessus de i>ex. hntoures de montagnes de tous côtés, les Plans constituent un charmant séjour, encore simple et sans prétentions. Le torrent traverse la vallée de l’ouest à l'est ;
II en ratraichit 1 air. Son voisinage immédiat est toutefois humide, tandis que la région des liabitalions, qui est
plus élevée et appuyée aux dernières pentes méridionales de la montagne, est en plein soleil et n’a pas à craindre l’humidité. Le brouillard est rare; l’air est calme, les montagnes brisant de toutes parts la force des vents ; la bise y est inconnue. La chaleur est rarement très forte aux Plans, et l’on trouve à peu de distance et sans monter beaucoup, un abri dans la forêt. Le climat des Plans, comme on peut s’y attendre d’après la faible altitude et la tranquillité de l’air, est plus calmant qu’excitant, il convient aux anémiques, aux personnes fatiguées ; on le déconseillera en cas de bronchite et de laryngite chroniques. Les environs sont très pittoresques, la prairie du Pont de Nant, à peu de distance à l’est, est une véritable idylle alpestre.
Lavey-les-Bains, 433 m. (T.) Eau therinale sulfureuse, sulfatée et chlorurée sodique. Hijdrothérapie. Bains de sable. Saison : du 15 mai au 30 septembre.
Itinéraire. — Station de St-Maurice du raihvay Lausanne- Brigue. De la gare aux bains, 2 km.; omnibus, 15 min.
Lavey est constitué par un groupe d’établissernents balnéaires, un hôtel, un hôpital pour les malades indigents, une chapelle, etc., le tout situé sur une étroite bande de terre sur la rive droite du Rhône, entre ce fleuve et les parois escarpées de la Dent de Mordes. On y arrive par un pont jeté en 1876 sur le Rhône. Ce fleuve a encore ici les caractères d’un torrent ; sa rive droite a été transformée, du pont jusqu’au-dessus de la source thermale, en un quai superbe planté d’arbres. La vue s’étend, du côté du sud, sur les montagnes du Valais; du côté du nord, à gauche sur les rochers de St-Maurice, en face, sur les coteaux de Chiètres, amphithéâtre planté de vignes, et à droite enfin sur les montagnes boisées au-dessus de Bex. Le sol sur lequel Lavey est bâti est poreux, nullement humide, composé d’alluvions et de sable charriés autrefois par le fleuve. L’établissement de bains est â 500 m. environ de la source, â proximité d’un bois de pins qui a été transformé en un charmant parc et sert d’abri pendant les heures chaudes de la journée. Le climat de Lavey est, comme celui du Valais, fort chaud eu été. Les mois de mai, de juin et ceux de l’automne sont les plus agréables. L’ardeur du soleil de 1 été est encoi e augmentée par les pentes qui se trouvent derrière les bains et (]iii s’échanflont au soIgü. Mais cettG (‘halcui 6sl agréablement tempérée par un veut qui souille régulieie-
ment, parfois très fortement, de 10 h. à 4 h. (.«est un \ent de la vallée venant du nord-ouest et s’élevant de la plaine et du Rhône le long des parois rocheuses de la Dent de IVIotcIbs.
Lavev n’a pas encore un passé bien long derrière lai ; en effet la source, constatée une première fois en 1813, fut découverte dans le lit du fleuve par un pêcheur, en 1831. Les premiers travaux de captage furent pénibles et longs. Une source froide, qui se mélangeait avec l’eau thermale, en fut séparée. Actuellenient, l’eau froide et l’eau chaude sont pompées chacune à part par des appareils hydrauliques, ce qui permet d’assurer à l’eau thermale la pureté et la constance de la température. En 1887, celle-ci a été à la buvette (sur la source même) de 46 à 48°. L’eau est amenée à l’établissement par un tuyau métallique placé dans un second tuyau en ciment qu’il ne touche pas; elle arrive aux bains à 39-42°, suivant la température de l’atmosphère. Lavey possède donc une source qui compte, avec celle de Louèche et de Raden, parmi les plus chaudes de la Suisse.
La source jaillit à 20 m. au-dessous’ de la surface du sol ; elle provient des terrains primitifs placés sous les calcaires qui constituent les sommités des Alpes vaudoises. C’est à ce fait qu’elle doit d’être à base de potasse et de soude, au lieu d’avoir une base calcaire comme le plus grand nombre des eaux sulfureuses suisses. Elle fournit à la minute 70 litres environ d’une eau incolore, traversée dans le verre par de nombreuses bulles d’azote et d’acide carbonique. Elle a une saveur à la fois saline et sulfureuse. Analyse de Baup, pour un litre d’eau :
Chlorure de potassium 0.0034
Chlorure de sodium . 0.3(333 Chlorure de lithium . 0.(X)5(3
Chlorure de calcium. 0.0015 Chlorure de magné-
.sium 0.0045
Sulfate de soude. . . 0.7033 !
Sulfate de magnésie . 0.00(38 !
Sulfate de chaux . . 0.0907 I
Sulfate de strontiane 0.0023 |
(Jarbonate de chaux . 0.0730
Cîarbonate de magnésie 0.(K>18
Silice ((.O-KiO
Brome, iode, fluorure de calcium, phosphate de chaux, oxyde de fer, oxyde de manganèse, matière extractive . . traces
Total . . 1.3128
Hydrogène sulfuré Acide carbonique .
Azote