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CHAPITRE II

Le Valais.

Le Valais comprend les deux versants de la vallée du Rhône depuis sa source jusqu’à St-Maurice, et, plus bas, la rive gauche du fleuve seulement jusqu’au lac Léman, la rive droite étant territoire vaudois. Cette vallée, longue de 167 km., oüre les aspects les plus variés, depuis les rives du lac et les marécages des bouches du Rhône jusqu’aux pâturages alpestres et aux sommets couverts de glaciers. On peut diviseï’ le pays en deux parties bien distinctes, la grande vallée du Rhône et les vallées latérales. La première se divise à son tour en deux parties, savoir du lac à Brigue, et de Brigue au glacier du Rhône. Du lac à Brigue, la vallée s’élève très graduellement ; comptant 375 m. d’altitude au Bouveret, elle en a 684 seulement à Brigue, soit une ditt’érence de 309 m. sur une longueur de 112 km. Du Bouveret à Martigny, la vallée court du nord-ouest au sudest ; elle présente à St-Maurice, entre les contreforts de la Dent du Midi et ceux des Alpes vaudoises, un étranglement qui ne laisse place qu’au Rhône. A Martigny, la vallée s’infléchit à angle droit sur sa direction primitive et court du sud-ouest au nord-est jusqu’à sa terminaison. La vallée du Rhône a jusqu’à 4 km. de largeur en certains endroits. Le Rhône y roiilait autrefois ses eaux d’une manière désordonnée, ruinant les cultures par ses inondations et ses ravages et rendant le pays insalubre. Depuis son endiguement rationnel, l’agriculture fait des progrès incessants et les affections paludéennes ont diminué. La seconde i^artie de la vallée du Rhône, de Brigue au Glacier, a tous les caractères d’une vallée alpestre; elle est formée d’étages successifs que le Rhône traverse avec la i-apidité d’un torrent. De nombreux villages s’y trouvent dispersés.

Le Valais est entouré de tous côtés par les montagnes et communique avec le monde civili.sé par l’étroit passage de St-Maurice, où le Rhône dispute la i)lace à la route. C’est aussi par là (jue ])énètre le chemin de fer Genève-St-Gingolph-Bonvel’et, qui se soude à St-Manrice à la ligne venant de Lausanne; il nnnonte tonte la vallée jus(|u'à Brigue, future tète (lu tunnel (in Sini])lon. 1 )(îux grandes l’outes ont été créées du côté de l’est : celle de la Farhd, venant d’Andermatt. et celle du .Sû»p/on,

venant «ritalio. Xoiuhreux sont les sentiers qui traversent au nord et au sud les cols des montagnes; parmi les plus importants, citons deux chemins à mulets qui relient, le premier Loneche a rOberland bernois par la Geninii. le second Martigny a l Italie par le (rmnd St.-Bernard (route carrossable en construction). Un chemin de fer de pénétration vient d’étre établi dans la vallée de la Viége, reliant la gare de ce nom à ZermaU.

Les deux versants de la vallée du Rhône sont loin de présenter la même contiguration. Sur le versant sud, nous trouvons une foule de vallées latérales qui s’étendent fort loin avant de se terminer au pied des hautes montagnes. Citons, parmi les principales, les vais (V Illisz. d Ent t'ënioni avec le val de Bn,anes. A'Hérens, d'Anniviers, de S(-Nicolas, de Saas. La plupart de ces vallées intéressent les malades aussi bien que les touristes, car elles contiennent un nombre considérable de localités élevées d’un accès facile, pourvues de bons hôtels, et pouvant être utilisées comme stations climatériques. I.es torrents qui les arrosent apportent au Rhône l’eau de fusion des glaciers en quantité énorme, et avec une violence souvent redoutable, grossissant ainsi sans cesse le fleuve; de nombreux travaux de défense ont dû rectitier leur lit dans la plaine.

Le versant nord de la vallée du Rhône oflre des vallées- beaucoup moins longues que celles dont nous venons de parler ; elles ont aussi moins d’importance et sont moins peuplées. C’est sur ce versant, exposé aux rayons d’un soleil que l’on peut qualifier de tropical, (]ue l’on devrait chercher, entre 1300 et 1500 m. d’altitude, une station d’hiver pour les phtisiques ; d’autant plus que. comme nous le verrons bientôt, la zone de Martigny à Brigue est une des plus sèches, sinon la plus sèche des Alpes suisses.

Le climat de la vallée du Rhône est extrêmement chaud en été; d’une part les montagnes arrêtent les vents du nord, de l'autre le soleil échauffe fortement la plaine et les pentes du versant nord, lesquelles sont souvent nues et arides. Seul, le Rhône tend en été à abaisser la température par son eau froide et par le courant d’air rafraîchissant qui s’élève de son lit vers les parties les plus chaudes des montagnes. T^e Valais est de toute la Suisse la contrée lapins .sèche, plus sèche même que le Tessin qui est plus chaud, mais a des pluies plus abondantes; le Valais dépasse aussi en été le Tessin, de juin en octobre, pour le nombre de jours clairs. Pour l’année on compte 145 jours clairs à Martigny contre 139 à Lugano. La 7iéhnkmté moyenne est à Martigny 4.1, à Sion 4.3, à Lugano 4.4. De Martigny H Brigue, la vallée et les montagnes environnantes offrent un minimum de pluie, 70 cm. environ, quantité bien inférieure à celle des régions de même altitude en Suisse, qui recueillent environ 1 m. d’eau. Les vents du sud-ouest, qui apportent la pluie, s’en débarrassent sur les massifs montagneux des rives du lac Léman. Kn outre, du fond de la vallée du Rhône, aride et surchauffée j)ar le soleil, s’élèvent le long des

montagnes des courants d’air chaud qui repoussent les nuages ou les dissipent en échaufl'ant l’air dans les régions élevées.

De ce pays chaud et sec, constitué par le fond de la vallée du Rhône, le climat se modifie graduellement à mesure que l’on s’enfonce dans les vallées latérales. Voici, à titre d’exemples, les moyennes de Sion, Louèche-les-Bains et St-Bernard :

Localités

.Alti-

tude

.Année

Prin-

temps

Été

Au-

tomne

Hiver

j Pluie

Sion

Louèche-les-Bains . .

St- Bernard

L’étendue des excursions thermométriques annuel les est considérable : ainsi à Sion on a noté —14 et-}-31.4, à Martigny —19.8 et -j-33. Au point de vue du régime des vents, on peut faire remarquer, outi’e la sécheresse relative des vents du sud-ouest, dont nous avons parlé plus haut, la fréquence du fœhn, qui .se fait sentir très violemment dans cette région.

Le climat du Valais est donc rude, la vallée a des extrêmes de froid et de chaud considérables; le sol est peu fertile, tantôt par sa nature, tantôt par suite du manque d’eau. C’est dans ce milieu que vit une population de cent mille âmes environ, parlant français ou patois français jusqu’à Sierre, allemand au delà de cette ville. La différence topographique que nous avons notée entre le Haut-Valais et le Bas-Valais a influé sur la population. « Tandis que la partie comprise entre Sion et St-Maurice est un pays plat, mai’écageux, où l’air ne peut circuler librement, le Haut-Valais est un pays montueux, l’air y est vif et fréquemment renouvelé. Et si on compare le teint blafard, la petite taille et la constitution goitreuse et chétive des Bas-Valaisans, avec la haute taille, les muscles vigoureux et l’air de santé des habitants du Haut-Valais, l’on est forcé de reconnaître les heureux effets des climats alpestres. » {Lombard).

La densité de la population est de 19 au km. carré; de tous les autres cantons suisses, Uri et les Grisons seuls ont une densité encore inférieure. Deux fléaux, le crétinisme et la fièvre intermittente, ont de tout temps frappé cette population; ils sont heureusement en voie de disparaître depuis l’endiguement du Rhône et le développement des chemins de fer et des voies de communication. Le goitre se voit dans tout le Valais; le crétinisme est moins fréquent dans |le Haut-Valais que dans le Bas-Valais, dans la région de Martigny, Fully, Saxon, Sion et les vallées qui y débouchent, par exemple celles d’Hérémence. La vallée de Conches et celle de Louèche n’ont pas de crétins. Le crétinisme est d’ailleurs en forte diminution depuis que la civilisation a pénétré dans les vallées, que les mariages ont cessé de se faire uniquement entre gens du môme village, et que les conditions de la vie se sont améliorées d'une façon générale. La fièvre intermittente se fait sentir dans la plaine du Rhône; on en compte encore de nombreux cas de

— io:-î —

Sion à Sierre mais le Haut-Valais en est indemne. De Sion à MaDicmv, les cas de malaria augmentent de fréquence jusqu’aux environs de Fully, où elle atteint son maximum pour diminuer ensuite entre Martigny et St-Maurice. Enfin de ce dernier lieu au lac Léman, elle accuse un nouveau maximum (Lombard). T..’endiguement du Rhône a amené dans cet état de choses une amélioration sensible par le lait que chaque année des terrains autrefoisinculteset marécageux sont mis en culture. Notons encore que le Valais vient au troisième lang parmi les cantons suisses sous le rapport des décès par la •palmonaire (146 sur ItKX) décès, la [moyenne étant 108 poui

toute la Suisse.) , , , i • „

Il faut admirer la ténacité, la persévérance des yalaisans, ciuelque regrettable que soit la routine dans laquelle ils sont encore plongés. Ils ne reculent pas devant des travaux irnmenses et des plus pénibles pour amener de l’eau dans des régions stériles. Dans ces dernières années, la culture de la vigne a pris un développement considérable. Sans cesse en lutte contre les éléments, contre un fleuve, des torrents furieux, une chaleui torride ou des avalanches destructrices, demandant leur nourriture à des terrains marécageux dans la plaine ou trop élevés pour être fertiles, les Valaisans ont eu jusqu’à nos jours une existence assurément rude et précaire. L’endiguement du Rhône, la création des routes et du railway, le développement de nombreuses stations d’étrangers ont ouvert un nouvel avenir à cette

race énergique.

Le canton du Valais compte, outre de nombreuses staAions d’été, dont ])lufiieüva stations d’altitude, trois bains importants, Morgins, Saxon et Louèche. Comme station d’hiver on ne peut

citer que Sierre.

St-Gingolph, 377 m. (T.) Village situé à rextrême frontière ouest du canton (la moitié du village est sur territoire trançais), au bord du lac Léman (débarcadère des bateaux à vapeur), dans une très agréable position. Il est exposé au noi’d et a par con.séquent un climat favorable \tovLV un séjour d’été. Belles forêts à proximité du village. Cette localité possède en outre deux sources minérales intéressantes par leur composition. L’une contient, par litre, 1.7:3 gr. de substances solides, entre autres 1.36 de sulfate de chaux, O.’ÏS de bicarbonate de magnésie, 0.11 de sulfate de magnésie. La seconde contient, par litre, un total de 1.6ô gr. de sels, entre autres 0.27 de carbonate de chaux, 0.95 de sulfate de chaux, 0.15 de sulfate de magnésie et 0.23 de carbonate de magnésie. Ces eaux sont diurétiques et pui’gatives au début de la cure.

Le Val d’ niiez s’ouvre au sud-ouest de Monlhey, village à 6 km. de Bex, sur la rive gauche du Rhône. Cette vallée a 17 km. de longueur ; elle est fertile et bien boisée dans sa partie supérieure.

Champéry, 1052 m. (T.) Station climatérique d’été. Eau alcaline suif tireuse. Saison ; juin à septembre.

— lO'i —

I * Il ■^1f>>illi<^!l flu clioiiiiii ik' fer |{i)uvcret-St-\)tiincr’

prendre U' ckcrnin de 1er de LtUisiiiiiie fi' lîri‘*"iie iii'sntk*! *\i Tà^initA î 7 't7i' ‘ de là, voiture postale jusqu’à Montlierit fr. ’Æ ou /ku-;

Uiainpéry, situé au centre du Val d’Illiez, est une station cliina torique qui prend de jour en jour plus d’importance. Voici le résumé dune note obligeainnient fournie i»ar le l)i'de Mca- ; Champéry est placé sur un plateau couvert de prairies et adossé a des parois verdoyantes exposées au sud-est \ peu de distance a l’est du village, elles s’inclinent brus.ineinent vers le lit de la Viège. De l’autre côté de ce torrent. D sol se releve en pentes escarpées qui se terminent iiar l’énorme masse locheuse de la Dent du Midi (3260 in.). Champéry se comiiose de beaux et graiids chalets échelonnés le long de la route po.stale Belle église catholique avec curieux clocher. Chapelle protestante pour les cultes français et anglais ; 600 habitants. L air de Champéry est pur et léger et remarquablement calme', grâce à la ceinture de hautes montagnes qui l’entoure: on n’y sent pas le vent du nord. Il existe une .source üulfurei/se alcaline et lilhinée. L’eau sort d’un schiste noir, coirqaicte. à 1 altitude de 1330 m. ; elle est remari[uablement claire. (•omj)léteniGiit incolore cjuaud elle est Iraîcheiuent puisée, et possède une odeur et une saveur prononcées d'hydrogène sulfuré. Température. 10.50. Débit; 280 litres par jour. Forte réaction alcaline à la .source. L’eau contient une grande quantité d’hydrogène sulfuré. 40.3 cent, cubes, presque entièrement comliiné â la soude pour former du sulfhydrate de sodium (Na SH). 11 v a aussi de la lithine. Analyse de Brun. 1886; eau. un litre : •

Sulfli.vflratc de sodium . . . 0.0073 Bicarlionate de .soude . . . . 0.8OO6

Carhonate de chaux 0.021/i

darhoiialc de magnésie . . . 0.0H2

Carhonate de protoxyde de fer 0.0021

Chlorure de sodium o.oo.'to

Sulfate de soude o.otw

Lithine traces import.

Silice 0.0O.S7

Malières organiques traces

Gaz khres : Azote 21.1 cent, cidics

Hydrogène sulfuré ... 1.9

L’eau (le Champéry est donc alcaline, sulfurée sodiipie et lithinée. contenant prés d’un gramme de bicarbonate de scande et un décigramme de stUf hydrate de Hodinn. Elle s’adresse comme agent thérapeuthiue aux principales maladies traitées par les sulfureux ; elle est surtout efficace dans les aü’ections de l’appareil res[)iratoire, bronchite chronique, antluue. em- 'physème, tarynyites. Enfin, la présence de la lithine jusiilie son emploi contre la gravelle.

Le climat de Champéry. dit Lond)ard. est plutôt tempéré, peu variable et cependant tout à fait nlpi'stre. très favorable aux (touvalescents, aux enfants chétifs et scrofuleux id aux gastralgiques. Les promenades et les excursions sont nombreuses.

Morgins. 1343 m. (altitude de l'iiôtel. carte Siegfried). (T.) Ka-u Hu.tfalée 'calcique fen-uyineuse. Station d’altitude. Sai.son : 15 juin .à fin .septeml)re. , .

— lu-j —

Itinkuuhk. — station (to Slmilhmtj (voir Champ<-ry); do là à Mortriiis, -2 h. 1 '2 à pieti, ail. t 2 on voiture, liilijrciice a .Moiitlioy (.ï tr.).

Les luiiiis (le Morgiiis se trouvent dans la vallée de ce nom, elle même un emltranchemeiit occddental du Val d'Illiez. 'lue l’on (luitte à Troislorrents. La valW-e est très verte et lioisée. les forêts de sapins arrivant jus(iue dans le voisinage imiiu^diat de l’holel. La vue est bornée parles montagnes avoisinantes. mais on parvient sans trop de peine, en s’élevant sur les sommets voisins, à de charmants points de vue.

L’eau ferrugineuse jaillit à (luelque distance de l’établissement, oi'i elle est amenée par un tuyau de bois. L eau. incolore, a un goût légèrement styptique. Température 7.5o. Analyse de Biscltoff. pour un litre d’eau ;

Sulfate (le chaux 2.470

Sulfate (le inagTu-sie 0.04S

Carbonate de magiuisie . . . 0.1.38

Acide carhoni(iue . . . .

Chlorure de sodium 0.0125

Carhoiiate de fer 0.0075

Total . . . 2.6760 ipiantité iiifh'tcrminée

C’est donc une eau faiblement feinntgineuse (moins d’un centigramme de sel de fer), et très fortement chargée de sulfate de chaux (environ 2.5 gr.) D’après une analyse de Franc, 1852. l’eau contiendrait 0.20 de carbonate de fer au litre (?). Il est bien à regretter que la seule eau ferrugineuse qui jaillisse à uiu' altitude élevée dans la région soit aussi chargée de gypse, C(( <[ui la rend parfois indigeste. Quoi (ju’il en soit, on l’administre à la dose de 2 à 0 verrées par jour, pure ou coupée de lait, ou de petit lait. L’eau donne quehiuefois de la diarrhée; en général, elle est bien tolérée. L’étalilissement comprend des cabines de bains et des douches de tout genre.

Morgins n’étant pas à pro.ximitè de montagnes couvertes de neige ou de glaciers, et étant protégé contre les vents du nord et de l’ouest par des montagnes, doit avoir un climat doux. I,e mois de juillet a, pour les années 1.856 à 1859, une moyenne de I6..50 ; maximum 27o. minimum 6.2o. Une brise rafraichissante souffle presciue journellement de 10 à 4 heures.

Indic.vitoxs. — Morgins est avant tout une station d’emen/tques. de cldoro-anemiques; outre l’eau minérale à l’intérieur, ces malades prendront des bains et surtout des douches. L’eau et le climat ont une. excellente action sur la scrofule, les catarrhes de la m uqueuse qaslrique et inleslinale. là où une action styi)tique est désirable. Le climat convient aux affections des voies resph-a.toi)‘es, à Yaslhme nerveux. C’uxtke-Inüica- Tio.N ; .^/feclions cardiaques.

Salvan, 9:i5 m. (T.). Fins-Hauts. Iril7 m. (T.) iSlalions climatériques d’été.

Itinéhaiiik.— station (le Vrrnayaz, lignede Lausamie-ltriguc. De là, chemin nraticahle aux [letites voitures; t h. t/2 iu.s(iu’à Salvan, et 1 h. l 2 de Salvan a Fins-Hauts.

Salvan se trouve placé sur un plateau élevé de 47(1 m. audessus de la vallée du Rlame. appuyé à l’ouest à la montagiuï et borné à l’est par une profoinle coupure où passe le torrent du Trient, avant de déboucher dans la plaine du lllKuie par de

curieuses j'orges, voisines «le Verruiyaz. I^e chemin de Vernayaz à Salvan gravit le flanc escarpé de la montagne en faisant un grand nombre de lacets perdus dans la verdure et traversant maintes fois un petit ruisseau. Salvan est très agréa«blement situé, sur une terrasse exposée au soleil et abritée des vents. La température est égale, sans variations trop étendues; aussi la saison est-elle longue, de mai en octobre. Stljour simple et tranquille.

Fins-Hatcls a 1237 m. d’altitude; son climat est donc plus alpestre, son air plus vif et plus tonique que celui de Salvan. Le village est situé au pied des montagnes de Bel-Oiseau (2624 m.) et de la Barmaz, au-dessus du confluent de l’Eau-Noire et du Trient, deux torrents sauvages. Ces deux stations encore peu connues sont de plus en plus en faveur, vu leur facilité d'ac.cès, leur excellent air, leur simplicité et leur bon marché.

A Marligny,k quelques kilomètres à l’est de Vernayaz, s’ouvre la vallée de la Drame, «lui se rainilie en trois vallées secondaires, savoir, en allant de l’ouest à Inst, le val Ferrel, le val d’Entremonl (conduisant au Sl-Beniard), et le val de Bagms. Ces vallées, «lui offrent au touriste d«‘ nonibreu.x buts d’e.xcursion, renferment plusieurs localités où l’on peut séjourner en été. .\insi, sur le cbemin du St-Bernard, Orsièreit 882 m. (diligence depuis Martigny), Liddes 1.338 m., Bourg-St-Pierre Dans le val de Bagnes, Fioiiiuiy, 1497 m.,

est favorable à un séjour climatérique. Le Dr Suchard signale une source ferrugineuse située au fond du val Ferret, très chargée d’acide carbonique; elle pourrait être utilisée comme les eau.x de St-Moritz, car elle jaillit à une très haute altitude.

Champex, 1465 m. (T.) Station d’aUilade.

Itinéraibe. — Station de Martigny^ sur la ligne Lausanne-Brigue ; de là jusqu’à Orsières, voiture postale (3 li. 1/2, 3 fr. 25 c.) ; d’Orsières à Cbampe.x, montée rude en 2 h., à pied ou à cheval. On i>eut aussi aller en voiture de Martigny jusqu’aux Voilettes (1 b. 1/2), sur la route; d’Orsières; de là, sentier jusqu'à Champex (2 h. 3/4).

Champex, vallon placé entre la pyramide du Catogne à l’est, les rochers du massif du Trient à l’ouest, est un asile champêtre et tran(]uille pour un séjour d’été, auprès d’un petit lac entouré de sapins, «le vertes prairies, de belles montagnes. Champex convient à ceux qui désirent jouir, loin du bruit de la foule, de l’air et de la solitude des montagnes. 11 est difficile de voir quelque chose de plus alpestre que ce petit lac dominé par «les cimes rocheuses. Champex semble destiné spécialement aux fatigués, aux surmenés de l’intelligence, à certains névropathes. Mais sa situation encaissée lui donne un climat plus chaud et moins tonique qu’on ne le croirait d’après son altitude.

SAXON-LES-BAINS, 476 m. (T.) Eau calcaire iodo-broin tirée. Saison : 1er juin à 15 octobre.

iTiNÉiiAïuE. — Station de la ligne Lausanne-Brigue. , ,

Le village de Saxon et rétablissement des bains sont situés sur la rive gauche du Rhône, au pied de la montagne «le la Pierre-à-Voii’, dans une région autrefois très marécageuse, mais <]ui a été notablement assainie par la correction du Rhône et par les cultures. Saxon est devenu depuis peu, grâce à une fabri«jue de conserves, un centre de culture maraîchère. Le village se trouve dans la zone de sécheresse relatix’equi s étend

,1e Martianv à BriLnie. La chaleur y est excessive en été; elle est heureusement tempérée par le vent de la vallée, qui souffle de l’ouest réKulièrement de 11 h. du matin a i h. du soi .

l 'établissement de bains possède des baignoires ou 1 eau minérale eScS^ par circulation de vapeur. Piscine avec eau fiScle à 15 ou 180. Bouches de tout genre, installées récemment dans deux salles spéciales. L’eau est employée aussi en pulvérisations et inhalations (pharyngites, laryngites), douches na-

*^La soiu-ce^de^Saxon jaillit au pied des derniers contreforts de la Aerre-à-Voir. Elle portait autrefois le nom de Fontaine chaude, Fontaine aux Croix (à cause de nombreuses cioix plantées autour d’elle en guise d’ex-voto). Elle était d abondance, 500 ni. cubes en 24 heures. Elle est tombée a .300 à la suite du tremblement de terre de l8oo, qui a tortement éprouvé tout le Valais. Vers 1840 seulement, le D>' Uaivaz, de Martiany. commença à utiliser l’eau minérale d une maniéré rationnelle, en faisant aussi procéder aux travaux de captage les plus essentiels. La source a une température de J3 a , son débit varie beaucoup, de 120 à 470 titres à la minut^ suivant les saisons et les années ; la température en revanche est à peu prés constante. L’eau est claire, inodore, sans goût particulier ; parfois on perçoit une odeur iodée autour du bassin de la source, qui est due à la décomposition de l’eau dans le terrain avoisinant ou dans le canal de fuite. La source a attiré sui elle, il y a quelque quarante ans, l’attention de nombreux savants.- En effet, vers 1852, Cesati et Pignant, médecin à Saxon, étudièrent la roche d’où sort l’eau, y découvrirent de l’iode, et constatèrent aussi la présence de ce métalloïde dans 1 eau minérale. Mais il s’en faut de beaucoup qu’il y soit toujours présent, parfois il manque, et sa présence a été niée pa,v Morin. Rivier et Fellenberg étudièrent l’eau en 1853, et établirent la réalité de la présence de l’iode, comme aussi le fait qu’il manque parfois, .sans qu’on puisse déterminer la cause et la durée probable <le l’absence de ce corps. Ainsi, le 25 janvier 18.53, Rivier et Fellenberg constatent à midi, 24 nigr. d’iode par litre; le 26, à7 h. 45min., absence totale d’iode; demèmeà2 n. ; à 4 h. 45 min., 17 mgr., à 6 h. 45 min., 31 mgr. Le titre d’iode a varié d’après leurs recherches deO à 98 mgr. Bènèriaz, qui, en 1888, a examiné l’eau d’une façon méthodique (trois fois par jour pendant deux mois), a également constaté dans la teneur en iode des intermittences qui n’ont pas dépassé deux à trois jours. Le chiffre indiqué J dus loin dans l’analyse d’O. Henry doit donc être considéré comme une moyenne de nombreuses analyses. Les recherches chimiques ont décelé la présence de l’iode en quantité notable dans la roche d’où jailli.ssent les griffons, dans un banc de dolomie ou cargneuie ; celle-ci en renferme, d’après Rivier, 1.58 gr. par kg. de roche desséchée. Il y est distribué au hasard et lavé irrégulièrement par les filets d’eau de la source, ce qui explique les variations du titre d’iode. Analyse d’O. Henry, [)Our un litre d’eau :

Soi (le |Mil;iss(' (MK)4ii

Acide Rilici(|ue cl idumiiie . o.osod PlKjspliate tcireijx i Principe ais(Miical } . . , . traces Sei aimiKjiiiacal . )

Scsriuioxyde de fer o.tHnn

MaiiKaiif'se Iraces

Mati(‘re organi(|ue azot('*e (acide cr('*ni(|iie sans dontci traces Totai . . . O.Qlsn Acide cari)oni(iue liljre, liydroginie sidl'un- . trac('s

Soit, calculé en nnitalloïdes purs, 9cgr. d’iode ctSegr. de liroine au litre.

En résumé, l’eau de Saxon est alcaline, et contient surtout des bicarbonates de chaux (3;2 cgr.) et de magnèMe (8 cgr.). et (lu sulfate de magnésie (environ 3 dgr.) ; quant à l’iode, il varie d(' 0 à 14 cgr. d’iode pur par litre. On a voulu voir, chose étrange, dans la petite ([uantité de chlorure de sodium un avantage, tant au point de vue du goût de l’eau qu’à celui de sa plus grande digestibilité. L’eau est digérée d’ailleurs sans aucune difficulté ; elle excite l’appétit, constipe plutôt qu’elle ne purge, augmente la diurèse ; l’urine donne souvent, au début de la cure, des dépôts d’urates très importants. La cure hâte le retour des règles. Les bains donnent une légère poussée, rougeurs sans importance ou éruptions de courte durée.

L’eau est bue par verrées. portées progressivement au nombre de 8. 10 par jonr. et au delà, jusqu’à 28 même, c’est-à-dire 5 litres, sans préjudice de l’eau bue à table, dit Bergeret.

Indications. — Reichenbach établit 5 groupes d’atTections pour lesquelles Saxon est utile. Goutte, simple ou jointe à l’obésité, rlttf-matisme, névralgie rhumatismale on syphilitique. Le rhumatisme déformant est amélioré. Ici l’augmentation de la diurèse a une excellente influence ; l’eau diminue la production de l’acide urique ; on prend des bains de deux heures par jour. Le climat sec de Sa.xon est favorable à ces malades. 2o Manifestations lymphatiques ou scrofuleuses, engorgements gtandulaires , périostites , cataï-rhe des muqueuses. notamment de celle des o)-ganes génitaux féminins ; eczéma, impétigo, ecthyma et pemphigus. Le goitre est rapidement guéri ou amélioré. Ce sont les porteurs de goitre et de glandes lymphati(iues hypertrophiées qui constituent la majeure partie des malades à Saxon, Syphilis, manifestations tardives et formes invétérées, exostoses, doicleurs ostéocopes, syph Homes, gommes, etc. 4° Psoriasis, traité ici comme à Louèche par les bains prolongés (ainsi d’ailleurs que les autres dermatoses citées plus haut); deux bains par jour, plus oti moins longs, o" Obésité. On a emploj’é aussi, comme topbiue sur les jt/u/c.x de mauvaise nature, la poudre de la l’oche doloiniti([ue d’où sort l'eau minérale.

Cure de raisins dés le commencement de .septembre. Cure de lait.

llnii.KMatAi’iiiK. — Itriclunl.acli, Indications de S., I.SSO, /tencriVi;, N(di(TS sur les l(iiin.s de S., 18S7. 1S90. et cireulaire. 18S‘».

liiearlKjiiate de clianx. . . . O.a^OO lüearhonale de magin'sie . . (i.OiOii lodure de calcium . .\ , , , ^

lüdurc de magnésium j ' '

Hroinuce de calcium . . t nn/n, Bromure' de magnésium j ' " "'i"

Chlorure de sodium o.oi'Ki

Sulfate de chaux . v, . . . . n.oaoo Sulfate de inagu(''sie .... 0.2900 Sulfate de soude o.iKîlO

Sion .r>l ni. (T.). Cure de raisins. Sion, station du chemin de fpv’l.âusanne-Brigue, est la capitale du Canton du Valais (environ ÜOOO habitants). Ville pittoresipie sur la rive droite du Rhône, au pied de collines escarpées, surmontées par les châteaux del'ourbillon et de Valérie. Les montagnes qui se dressent au nord de Sion l’abritent contre les vents froids et leurs pentes sont fortement chaulfées par le soleil. Les pluies sont peu abondantes (environ 750 inm. d eau par an). La température moyenne de Sion est élevée. 10.6 (printemps 11.2, été 19.3, automne 10.5, hiver 1.2). L’été est sec et brûlant. Le minimum moyen en hiver est 11.9 ; le maximum moyen en été 29.5. La chaleur excep-

tionnellement élevée de cette région du Valais empêche de séjourner à Sion en été. Nombre de ses habitants émigrent pendant cette saison auoa Mayens (voir ci-dessous). En revanche, en automne. Sion est une station favorable à la cure de raisins. Les raisins du Valais doivent au soleil brûlant qui les dore des qualités exceptionnelles, surtout une grande quantité de sucre. Aussi peut-on les recommander spécialement pour faire la cure, ils sont l’objet d’un commerce d’exportation considérable.

Au sud de Sion, sur la rive gauche du Rhône et sur le liane sud de la vallée, se trouvent les Mayens de Sion, à 1300 m. environ (T.), agréable séjour d’été au milieu des mélèzes et des sapins. De nombreuses familles de Sion y possèdent des chalets oû elles vont passer (juelques jours pendant la période chaude de l’année. 11 existe aussi une pension d’étrangers. On s’y rend depuis Sion par Vex, en trois heures (chemin de voitures jusqu’à Vex : de là, chemin à mulets).

Le val d’Hérémence débouche au sud de Sion dans la vallée lin Rhône ; il est arrosé par ta Borgne, et olïre une grande variété de sites pittoresques. 11 se divise bientôt en deux ; son embranchement oriental porte le nom de val d’Hérens, et renferme deux stations intéressantes au point lie vue médical : Evolène et Arolla. A six heures de Sion (voiture postale, 6 fr. 40), se trouve Evoléne, 1378 m. (T.), au milieu d’une verte vallée encadrée par de hautes montagnes, dont la Denl-BlancJte (-4:164 m.), aux glaciers étincelants, est la plus remarquable. Station d’altitude. Source légèrement ferrugineuse. Trois heures et demie plus loin, dans le val d’ Arolla, embranchement occidental du val d’ilérens, on a construit, à :2(X)3 m. d’altitude, VHàteL d,u Mont-Colon (T.). C’est un séjour très recherché pendant les fjuelques semaines qui constituent l’été à cette élévation. (Jn peut le con.seiller aux personnes fatiguées ayant besoin de l’ail- vif et très tonitine de cette altitude ; mais le climat est rude et sujet à de fréquentes vaiiations, aussi des précautions sont-elles nécessaires.

Sierre, 541 m.(T.). Station du chemin de fer Lausanne-Brigue.

Petite ville sur la rive gauche du Rhône, dont elh; est éloignée de 2 km., adnnrablement protégée par les montajfnes du côté du nord, de l’est et de l’ouest, et en même tenq)s bien exposée au soleil du côté dn midi. Si c.e.tte ])osition amène fatahmn'nt

une température très élevée en été, elle adoucit aussi le climat en hiver. Il est regrettable qu’il n’existe pas d’observations météorologiques. On sait seulement que l’hiver est doux, qu’il y a peu de brouillards et beaucoup de soleil. Sierre est située dans la zone de sécheresse de la vallée du Rhône. Les promenades autour de la ville sont nombreuses et variées. C’est une excellente station pour la cure de raisins. En outre, Sierre pourrait devenir une station d’hiver pour les^ personnes faibles ou convalescentes, ou les malades atteints d’affections des organes respiratoires. Mais il faut, avant tout, avoir des renseignements précis sur son climat.

Au sud de Sierre, sur la rive gauche du ' Rhône, s’ouvre la longue vallée dû Anniviers, arrosée par là Navizence. En 4 h. Yg (chemin carrossable), on parvient à 'Vicsoye, 1220 rn. (T.), agréable séjour d’été. A l’est de Vissoye, sur le flanc escarpé de la vallée, à 1675 m.. se trouve St-Luc (T.), station d’altitude-, àiv très tonique, vue splendide et charmants environs. On y parvient par un chemin à mulets depuis Vissoye (1 h. de très rude montée), ou bien directement depuis Sierre en 5 h. Th’ois heures de marche au sud de Vissoye conduisent à Zinal, 1678 m. (T.), station d’été très fréquentée, par les touristes principalement.

LOUÈCHE-LES-BAINSou Loèche-les-Bains (en allemand, Bad LeuK), 1415 m. (T.) Eau thermale sulfatée calcique. Station

dhWifwde. Saison; juin à septembre. ■ n

Itinéraire. — Station de Louéchc-la Sousle de la ligne Lausanne-Hrigue. De là aux Bains, 3 h. 1/2 en A’oiture, 2 h. 1/2 à ('''O'ture postale, 3 fr.9o c.). On peut aussi arriver à Louêclie par Berne-Thoune-Spiez-Kandereteg Çt le passage de la Gemmi (en voiture de Spiez à Kanderstee, a clie\al jusuu iiu sommet du col ; de là à pied seulement (l h. 1/2) jusqu à Loueche ; toUl 6 h. de Kandersteg à Louèche). De l’Italie, on gagne Loueclie par le Smiplon. en diligence de uoiuo d’Ossola à Brigue, (9 li. 1/2, 16 fr. 05 c.) ; de Brigue à Louecliela Souste, 53 minutes en chemin de fer.

Pharmacie. Eglise catholique, eglise protestante, anglaise

et française. Station météorologique. ,

Louéche-les-Bains est un village alpestre de 700 habitants, situé dans la vallée de la Dala, torrent qui se jette dan.s le Rhône à peu de distance de la station de Louèche-la Souste. Les bains se trouvent au nord de cette gare, à 7.0 km. en ligne droite, et lui sont reliés par une belle route de lo km. de longueur totale. Le village est à cheval sur la Dala; sur la rive gauche, les hôtels, les établissements de bains avec 1 eghse et quelques maisons ; sur l’autre, la majeure partie du village, composé exclusivement de chalets. I.,oueche est entouré de toutes parts, sauf au sud et au nord-est, de montagnes aux pentes abruptes ; au sud, la vallée se dirige vers le Rhône, au nord-est, elle se relève graduellement jusiju an col de qui la sépare de la vallée de L.etschen. Au nord-ouest se dresse une gigantesque paroi de rochers presque verticale. l>*'ute h 800 m. au-desWis de la vallée, appelée la on > a taillé

dans le roc un sentier jiittoresciiie et hardi. -lUi est une des curiosités des Aljies suisses. , , • Il ,•.1,.:,

lies premières mentions écrites des l-ains de l.oueche datent

du \IVme siècle. Ceut ans plus tard, l'évêque Josf de Sillinen, puis le célèbre cardinal Schinner, ürent construire ou réparer des bains et des auberges. En 1546, un auteur. Munster, se plaint de ce que le manque d’une bonne route empêche les malades de se rendre aux bains: on y parvenait non .sans dangers par un sentier à mulets, qui na fait place a la route actuelle qu’au milieu du XlXi'e siècle. Le développement de la station a été entravé de tous temps par un phénomène naturel aussi redoutable qu’il est difficile à prévoir et à combattre, les avalanches. Elles ont ruiné à plusieurs reprises les bains, notaniiii6ut en 1518, en 1719, où tout fut rasé et anéanti, en ijrJ), en 1756, en 1767. Après le désastre de 1719, les habitants émierérent de la rive gauche de la Dala sur la droite. Un barrage a été établi à la fin du siècle dernier, puis amélioré en 1829, a peu de distance au-dessus des bains; long de ,250 m.,laigede8à 10, haut de 5 à 6, il est couvert de mélèzes. Plus récemment, en 1878, on a construit de solides barrages dans les régions élevées d’où la neige s’élance sur la vallée, et mis ainsi définitivemen t un terme, on peut l’espérer, aux ravages des avalanches. L événement capital de ce siècle a été la construction de la belle route carrossable, terminée en 1851. ^ . . ,

Les sources thermales sont au nombre d’une vingtaine. Les principales sont : la source Sl-Laitrent, qui se trouve sous le sol de la place du village ; débit, plus de 70 m. cubes à l’heure ; eau limpide à 51.35°. La source du Bain de pieds se trouve à peu de distance au-dessus et au nord-est de la précédente; température, 39.25° ; elle sert aux douches, de même’ qu’une partie de la source des Pauvres, 41.5°, dont l’autre partie est jointe à l'eau de la source des Guérisons, pour alimenter le bain des Alpes. Cette dernière jaillit un peu plus haut, à 10 minutes de la source St-Laurent. au bord de la Dala : elle a une température de 48.75°. Plusieurs autres sources ne sont pas utilisées ; la plus remarquable est la Roosquelle, au-dessous du village, au bord de la grande route; elle fournit à la minute environ 500 litres d’eau à 47.2° (1889). Son eau est grisâtre, fortement chargée de gaz (surtout de l’azote), dont les grosses bulles viennent sans cesse éclater à la surface de l’eau. Il est regrettable ■que cette source soit laissée sans emploi; on pourrait facilement la relever au niveau des établissements balnéaires.

L’eaii de la source St-Laurent, qui sert de type des eaux de la

-station, est limpide, ' '

renient ferrugineux

iSulfate lie calcium 1.'C2S6

Sulfate (le magnésium . . . 0.2691

Sulfate (le sodium 0.0871

Sulfate de strontium .... 0.0019

Carhonate de calcium .... 0.0965 Carbonate de magiK'Sium . . 0.0206 ■('.arbonate ferreux 0.0001

Carbonate de mangan(*se . . 0.0002 - . ,

■Chlorure de s(jdlum 0.0012 , substances organbiues . . tianms

■Chlorure de iiotassium ■ . ■ 0.0112 i Total 1 9176

nodore; son goût est fade, presque nul, légè- Analyse de Ltinge, 1885. pour 1 litre d’eau :

Chlorure de lithium.

Chlorure d’ammonium . . ■

.\lumlnc

Silice

Arsenic, carbonate de cuivre, sulfate de baryum, phosphate de calcium, nuorure de calcium, acide azotbiue, substances organbiues . .

Total .

o.o:io2

(iaz lilires : Acide narlioniquo .... 1 .97 cent, cultes.

Oxygène 0.60

Azote i.ti

Les pi'indpaux él éments de l’eau sont donc le calfate de chaaro (environ 1.5 gr.), le siilfcUe de nuujnèsie (25 cgr.), le varbonale de chaux (lOcgr.), le tmlfalede Hoiide (8cgr.), Ia.st7ice (3 cgr.) On a décelé la présence de l’axsenic en si faible quantité (lu’il n’a pas d’importance, même pour l’eau prise en Imisson. En résumé, eau xulfalée calcique fortement thermale, jaillissant à une aliüude elevée, telle est la caractéristique île I ,buéche. L’eau n’est pas sulfureuse, comme on le dit souvent par erreur.

Les bains de première classe sont placés à peu de distance de la source St-Laurent. Ils communiquent tous par des galeries fermées avec les liôtels voisins-, circonstance très favorable aux jualades en cas de mauvais temps. Chaque bain se compose d’un certain nombre de piscines ou « carrés » où, suivant une coutume plusieurs fois séculaire, on prend les bains en commun (cette coutume a aussi existé à Baden et se retrouve encore aujourd’hui à Ragatz-Pfæfers). Toutefois, depuis 1886, les messieurs sont séparés des dames. Les bains ont aussi un certain nombre de piscines particulières pour les baigneurs qui doivent ou désirent être isolés. Le Grand Bain a 2 vastes piscines, les plus grandes de Louèche. le bain Werra 4, le bain Neuf 2. Le bain de seconde classe, dit de Sl-Laurenl (2 piscines), dans le voisinage immédiat de la source, a été reconstruit en 1887. Le Bain des Alpes se trouve à 200 m. au nord-est de la source St-Laurent. Il a 3 piscines. Partout, douches chaudes en communication avec les piscines. Un sixième bain, dit de VHôpilal, rebâti en 1879 (2 piscines), est destiné aux pauvres qui peuvent y faire la ^ure à prix très réduit. Inslallalions hydrothérapiques complètes, soit au Grand Bain, .soit au Bain des .\lpes; douches de tout genre. Eau froide 7‘>; eau chaude naturelle 40», avec forte pression.

La cure de Louèche se fait suivant une pratique absolument empirique, consacrée par une longue expérience. Le l»aiu se donne à une température de 34 à 35o, uniforme pour tous les « carrés ». Il y a là un défaut, car 11 faudrait avoir des « carrés » à plusieurs températures, de manière à pouvoir graduer non seulement la durée, mais aussi la chaleur du liain. Le bain, d’une V-, h. à 1 h. au début, est porté plus ou moins rapidement, suivant la susceptibilité du malade, à 3, 4, 6 h. par jour et maintenu à ce maximum pendant un certain nombre de jours. On a critiqué ce mode de procéder, qui représente, a-t-on dit, une coutume surannée; mais on a oublié (pi’il est l'expression d’une méthode scientifique, celle des bains jirolongés. L’altitude de Louèche, avec ses propriétés toniques et fortifiantes, permet d’appliquer cette méthode sans trop fatiguer le malade. Ce qui est suranné et erroné, c’est de faire jirendre ces bains prolongés à tous les mahules indistinctement: il faut adapter la cure au malade, et non le malade à la cure, et mesurer les lii.'ures de bain avec discernement.

Au bout d’un bips de temps qui varie de 3 à jours, en général vers le 1Ü">« ou H"'e jour, le baigneur présente les premiers signes de poussée, exanthème balnéaire qui, sans être spécial à Louèche (on le voit à Baden, Lavey, Schinznach, etc), ne se présente pas ailleurs avec toute la force et toute la régularité qu’il a clans cette station, sans doute parce que nulle part ailleurs les bains ne sont aussi systématiquement prolongés. La poussée manciue parfois, dans 7 o/o des cas, d’après mon expérience. Elle débute à la face interne des bras et des cuisses et affecte les formes les plus diverses, depuis le simple érythème jusiiu’au pseudo-eczéma suintant, avec tuméfaction de la peau rendant les mouvements difficiles et douloureux. Elle augmente pendant 3 à 5 jours, reste stationnaire pendant 2 à 10 jours et décroît plus ou moins vite. Elle s’accompagne de phénomènes dits critiques, embarras gastrique, dépôt clans les urines, parfois diarrhée ou fièvre. La fatigue, l’anorexie, le prurit, souvent intense, sont la règle presque générale. La congestion cutanée, accompagnée d’une vive chaleur, fait paraître le bain froid et l’on voit les baigneurs réclamer le réchauffement d’une eau qu’ils avaient jusqu’alors trouvée trop chaude. La poussée se termine par disparition graduelle de l’exanthème, suivie de desquamation. C’est elle qui détermine la quantité et la diminution des heures de bain, car à partir du moment où elle a eu son maximum, on suit sa décroissance en diminuant les heures de bain (on «clébaigne», suivant l’expression consacrée). Il en résulte que la cure de I.,ouèche dépasse souvent, et parfois même de beaucoup, les vingt-et-un jours des cures de bains classi([ues. .J’estime que l’on doit compter de 25 à 30 jours, si l'on ne veut pas partir avec des restes de poussée, chose sinon dangereuse, du moins désagréable.

Quelle est la signification de la poussée ? Elle était autrefois consiclérée à tort comme spécifique. Elle est l’expression de la forte irritation de la peau par l’eau de Louèche ; il se produit une modification profonde dans les conditions de circulation, de nutrition de la peau; peut-être môme aussi les terminaisons des nerfs cutanés sont-elle modifiées par cette macération prolongée.

1nijic.\tions de la cure de Louèche par les babis prolongés. — .\vant tout, les aff'eclions de la peau. C’est pour elles que les eaux se sont acquis de tout temps une réputation exceptionnelle: .\) Formes humides des dermatoses, ou famille de Yeczema, eczema, heipès, lichen, impétigo, ecthyma, pemphigu,s; en outre, scrofulides, ulcères aloniques, variqueux. L’eczéma chronique se trouve particuliérement bien des eaux de Louèche ; l’eczéma aigu, en revanche, éprouve souvent après quel<|ues bains une recrudescence d’intensité. L'eczéma aigu qui vient d’être guéri ne peut faire la cure de Louèche i|u’avec la )>lus grande circonspection et des bains fort courts. Les cas ou il y a répétition continuelle de pous.sées aiguës, par exemple cluKiue aimée au printemps ou en hiver, me semblent aussi

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