‹ La Suisse balneaire et climateriqueChapitre 22 sur 88 · TS · texte numérisé non relu

TS

Movenne . .

Les meilleurs mois ont été ceux de décembre 1888 avec 72.5 Vo d’observations clair, et janvier 1888 avec 69. Les mois les plus couverts ont été dans les deux années ceux de février. On a noté du Itrouillard dans 8 observations sur 100 (ce qui fait environ 2 Vs jours par mois). Il se montre d’une façon passagère en septembre, octobre et

mars.

L’insolation est considérable à Leysin, le soleil se levant de bonne heure, vu la forme des montagnes à l’est ; voici l’insolation maximum possible: novembre 8 h. 20 m., décembre 7 h. 30 m., janvier 7 h. 50m., février 9 h., mars 10 h. Voici le tableau de la moyenne d’heures de soleil par jour, tel qu’il résulte de l’appareil enregistreur automatique:

Novembre Décemt)re Janvier .

Février .

Mars . .

Moyenne

ésentent.

, en Vo

des heures

de soleil

possibles, pour novembre 44, décembre 54, janvier ob, février 46.6, mars 42.5. Ij’insolation a été plus considérable à r.eysin qu’à Davos pour les quatre derniers lu-

vers : voici les totaux d’heures (ajoutons-y ceux de Lausanne pour permettre la comparaison avec la plaine)

l^oysiii Davos ianv.-niars 456 429

nov.-mars 482 470

nov.-mars 601 522

nov.-mars 7:37 674

Lausanne

100 heures de soleil à Davos, il y en

En résumé, pour

a eu 108 à Leysin. . . ,

L’humidité relative moyenne de 3 hivers est égalé à 61.9. Elle est évaluée au moyen d’un hygromètre à cheveu. Voici la moyenne des différents mois :

\ov. Déc. .lanv. Fév. Mars

(54 61 59 64 (jO

On a noté des minima très bas dans l’hiver 1888-89, par exemple 27, 23, 19 et même 13 (en janvier). Il est important pour les moyennes de se rappeler que l’on ne fait pas d’observations à 9 h. du soir, ce qui les relèverait naturellement.

Température. Voici la moyenne des heures d’observa-

tion et celles des mois :

7 lieures 1 heure 4 lieures Mois^

.Janvier . . — 4.4 -f-0.6 — 1.1 — 1-6

Février . . — 5 .2 0.0 — 1 . 8 — 2 . 3

Mars . . . — 2.5 -|-3.0 -}-1.5 -(-0.6

Novembre. -(-9.9 -(-5.2 -f3.7 -(-3.2

Décembre . — 3.1 -(-0.8 — 1.0 — 1.1

Les minima absolus ont été dans les années 1887 à 1889, janvier — 14.4, — 18.8, — 10.7 ; février — 15.8,

— 15.0,-16.7; mars —15.0, —12.0, —15.8; novembre

— 4.6, —4.9, —9.8; décembre — 19.0, —8.4, — 18.0. ^ Les moyennes ci-dessus seraient certainement abaissées

si on faisait une lecture à 9 h. du soir; son absence ne les rend pas absolument comparables aux moyennes des autres stations hivernales d’altitude. Mais, ce que l’on peut conclure des observations prises aux heures ci-dessus, les plus importantes pour les malades, et des minima absolus, c’est que le climat est modérément froid; les minima ne s’abaissent pas autant que dans d’autres régions montagneuses.

Résumé des éléments climatologiques de Leysin: calme de V atmosphère, faiblesse des cents du nord, jours clairs nombreuœ (environ 1 sur 2); insolation 47 ,5 °/o de V bisolation possible, humidité faible et même très faible, température moyenne. Assui’ément quatre années

d’observation ne seraient pas suffisantes pour donner une base stable à ces conclusions, si elles n’étaient corroborées par des observations exactes, mais moins complètes, faites pendant les hivers 1883-4 et 1884-5. On a noté à cette époque 57 °/o de jours clairs.

Les observations pluviométriques manquent ; nous pouvons admettre que Leysin a en hiver une chute d’eau intermédiaire entre celle d’Aigle (366 mm.) et celle du Sépey (631 mm.).

Ce qui manque à Leysin, c’est d’abord une altitude élevée, puis des installations rationnelles pour l’hivernage du malade et pour ses promenades. Il sera remédié aux deux premiers desiderata par la création prochaine d’un sanatorium destiné spécialement aux malades, bâti à l’instar des établissement modèles de Davos, à l’altitude de 1450 m. environ. Le manque de promenades sera plus difficile à combler ; on a prévu la création de nombreux chemins dans les forêts voisines de l’établissement. Il se pourrait bien que celui-ci eût une température moins froide encore que celle du village. Pour les indications, voir Davos.

Bibliographie. — Louis Secrelan, Leysin et la cure alpine d’hiver. Rev. méd. de la Suisse rom., 1886. Observations météorologiques àL., ibid., 1887. Climatologie hivernale de L., ibid.,

A l’est du Sépey, la grande et large vallée des Oronontsdessus contient un nombre considérable de chalets, mais n’a que deux localités qui nous intéressent. Vers l’Eglise et le Plan des Iles.

Vers l’Eglise, 1132 m. (T. au Plan), est une station d’été qui n’a pas la vue grandiose du Plan des Iles, la vallée étant plus resserrée. En revanche, les forêts descendent très près sur le versant méridional, et le site est agréable par son caractère champêtre et frais. La température y est moins élevée et ses variations moins sensibles qu’au Plan.

Plan des Iles, 1163 m. (T.). Station climatérique d'été .

Itinéraire. — Diligence depuis la gare d’Aigle en 4 li. 30 min. (4 fr. 55 c.).

Peu de spectacles alpestres sont aussi grandioses que celui dont on jouit au Plan des lies : au sud, la masse imposante des Diablerets, couronnée de glaciers, dresse verticalement sa paroi creusée en cirque ; de nomlireuses cascatelles tombent capricieusement le long de ces rochei-s.

Du côté du nord, en revanche, le tableau est tout autre : ce sont de riantes montagnes, de verts pâturages, de nombreux chalets. Le Plan est un séjour fort agréable en été ; « le voisinage des glaciers, dit Lombard, joint à la hauteur considérable de ce petit vallon, en font un séjour essentiellement tonique. La chaleur y est souvent très forte au milieu du jour, mais les soirées sont fraîches et les bois très rapprochés. Il y a de nombreux sentiers à peu près à plat. En résumé, les Ormonts-dessus peuvent être conseillés à ceux qui ont besoin d’être fortifiés et qui ne craignent pas une atmosphère excitante. Mais les personnes très impressionables sont souvent obligées de quitter cette station à la suite d’insomnie et de palpitations. »

La Comballaz, 1364 m. (T.). Station d’altitude.

Itinéraire. — Station du chemin de fer d’ Aigle. Ue là, diligence par le Sépey (4 h.).

La Comballaz est située au nord-est du Sépey, dans une vallée faiblement inclinée, arrosée par un petit ruisseau, peu boisée et assez monotone. La grande route d’ Aigle à Château-d’Oex, par les Mosses, la parcourt dans toute sa longueur. La Comballaz a une vue bornée par les grandes montagnes qui l’entourent, couvertes de sapins ou de verts pâturages. Il y fait moins chaud que dans la vallée des Ormonts, car la vallée des Mosses est balayée par les vents du nord-est. C'est sans doute à ce fait, aussi bien qu’à son altitude, que la Comballaz doit son excellent air, tonique et excitant, qui convient aux débilités, aux convalescents, aux fatigués ayant encore de la force, mais qui ne convient pas aux personnes très délicates, nerveuses ou atteintes d’affections bronchiques ou cardiaques. L’air y est d’ailleurs vif, sans avoir la variabilité de température que donne le voisinage des glaciers. «J’y ai vu, dit Lombard., des enfants et des adultes débilités par de longues maladies être vivifiés sous l’infiueuce d’un air très excitant.» — 11 existe une source sulfureuse faible dans le voisinage de l’hôtel.

Ces diverses localités de la vallée des Ormonts sont en facile communication avec .\i<>ie ; on peut aisément regagner la plaine en quelques heures, si le mauvais temps survient. IjU l'oute du Sépey à ChAtean-d’(Ex traverse, au delà de la Comballaz. le plateau marécageux des Mosaea (1446 m.), point de partage <les eaux entre les bassins du Uhône et du Rhin. Elle descend j)lus loin graduellement, touche la Ldcherellaz (UlSl m.). simple séjour d'élé. et anâve aux Bains de l’Etivaz.

Bains de l’Etivaz, 1250 m. (T. à Château-d’Oex). Kau sulfureuse sulfatée calcique.

Itinéraire. — La diligence d’Aigle à Chàteau-d’Œx passe devant rétablissement.

L’Etivaz est situé dans le sauvage vallon du même nom, à 9 km. de Château-d’Oex, au milieu de forêts de sapins. Les bains ont été reconstruits en 1887. 11 existe deux sources froides dont les eaux sont mélangées avant l’emploi ; elles jaillissent à quelque distance au-dessus des Bains. Analyse de BiscTioff, pour un litre d’eau :

Sulfate de chaux 1.850 1.8'i8

Sulfate de magnésie — 0.32i

Carbonate de chaux 0.104 — ^

Carbonate de magnésie . . . 0.080 0.164

Chlorures alcalins 0.050 0.064

^latiéres organiques . . . . 0.151 0.224

Total . . . 2.235 2.624

Hydrogène sulfuré, cent, cubes 18.2 27

Température 4.5« 5°

Ces eaux renferment donc une très notable quantité de sulfate de chaux (près de deux grammes) et beaucoup éfhydrogène sulfuré. Pour leurs indications voir le Gurnigel. L’Etivaz peut aussi servir de station climatériciue ; son air est pur et tonique ; les bains sont exposés au levant, et protégés par le versant opposé de la vallée contre les vents du nord-est.

Château-d’Oex, 990 m. (T.). Station climatérique d'été et cVliivcp •

Itinéraire. — Du côté du sud, diligence d' Aigle à ClnUeaud’Œx, par le Sépey, en 8 h. (8 fr. 85). Du côté du nord, diligence depuis Balle, station de chemin de fer, en 3 h. V» (5 b’- 70). Enlin, on peut y arriver depuis Thoune, en remontant tout le Simmenthal en diligence, par Zweisimmen et Gessenag (voir ce nom), qui est à 11 km. de Chàteau-d’Œx (diligence).

Ghâteau-d’Oex, village de 2700 habitants, ^est le centre de la portion vaudoise de la vallée de la Sarine ; l'ette région porte le nom de Pays d'en haut. La vallée est 1ermée à l’est par le défilé de Vanef à l’ouest par celui de la Tine ; elle court à peu près de l’est à l’ouest. Le village ae Chàteaii-d’Oex est appuyé contre le liane nord de la vnllee, à 1 km. de la Sarine. A 4 km. à l’ouest de Chàteau-d Oex, se trouve Rossiniéres, 950 m. ('!’.), beau village, avec le plus grand chalet des Alpes vaudoises, ([ui sert de pension. Plus éloigné de la route que Chàteaii-d'Üex, Hossinu'resa

moins de poussière, plus de tranquillité. A 6.5 km. à l’est de Chàteau-d’Oex, le village de Rougemont (1000 m. environ I, toutprèsde la frontièreberno-vaudoise, est fréquenté aussi (îoinme séjour d’été.

( ’.hâteau-d’Oex est entouré de hautes montagnes ; au nord, la chaine du Mont Ca-ay (2071 m.), au sud-est, la Gummtluh (2459 m.), et les Rochers du Midi (2106 m.), enfin au sud-ouest, le massif de la Dent de Corjeon (1969 m.). La protection contre les vents est donc bonne. Les vents du nord pénètrent dans la vallée du côté de l’est, mais d’une manière aftaiblie ; le fœhn s’y fait sentir faiblement aussi. 11 souffle souvent dans les hautes régions sans qu’on le perçoive dans la vallée. L’air est pur, mais la chaleur est très forte en été ; le terrain est sec ; il n’y a pas de brouillards. « L’air de cette vallée, dit Lombard, est souvent très chaud au milieu du jour, mais presque toujours tempéré le matin et le soir par des courants ascendants et descendants. C’est un excellent séjour d’été pour ceux qui craignent les grandes chaleurs et qui ont besoin d’être fortifiés, mais non pas excités. Les phtisiques commençants, les chlorotiques et les hypocondriaques s’en trouvent fort bien et peuvent y passer quelques semaines de juin à septembre. » Ghâteau-d’Oex est depuis longtemps un lieu recherché en été par des convalescents, des fatigués ; c’est le séjour favori de nombreux Anglais. Depuis quelques années, cette localité s’est fait connaître comme station hivernale, malgré sa faible altitude. Elle présente un certain nombre de qualités climatologiques favorables au séjour d’hiver. Je vais résumer brièvement les observations météorologiques faites dansles septannées 1880 à 1886 (malheureusement interrompues dès lors).

'l'empérature moyenne de l’année 5.6 ; des mois d’été: avril 5.5, mai 9.2* juin 11.7, juillet 15.1, août 13.8, septembre 10.6. Les mois d’hiver ayant un intérêt particulier, voici, plus en détail, les données qui les concernent (tous les chilfres sont des moyennes) :

•Mois

Miiiiiii.

lluiii.

relat.

Nébu-

losité

.lours

clairs

Janvier. . . .

Février. . . .

•Mars

(Jctobre . . .

Noveiiilire . .

iJcccMiiljre . .

Ajoutons-y la chute d’eau totale annuelle, 1183 mni., celle de l’hiver, 496 mm. Le brouillard est rare, 9V. jours dans les 6 mois d’hiver. Les jours clairs indiqués ci-dessus représentent 1 jour clair sur 3.6 jours. Je n’ai malheureusement pas pu trouver des indications sur les heures de soleil en hiver. Les températures moyennes de 1 h. sont, on le voit, toutes au-dessus de 0, sauf celles de janvier. Les minima moyens sont bas ; les minima absolus ont été jusqu’à — 20°, en janvier 1881, fait qui a d’ailleurs peu d’importance, étant donné qu’ils se produisent la nuit et que, même de jour, ils ne sont pas redoutables, si l’air est calme. Or, c’est le cas à Ghâteau-d’Oex. Sur 100 observations en hiver, on note 76 de calme et 24 de vent. Comme je l’ai dit, la vallée est bien fermée de toutes parts, sauf à ses extrémités ; on comprend donc que les vents dominants en hiver sont ceux de l’est (43 % de tous les vents) et de l’ouest et sud-ouest (43 °/o également) ; les autre.s vents sont rares, celui du nord-est 3, du sud-est {fœhn, vaudairc. du lac Léman) 7 Vo- Les vents ont peu de force en général ; le seul qui prenne de l’intensité, n’est celui du sudouest. Les éléments du climat d’hiver semblent donc justifier le fait que de nombreux malades dirigent leurs pas en cette saison vers Château-d’Oex. On peut relever seulement son humidité moyenne qui est assez élevée, sauf en mars, et son défaut d’altitude, faits qui sont largement compensés par sa facilité d’accès depuis les régions occidentales de la Suisse, le grand nombre de ses beaux jours, les ressources que la localité possède pour l'éducation des jeunes gens ; enfin surtout, Château-d’Oex n’est pas encore en hiver une station encombrée de phtisiques. Pour les indications d’un climat de montagne de cette altitude en hiver, voir leu Avants.

Il nous reste à citer, avant de quitter le canton de \ and, une station balnéaire isolée au nord du canton, à 48 km. de Lausanne :

Henniez-les-Bains , 540 m. (T. à Granges-Marnand). Eaux alcalines acidulés. Saison : juin à tin septembre.

Itinéraire. — Henniez est station du chemin de ter de Lausanne à Morat. par Moudon.

Les bains d^Henniez se trouvent dans la vallée de la Broie, à un quart d’heui'e au-dessus et à l’est du village du même nom. Ils sont entourés de camiiagnes verdoyantes et champêtres, auprès d’un ruisseau et (le forêts de InHres et (le sapins. Leur situation est à l’abri des vents de l’est.

Etablissement de bains, contenant, outre les baignoires usuelles, des douches chaudes et froides. Piscine ^ courante à 10. 5«. Les sources au nombre de cinq, dont trois utilisées, sortent de trois tissures de la molasse ; 1 une donne 15 litres à la minute, les deux autres ensemble 4 litres Température des sources Espérance et Bonne- Fontaine, 10.5. Voici l’analyse de cette dernière, la principale des trois, pour un litre :

Silice 0.0112

Peroxyde de fer et alumine 0.0015

Sulfate de calcium . . 0.0136

Chlorure de sodium . 0.0044

Bicarbonate de calcium 0.4003

Bicarbonate de magnésium 0.0963

Bicarbonates de sodium et potassium . 0 . 0572 Bicarbonate de lithium traces Total. . . 0.5845

Acide carbonique libre .... 285 cent, cubes

C’est donc une eau faiblement minéralisée, analogue à celle d’Evian, mais qui contient de l’acide carbonique en plus grande abondance que celle-ci. Les deux autres sources ont une composition analogue ; la source Jaccard renferme cependant environ 4 mgr. de lithine^^v litre. L^ teneur en acide carbonique est fort intéressante pour une eau jaillissant dans cette région de la Suisse.

L’eau est éminemment digestive et diurétique ; on la prend par verrées de 200 gr., 4 à 20 par jour. Les eaux d’Henniez sont efficaces dans la goutte et le rliwnatisme exempts de complications viscérales, les diverses affections de Vestoinac, des intestins et du foie, les troubles du système nerveux, compliqués ou non éf anémie, les maladies de Vutérus et de ses annexes et des voies urinaires. Les personnes atteintes àe pléthore avec tendance aux congestions cérébrales ou pulmonaires, d’ affections cardiaques, de névroses se trouveront bien du séjour et de la cure d’Henniez. La position tranquille et champêtre de ces Bains est favorable aussi aux fatigués et aux convalescents. Cure de lait, éie petit lait.

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