RÉGION MONTAGNEUSE ENTRE RHONE ET SARINE
Noim pénétrerons dans ce massif depuis la ville d’Aigle (page 74). La Grande Eau, torrent qui passe dans cette ville avant de se perdre dans le Rhône, arrose dans toute sa longueur (20 km. environ) une contrée alpestre, la. vallée des Ormonts. Cette vallée, creusée entre de hautes montagnes, se dirige, depuis Aigle, d’abord au nord-est, puis à l’est, pour se terminer par un vaste cirque au pied des Diablerets, montagne couverte de glaciers.
Le Sépey, 1129 m. (T). Station climatérique d’été.
Itinéraire. — De la station de chemin de fer d’Aigle, route !Ï voitures. Diligence en 2V2 h.. 2 fr. 70 c.
Le Sépey est un village bien abrité contre les vents par les hantes montagnes environnantes. R doit à celles-ci et à son altitude même un air pur et alpestre. La température du milieu du jour est très élevée pendant les mois d’été, mais les soirées sont fraîches. Le Sépey a l’avantage d’être éloigné des glaciers de l’extrémité de la vallée, ce qui le préserve des irrégularités de la température. Lombard conseille ce séjour comme première station de montagne ])Our les personnes très impressionnables et pour celles qui ne peuvent supporter l’air trop excitant des autres stations de cette vallée.
Leysin, 1264 m. Station clmiatérique d'été et d'hiver (T. au Sépey).
Itinéraire. — Station de chemin de fer d’.\igle. De là. les voitures doivent passer par le Sépey ; diligence (été et hiver) en 4V2 h., 4 fr. 20 c. Les piétons montent à Leysin en 2V.> h. par des sentiers plus directs. Du Sépey à Leysin. 4.5 km.
Leysin est un petit village de 697 habitants, situé sur un plateau au pied de la chaîne de la Tour d’Aï. Son site agreste et champêtre, la pureté de son air, le voisinage des foi’êts l’ont fait apprécier comme séjour d'été: Mais on a l'econnu aussi les qualités favoraliles de sou climat d’hiver. Au commencement du siècle déjà, alors que le crétinisme était fréquenta Aigle, on envoyait les enfants crétins à Leysin pour se .fortifier et se développer. I^e D’’ Bezencenet (d’Aigle) y fit séjourner aussi des scrofuleux, des rachitiques, et même des phtisiques; il obtintde bons résultats. l,a phtisie autochtone e.st inconnue pour ainsi
dire à Leysin, qui se trouve au-dessus de la limite inférieure de la zone d’immunité phtisique. Depuis quelques années, on a profité de plus en plus des avantages réels du climat de Leysin et de nombreux majades y sont venus passer l’hiver ; leur nombre aurait été sans doute plus considérable encore, s’ils avaient trouvé dans ce village des installations suffisantes. Enfin, on est sorti de la période purement empirique, en soumettant la météorologie de ce lieu à des observations régulières.^
Leysin est placé sur un plateau dirigé du sud-ouest au nord-est, faiblement en pente fplus élevé au nord qu’au sud). A l’ouest, au nord-ouest et au nord, il est dominé par le Luisset D879 m.) et par la chaîne des Tours d’Aï et de Moyen, avec une altitude moyenne de 2000 m. Ces montagnes protègent Leysin contre les vents de l’ouest et du nord-ouest. Du côté du nord-est, Leysin est protégé par le Mont-d'Or et le Clia.ussy ; entre ces deux sommités se trouve l’échancrure du col de la Comhalln.z , qui est cependant à 100 m. plus haut que Leysin. Cette barrière montagneuse a une efficacité qui n’est pas douteuse, quoiqu’elle se trouve à 6, et même à 9 km. de Leysin. Du côté de l’est enfin, le plateau de Leysin, après s’être légèrement relevé en dos d’âne, fait place à des pentes rapides qui descendent à la Grande Eau, affluent du Rhône. Sur l’autre rive de ce torrent se dressent les pentes escarpées du Chamossaire, écran naturel du côté de l’est.
Comme séjour d’été, Ijoysin est apprécié depuis longtemps ; c’est un endroit tranquille et simple où l’on peut faire de charmantes promenades et excursions. Mais, comme station hivernale, il n’a pas un long passé derrière lui, et nous devons examiner s’il présente les qualités indispensables à une station d’hiver. Dans ce but, résumons les observations météorologiques de 1887 à 1890, faites avec zèle et exactitude par M. le pasteur Fa,vez. Le D’’ Louis Secretan (de Lausanne], qui depuis 4 ans recueille les observations, a bien voulu m’autoriser à les analyser pour ce Manuel. Notons avant tout que les résultats suivants sont basés sur 4 observations par jour, à 7, 10, 1 et 4 h. En 1891, l^eysin sera rattaché au réseau météorologique suisse.
Calme de l’air. Dans les cinq mois d’hiver (novembre à mars) des années 1887 à 1890, on a constaté le calme (c’est-à-dire vent =0 ou plus faible que 1) dans 8D/o des observations. Les vents ayant une force égale à 1 (oii plus
grande), sont composés pour 22 "/o de vents du nord el du nord-est, et pour 78 °/o de vents du sud-ouest, sud et sud-est. Tandis que les vents du nord sont très affaiblis, celui du sud-ouest peut être très violent. D’ailleurs, quand ce dernier souffle, le temps est ordinairement mauvais et les malades ne sortent pas. En général, les vents sont faibles; la force 1 comprend 84 «/o des vents, la force 2, 12 «/o et la foj-ce 3 et au-dessus, 3 %. L’air de Leysin est donc calme, les vents sont rares et faibles: les vents du nord surtout sont arrêtés, celui du sud-ouest domine.
Clarté du ciel. Moyenne des observations de deux hivers, pour cent notations :
Ciel clair
Ciel couvert
Novembre
Décembre
Janvier
bU
Février
Mars