cent, cubes
L’eau de Lavey est donc taiblement minéralisée; elle a pour principaux constituants, outre Vhydrogèrte Hulfuré (3.5 cent, cubes), \e sulfate de soude (70 cgr.) et les chimères de sodium et de potassium (37 cgr.)
Les autres moyens thérapeutiques de Lavey comprennent les eaux mères de Beæ{wo\vce nom) et Veau froide; les deux premiers tiers des eaux mères sont réservés par contrat aux bains de Lavey. Des conduites, partant d un grand réservoir, la distribuent dans les diverses parties de rétablissement de bains. L’eau mère est mélangée à l’eau thermale soit pour les bains, soit pour la boisson .
Ea.u froide. L’eau des douches est fort pure, elle provient de Mordes ; quantité, 700 litres à la minute, température 8°. C’est une eau qui a traversé seulement des roches primitives, protogyne et gneiss, aussi est-elle dépourvue de sels calcaires et est-elle alcaline et diurétique. A Lavey, on la boit dans les cas de goutte, de gravelle, etc. IJeau du Rhône a une température de 10 à 12°. On a construit au bord du fleuve un bain à eau courante, où l’on reçoit le choc des lames.
L’établissement de bains comprend des cabines dont la plupart sont munies de douches en pluie placées au-dessus de la baignoire. Installations spéciales pour la douche ascendante, le hain de vapeur, Vhydrofère, pulvérisation, Vinhalation. Les douches ont été réorganisées en 1890 par la création d’une double salle de douches, avec tous les perfectionnements modernes ; douches à l’instar d’Aix-les-Bains. Massage.
L’eau thermale, prise en bains, rougit la peau, et amène, après une légère exacerbation, la guérison des plaies et ulcérations. Elle produit au bout d’un certain nombre de bains une poussée (voir Louèche), sous la forme d’un exanthème analogue à une rougeole boutonneuse, suivi de desquamation. La poussée est rarement acnéique ou furonculeuse. Le mélange d’eau sulfureuse et d’eau mère tonifie et excite encore davantage les fonctions de la peau ; l’eau mère paraît être encore mieux supportée quand on la dilue avec l’eau thermale de Tiavey plutôt qu’avec l’eau chaude d’un bain ordinaire.
L’eau de Lavey, prise à l’intérieur, est très digestible, légèrement laxative, sudorifiqueet diurétique; elle agit favorablement sur les catarrhes des muqueuses pulmonaire, vésicale. On la prend parverrées de 200 gr., jusqu’à 20 par
jour. On ajoute souvent à l’eau de l’eau mère, à la dose de une à six cuillerées. Ce mélange est purgatif à forte dose; à faible dose il agit comme altérant par ses chlorures, ses iodures et bromures. Snchard fait préparer pour l’administration interne plusieurs types d’eau mère, savoir : n« 1, eau mère naturelle filtrée; n^ 2, concentrée; n<> 3, concentrée en iode et brome ; n<> 4, débarrassée de son chlorure de sodium, ce qui la rend très purgative en augmentant le titre en sulfates; n° 5, eau mère sans sulfates, remplacés par des carbonates alcalins, ou eau mère alcaline. On peut satisfaire avec ces diverses préparations aux indications les plus variées.
Indications des eaux thermales de Laxey. l^a scrofule, dans toutes ses manifestations, est la principale indication des eaux de Lavey. D’une façon générale, Suchard estime que l’eau sulfureuse modifie davantage les manifestations superficielles de la scrofule que l’eau mère, et u’administre cette dernière que dans le but de tonifier après une bonne cure sulfureuse « expultrice ». Les scrofuleux torpides seront soumis à une balnéation énergique avec des douches, et boiront de l’eau thermale additionnée d’eau mère jusqu’à effet purgatif. Les scrofuleux amaigris auront au contraire des bains moins longs, des douches plus chaudes et plus courtes et prendront de faibles doses d’eau mère. Suchard fait souvent commencer la cure par le mélange purgatif et altérant d'eau thermale et d’eau mère pour déboucheries voies lymphatiques obstruées. Cet effet désobstruant est spécialement utile <[uaud il existe de volumineux engorgements glandulaires. Les adénites sont heureusement modifiés par le traitement mixte, douches chaudes et applications locales d’eau mère. Les affections osseuses et articulaires, les tumeurs blanches, les ophthalniies s’amendent rapidement aussi, ainsi que le rachitisme et le rhumatisme . Suchard a vu s’améliorer sous l’influence des bains des cas de rhumatisme subaigu encore fébrile. La cure empêche le retour des crises aiguës; s’il n’y a pas complication cardiaque, le bain donné avec précaution amende ces crises mêmes. Le rhumatisme noueux s’améliore à Lavey, ({uand il est greffé sur un tempérament scrofuleux. Pour la chorée, il vaut mieux se servir de la douche chaude en pluie que des bains sulfureux ou chlorurés. Pour les maladies de la. peau, on obtient à Lavey, comme aux autres eaux sulfureuses, de bons succès dans Vec-
zémn, Veczcma humide surtout, le iic.læn, le yrurujo. Ijes affections , psoriasis, ichthyose, sont
traitées par le bain prolongé avec de bons résultats. Notons que Vurticnire chronique, cette affection si rebelle, est guérie par les bains fortement additionnés d’eau mère. Autres indications : anémie, chlorose, débilité générale-, affections chirurgicales, telles que fistules après résection ou amputation, ulcères à cicatriser, raideurs articulaires, etc. L’eau de Lavey est recommandée aussi dans les cas de cystite, spécialement dans la forme mucopurnlevhte, de quelque origine qu’elle soit : dans les catarrhes des muqueuses bronchique ou vaginale, les adénites péribi-onchiques, suite de la coqueluche, enfin V engorgement du foie et les calculs biliaires.
Contre-indications. — Goutte, néoplasmes, congestion cérébrale, nervosisme, maladies fébriles. Toutefois, exception est faite dans ce dernier cas pour les rhumatismes aigus et subaigus. Les affections organiques du cœur peuvent bénéficier parfois d’une cure faite avec ménagements.
\ ^hydrothérapie amène à Lavey un grand nombre de malades. Nous n’énumérei’ons pas ici ses indications (voir Brestenberg , Champel, etc.j; en revanche, un moyen thérapeutique peu connu encore nous arrêtera plus longtemps, je veux parler des bains de sable.
Bains de sable. — Le D’’ Suchard a installé à Lavey ces bains tels qu’on les pratiquait sur diverses plages avec du sable chauffe par le soleil, et ailleurs, à Dresde par exemple, avec du sable chauffé artificiellement. A Lavey, le sable du Rhône, un sable d’excellente qualité, composé de feldspath et de quartz, bien séché, est chauffé au moyen d’appareils ad hoc Jusqu’à 65°. Les malades sont placés dans une baignoire et recouverts à la pelle de ce sable, que Ton a fait refroidir jusqu’à une température de 45 à 50° en général. Après une courte période de malaise, la transpiration s’établit et devient considérable, la température du corps s’élève à 37-5 ou 38°. Fleming estime que la déperdition d’eau obtenue ainsi peut aller jusqu’à 1 kgr. Au bout de 25 à 45 minutes, on constate l’accélération des battements des artères du cou et des mouvements respiratoires. Le bain est alors terminé. En général, on administre une douche tiède, pour débarrasser le malade de la (•arai)ace arénacée qui le couvre. Un grand avantage de ces bains, c’est de pouvoir mettre sur
line région du sable plus chaud que celui qui couvre le reste d*ii corps, chose impossible avec l’eau. Flnlin, on tait facilement aussi des bains locaux autour d’un membre, dans une caisse de forme appropriée.
Le bain de sable a beaucoup d’analogie avec le liain d’air chaud, et a pour effet d’exciter fortement le système circulatoire et les fonctions de la peau. L’afflux de sang vers le tégument et sa rubéfaction sont plus considérables et durent plus longtemps dans le bain de sable que dans toute autre pratique balnéaire. Indications : rhwnaMnmes, arthrites chroniques, synovites fongueuses, raideurs articulaires, épanchements articulaires à résorber, épanchements pieu) 'étiques, atrophies, paralysies, maladie de Bright, intoxications métalliques, urticaire chronique (Helfft). Les tumeurs blanches bénéficient des bains de sable à toute période de leur développement, d’une part à cause de l’immobilisation qui est réalisée sans peine, de l’autre, à cause du réveil des fonctions de la peau dans la région malade. Suchard établit une contre-indication pour le rhmnatisme déformant, où ces bains font tantôt beaucoup de bien, tantôt restent sans effet ou même réveillent les douleurs. Enfin, rien ne vaut le bain de sable pour réveiller la vitalité des muscles paralysés et les préparer au massage.
Bibliogkaphie. — Suchard, Eaux thermales de l^avey, 1881. Bains de sable, 1884. Physiologie des bains de sable, 1889.
Mordes, 1165 m. (T.), Dailly-Mordes, 1265 m. Stations climatériques d’été.
Itinékaire. — Station de cliemin de fer de St-Mauriee; de là, en petite voiture 27» 1'-
Deux simples stations d’été, perchées sur un des contreforts de la Dent de Mordes, au nord-est des bains de Lavey . On y arrive par une route à voitures qui serpente un grand nombre de fois dans les rochers, à 1 km. en amont de Lavey ; des sentiers plus directs, mais fort raides, conduisent à Mordes en 1 h. Va depuis ces bains. Tandis que Mordes est caché dans le creux d’un vallon, Dailly, à 1 km. au sud-est de Mordes, est placé sur un promontoire de la montagne planant sur la vallée du Rhône. Dailly a de beaux points de vue, l’un sur Lavey et la vallée du Rhône, l’autre sur le lac Léman. Ces deux stations, surtout celle de Dailly, se trouvent à proximité immédiate des forêts de sapin, avantage qui fait défaut à tant de séjours alpestres. L’air est tonique, mais agité, on le com-
prend, par le vent qui monte de la vallée du Rhône, avec d’autant plus d’intensité que le soleil échauffe davantage les hautes sommités.